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La tête près du bonnet…rouge.

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la zénitude et des vins de Rioja réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 13 octobre 2020, 22è jour de vendémiaire dédié à la pêche, alors, haut les cœurs !

Par chez nous, c’est la saint Hernin ou Harn, en breton dans le texte; moine du VIè siècle qui a laissé son nom aux communes de Locarn (22) et Saint-Hernin (29). Cette dernière commune est connue pour des bonnets-rouges-300x192faits liés à la révolte des bonnets rouges (l’originale hein, pas les gesticulations de Troadec, Le Fur et de la FDSEA contre l’écotaxe). Le 11 juillet 1675 et les jours qui suivent, les insurgés de vingt paroisses de Scaër au Huelgoat, assiègent et pillent le château du Kergoët en Saint-Hernin, une somptueuse demeure pourvue de murailles et de défenses, propriété du marquis Le Moyne de Trévigny, puis le brûlent. L’intendant et plusieurs serviteurs sont assassinés. Plus tard, Il se racontera alentour que le château aurait été entièrement reconstruit par corvées. Une transaction est passée entre les paroisses et Le Moyne de Trévigny pour réparation des dommages sur son château. Celle-ci est approuvée par les États de Bretagne en octobre 1679. Ah, on savait s’amuser à l’époque…

La marquise parvient à s’échapper et se réfugie au couvent des Carmes de Carhaix. Le propriétaire du château est réputé être lié à ceux qui avaient amené en Bretagne les impôts du timbre et du tabac. Selon la police, l’intervention de Sébastien Le Balp se manifeste d’ailleurs en code-paysan-300x240toute cette affaire et il exerce dit-on la plus grande influence sur toute la région. C’est sur ses ordres que le matin du jeudi 11 juillet, le tocsin sonne à Saint-Hernin, à Kergloff et dans toutes les paroisses voisines. Michel Le Guichoux, notaire royal de Châteauneuf, déclare que le matin du 12 des bandes armées venant de Plouyé, Loqueffret et Landeleau, le forcèrent « de marcher avec eux vers le château du Kergoët, suivant l’ordre qu’ils disoient avoir eu du Balq de s’y trouver ou en deffaulx qu’il viendroit avecq ses troupes fondre sur les paroisses ».

Sébastien Le Balp sut organiser une armée bretonne de 6000 hommes  mais 30 000 autres volontaires bretons le suivent sans avoir d’armes. Le nom de Bonnets rouges est lié au bonnet que les insurgés du Poher (Finistère centre) choisissent comme signe de ralliement, ceux du pays bigouden (sud ouest du Finistère) avaient un bonnet bleu. On pourrait parler de révolte des Bonnets rouges et bleus SEL-ArBalp-197x300mais le rouge sied mieux à l’image de révolte sans doute… Dans la nuit du 2 au 3 septembre 1675,  Claude de Montgaillard, fidèle au roi Louis XIV qui l’a fait marquis quatre ans plus tôt, tue par surprise Sébastien Le Balp d’un coup d’épée à travers la gorge. Celui-ci était venu au château des Montgaillard dans l’espoir d’un ralliement des nobliaux à sa cause. Plus tard, Sébastien Le Balp est exhumé. On fait un procès à son cadavre qui est ensuite traîné sur une claie, rompu et exposé sur une roue. Il est décapité puis son corps est (re)enterré à l’église de Kergloff tandis que son crane est recueilli à la chapelle de Saint-Drézouarn (Kergloff). Les meneurs sont torturés, exécutés ou condamnés aux galères. Mon aïeule, qui se targuait de bien connaitre l’histoire bretonne, m’a raconté que c’est à la suite de cette répression que les femmes du pays bigouden ont décidé d’augmenter la taille de leurs célèbres coiffes pour protester contre le raccourcissement des clochers.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien avant le reconfinement et à bientôt peut-être.