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Quoi ma gueule, qu’est-ce qu’elle a ma gueule…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la concorde universelle et du pâté en croûtetache-de-rousseur-300x225 réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 30 septembre 2020. C’était généralement le neuvième jour du mois de vendémiaire dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du panais. En breton, les taches de rousseur sont appelées pikoù panez, littéralement des « taches de panais ».

Dans l’actualité, je retiens cet empressement des policiers à placer en garde à vue un brave type d’origine algérienne qui s’était lancé à la poursuite du cinglé au hachoir devant Youssefles anciens locaux de Charlie. Par les temps qui courent, il ne fait pas bon avoir une gueule de maghrébin face à nos pandores « républicains »(voyez l’illustration de Fred Sochard). Youssef, c’est son nom, est interpellé, menotté, placé en garde à vue. Il se défend, il dit qu’il est témoin qu’il a tout vu mais rien n’y fait. Il passera plus de 10 heures derrière les barreaux. « Et si j’étais blanc est ce que j’aurais eu le même traitement ? ». je soumets à votre sagacité légendaire ce petit texte extrait des correspondances de Gustave Flaubert, une lettre adressée à son amie George Sand:

« je me suis pamé il y a huit jours devant un campement de Bohémiens qui s’étaient établis à Rouen…L’admirable c’est qu’ils excitaient la haine des bourgeois, bien4f7dc3fd3026a1b1a74e27d3b6807e18--gypsy-rose-gypsy-wagon qu’inoffensifs comme des moutons. Je me suis fait très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols…Cette haine là tient à quelque chose de très profond et de complexe.  On la retrouve chez tous les gens d’ordre. C’est la haine que l’on porte au bédouin, à l’hérétique, au philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m’exaspère.»

Sans commentaires ! Sur cette réflexion, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le jour de l’amarante, c’est drôle, non !

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du Bakouninisme éclairé et du filet mignon réunis, bonjour ! En ce Mardi 29 Septembre 2020, huitième jour de vendémiaire, nous célébrons l’amarante (non, madame Michu, il ne s’agit pas de la marrante…) belle plante dont le nom vient du Grec « a maranthos », qui ne fane pas. Pendant longtemps cette plante a été cultivée pour l’alimentation notamment en Amérique Latine. Les graines étaient grillées et les feuilles consommées comme légumes amarantes-aix-20180827verts. Après la conquête espagnole la culture fut interdite car la plante était utilisée par les Aztèques lors de cérémonies rituelles. Du fait de cette interdiction et de la violente répression qui sévissait durant plusieurs siècles à l’encontre des jardiniers qui continuaient à cultiver cette plante, l’Amarante (avec ou sans H) a, depuis le XXe siècle, presque totalement disparu de l’alimentation mexicaine, alors même qu’elle entrait dans la constitution de très nombreux plats aztèques (tamale, sauce, tortillas et boissons). Les feuilles d’amarante se cuisinent comme les épinards me dit-on. La plante s’est fait connaitre du grand public par sa grande résistance au Roundup qui s’explique par une amplification génique, la multiplication du gène de l’enzyme cible du glyphosate. Réjouissant, non ! En Juillet 1872, cinq ans après la mort de Baudelaire, Rimbaud est à Bruxelles pour ce qu’il nommera son vertigineux «voillage» et écrit ceci:

Plates-bandes d’amarantes jusqu’à
L’agréable palais de Jupiter.
Je sais que c’est Toi qui, dans ces lieux,
Mêles ton Bleu presque de Sahara !

En Bretagne on célèbre ce jour Charlez Bleiz ou, si vous préférez, Charles de Blois. Duc de Bretagne et comte de ichrsbi001p1Limoges, il fut célèbre pour sa piété. Fait prisonnier, au cours de la bataille de la Roche-Derrien (1347) il endura neuf années d’emprisonnement dans la Tour de Londres. Il périt à Auray lors de la guerre de succession de la Bretagne. C’est lui qui adoubera Bertrand du Guesclin au château de Montmuran dans les Ifs (entre Rennes et Saint-Malo) et le fera capitaine de Pontorson et du mont St-Michel. Il est vrai que ce Duc là était un affidé du roi de France dont Du Guesclin fut connétable.

Et voilà, tout ceci nous entraine bien loin des illuminations rimbaldiennes. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

In memoriam Victor Jara…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la tradition celtique et de la bolée armoricaine réunies, bonjour ! Nous sommes donc le Lundi 28 septembre 2020, 7è jour de boléevendémiaire dédié à la carotte. Par ici, aujourd’hui, on fête les Conan, nom sans doute issu de celui qui fut le premier Duc de Bretagne Konan Meriadeg, dont on peut par ailleurs supposer qu’il était plus romain que breton (il débarqua en Armorique dans les bagages du tyran Maximus). Je dis ça pour les imbéciles heureux qui sont nés quelque part et qui voudraient nous faire prendre l’Helvétie pour une lanterne et les « desouches » pour des enracinés multiséculaires.

Pour ma part, je consacre quelques lignes à un poète victime du fascisme de Pinochet avec le soutien à peine déguisé des men-in-black de la CIA. Connaissez vous Víctor Lidio Jara Martínez né à San Ignacio, province de Ñuble, le 28 septembre 1932? C’était un chanteur populaire chilien plus connu sous le nom de Victor Jara. Membre du Parti communiste chilien, il fut l’un des principaux soutiens de l’Unité graff Victor Jarapopulaire et du président Salvador Allende. Ses chansons critiquent la bourgeoisie chilienne (Las casitas del barrio alto, Ni chicha ni Limoná), contestent la guerre du Viêt Nam (El derecho de vivir en paz), rendent hommage aux grandes figures révolutionnaires latino-américaines (Corrido de Pancho Villa, Camilo Torres, Zamba del Che), mais aussi au peuple et à l’amour (Vientos del pueblo, Te recuerdo Amanda). Arrêté par les militaires lors du coup d’État du 11 septembre 1973, il est emprisonné et torturé à l’Estadio Chile (qui se nomme aujourd’hui stade Víctor Jara) puis à l’Estadio Nacional avec de nombreuses autres victimes de la répression qui s’abat alors sur Santiago. Il y écrit le poème Estadio Chile (aussi connu comme la chanson-titre Canto qué mal me sabes) qui dénonce le fascisme et la dictature. Ce poème est resté inachevé car Víctor Jara est rapidement mis à l’écart des autres prisonniers. Il est assassiné entre le 14 et le 16 septembre après avoir eu les doigts coupés par une hache.

Après avoir été enterré semi-clandestinement le 18 septembre 1973, il est enterré le 5 décembre 2009 (après trois jours d’hommage populaire) dans le cimetière général de Santiago lors d’une cérémonie à veillée funebrelaquelle assistent sa veuve Joan Turner et leurs deux filles Manuela et Amanda, la présidente du Chili de l’époque Michelle Bachelet, et plus de 5 000 personnes. Après un parcours à travers les différents quartiers de Santiago, les restes du chanteur sont apportées au Memorial de Detenidos Desaparecidos, pour une cérémonie intime où sa famille lui a rendu hommage, avant que Victor Jara ne soit enterré au cimetière général. Certaines de ses chansons les plus connues, comme Te recuerdo Amanda ou Plegaria a un labrador, sont entonnées par le public présent. L’officier du groupe soupçonné d’avoir porté le coup de grâce à Victor Jara vit aux États-Unis, malgré une demande d’extradition des autorités chiliennes.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

On les disait anargyres…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la relance Keynésienne et du céleri rémoulade réunis, bonjour ! Aujourd’hui, nous sommes le Samedi 26 septembre 2020, cinquième jour de Vendémiaire dédié au cheval… On fête aussi la saint Côme. Côme et son frère Damien étaient des chirurgiens qui pratiquaient la médecine gratuitement d’où l’appellation d’anargyres; joli nom qui commence plutôt bien et qui me les rend sympathiques.

Or donc, cela se passait en Cilicie (aujourd’hui en Turquie) vers l’an 300 et ces braves garçons n’ont guère eu de Côme & Damienchance, en effet, ils furent arrêtés sur l’ordre du Préfet de Cilicie, un certain Lysias dont c’est le seul titre de gloire à ma connaissance. Il leur ordonna d’abjurer sous la torture. Selon la légende ils restèrent fidèles à leur foi en dépit de toute une série de tortures affreuses auxquelles ils restèrent insensibles; finalement ils furent décapités (ce qui prouve une fois de plus que la foi peut faire perdre la tête). Leurs frères cadets Antime, Léonce et Euprepius, qui les suivaient partout, partagèrent leur martyre. La plus célèbre de leurs cures miraculeuses, la greffe d’une jambe de Maure pour remplacer la jambe nécrosée d’un patient, fit l’objet de nombreuses peintures et miniatures; 220px-Fra_Angelico_064on peut en observer une (ci-dessous à gauche)que l’on doit au talent de Fra Angelico au musée national San Marco à Florence. Et voilà pourquoi, madame Michu, on a fait de Côme le patron des chirurgiens et des pharmaciens et cela depuis fort longtemps puisque c’est à St Louis que l’on doit la création de la confrérie de Saint-Cosme, première « association professionnelle » des chirurgiens.

Jusque là en effet, la profession de chirurgien n’était pas clairement différenciée de celle de barbier. Ces deux professions étaient considérées comme des métiers manuels nécessitant peu d’instruction, et appris le plus souvent en assistant un proche. Les médecins, au contraire, étaient école médecineconsidérés comme instruits, après des études en école de médecine. Jean Pitard, premier chirurgien de saint Louis en créant la confrérie de Saint-Côme et de Saint-Damien distingue les chirurgiens dits de robe longue qui doivent désormais passer un examen devant leurs pairs avant d’exercer, des chirurgiens dits de robe courte ou barbiers qui ne sont plus chargés que des interventions minimes. A Paris, rue de l’école de médecine on trouve encore trace de ce remarquable hôtel de la confrérie des chirurgiens. Étonnant, non !

Bon et bien voilà, on parle de tout et de n’importe quoi, et je ne sais plus ce que voulais dire… On verra cela plus tard, faut que je va faire mes courses. allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La chaise et le piano…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des béatitudes et du maquereau vin blanc réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 25 septembre 2020, quatrième jour de Vendémiaire dédié au Colchique. Son nom viendrait de Colchide où résidait Médée la colchique-d-automne-visoflora-18420magicienne. C’est le royaume d’Aetès et de Circée et la destination des argonautes à la recherche de la toison d’or. Cela correspond à quelque chose près à la Géorgie actuelle. Cette plante qui peut s’avérer extrêmement toxique est aussi connue sous le nom de « Safran bâtard ». Apollinaire ne s’y est pas trompé en l’introduisant dans un de ses poèmes paru au début du siècle dernier dans Alcools.

Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s’empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là
Violâtres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne

Tout à fait autre chose.

S‘il ne nous avait quitté prématurément le pianiste Glenn Gould aurait eu 88 ans aujourd’hui. Drôle de personnage, Il se penchait très en la chaise et le pianoavant vers son clavier, le visage au niveau des touches. Cela tenait à l’utilisation d’une, seule et unique, chaise pliante dont il avait scié les pieds, et qui était ainsi bien plus basse qu’une banquette de piano. Cette chaise l’accompagnera sa vie durant. Même lorsque celle-ci fut dans un état de délabrement total (la chaise, pas sa vie), il l’emporta partout où il devait jouer; la rafistolant comme il put, pendant près de 30 ans Devenus les symboles de Glenn Gould, la chaise et le piano sont conservés et exposés de manière permanente depuis juin 2012 au Centre national des Arts d’Ottawa. Oyez la fameuse marche turque:

La sonde américaine Voyager 1 lancée il y a 43 ans et qui depuis, a quitté le système solaire, contient un disque sur lequel est enregistrée une fugue de J.S. Bach interprétée par Glenn Gould; les petits hommes verts n’ont qu’à bien se tenir. Si l’on en croit le psychiatre  Peter Ostwald, Glenn Gould aurait été sujet d’une forme d’autisme dénomméeGould statue le syndrome d’Asperger . Plusieurs points étayeraient cette thèse : La disproportion des sens : hypersensibilité de l’ouïe, de la vue et du toucher. Routines vestimentaire, alimentaire et répétition de codes, de rituels tout au long de sa vie.  Par exemple, il trempait toujours ses bras dans l’eau très chaude avant un concert, et refusait l’idée même de se séparer de sa chaise pliante sciée. Il mangeait le même repas (œuf brouillé, pain grillé, salade et biscuit) chaque jour. Au 250 Front Street Ouest – Toronto – devant les locaux de CBC Radio-Canada, où se trouvent aussi le Musée, vous pouvez vous asseoir quelques instants en compagnie de Glenn Gould.

Allez, merci d’avoir consacré un peu de votre temps à consulter ce modeste blogue. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Trompettes de la renommée…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ

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Amis des « cénobites tranquilles » et des P.T.T. réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 24 septembre 2020 et pour nos amis républicains c’était le troisième jour de vendémiaire, jour de la châtaigne, ce qui n’est pas une raison suffisante pour s’échanger des marrons. Et tiens, lescenobitestranquilles-carte-postaleà propos d’échange… Voici en guise de piqure de rappel, la carte postale des « cénobites », disponible sur simple demande. Laissez votre adresse, on vous écrira ! Nul doute que cette carte là est appelée à devenir collector. Je rigole déjà en pensant à la tronche du préposé à la distribution du courrier surtout si elle tombe par hasard entre les mains de Besancenot. Il faut que je pense à me procurer une adresse qui se situe sur sa tournée. Un petit salut en passant à Fats Navarro, grand trompettiste de jazz, né un 24 septembre à Key West en Floride. Certainement un des rois du Be-Bop qui a joué avec les seigneurs du genre de Charlie Parker à Kenny Clarke’s ou Lionel Hampton.

Fats Navarro est un des trompettistes les plus représentatifs du style bebop. Il apprend le piano et le saxophone ténor avant d’opter pour la trompette. Il fait ses débuts professionnels à l’âge de 17 ans. De 1943 à 1944, il fait partie de l’orchestre d’Andy Kirk. De 1945 à 1946, il est membre du big band de Billy Eckstine. De 1946 à 1950, il devient un musicien très demandé. On peut l’entendre avec les «  Kenny Clarke’s Be Bop Boys  », «  Eddie Davis And His Reboppers  », dans les  Fats_Navarro1formations de musiciens comme Coleman Hawkins, Dexter Gordon ou Illinois Jacquet et, brièvement, dans le big band de Lionel Hampton (printemps 1948) et le sextet de Benny Goodman. Par trois fois, il est plébiscité par les lecteurs de la revue «  Metronome  » et amené à enregistrer avec le «  Metronome All Stars » (aux côtés de Charlie Parker et des autres « stars » du bebop). Il se produit aussi avec Parker à d’autres occasions (lors de concerts du JATP en 1949, au « Birdland » en 1950,…). On peut aussi l’entendre, en 1949, dans la formation du pianiste Bud Powell (avec Sonny Rollins au ténor). Les plages les plus significatives de Fats Navarro sont probablement celles enregistrées avec Tadd Dameron, parfois sous le nom du trompettiste, mais le plus souvent sous celui du pianiste. Souffrant depuis des années de tuberculose, il meurt, en 1950, à l’âge de 26 ans. Quelques mois de plus et il rejoignait le fameux club des 27: Jimi Hendrix, Jim Morrison, Kurt Cobain ou encore Amy Winehouse. Mais aussi Brian Jones, Janis Joplin, Robert Johnson…

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La chanson noire de Pablo Neruda…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’érotisme flamboyant et de la bouillie d’avoine réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 23 septembre 2020, deuxième jour de Vendémiaire généralement dédié st-jacques-300x300au safran. Ah, les coquilles saint-Jacques de la baie de Saint-Brieuc sur une fondue de poireaux safranée… Vous servez cela avec un Graves-de-Vayres qui, malgré l’analogie du nom est sans rapport avec la zone viticole des Graves. Pour ce qui me concerne, j’ai une faiblesse pour le 100% sémillon élevé en barriques; quand bien même, la majorité des Graves-de-Vayres blancs secs est issue d’assemblage sauvignon, sémillon, muscadelle.

C’est le jour anniversaire de la disparition de Pablo Neruda:23 septembre 1973. «Je veux vivre dans un pays où il n’y ait pas d’excommuniés. Je veux vivre dans un monde où les 220px-Pablo_Nerudaêtres soient seulement humains, sans autres titres que celui-ci, sans être obsédés par une règle, par un mot, par une étiquette. Je veux qu’on puisse entrer dans toutes les églises, dans toutes les imprimeries. Je veux qu’on n’attende plus jamais personne à la porte d’un hôtel de ville pour l’arrêter, pour l’expulser. Je veux que tous entrent et sortent en souriant de la mairie. Je ne veux plus que quiconque fuie en gondole, que quiconque soit poursuivi par des motos. Je veux que l’immense majorité, la seule majorité : tout le monde, puisse parler, lire, écouter, s’épanouir. » Il s’appelait en réalité: Ricardo Eliécer Neftalí Reyes Basoalto natif de Parral au Chili.

Allez, merci de passer par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Mabon et l’équinoxe d’automne…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de l’amphigouri et du clafoutis aux mirabelles réunis, bonjour ! Nous sommes donc le Mardi 22 septembre 2020, premier jour de Vendémiaire dédié au raisin. Je dois préciser que l’équinoxe aura lieu à 13h30 et 38 secondes heure française pour être tout à fait précis. J’ajouterai qu’il vous reste 100 jours pour préparer le réveillon. C’est un peu le Père cent des appelés du contingent, rite qui était pratiqué à mon époque et qui était marqué par une parodie de pendaison cent jours avant la quille. Je dis cela mobron-saumoncar, dans le calendrier républicain, commençant le 22 septembre 1792, mis en place le 6 octobre 1793 et utilisé entre 1793 et 1805, l’année débute lors de l’équinoxe de septembre. (Le hasard avait fait que l’institution de la République, le lendemain de l’abolition de la royauté le 21 septembre 1792, ait lieu le jour de l’équinoxe d’automne). Dans la très vieille et très ancienne civilisation celtique, c’est Mabon; dont le nom complet est Mabon ap Modron qui signifie le « fils divin d’une divine mère », l’enfant de la déesse, Terre-mère des gallois, Modron, fille d’Afallach et de Mellt. Selon la légende, Mabon, a été enlevé à l’âge de trois jours (ou trois ans selon d’autres versions) et emprisonné à Gloucester ou dans l’Annwvyn, l’Autre-Monde des Gallois. Seul le Saumon de Llyn Llin connaissait l’endroit exact de sa séquestration. Cependant, comme il était le meilleur veneur du monde, il Frodonétait le seul à pouvoir maîtriser le chien dont Culhwch avait besoin pour conquérir la main d’Olwen. C’est pourquoi une expédition fut montée pour délivrer Mabon. Toujours selon la légende, il était retenu sur une île au milieu d’une rivière et Cei et Bedwyr s’y rendirent sur le dos d’un saumon pour le délivrer. (source: Le grenier de Clio ). Et pour en terminer avec l’éphéméride, saviez vous que Frodon Sacquet Hobbit, personnage important de l’œuvre de Tolkien, était né un 22 septembre 2968 du 3è âge. Étonnant, non ! Toute chose égale par ailleurs, je dois vous avouer qu’à l’instar de Brassens, le 22 septembre aujourd’hui, je m’en fout. (pour Jean, fidèle lecteur, bis repetita)

Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Y’a qu’un cheveu sur la tête à Mathieu…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la tectonique des plaques et du riz Basmati réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 21 Septembre 2020. C’était généralement le cinquième jour complémentaire dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour des récompenses et on me polnareff le retoursouffle à l’oreille que c’est la saint Mathieu. Les moins jeunes se souviennent de la chanson «Y’a qu’un cheveu sur la tête à Mathieu…» popularisée par Polnareff qui l’a déposée à la Sacem en 1973. Mais, c’est une vieille chanson, traditionnellement chantée par les enfants lors des marches en forêt et des camps scouts, bien avant la naissance de ce chanteur. La chanson d’origine « La mâchoire à Jean » (Queyriaux / E. Ouvrard) fut créée par Éloi Ouvrard à l’Éden-Concert (1881-1895). En 68 le chanteur met la dernière touche à son album Le bal des laze, une balade un peu baroque et franchement sombre. Pour finir l’album, il manque un titre; Pierre Delanoë, l’auteur de Polnareff, s’inspire alors d’une comptine pour enfants et d’une chanson de marin et en sort un titre loufoque qui fait un carton à la radio. Étonnant, non !

Voila pour aujourd’hui, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les vêpres des grenouilles…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’histoire bretonne et des cailles au raisin réunies, bonjour ! Nous sommes le samedi 19 septembre 2020 qui fait partie des jours « complémentaires » rajoutés au calendrier  républicain ; celui-ci était dédié au travail. Quelle drôle d’idée…

En Bretagne on honore les Riware (le premier qui dit Riware et Carret est à l’amende) qui a laissé son nom à la commune de Lanrivoare, non loin d’ici. Lanrivoaré (29) est un démembrement de l’ancienne paroisse cimetièreprimitive de Milizac. Cette commune doit son origine à la création d’un ermitage par Rivoaré. Lanrivoaré était autrefois une trêve de Plourin et dépendait de l’ancien évêché du Léon. Paroisse de l’ancien archidiaconé d’Ach, sous le patronage de saint Rivoaré qui est honoré en Cornouaille dans la trêve de Saint-Rivoal, en Braspart, et c’est peut-être à cause de sa parenté avec saint Hervé, qu’il est considéré comme ayant une grande puissance sur le démon, dont auraient hérité les Curés ou Recteurs de Saint-Rivoal, qui, selon la tradition populaire, ont la charge de conduire dans les marais du mont Saint-Nicolas les démons ou sorciers qu’ils ont conjurés non sans les avoir transformés en chiens noirs (ki du).

Rivoaré aurait été le chef d’une tribu d’émigrés bretons qui aurait été immolée par des païens en haine de leur foi et c’est en souvenir de ce massacre qu’on aurait conservé leurs restes dans un cimetière tout particulier, entièrement dallé, dans lequel on ne pénètre qu’en seles-7-pains déchaussant (photo de gauche ci-dessus). On y voit une croix au pied de laquelle se trouvent sept pierres rondes ayant quelque analogie avec la forme des pains de ménage. On dit que ces pains furent changés en pierre par Rivoaré à l’étalage d’un boulanger qui lui aurait refusé l’aumône. Ce cimetière est dit communément, des 7777 martyrs. Mais en breton, l’on dit 7 mille, 7 cents, 7 vingts et 7 — c’est-à-dire 7847 — auxquels, si on ajoute les 7 pierres de la croix, on trouve le chiffre 7854. Tout le monde suit ? Je continue. Cette pédagogie druidique qui consistait à répéter inlassablement des suites, a laissé quelques traces dans les chants traditionnels scandés tels le fameux « vêpres des grenouilles » . Comme ici, par les non moins fameuses sœurs Goadec.

Ce nombre de 7 répété à dessein a intrigué les savants qui ont voulu y voir un nombre mystérieux, et M. de Kerviler, sans vouloir nier la tradition d’un massacre de chrétiens en ce lieu, y voit une formule des druideanciens druides rendant facile à retenir, la théorie du cercle et en même temps mettant en relief l’importance des nombre 7 et 3. « Etant arrivés, dit-il, à trouver que la circonférence de 10 unités de diamètre avait une longueur de 314 unités, ils en avaient conclu que la surface d’un cercle était de 7854 unités carrées, et remarquant ensuite que ce nombre contenait l’expression de propriétés merveilleuses sur le nombre 7 et sur le nombre 3 ils en firent l’objet d’une légende mnémonique pour leurs adeptes ». Cette légende nous aurait été conservée grâce à ce nombre des « 7 mille 7 cents 7 vingts et 7 Saints martyrisés, et des 7 pains de saint Hervé », que les nouveaux convertis ont adopté sans y voir trace d’une opinion scientifique quelconque.

Bon et bien voilà, encore une histoire à coucher dehors avec un billet de logement, comme disait mon aïeule. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.