Vous lisez actuellement les articles publié en août 2020

Page 1 de 3

Au 31 du mois d’août…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, TRADITION

Amis de la perfide Albion (y-en a) et de la panse de brebis farcie réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 31 Août 2020, quatorzième jour de Fructidor dédié à la noix.

Je ne pouvais pas laisser passer le 31 août sans entonner avec vous cette chanson qui a accompagné tant de nos soirées quelque peu agitées. Celle-ci est d’autant plus intéressante qu’elle relate un fait historique. Il s’agit de la prise du « HMS KENT », bâtiment appartenant à sa très Combat_navalgracieuse majesté et dont on voit ici une représentation, par un petit navire « la confiance » commandée par Surcouf, corsaire Malouin. Le 7 octobre 18OO (?), dans la baie du Bengal, le Kent, navire anglais de guerre face à La Confiance. A trois hommes contre un, deux canons pour deux, le Kent était sûr de vaincre. Surcouf, fin tacticien, réussit toutefois à donner à ses hommes le courage nécessaire à la prise du Kent. Soixante-dix anglais furent tués, dont le capitaine, et seuls (!) vingt hommes de Surcouf succombèrent.

La légende nous a légué ce fameux dialogue: « Officier surcoufanglais : Nous, Anglais, nous nous battons pour l’honneur, et vous les Français, vous vous battez pour l’argent !
Robert Surcouf : Chacun se bat pour ce qui lui manque ! » Cela ne l’a pas empêché de finir baron et armateur et porteur de la légion d’honneur. Il faut reconnaître qu’il n’a pas le profil de Long John Silver ou de Barberousse et qu’il fait davantage penser à un gras bourgeois de l’époque… En tous cas, un malouin malin doublé d’un prospère propriétaire terrien de 800 hectares.

Bon, allez, c’est la fin des vacances, je vous parie deux paquets de lessive contre un paquet de mer à la pointe du raz que le soleil va revenir ! En attendant, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le grand Youenn …

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la musique dodécaphonique et du biniou-koz réunis, bonjour ! Nous sommes arrivés ensemble jusqu’à ce Samedi 29 août 2020, douzième jour de Fructidor dédié au fenouil, ce qui prouve, si besoin était, qu’il ne faut douter de rien…

Il était né à Scaër (29) où il s’était initié à la sculpture sur bois auprès du père Le Coz, ébéniste. J’ai eu le bonheur de rencontrer le grand Youenn à plusieurs reprises et c’était toujours un ravissement de l’entendre raconter son aventure américaine, ses rencontres avec les artistes de la beat génération et son amitié avec Jack Kerouac. Dans lYouenn-Gwernig-debout-219x300es années 50, Youenn qui exerce alors la professionde sculpteur sur bois, rencontre un certain Emile Le Scanff, qui sera connu plus tard sous le nom de Glenmor. Ce dernier l’entraîne alors dans sa petite troupe « Breizh a Gan », et les compères monte une opérette en breton, Genovefa. Mais l’époque est difficile pour l’identité bretonne, le souvenir de la guerre est encore chaud et l’héritage de certains « Breiz Atao » dur à porter. En 1957 Youenn s’embarque pour les États-Unis. Il y passera une douzaine d’années, exerçant ses talents de sculpteur dans le Bronx et s’essayant à l’écriture. En 1982 paraîtra La grande tribu, roman autobiographique dans lequel il raconte son expérience américaine. A son retour en Bretagne, il refuse de s’acquitter de la redevance TV afin de protester contre le traitement que subit la langue bretonne sur la station régionale de FR3. Comble de l’ironie, c’est à lui que la chaîne fera appel de 1983 à 1989 pour diriger les programmes en breton. Je repense souvent à ce colosse à la carrure de bûcheron qui m’évoque immanquablement la stature et le style de Félix Leclerc.

Allez, merci à vous d’avoir fait le détour par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Augustin mais pas saint…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’internationalisme et de la soupe aux choux réunis, bonjour! Je profite de ce Vendredi 28 août 2020, jour de la saint Augustin et souchy-G-aussi 11è jour de fructidor dédié à la pastèque, pour évoquer une grande figure de l’anarchisme international. N’y voyez aucune allusion; évoquer Augustin Souchy, c’est s’atteler à couvrir 75 ans de révolutions dans le monde. Doyen des anarchistes allemands, il s’est éteint le 1er janvier 1984 à Munich où il avait décidé de s’établir en 1966 après des périples nombreux et périlleux à travers le monde. Il nait en 1892, le 28 août, non loin de la frontière Russo-Polonaise, et quelques années plus tard, c’est tout naturellement que sa famille accueille les ennemis du tsarisme lors de la première révolution russe de 1905.

Augustin Souchy écoute les récits des fuyards et rêve de révolution. Il poursuit des études de laborantin à Berlin où il rencontre E. Bernstein, Karl Liebknecht, Clara Zetkin. Il lit Gustav Landauer, Pierre Ramus. Le soir, il fréquente les bibliothèques. Militant socialiste et pacifiste, il est  Espagne-FAIemprisonné une première fois le 18 mai 1911, journée du souvenir des morts de 1848. Quand éclate le premier conflit mondial, il est à Vienne. Il est antimilitariste et participe au groupe Befreiung. Il est arrêté, on l’attache à un autre prisonnier et on lui accroche une pancarte sur laquelle on lit: « Attention: Anarchiste ! ». Insoumis, il refuse de participer au carnage et s’exile en Suède où il entreprend d’approfondir les idées libertaires. La prise du Palais d’Hiver en 1917 redonne espoir à toute une génération de révolutionnaires. Il rejoint les rangs des anarcho-syndicalistes et collabore au journal « Der Syndikalist ». Il est en Russie en 1920 pour participer, sur invitation de Lénine, au second congrès de la IIIe Internationale. SOUCHY flaire la magouille marxiste et déconseille à ses camarades la collaboration avec le Komintern.

On le retrouve à Paris, le 20 mai 1921, devant le Mur des Fédérés, pour la commémoration du 50e anniversaire de l’écrasement de la Commune. Il entreprend ensuite une série de voyages en Amérique du Sud pour souchy-2nouer des contacts avec les organisations proches et amies sur ce continent. Séjour de plusieurs mois en Argentine. Participe au congrès des anarcho-syndicalistes latino-américains à Buenos-Aires ; conférences en Argentine et en Uruguay. Il est à Berlin quand Hitler prend le pouvoir. Il se réfugie à Paris où les exilés politiques allemands sont nombreux et se rapproche de Louis Lecoin. 1936, l’Espagne offre un terrain de mise en pratique d’idéal longtemps rêvé. Souchy arrive quelques jours avant la tentative du putsch de Franco à Barcelone. Il a la quarantaine, n’a jamais été soldat, se bat aux côtés des anarchistes. A la veille de l’écrasement du mouvement par la coalition fasciste internationale, il regagne la France. Là, sous le coup des lois xénophobes, il est interné dans les camps de Marolles, puis Audierne (Bretagne), d’où il s’évade à l’approche des troupes allemandes.

Il s’embarque pour le Mexique via Casablanca qui accueille alors les réfugiés de la guerre d’Espagne. Septuagénaire, Augustin vivra encore 20 ans. Il suit de près les mouvements sociaux, en particulier la révolution au Portugal. Il se sert des médias comme tribune pour souchy_fabbri_santillandéfendre l’humanisme libertaire et les idées forces de l’anarchisme. En 1977 paraissent ses mémoires: « Vorsicht: Anarchist ! -Ein Leben für die Freiheit » (Attention: anarchiste ! – Une vie pour la liberté – Presque aveugle, il meurt de vieillesse le jour de l’an. « Direkte Aktion » lui consacre un long article pour « rendre hommage à un compagnon et un grand humaniste qui ne s’est agenouillé ni devant les dieux, ni devant les pouvoirs ». Ici en photo avec Luce Fabbri et Diego Abad de Santillan Sources :Martine Remon. Sur le site Anarchie 23.

Voilà un portrait de plus (un peu long peut-être) pour notre galerie. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Lester Young: The Prez…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la chapelle Sixtine et de la cousine Bette réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 27 Août 2020, c’était généralement le 10e jour du mois de fructidor dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de l’échelle.

Je profite de ce jour anniversaire, pour dire quelques mots d’un musicien que j’apprécie particulièrement; il s’agit de Lester Young. C’est à Woodville (Mississippi), petite ville au fin fond du Sud des États-Unis, que Lester Willis Young est né le 27 août 1909. Le jeune garçon grandit à la Nouvelle-Orléans, puis à Minneapolis où sa famille a déménagé. Il Lester-Young-45-degrees-300x224réalise plusieurs tournées avec l’orchestre familial, auquel participe également son jeune frère Lee (batteur). Les premières années du parcours en solitaire de Lester Young sont marqués par des participations à un grand nombre d’ensembles musicaux et il se fait rapidement remarquer par son style d’interprétation atypique, jouant du saxophone de manière détendue, en adoptant souvent des attitudes nonchalantes, et en tenant son instrument de travers, presque à l’horizontale. Suivant la tradition de la « royauté du jazz », qui veut que les musiciens vedettes se voient attribuer des sobriquets prestigieux (« King », « Duke », « Queen », etc.), il reçoit le surnom de « Prez », diminutif de « Président », qui semble lui avoir été attribué, par Billie Holiday.

Lester Young réalise avec Count Basie une série d’enregistrements de grand renom, notamment les légendaires Kansas City SessionsKONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA, jouant tant du saxophone que de la clarinette. A la fin des années 1930, il se partage entre l’orchestre de Count Basie, l’accompagnement de Billie Holiday et d’autres ensembles. Mais, à partir du début des années 1950, Lester Young entre dans une spirale mortifère, tenaillé par des problèmes aussi bien physiques que psychologiques. Si ses interprétations s’en ressentent parfois, il n’en demeure pas moins un pilier de Jazz at the Philarmonic, dont il suit les tournées américaines et européennes, et son style de swing traditionnel continue d’influencer grandement les nouvelles générations de jazzmen. En 1955, il est hospitalisé pour dépression nerveuse durant un an. Mais ses habitudes mortifères reprennent bientôt le dessus, une consommation abusive d’alcool s’ajoutant à une alimentation de plus en plus insuffisante.

Au début de 1959, il réalise une tournée européenne, qui s’achève à Paris par une prestation au Blue Note, avec Kenny Clarke: durant son Billie & Lesterséjour sur le vieux continent, il boit sans discontinuer et ne mange  quasiment rien. Après un ultime enregistrement dans la capitale française, Lester Young reprend l’avion pour les États-Unis et atterrit à New York le 15 mars 1959. Quelques heures après son retour, il succombe à un arrêt cardiaque. Sa mort et celle, quelques mois plus tard, de sa complice Billie Holiday, viennent alimenter la légende tragique du Jazz et de ses musiciens consumés par les feux de la rampe. Sources: les travaux de Nikita Malliarakis et les textes d’Alain Gerber.

Voila pour cette rentrée, à écouter sans modération aucune. Éteignez la télé et laissez vous emporter par le saxo de Lester Young et la voix inoubliable de Lady Day… Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Passent les jours et…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis de la liberté (sans adjectif) et de la réglisse (sans adjuvant) réglisse-150x150réunies, bonjour ! Oui, je vous rappelle que nous sommes le mercredi 26 août 2020, neuvième jour de fructidor, journée consacrée à la réglisse qui est comme chacun le sait tout à fait indiquée dans la lutte contre le mauvais cholestérol; ça c’est pour ceux qui aurait fait quelques excès durant l’été. Je connais des pataphysiciens pour qui en réalité nous sommes le Lundi 16 Phalle 147 Nativité de St Vibescu, pohète et Commémoration de Ste Cuculine d’Ancône…

C’est aussi l’anniversaire de la naissance d’un immense poète qui accompagna mes errances adolescentes et au delà. Je veux parler de Guillaume Apollinaire (à droite, son portrait par Vlaminck). De son vrai nom: Guglielmo Alberto Wladimiro Alessandro Apollinare de Kostrowitzky.  En 1901, il est engagé comme précepteur en Allemagne et tombe amoureux de la gouvernante, qui refuse ses avances. Ses apollinaire_by_vlaminck_1903-236x300premiers poèmes portent la trace de sa douleur d’homme éconduit. Il rentre à Paris en 1902 et publie dans « La Revue blanche » son premier conte, « L’Hérésiarque », en signant « Guillaume Apollinaire ». Il publie alors de nombreux contes et poèmes dans des revues et commence à se faire connaître. Le poète pénètre dans les milieux artistiques, se lie d’amitié avec Pablo Picasso et devient un hôte assidu du Bateau-Lavoir où il fait la connaissance de Max Jacob. Il suit de très près l’évolution du mouvement cubiste et publie en 1913 « Peintres cubistes ». Cette même année est publié son premier recueil, « Alcools », sélection de poèmes rédigés depuis ses débuts.

Il veut s’engager dans l’armée française dès 1914, mais ne possède pas Onze1-189x300la nationalité et doit être naturalisé. Il est tout de même affecté en décembre 1914 dans l’artillerie et continue d’écrire. Transféré dans l’infanterie en 1915, il est naturalisé en début d’année 1916. Il est blessé quelques jours plus tard par un éclat d’obus et est trépané à Paris. Après des mois de convalescence, il se remet à écrire et crée le terme de « surréalisme » dans une lettre à un poète. Il publie en 1918 son second grand recueil poétique, « Calligrammes », quelques mois avant de mourir de la grippe espagnole. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Outre ses poèmes, on lui doit des romans érotiques pour ne pas dire pornographiques comme le fameux « Les onze mille verges » ou encore « les exploits d’un jeune Don Juan ».

Et voilà, passent les jours et passent les semaines; le cénobite continue son bonhomme de chemin. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les mots oubliés ont de la mémoire…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

,

Amis des printemps libérateurs et des moules marinières réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 25 Août 2020, apocynum_cannabinum_41huitième jour de Fructidor dédié à l’Apocyn… Les savants l’appellent l’asclépiade de Syrie et le petit peuple la nomme l’herbe aux perruches. C’est une plante toxique, consommée par la chenille du papillon Monarque qui devient lui-même toxique grâce à elle (chenille et adulte), ce qui lui permet d’échapper à de nombreux prédateurs. Les peuples d’Europe devraient s’en inspirer car, pour l’heure, ce sont les prédateurs qui sont en train de gagner la partie…

Au café-bar-tabac-PMU-dépôt de pain, ce matin c’est la victoire des allemands du Bayern qui faisait le buzz. C’est vous dire si les préoccupations de la France profonde sont assez éloignées de celles du cénobite qui se torture les méninges pour écrire son billet quotidien sur des thèmes aussi réjouissants que la crise, la Syrie, l’Iran, le prix du carburant, l’université d’été de Mélenchon, heu, non, là je galège… J’adore ce petit mot qui fait partie pour moi des mystères de la langue française. Ainsi on écrit je galège mots oubliésmais on parle de galéjade. Et pourquoi pas de hâblerie ou de rodomontade ? J’arrête là avant d’être accusé de ratiociner à plaisir et d’abuser de coquecigrues depuis fort longtemps prescrites par l’académie et dont l’usage intempestif pourrait me valoir un séjour dans les ergastules des ayattollahs de la grammaire pour avoir délinqué derechef;  tout est possible, avec des happe-lopins de cette espèce. Mais, trêve de falibourdes, si je continue à m’acagnarder de la sorte en m’amusant de la désuétude des mots je ne risque pas d’emboiser un lectorat tout acquis à la modernité et je crains de me faire chanter pouilles par les gardiens du temple… Mais bon, j’affectionne cet exercice qui consiste à laisser mon esprit courir la prétentaine et ma plume baguenauder entre les mots d’avant autrefois; comme qui dirait: jadis, en breton se dit gwechall.

Bon allez, je ne sais plus ce que voulais écrire mais bon, comme disait mon aïeule, qui aurait vendu la sienne pour un bon mot: à l’Apocyn nul n’est tenu… Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ni Dieu ni maître…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la mécanique des fluides et de la panse de brebis escourgeonfarcie réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 24 août 2020, 07è jour de Fructidor dédié à l’Escourgeon. C’est une sous-espèce de l’Orge commune  dont les épis comptent six rangées de grains. On dit orge à six rangs, par opposition aux orges à deux rangs qui peuvent être de printemps ou d’hiver.

Difficile pour « les cénobites » de ne pas saluer le jour anniversaire de la naissance du grand Léo. Le 24 août 1916 en effet, naissance de Léo Ferré à Monaco. Poète, anarchiste, auteur-compositeur-interprète de chansons et écrivain. Il naît dans une famille aisée et, très jeune, se passionne pour la musique. A 9 ans, ses parents le placent en pension dans un collège religieux à Bodighera en Italie; Ferréil y passera 8 ans (lire « Benoît Misère ») et découvrira à 14 ans le mot « anarchie » dans les pages d’un dictionnaire. En 1935, il arrive à Paris pour y étudier le droit. Lorsque la guerre éclate, il est mobilisé jusqu’en août 40. Début 1968, il collabore au « Monde libertaire » (qu’il aidera ensuite par des galas de soutien comme ce 10 mai 68) et à la revue « La Rue ». En 1969, il enregistre son spectacle à Bobino, puis part s’installer en Toscane (Italie). Sa carrière et son succès se poursuivront au delà des frontières, mais il continuera de soutenir « Le Monde libertaire », « Radio Libertaire » et le « Théâtre Libertaire de Paris ». Malade, il meurt en Toscane le 14 juillet 1993.

Cette parole d’Évangile
Qui fait plier les imbéciles
Et qui met dans l’horreur civile
De la noblesse et puis du style
Ce cri qui n’a pas la rosette
Cette parole de prophète
Je la revendique et vous souhaite ni dieu ni maitre.

Et bien, moi aussi. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Henri Cartier-Bresson…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’argentique et du mouton de prés salés réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 22 août 2020, 5è jour de Fructidor dédié au saumon dans notre fameux calendrier républicain. Pourquoi le saumon ? Je n’en sais fichtrement rien. Ils auraient pu choisir la truite vagabonde ou encore le gardon frétillant, l’ablette rigolote, ou la muette carpe; et bien non, ce fut le saumon…

On sait trop peu que le grand photographe Henri Cartier-Bresson ne cachait pas ses sympathies pour les idées libertaires. Rendons lui un petit hommage en ce jour anniversaire. Le 22 août 1908, naissance de Henri Cartier-Bresson, à Chanteloup (Seine-et-Marne) France. L’un des plus grands photographes du siècle et aussi un anarchiste de cœur qui ne cesse d’invoquer le plus célèbre révolté: Bakounine. Sa famille, propriétaire d’une manufacture de coton à Pantin, essaye sans succès de lui transmettre une éducation bourgeoise et chrétienne. « Jamais! jamais! je n’ai eu la foi. C’était impossible (…) » Très jeune révolté, il prisonnier_revolte-195x300refuse l’esprit de compétition du sport et se passionne pour la peinture, ce qui l’amène à fréquenter les surréalistes. Mais il abandonne la peinture et part à la découverte du monde avec un « Leïca ». En 1932, ses premières photographies sont nées à New York. En 1934, il part un an au Mexique où il témoigne de la vie dans les quartiers pauvres de Mexico.( La photo de droite est prise dans la prison de Leesbury aux Etats-Unis en 1975 ). En 1935, il est aux Etats-Unis où il s’initie au cinéma. En 1936-39, il est de retour en France et travaille comme assistant de Jean Renoir. En 1937, il réalise durant la révolution espagnole un documentaire sur les hôpitaux républicains « Victoire de la vie ». En 1940, il est emprisonné par les Allemands mais il parvient à s’évader en 1943 (après deux tentatives infructueuses), il prend alors part à une organisation clandestine d’aide aux prisonniers. Il photographie ensuite la libération de Paris puis retourne aux USA. En 1947, il fonde avec Robert Capa, David Seymour et Georges Rodger l’agence coopérative « Magnum Photos » qui deviendra la prestigieuse agence que l’on sait. De 1948 à 50, il séjourne en Inde, en Birmanie, en Chine (durant les 6 premiers mois de la Chine populaire), puis en Indonésie (lors de l’indépendance). 20130620-lens-bresson-slide-IVP4-superJumboEn 1954, il est parmi les premiers photographes occidentaux à se rendre en Russie. En 1960, il est à Cuba puis au Mexique, etc. En 1966, il quitte l’agence Magnum mais poursuit la photographie et les éditions. En 1974, il abandonne les reportages photos pour se consacrer au dessin. Le 1er mai 2000, il participe avec un recueil de photos « Vers un autre futur, un regard libertaire » aux manifestations de la CNT française. En mai 2003, est créée à Paris la Fondation HCB. Le 3 août 2004, cet anarchiste empreint de philosophie bouddhiste et d’humanisme s’éteint chez lui à Céreste. « L’anarchie c’est une éthique avant tout. Une éthique d’homme libre. Relisez Bakounine ». «  Dans un monde qui s’écroule sous le poids de la rentabilité, envahi par les sirènes ravageuses de la Techno-science, la voracité du pouvoir, par la mondialisation -nouvel esclavage- au delà de tout cela, l’Amitié, l’Amour existent. » Sources:Ephéméride Anarchiste

Allez, en attendant la rentrée masquée, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Si Yuna m’était contée…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la mécanique des fluides et de la panse de brebis farcie réunies, bonjour ! Nous sommes le vendredi (jour des crêpes) 21 août 2020, quatrième jour de Fructidor dédié à l’Escourgeon. C’est assez 290px-Escourgeon-Hordeum_vulgare_subsp._vulgareétonnant car, le septième jour de fructidor est lui, dédié au Sucrion. Or, Sucrion et Escourgeon ne sont que deux appellations différentes pour désigner la même plante: l’orge d’hiver. La fine équipe réunie par Fabre d’Églantine pour réaliser le calendrier républicain avait du se laisser aller à quelques libations pour s’être ainsi mélangé les pinceaux. L’orge à six rangs est encore très présente dans les Orcades en Écosse. Dénommée Bere, elle y est consommée régulièrement sous forme de galettes épaisses (bannock), de pains ou de biscuits. Les grains transformés en malt sont utilisés surtout pour préparer des bières de fermentation haute. Présente sur l’île d’Islay, elle y sert à la fabrication du whisky.

En Bretagne on célèbre (ou pas) Yuna… Elue comme sainte patronne par les sabotiers, Yuna est venue du pays de Galles au 6ème siècle accompagnée de son frère Envel. S’établissant tous deux près de Belle-Isle-en-Terre (22), ils y bâtirent leur ermitage où par esprit de contrition, ils décidèrent de ne jamais se revoir. La légende raconte que chaque jour qui passait, Yuna faisait sonner sa cloche à l’heure de la chateauprière. Or un beau jour, celle-ci ne sonna point et Envel comprit alors que sa sœur était morte. Dérivé du prénom Yves, Yuna a été francisée en Jeune. Il est plus probable que cela vienne du vieux breton Iun (désir.) Nous trouvons par ailleurs de nombreuses variantes orthographiques de ce prénom telles que : Youna, Yeuna, Yoena, Jûna, Junan… Selon une autre légende,  le saint honoré sous la forme Envel avait un frère de même nom. Tous deux devinrent les supérieurs de monastères différents. Fuyant leur Bretagne insulaire dévastée, ils gagnent l’Armorique pour se retirer au lieu qui prendra leur nom, Loc-Envel. Le premier en la forêt de Coat-an-noz et l’autre dans celle de Coat-an-hay. Cette légende semble basée sur la confusion avec le breton heñvel, « semblable ». (à droite, ce qu’il reste du château que lady Mond fit construire à Coat-an-noz) La seule chose dont je sois certain c’est que la forêt de Coat-an-noz m’a vu réaliser mes plus belles cueillettes de champignons…

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un été en BD…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

, ,

Amis de l’ésotérisme et de la soupe de cresson réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 20 août 2020, troisième jour de Fructidor dédié à la vesse-de-loup. (la Vesse, madame Michu, la Vesse…) C’est aussi le jour anniversaire de la disparition de Hugo Pratt (1995). J’y pense car hieraffiche expo Bilal j’ai fait le déplacement jusqu’à Landerneau (29) pour plonger dans l’univers d’un autre grand dessinateur: Enki Bilal à qui le fond Leclerc (FHEL) consacre une exposition. Bilal, né à Belgrade en 1951, bâtit pièce à pièce une œuvre à la croisée des arts, des temps et des mondes. Mêlant écrits, illustrations et peintures, jonglant avec images et mots, il réalise aussi des incursions dans le théâtre et le ballet. Passionné de cinéma, il a également réalisé trois longs métrages : Bunker Palace Hôtel, Tykho Moon, Immortel (ad vitam). L’expo, Jusqu’en début 2021, fait la part belle à la variété de ses créations: planches originales, dessins, films, peintures…. Bon, l’accueil est un peu jugulaire, jugulaire (Covid oblige) mais cela vaut largement le déplacement.

Pratt, lui, est né en 1927 à Rimini en Italie mais, dans ce qu’il raconte lui même de sa propre existence, on ne sait pas vraiment quelle est la part d’exagération ou d’affabulation qu’il a introduite. Aventurier Hugo-Prattmoderne, il a traversé les époques en dilettante ; ici touriste, ailleurs impliqué, sans doute jamais vraiment engagé. Il pourrait être l’un des multiples personnages de son œuvre, car il a mené une vie presque aussi mouvementée et cosmopolite que celle de son héros emblématique, Corto Maltese. Hugo Pratt rencontre la maçonnerie dans les années 1970 et est initié le 19 novembre 1976 par la loge Hermès Trismégiste de Venise. S’épanouissant en loge, il y cultive son goût pour le symbolisme, l’érudition et les mystères du passé. Il exprime cela en 1981 dans La Fable de Venise où il met en scène les frères de sa loge dans un récit onirique. Cette histoire transpose, de façon romancée, l’initiation d’une femme dans une loge maçonnique en 1710. Son fable-de-veniseattachement à la maçonnerie s’exprime également avec l’anecdote de « l’Épée flamboyante ». Le père d’Hugo Pratt, fasciste et anti-maçon, avait participé en 1925 au pillage organisé des temples maçonniques sur ordre de Mussolini. Comme tribut de ses razzias, il avait rapporté chez lui une épée flamboyante, outil attaché à la fonction de Vénérable Maître. Marqué par ce souvenir, Hugo Pratt entreprend des recherches familiales et finit par la retrouver avant d’en faire don à sa loge. En 1989, Hugo Pratt accède au 4ème degré du Rite Écossais Ancien et Accepté. Il est élevé à ce grade dans une loge de Nice en présence des deux Souverains Commandeurs des Suprêmes Conseils du Grand Orient de France et de la Grande Loge d’Italie.

Hugo Pratt, Enki Bilal, what else? Allez, portez vous bien et à bientôt  peut-être.