Augustin mais pas saint…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’internationalisme et de la soupe aux choux réunis, bonjour! Je profite de ce Vendredi 28 août 2020, jour de la saint Augustin et souchy-G-aussi 11è jour de fructidor dédié à la pastèque, pour évoquer une grande figure de l’anarchisme international. N’y voyez aucune allusion; évoquer Augustin Souchy, c’est s’atteler à couvrir 75 ans de révolutions dans le monde. Doyen des anarchistes allemands, il s’est éteint le 1er janvier 1984 à Munich où il avait décidé de s’établir en 1966 après des périples nombreux et périlleux à travers le monde. Il nait en 1892, le 28 août, non loin de la frontière Russo-Polonaise, et quelques années plus tard, c’est tout naturellement que sa famille accueille les ennemis du tsarisme lors de la première révolution russe de 1905.

Augustin Souchy écoute les récits des fuyards et rêve de révolution. Il poursuit des études de laborantin à Berlin où il rencontre E. Bernstein, Karl Liebknecht, Clara Zetkin. Il lit Gustav Landauer, Pierre Ramus. Le soir, il fréquente les bibliothèques. Militant socialiste et pacifiste, il est  Espagne-FAIemprisonné une première fois le 18 mai 1911, journée du souvenir des morts de 1848. Quand éclate le premier conflit mondial, il est à Vienne. Il est antimilitariste et participe au groupe Befreiung. Il est arrêté, on l’attache à un autre prisonnier et on lui accroche une pancarte sur laquelle on lit: « Attention: Anarchiste ! ». Insoumis, il refuse de participer au carnage et s’exile en Suède où il entreprend d’approfondir les idées libertaires. La prise du Palais d’Hiver en 1917 redonne espoir à toute une génération de révolutionnaires. Il rejoint les rangs des anarcho-syndicalistes et collabore au journal « Der Syndikalist ». Il est en Russie en 1920 pour participer, sur invitation de Lénine, au second congrès de la IIIe Internationale. SOUCHY flaire la magouille marxiste et déconseille à ses camarades la collaboration avec le Komintern.

On le retrouve à Paris, le 20 mai 1921, devant le Mur des Fédérés, pour la commémoration du 50e anniversaire de l’écrasement de la Commune. Il entreprend ensuite une série de voyages en Amérique du Sud pour souchy-2nouer des contacts avec les organisations proches et amies sur ce continent. Séjour de plusieurs mois en Argentine. Participe au congrès des anarcho-syndicalistes latino-américains à Buenos-Aires ; conférences en Argentine et en Uruguay. Il est à Berlin quand Hitler prend le pouvoir. Il se réfugie à Paris où les exilés politiques allemands sont nombreux et se rapproche de Louis Lecoin. 1936, l’Espagne offre un terrain de mise en pratique d’idéal longtemps rêvé. Souchy arrive quelques jours avant la tentative du putsch de Franco à Barcelone. Il a la quarantaine, n’a jamais été soldat, se bat aux côtés des anarchistes. A la veille de l’écrasement du mouvement par la coalition fasciste internationale, il regagne la France. Là, sous le coup des lois xénophobes, il est interné dans les camps de Marolles, puis Audierne (Bretagne), d’où il s’évade à l’approche des troupes allemandes.

Il s’embarque pour le Mexique via Casablanca qui accueille alors les réfugiés de la guerre d’Espagne. Septuagénaire, Augustin vivra encore 20 ans. Il suit de près les mouvements sociaux, en particulier la révolution au Portugal. Il se sert des médias comme tribune pour souchy_fabbri_santillandéfendre l’humanisme libertaire et les idées forces de l’anarchisme. En 1977 paraissent ses mémoires: « Vorsicht: Anarchist ! -Ein Leben für die Freiheit » (Attention: anarchiste ! – Une vie pour la liberté – Presque aveugle, il meurt de vieillesse le jour de l’an. « Direkte Aktion » lui consacre un long article pour « rendre hommage à un compagnon et un grand humaniste qui ne s’est agenouillé ni devant les dieux, ni devant les pouvoirs ». Ici en photo avec Luce Fabbri et Diego Abad de Santillan Sources :Martine Remon. Sur le site Anarchie 23.

Voilà un portrait de plus (un peu long peut-être) pour notre galerie. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

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