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Oiche Shahmna…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de l’étrange et des beignets aux pommes réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 31 octobre 2020, dixième jour de Brumaire dédié à la charrue, deuxième jour du deuxième confinement. Ha setu breman: Miz du (e Brezhoneg evel just). Voici venir novembre qui ouvre le chemin de l’hiver par la grande fête de la Samain. On rit, on chante, on Oiche shamhnaboit beaucoup,on célèbre la mort du roi soleil. Bien sur, c’était avant ! Avant que que les « pisse- vinaigre » de la papauté ( Grégoire IV, 8ème siècle environ) n’en décident autrement. Il faut dire qu’ils furent bien aidé par Louis le Pieux qui instaura sur toute la Carolingie chrétienne cette obligation de fêter tous les saints. Voila pourquoi au lieu de faire la fiesta, on se traine dans les cimetières les bras chargés de chrysantèmes ridicules. Or donc revoilà, Halloween, All Hallows Eve qui signifie the eve of All Saints’ Day (Oíche Shamhna en Gaélique) c’est à dire, la veillée de la toussaint et c’est reparti pour un tour. Les marchands du temple ne désespèrent pas de nous refiler leur camelote. Messieurs les vendeurs de citrouilles, nous n’avons que faire de vos zombis de pacotille, vos Freddys ensanglantés et autres fantômes hollywoodiens… Nous, nous arrivons en ligne droite des Thuatha De Danann, nos épopées sont celles de Cûchulain et nous avançons vers Avalon. Chez nous, la Samain est celle des druides, bardes et ovates.

La Celtie n’a pas attendu l’évangélisation, fusse celle de St Patrick, pour ouvrir, une fois l’an, la porte entre la saison claire et la saison noire, entre le jour et la nuit, entre le monde des vivants et celui des morts. Si vous passez du coté de l’ile de Sein, le mercredi après midi, vous y ile de Seinverrez peut-être de vieilles Sénanes, tout de noir vêtues, penchées sur la tombe de leurs disparus et, si vous approchez avec discrétion, vous les entendrez parler. Elles racontent aux défunts les évènements de la semaine. Pourquoi ne pas profiter de cette période de l’année et de cette tradition que les immigrants Irlandais et Ecossais ont emporté dans leurs bagages vers le nouveau monde avec la légende de Jack o lantern pour raconter aux enfants la très vieille et très ancienne tradition celtique. Son panthéon n’a pas à rougir de celui des Grecs ou des Egyptiens. Ses sagas n’ont rien à envier à l’Iliade, à l’Odyssée, aux milles et une nuits ni même à la bible. Oui mais voila, ça ne se vend pas ça, coco ! Alors, de grâce, épargnez nous vos orgies de cucurbitacées.

Allez, merci de votre visite, confinez en paix et à bientôt peut-être.

Libre pensée…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités, HUMEUR

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Amis du contrepet et de la vache-qui-rit réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 30 octobre 2020, 9è jour de brumaire dédié à l’alisier (un coup a en faire des tonnes).

Par les temps qui courent, c’est peu dire que la laïcité fasse débat : « 800px-Émile_Combes_sépare_l'Église_et_l'ÉtatElle est attaquée, menacée. Marine Le Pen se présente comme une grande laïque, la gauche bien pensante parle de « laïcité ouverte », les catholiques de « laïcité apaisée », et la droite de « laïcité plurielle ». Mais, faut-il le rappeler, la laïcité n’a pas besoin d’être qualifiée. Elle est la sœur jumelle de la liberté de pensée et de la liberté de conscience et constitue avec elles, le fondement même de notre «vivre ensemble » républicain inscrit dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et rappelées dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.

Il semblerait que La notion de libre-pensée, soit apparue pour la première fois dans un discours de Victor Hugo datant de 1850 pour désigner un mode de pensée et d’action débarrassé des postulatslibre pensée religieux, philosophiques, idéologiques ou politiques, mais se fiant  principalement aux propres expériences existentielles du libre-penseur, à la logique et à la raison. Pour ma part, je vois sa naissance bien avant et précisément l’année 1600 considérée comme fondatrice de la libre-pensée moderne. Le 17 février 1600, à l’instigation du pape Clément VIII, l’ancien moine dominicain Giordano Bruno est brûlé vif pour hérésie. Par cruauté et afin de le réduire au silence, on lui a cloué la langue… Mais avant et après lui, dans toute l’Europe chrétienne, maints individus meurent sur un bûcher pour avoir soutenu une opinion qui s’oppose au dogme. Et oui, et pourtant, elle tourne ! Et voici qu’en 1905 est adoptée à l’initiative du député républicain-socialiste Aristide Briand La loigiordano concernant la séparation des Églises et de l’État qui stipule en son article 2: « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. […] ». Fin du concordat (sauf en Alsace Moselle, faut-il le rappeler…). Voila pourquoi, madame Michu, j’ai aujourd’hui, parfaitement le droit de critiquer, caricaturer, et même conchier les Dieux, les saints, les curés, les prophètes et tous leurs avatars; sans qu’un abruti bas du front ne décide de me raccourcir.

 

Merci d’être passé, vive la République et à bas les calottes.

Gwin ar c’hallaoued zo mad…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’oxymore et du kig ha farz réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 29 octobre 2020, 8è de brumaire, dédié à la scorsonère. Pour les pataphysiciens, Le 29 Octobre 2020 est en réalité le Mardi 24 Haha 148 St Cl. Terrasse, musicien des Phynances. Alors que dans le calendrier des PTT (aujourd’hui on dit l’almanach du facteur) c’est la St Narcisse… scorsonere-300x300Rien à voir avec le beau jeune homme de la mythologie. Non, celui-ci vint au monde vers la fin du premier siècle et il était presque centenaire quand il devint évêque de Jérusalem. En 195, il présida un concile qui décida que la Pâque serait désormais célébrée obligatoirement un dimanche et non le jour où il était d’usage de la célébrer chez les Juifs (soit le 14 nisan du calendrier juif). Et pour en finir avec mes élucubrations calendaires, sachez qu’en Bretagne on fête les Lanwenn qui n’était autre que l’épouse d’Eusèbe, Roi-gouverneur de Vannes au Vè siècle. En effet, A la chute de l’empire vers 400, Vannes fit partie de la Confédération Armoricaine, et son gouverneur Eusèbe portait le titre de roi. Vers le même temps elle accepta l’alliance ou plutôt la suprématie des Francs. Le comte breton Waroch II s’en empara en 577, et la transmit à ses successeurs. Malgré le statu quo qui s’ensuit, il en profite les années suivantes pour menercarte-de-bretagne-au-6eme-siecle-l-300x220 de nombreuses incursions dans le Rennais et le Nantais francs, notamment à la saison des vendanges; ainsi que le rapporte Grégoire de Tours: « Aussitôt que revenait l’automne, ils (les Bretons) partaient, suivis de chariots et munis d’instruments de guerre et d’agriculture, pour la vendange armée. Les raisins étaient encore sur pied, ils les cueillaient eux-mêmes. Le vin était-il fait, ils l’emportaient. S’ils étaient trop pressés ou surpris par les Francs, ils le buvaient sur place, puis emmenant captifs les vendangeurs, ils regagnaient joyeusement leurs bois et leurs marais« … De là date la fameuse chanson: Gwin ar c’hallaoued zo mad… Quand à Venetis (Vannes), Pépin la reprit en 753, et y mit des comtes francs. Nominoé, en 826, y rétablit l’influence bretonne jusqu’à l’incendie de la ville par les Normands en 919.

Alors, les identitaires, quelqu’un pour m’expliquer comment ce vieux chant breton s’est retrouvé dans un pub de Sarrebruck entonné par des italiens de Friburg qui jouent du punk irlandais !!! Merci d’être passé par ici, portez vous bien, ne confinez pas idiotement et à bientôt peut-être.

Mi figue, mi raison…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la Zététique et du mignon de porc réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 28 octobre 2020, 7è jour de brumaire dédié à la la figuefigue… Savez vous que Platon était un grand amateur de figue à tel point qu’il fut surnommé philosicos, celui qui aime les figues. On dit que la figue est sans doute le plus vieux fruit cultivé par l’homme, après la découverte en 2006, dans la vallée du Jourdain de neuf figues parthénocarpiques, c’est-à-dire ne produisant pas de graines et dont la culture nécessitait l’intervention de l’homme, en recourant à des boutures. Ces figues seraient vieilles de plus de 11 000 ans. Étonnant, non !

le 28 octobre 1791 Olympe de Gouges présentait la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne à l’assemblée Nationale. Ainsi se voyait dénoncé le fait que la révolution oubliait les femmes dans son de-Gougesprojet de liberté et d’égalité.  La phrase la plus célèbre de sa déclaration est : « La Femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune ». Elle ne croyait pas si bien dire et est morte guillotinée le 03 novembre 1793, ce qui justifie après coup qu’on en parle ici… Marie-Olympe de Gouges est une des très rares femmes de l’histoire ancienne a avoir été exécutée pour la publication d’écrits politiques. Pourtant cette femme engagée, belle figure humaniste de la fin du XVIIIe siècle, n’a été redécouverte que récemment au titre de précurseur dans l’histoire des idées. Elle demeure en effet une figure d’exception, non seulement pour son engagement politique dans la durée, mais surtout pour ses positions d’avant-garde, courageusement déclarationexprimées, sur la condition des Noirs et celle des femmes. Il a fallu attendre que les grandes questions de société sur les femmes, le racisme et les minorités se posent avec une nouvelle acuité au lendemain de la seconde guerre mondiale pour mettre enfin en lumière le souvenir tragique de de Gouges. Cette déclaration restera hélas sans valeur légale car ce projet fut refusé par la Convention à laquelle elle avait été proposée et resta à l’état de projet. D’une part, elle n’a paru qu’en cinq exemplaires et a été politiquement complètement ignorée tandis que, de l’autre, il a été dit que « la Déclaration a fait sensation dans toute la France, et même à l’étranger. »
Il faudra attendre 1840 pour que quelques extraits de cette Déclaration soit publiée, et l’intégralité du texte ne l’a été qu’en 1986, par Benoîte Groult.

On peut-être révolutionnaire et néanmoins macho… Et Olympe groultest resté sur son petit nuage (!) en attendant que ces messieurs daignent se rendre compte que les femmes sont des hommes comme les autres. Le terme anglo-saxon de Human Rights semble plus approprié en parlant de droits humains. Les hommes (et les femmes) naissent et demeurent libres et égaux en droits… Quelle belle et magnifique phrase. Je propose qu’elle soit affichée dans tous les commissariats de France et de Navarre et qu’elle soit éditée sous forme de carte postale afin que chaque migrant, chaque expulsé, chaque matraqué, puisse nous donner de ses nouvelles.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La où il y a de l’Origène…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’apathéia ( C’est la tranquillité de l’âme d’après Origène) et du Origene-138x150ris de veau aux morilles réunis, bonjour ! En ce mardi 27 octobre 2020, 6è jour de brumaire, comme l’a souhaité Fabre d’Eglantine, nous célébrons l’Héliotrope. Alors que pour les pataphysiciens, ce 27 octobre est en réalité le Dimanche 22 Haha 148 RÉSURRECTION DE BOSSE-DE-NAGE. Les bretonnants eux, ont coché sur leur calendrier, Milliau: Roi ou  Comte de Bretagne, à l’époque on disait Duc, aux alentours de l’an 530.

Petit fils d’Alain le long et fils de Budic 1er. On retrouve ce nom dans plusieurs communes du Finistère (29) et des Côtes d’Armor (22): Pluméliau, Ploumilliau et son fameux calvaire, Guimiliau et son retable, et bien sûr, la magnifique île Milliau en face de Trébeurden, dans les Côtes d’Armor cette fois, et qui fut habitée plusieurs milliers d’années avant ile-Milliaul’arrivée des grands bretons comme en témoigne cette allée couverte (Ici à droite). A cette époque là, les Bretons qui débarquaient de la grande île se regroupaient en petites colonies indépendantes, civiles pour les unes, les « Plou » et monastiques pour les autres, les « Lann ». Ce n’est qu’au fil des ans qu’ils formèrent petit à petit des semblant d’États: La Domnonée au Nord de l’Armorique, approximativement  du Léon jusqu’à Dol en passant par le Penthièvre, la Cornouaille à l’Ouest et Bro-weroc, le Vannetais au Sud. Miliau fut donc un des chefs de la retableCornouaille. C’est pas fantastique ça mes body boys ? Ici à gauche, le fameux retable de Guimiliau, (remarquez le style flamboyant-Renaissance), à ne pas confondre avec Lampaul-Guimiliau qui, à quelques kilomètres possède aussi un enclos paroissial parmi les plus beaux de Bretagne. A noter que parfois l’orthographe utilisée est « Milio ». oui, je sais, c’est compliqué… Voila pour le côté « Guide vert », quand au Gault & Millaut, je ne sais pas si il y a un lien avec notre saint pas plus que pour le viaduc du même nom. Pour les visites, n’hésitez pas à réclamer la clé au bistro-épicerie-quincaillerie-dépôt de pain, en face de l’église…

Allez, comme le disait mon aïeule, longtemps avant J.M. Caradec, qu’elle est belle ma Bretagne quand elle pleut. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

La poésie de Norge…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis du club des poètes disparus et du Waterzoï de poulet réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 26 Octobre 2020, 5è jour de brumaire stang-Alardédié à l’oie…Tandis qu’en Bretagne on célèbre saint Alar qui a laissé son nom au magnifique vallon de Stang-Alar. C’est un vallon à cheval sur les communes de Brest et de Guipavas. En fait, un parc public de 22 hectares qui abrite en son sein le conservatoire botanique de Brest. Son action consiste à cultiver en priorité, en serre ou dans le jardin, les espèces menacées originaires du massif armoricain, de France, d’Europe, et des îles du monde entier; lieu de promenade, non loin des pages du Moulin blanc et bien connu des brestois.

Pour agrémenter notre galerie de portraits, aujourd’hui quelques mots à propos de Norge, décédé un 26 octobre, pseudo de Georges Mogin, grand poète belge dont de très beaux textes furent interprétés par Jeanne Moreau. C’est à lui que l’on doit cette merveilleuse pensée:

«Je mets beaucoup d’ordre dans mes idées.
Ça ne va pas tout seul:
Il y a des idées qui ne supportent pas l’ordre
Et qui préfèrent crever.
À la fin j’arrive à avoir beaucoup d’ordre,
Et presque plus d’idées.»
Géo Norge

En compagnie de Raymond Rouleau, il fonde, en 1925, le théâtre du Groupe libre, un groupe avant-gardiste et éphémère qui mettra en scène Cocteau, entre autres. Norge meurt à Mougins, en 1990, précédé de quelques années par sa femme. Il est enterré dans le cimetière du Grand Jas à Cannes. Écoutons ce qu’en disait Piers Tenniel: «Avec Henri Michaux, Geo Norge est le poète contemporain belge qui a le plus  norge2-b05d2contribué à la vitalité de la poésie francophone. Comme il ne se prenait pas beaucoup au sérieux, on a souvent tendance à ne pas le prendre au sérieux. C’est un tort : sa poésie, pour légère qu’elle puisse paraître (dans le sens où la poésie de Charles Cros, de Germain Nouveau ou de Jules Laforgue est légère) n’en rend pas moins compte d’une palette étendue de bouleversements intérieurs, où, entre autres, la foi et le désespoir ont chacun leur tour. Comme René Depestre, Max Jacob, Desnos, il ne joue pas au poète, il Norgeest « le plus naturellement du monde poète » et plutôt que d’essayer de nous impressionner par des acrobaties verbales, il voudrait bien nous parler et nous rejoindre. Sa langue colorée, charnelle, vivante, joueuse, sa « langue verte » pour emprunter le titre d’un de ses livres publiés à la NRF, y parvient le plus souvent.» La vie et l’œuvre de Norge ont été évoquées par son ami Marc Alyn dans la collection « Poète d’Aujourd’hui » de Pierre Seghers. C’est donc une poésie très neuve qui caractérise Norge, elle a pour modèles la chanson populaire et les fables, s’attache à décrire, à force d’argot, des anecdotes de la vie des gens simples, ceux d’en-bas, et se moque continuellement de la poésie « noble », c’est-à-dire de presque toute la poésie.

Et bien voila pour aujourd’hui, en attendant le re-confinement, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les trompettes de Jéricho…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis du paradoxe de Fermi et de la potée bretonne réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 24 octobre 2020, troisième jour de brumaire dédié à la poire, et vous lisez le 4844è billet des « cénobites tranquilles ».

En ce temps là, Josué conduisit son armée autour de l’enceinte de la ville pendant sept jours, accompagné par sept prêtres, portant sept trompettes. Le septième jour, il a encerclé Jéricho à sept reprises et a crié, puis les moloch-1murailles tombèrent. Je crains, hélas, qu’il faille plus de 777 manifs pour faire tomber les murailles de la finance internationale et mettre à mal ce Moloch des temps modernes. Aujourd’hui, ce dieu féroce  réclame aux peuples de nouveaux sacrifices et exige que les bijoux de familles soient cédés au plus offrant. Les hôpitaux, les aéroports, les chemins de fer, les grands barrages, l’éducation, la santé, tout doit passer au privé. Oui, la crise est là, politique, économique, financière, sanitaire, environnementale, morale, sociale… Au Liban, au Chili, en Biélorussie, à Honkong, au Yemen, en Bolivie, au Kurdistan, à Haïti… Partout la colère gronde et s’habille de la rebellion. Mais de quelle crise, parle t-on, sinon celle du système capitaliste, acculé dans ses derniers violences-300x226retranchements, il fait ce qu’il a toujours fait; il use et abuse de la force, de la répression, de la violence. Les tentatives de révolte, de résistance, de protestation prennent différentes formes mais, au final, ce sont les peuples, les citoyens, qui sont sacrifiés et subissent de plein fouet les effets des politiques totalement contraires à leurs intérêts, supprimant toujours plus leurs ultimes protections, en particulier sociales, et les livrant pieds et poings liés au Grand Capital qui se servira d’eux pour s’enrichir toujours plus quel que soit le coût social, humain, environnemental…

L’histoire nous apprend que ce système la ne connait qu’une manière de s’en sortir: le Krach financier (1929), la guerre (1939) ou les deux (1990). Allez, restons optimistes avant le reconfinement, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A la St Séverin, chauffe tes reins…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Comme le disait mon aïeule, adepte de la ceinture Gibaud: A la saint Séverin, chauffe tes reins. Nous sommes le Vendredi 23 octobre 2020, deuxième jour de brumaire qui Restif-gaucheest, qui l’eut cru, dédié au céleri. Aujourd’hui nous célébrons (ou pas) le jour anniversaire de la naissance de Nicolas Edme Restif plus connu sous le nom de Restif de la Bretonne, encore un mal-élevé. Il a eu la bonne idée de naître un 23 octobre en 1734 à Sacy, près d’Auxerre. Fils de paysan aisé il va se consacrer à la typographie. Il s’installe à Paris et va faire paraître de nombreux ouvrages dans les domaines de l’érotisme mais aussi des guides de la vie parisienne et des biographies. Cependant l’œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie « Monsieur Nicolas » en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797.

Admirateur des idées de Rousseau, dont il estimait du reste assez peu le talent, Restif voulut, à son exemple, émettre des projets de réforme sociale, et montra dans ce qu’il écrivit sur le gouvernement, sur l’éducation, sur les femmes, le théâtre, etc., de la singularité et de la anti-justinebizarrerie, mais également de la hardiesse, de l’originalité, quelquefois de la justesse. Le Marquis de Sade et Restif, dont les points de vue sont quasi opposés, se détestaient ; le premier a dit du second qu’il dormait avec une presse au pied de son lit tandis que Restif a traité Sade de « monstre », terme qu’il affectionne particulièrement et qu’on retrouve fréquemment sous sa plume. En revanche, il était apprécié notamment de Benjamin Constant, et de Schiller. Très critiqué par les puristes (on lui donna comme sobriquet « le Voltaire des femmes de chambre » ou « le Rousseau du ruisseau » mais Lavater l’appela « le Richardson français »), et Gérard de Nerval lui consacre une biographie dans Les Illuminés, et il fera l’objet tardif de l’admiration des surréalistes. Dans « l’anti-Justine« , il débute ses propos comme ceci: « Personne n’est plus outré que moi des sales ouvrages de l’infâme de Sade… ».  

Allez, vive le libertinage et à bas la calotte (si j’ose dire) portez vous bien et à bientôt peut-être.

Mourir pour des idées…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la sérénitude et de l’omelette aux champignons réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 22 octobre 2020, 1er jour de brumaire, dédié à la pomme dans le calendrier républicain.

Ce 22 octobre marque aussi le jour anniversaire de la naissance du grand, très grand Georges Brassens. Les cénobites tranquilles marque chaque année cet évènement majeur. Originaire de Cette (aujourd’hui, on écrit  Sète), petit port du Languedoc, le futur poète « monte » à Paris brassens-G-en février 1940. Il trouve asile chez sa tante Antoinette et apprend la musique sur son piano. Anarchiste et pacifiste de cœur, il est indifférent au contexte dramatique de l’époque. En 1943, il est envoyé dans un camp de travailleurs à Basdorf, près de Berlin, au titre du STO. Il s’enfuit un an plus tard, à la faveur d’une permission, et se réfugie chez Jeanne et Marcel Planche, au 9, impasse Florimont (14e arrondissement). Il y restera 22 ans. Pour Jeanne, il écrit La cane de Jeanne et pour Marcel, qui tient un bistrot dans la rue d’Alésia voisine, sa plus célèbre chanson : L’Auvergnat. Pour sa compagne Pupchen, rencontrée en 1947 et à laquelle il restera toujours fidèle, il écrit aussi La non demande en mariage. Ici, l’équipe de Charlie illustrant de façon prémonitoire Mourir pour des idées

Je crois bien que Brassens est le premier chanteur dont je me souvienne avoir entendu la voix à la TSF, mon père me faisait écouter Gare au gorille et ma mère ne trouvait pas ça drôle du tout, il ne m’a jamais quitté depuis. Allez merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Isabelle l’africaine…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’Internationale prolétarienne et des rillettes de maquereaux réunies, bonjour ! Nous sommes donc le mercredi 21 octobre 2020,Yasmina trentième et dernier jour de vendémiaire dédié au tonneau. Vous le savez, vous qui suivez assidument les rebondissements de ce blogue, j’ai une tendresse particulière pour ces personnages que l’on dirait tout droit sortis de l’imagination d’un romancier. Les brefs portraits que je vous propose d’accrocher à notre galerie n’ont pas la prétention de faire œuvre de biographe. Il s’agit simplement de vous mettre l’eau à la bouche pour vous inviter à aller plus avant dans la découverte de cette personnalité. Aujourd’hui, profitant de ce 21 octobre,  évoquons ensemble la vie et l’œuvre de Isabelle Eberhardt.

Elle est née « illégitime » en 1877 à Genève. Sa mère était mariée avec le général Paul de Moerder mais s’enticha du précepteur de ses enfants Alexandre Trophimowsky. Leur idylle donna naissance à une fille, Isabelle_Eberhardt-G-Isabelle. Philosophe, érudit, polyglotte, on présume qu’il a joué un rôle dans le mouvement révolutionnaire Russe. Le vieux général va mourir en laissant à sa veuve une fortune considérable et celle-ci accompagnée de Trophimowsky va voyager à travers l’Europe. Celui-ci est un anarchiste et c’est comme tel qu’il va éduquer la petite Isabelle. Elle ne fréquentera pas l’école mais découvrira avec lui, l’histoire, la géographie, la chimie et les langues qu’il maîtrise, le grec, l’italien, l’arabe, le russe, le latin et le turc. A 20 ans elle quitte Genève pour le Constantinois et découvre une culture, un pays et une religion, l’islam qui vont l’imprégner excessivement.

Elle va dès lors mener une vie de nomade en Afrique du nord, se faisant passer pour un homme sous l’identité de Mahmoud Saadi. Elle isabellese convertit à l’Islam (personne n’est parfait) et rencontre Slimane Ehnni musulman de nationalité française sous-officier dans les spahis. Elle l’épousera en 1901 ce qui lui permet d’obtenir la nationalité française à son tour. Elle va croiser Lyautey qui dira d’elle: « Elle était ce qui m’attire le plus au monde, une réfractaire…Je l’aimais pour ce qu’elle était et ce prodigieux tempérament d’artiste, tout ce qui en elle faisait tressauter les notaires, les caporaux, les mandarins de tout poils. » Elle sera victime d’une tentative d’assassinat le 29 janvier 1901 alors qu’elle accompagne Si El Hachemi, chef religieux de la confrérie des Kadiryas.

Revenue en Algérie, elle collabore au journal Akbar et couvre les troubles près de la frontière marocaine. Il y a sans conteste un côté Alexandra David Neel chez ce personnage. Le 21 octobre 1904, sa isabelle-eberhardt-4944maison est emportée par un torrent qui transforme l’oued en piège mortel, elle ne survivra pas. Elle avait 27 ans. Son histoire a été portée à l’écran par Ian Pringle en 1992, dans un film éponyme, je crains qu’il n’ait pas laissé de grands souvenirs, dans lequel Mathilda May jouait son rôle et Tcheky Karyo celui de Slimane. Vous pouvez peut-être vous procurer quelques uns de ses livres, Amara le forçat, l’anarchiste publié en 1923, au pays des sables chez Losfeld éditeur. Edmonde Charles-Roux lui a consacré une biographie chez Grasset en 1995. Ce petit bout de femme était un sacré bonhomme ! Euh, là je vais me faire rappeler à l’ordre.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.