May, la réfractaire…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la tiédeur estivale et du crabe mayo réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 08 juillet 2020, 20è jour de Messidor, dédié au parc.

A propos de May Picqueray.

Née le 8 juillet 1898 à Savenay (Loire-Inférieure), morte le 3 novembre 1983 à Paris. Marie-Jeanne Picqueray passa son enfance avec ses frères et sa sœur en Bretagne et fréquenta une école privée que dirigeaient des sœurs. Son père était convoyeur postal ; sa mère, couturière en chambre, qui avait failli mourir en la mettant au monde, la détestait et l’éleva très durement. L’enfant travaillait assidûment à l’école et fut le réfractairereçue à dix ans et demi au Certificat d’études avec mention Très bien. Placée chez un négociant à Penhoët, elle y resta peu et fut engagée par une institutrice pour s’occuper d’un de ses deux fils épileptique. Considérée comme l’enfant de la maison, Marie-Jeanne partit avec ses employeurs et leurs deux fils pour le Canada. Venue à Paris en 1918, elle se lia à Dragui, étudiant en médecine qui l’initia aux doctrines anarchistes auxquelles elle adhéra. Elle participa aux sorties champêtres collectives que pratiquaient volontiers les compagnons, elle connut Sébastien Faure, Lecoin… Elle devint en 1922 secrétaire administrative de la Fédération des Métaux et assista au premier congrès de la CGTU, et fut déléguée pour accompagner Louis Chevalier, secrétaire fédéral, au IIe congrès de l’Internationale syndicale rouge à Moscou. Elle profita de son séjour pour demander une entrevue à Trotsky au cours de laquelle elle obtint la libération de deux jeunes anarchistes russo-américains, Mollie Steiner et Sonya Flechine, condamnés à la déportation aux îles Solovietsky.

Bloquée à Moscou par défaut de passeport, elle put revenir grâce à de faux papiers remis par les autorités russes ; arrêtée à la frontière franco-belge, elle fut écrouée à Avesnes-sur-Helpe et condamnée pour usage de faux. Elle fut également, pendant trois ans (jusqu’en juillet 1926), la secrétaire particulière d’Emma Goldman qui résidait alors à Saint-Tropez. Elle revint à Paris pendant la guerre d’Espagne et travailla picqueray-D-pour diverses œuvres de bienfaisance. A partir de juin 1940, à Toulouse, elle s’occupa des camps de concentration français de la zone libre, en particulier des camps de Noé et du Vernet. Elle favorisa alors plusieurs évasions, puis se sentant suspectée, elle dut quitter la région. Elle n’en continua pas moins, de manière indépendante, à fabriquer de faux papiers pour des évadés ou des résistants de divers groupements. May Picqueray fonda l’association les Amis de Louis Lecoin pour continuer sa propagande et apporter une aide pratique aux insoumis, réfractaires et autres objecteurs de conscience. Elle fit paraître le mensuel Le Réfractaire (premier numéro le 1er avril 1974) jusqu’à son décès en 1983.  A Plogoff en 1980, aux côtés des femmes de marin et des grands-mères, elle jouait encore du lance-pierres contre la maréchaussée.

Et nous, on choisit Bachelot & Moretti pour diriger le pays; ma doue beniget ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

2 commentaires

  1. gencyve

    OUI. Bientôt ce sera « les grosses têtes » de Laurent Ruquier à Matignon.
    Bonne journée ensoleillée à Keramoal

  2. Anne-Marie

    La chanson de Ferré m’a fait penser à celle de Michel Buhler : https://www.youtube.com/watch?v=lX5Yg716zSM

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