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In memoriam Victor Jara…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la tradition celtique et de la bolée armoricaine réunies, bonjour ! Nous sommes donc le Lundi 28 septembre 2020, 7è jour de boléevendémiaire dédié à la carotte. Par ici, aujourd’hui, on fête les Conan, nom sans doute issu de celui qui fut le premier Duc de Bretagne Konan Meriadeg, dont on peut par ailleurs supposer qu’il était plus romain que breton (il débarqua en Armorique dans les bagages du tyran Maximus). Je dis ça pour les imbéciles heureux qui sont nés quelque part et qui voudraient nous faire prendre l’Helvétie pour une lanterne et les « desouches » pour des enracinés multiséculaires.

Pour ma part, je consacre quelques lignes à un poète victime du fascisme de Pinochet avec le soutien à peine déguisé des men-in-black de la CIA. Connaissez vous Víctor Lidio Jara Martínez né à San Ignacio, province de Ñuble, le 28 septembre 1932? C’était un chanteur populaire chilien plus connu sous le nom de Victor Jara. Membre du Parti communiste chilien, il fut l’un des principaux soutiens de l’Unité graff Victor Jarapopulaire et du président Salvador Allende. Ses chansons critiquent la bourgeoisie chilienne (Las casitas del barrio alto, Ni chicha ni Limoná), contestent la guerre du Viêt Nam (El derecho de vivir en paz), rendent hommage aux grandes figures révolutionnaires latino-américaines (Corrido de Pancho Villa, Camilo Torres, Zamba del Che), mais aussi au peuple et à l’amour (Vientos del pueblo, Te recuerdo Amanda). Arrêté par les militaires lors du coup d’État du 11 septembre 1973, il est emprisonné et torturé à l’Estadio Chile (qui se nomme aujourd’hui stade Víctor Jara) puis à l’Estadio Nacional avec de nombreuses autres victimes de la répression qui s’abat alors sur Santiago. Il y écrit le poème Estadio Chile (aussi connu comme la chanson-titre Canto qué mal me sabes) qui dénonce le fascisme et la dictature. Ce poème est resté inachevé car Víctor Jara est rapidement mis à l’écart des autres prisonniers. Il est assassiné entre le 14 et le 16 septembre après avoir eu les doigts coupés par une hache.

Après avoir été enterré semi-clandestinement le 18 septembre 1973, il est enterré le 5 décembre 2009 (après trois jours d’hommage populaire) dans le cimetière général de Santiago lors d’une cérémonie à veillée funebrelaquelle assistent sa veuve Joan Turner et leurs deux filles Manuela et Amanda, la présidente du Chili de l’époque Michelle Bachelet, et plus de 5 000 personnes. Après un parcours à travers les différents quartiers de Santiago, les restes du chanteur sont apportées au Memorial de Detenidos Desaparecidos, pour une cérémonie intime où sa famille lui a rendu hommage, avant que Victor Jara ne soit enterré au cimetière général. Certaines de ses chansons les plus connues, comme Te recuerdo Amanda ou Plegaria a un labrador, sont entonnées par le public présent. L’officier du groupe soupçonné d’avoir porté le coup de grâce à Victor Jara vit aux États-Unis, malgré une demande d’extradition des autorités chiliennes.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.