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Si Yuna m’était contée…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la mécanique des fluides et de la panse de brebis farcie réunies, bonjour ! Nous sommes le vendredi (jour des crêpes) 21 août 2020, quatrième jour de Fructidor dédié à l’Escourgeon. C’est assez 290px-Escourgeon-Hordeum_vulgare_subsp._vulgareétonnant car, le septième jour de fructidor est lui, dédié au Sucrion. Or, Sucrion et Escourgeon ne sont que deux appellations différentes pour désigner la même plante: l’orge d’hiver. La fine équipe réunie par Fabre d’Églantine pour réaliser le calendrier républicain avait du se laisser aller à quelques libations pour s’être ainsi mélangé les pinceaux. L’orge à six rangs est encore très présente dans les Orcades en Écosse. Dénommée Bere, elle y est consommée régulièrement sous forme de galettes épaisses (bannock), de pains ou de biscuits. Les grains transformés en malt sont utilisés surtout pour préparer des bières de fermentation haute. Présente sur l’île d’Islay, elle y sert à la fabrication du whisky.

En Bretagne on célèbre (ou pas) Yuna… Elue comme sainte patronne par les sabotiers, Yuna est venue du pays de Galles au 6ème siècle accompagnée de son frère Envel. S’établissant tous deux près de Belle-Isle-en-Terre (22), ils y bâtirent leur ermitage où par esprit de contrition, ils décidèrent de ne jamais se revoir. La légende raconte que chaque jour qui passait, Yuna faisait sonner sa cloche à l’heure de la chateauprière. Or un beau jour, celle-ci ne sonna point et Envel comprit alors que sa sœur était morte. Dérivé du prénom Yves, Yuna a été francisée en Jeune. Il est plus probable que cela vienne du vieux breton Iun (désir.) Nous trouvons par ailleurs de nombreuses variantes orthographiques de ce prénom telles que : Youna, Yeuna, Yoena, Jûna, Junan… Selon une autre légende,  le saint honoré sous la forme Envel avait un frère de même nom. Tous deux devinrent les supérieurs de monastères différents. Fuyant leur Bretagne insulaire dévastée, ils gagnent l’Armorique pour se retirer au lieu qui prendra leur nom, Loc-Envel. Le premier en la forêt de Coat-an-noz et l’autre dans celle de Coat-an-hay. Cette légende semble basée sur la confusion avec le breton heñvel, « semblable ». (à droite, ce qu’il reste du château que lady Mond fit construire à Coat-an-noz) La seule chose dont je sois certain c’est que la forêt de Coat-an-noz m’a vu réaliser mes plus belles cueillettes de champignons…

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.