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La Commune n’est pas morte…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des commémorations et du goulash de bœuf réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 04 novembre 2020, 14è jour de brumaire dédié à l’endive; aucun rapport avec ce qui suit bien entendu…

Aujourd’hui, en écho avec l’actualité, je voudrais vous dire un mot de Victorine Brocher, institutrice, disparu le 04 novembre 1921 à Lausanne où elle avait fondé une école. Née à Paris un O4 Septembre de l’an 1839. Internationaliste, Communarde, anarchiste et pédagogue, voila une carte de visite comme on les aime chez « les cénobites tranquilles LouisePaule». Elle naît, Victorine Malenfant, dans une famille de Républicains pur jus (son père, Franc-maçon et Républicain fut contraint à l’exil en 1851), en 61 elle épouse Jean Rouchy et le couple ira s’installer à Paris. Elle travaille comme couturière puis participe à la création d’une boulangerie coopérative. Dès le début, elle va participer à la Commune de Paris et s’engagera comme cantinière de bataillon. Puis on la retrouve qui prend part aux combats (bataillon des Turcos) comme ambulancière. Condamnée à mort par contumace comme « pétroleuse », elle se réfugie en Suisse; son mari sera emprisonné deux ans. Ici en compagnie de Louise Michel et Paule Mink.

De Suisse, elle part enseigner en Hongrie puis reviendra à Genève à la libération de son mari où elle va créer une coopérative de la chaussure et venir en aide aux proscrits de la Commune. De retour à Paris après l’amnistie elle va fréquenter les anarchistes (Malatesta fut arrêté en sa compagnie), à la mort de son mari, elle se lie avec le libre penseur souvenirs d'uneGustave Brocher, ils adopteront cinq enfants de communards et feront de leur maison un asile pour de nombreux exilés. En 1890, la voici institutrice dans une école libre initiée par Louise Michel. En 1909, elle publiera Souvenirs d’une morte vivante. C’est à ces gens là que nous devons l’école laïque (donc libre) l’école émancipatrice, l’école de l’égalité, bref, l’école de la République. C’est cette même école que les enturbannés illettrés, obscurantistes et décervelés ont décidé d’attaquer car elle les renvoie à leur étroitesse d’esprit, leurs superstitions archaïques, leurs dogmes castrateurs; en d’autres termes, leur peur viscérale de la liberté de conscience.

Allez, faut que je prenne mes gouttes, confinez en paix et, à bientôt peut-être.