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Naissance de la République des Jules…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la pédagogie non-directive et des pousse-pieds à la bretonne réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 04 Septembre 2020, dix huitième jour de Fructidor dédié au Nerprun, famille des rhamnacées dans laquelle on trouve aussi la Bourdaine dont le butinage permet la fabrication d’une lichouserie locale particulièrement appréciée des connaisseurs (dont vôtre serviteur): le miel de Bourdaine.

Le 4 septembre 1870, les Parisiens proclament la République (c’est la IIIe du nom). En souvenir de ce jour, de nombreuses rues de France portent le nom du « Quatre Septembre ». C’est après avoir appris la capture de l’empereur Napoléon III par les Prussiens à Sedan que les républicains de la capitale ont pris le pouvoir. Ils ont été devancés de quelques heures par leurs homologues de Lyon et Marseille. Dans la nuit Gambetta_proclaiming_the_Republic_of_France_-_Project_Gutenberg_eText_16910du 3 au 4 septembre, dès l’annonce de la défaite, les députés du corps législatif se réunissent au Palais-Bourbon. Dans le petit groupe républicain, plusieurs députés se préparent à un illustre destin. Parmi eux, Jules Favre, Jules Grévy, Jules Simon et Jules Ferry, qui fonderont la « République des Jules ». Il y a aussi Adolphe Crémieux et surtout Léon Gambetta. Les Parisiens envahissent bientôt le Palais-Bourbon et exigent l’instauration de la République. Les députés craignent d’être débordés par l’insurrection. Jules Favre leur suggère alors de proclamer eux-mêmes la République à l’Hôtel de ville de Paris, comme aux plus beaux jours de la Révolution de 1789 ou des journées de Février 1848. Pour séduire et rassurer la foule, Jules Ferry a l’idée de constituer un gouvernement composé de députés républicains de Paris. Léon Gambetta et Jules Favre proclament la République au milieu d’une liesse générale quelque peu surréaliste en regard de la situation militaire du pays.

Le « gouvernement de la Défense nationale » est placé sous la présidence du gouverneur militaire de la place, le sinistre général Louis Trochu-200x300Trochu, un conservateur timoré, « Breton, catholique et soldat » (il était né à Belle-ile-en-mer), selon ses propres termes. Après avoir étalé son incompétence, il sera remplacé par un autre malfaisant,Thiers. Les deux bonhommes s’illustreront quelques mois plus tard dans la cruelle répression de la Commune. Pour Trochu : la fin, c’est l’ordre, l’ordre seul, qui se résume en trois mots: »Famille, Propriété, Religion » que les pétainistes adapteront en « travail, famille, patrie » quelques décennies plus tard. Victor Hugo que Trochu avait moqué s’en souviendra qu’en il écrira « l’année terrible » et dira de lui: 

Trochu, Participe passé du verbe Tropchoir, homme
De toutes les vertus sans nombre dont la somme
Est zéro, soldat brave, honnête, pieux, nul,
Bon canon, mais ayant un peu trop de recul,
Preux et chrétien, tenant cette double promesse,
Capable de servir ton pays et la messe…

Allez, voila pour la troisième République. En attendant la sixième, merci à vous d’être passé par ici. Portez vous bien et à bientôt peut-être.