Vous lisez actuellement les articles publié le juillet 16th, 2020

Page 1 de 1

Allons les gars gai, gai…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

, , ,

Amis de la conscience éclairée et du maraîchage réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 16 Juillet 2020. Tiens, histoire de déroger un peu à la haute tenue traditionnelle qui caractérise ce blogue, commençons par une histoire de vesces. Et oui, nous sommes le 28 de messidor et Fabre la fèved’Eglantine avait imaginé de consacrer ce jour à la vesce, plante herbacée appartenant à la famille des Fabacées  dont certaines sont cultivées comme plantes fourragères ou comme légumineuses. Par exemple, la fève que nos cousins Québecois appellent « Gourgane » et que les anciens glissaient à l’intérieur des galettes des rois. La fève des marais a droit à son festival chaque année du côté de Lac-saint-Jean. Le terme « gourgane », provient vraisemblablement du dialecte normand où il était utilisé par des marins pour désigner la fève séchée faisant partie de leurs provisions. Dans une célèbre chanson de marins, Le corsaire « le grand coureur », il est un couplet qui y fait référence.

Pour nous refaire des combats
Nous avions à nos repas
Des gourganes, du lard rance
Du vinaigre au lieu du vin
Du biscuit pourri d’avance
Et du camphre le matin.
Allons les gars gai, gai
Allons les gars gaiement

La chanson évoque les péripéties en mer d’un navire corsaire français de Lorient appelé Le Grand Coureur, au temps des guerres de l’Empire. Elle raconte les dures conditions en mer, le combat contre un vaisseau anglais qui leur échappe, puis les maigres prises de trois navirescd-dvd-djiboudjep-37eme-escale marchands, le maigre butin conduisant l’équipage à sa fin. Ce chant fait partie de la catégorie des chants à virer, composé pour donner de la cadence aux travaux des marins. C’était un morceau emblématique du répertoire des Djiboudjep, magnifiquement interprété par Mikael Yaouank qui vient de nous quitter. Dans ses mémoires, Vidocq nous dit: Au bagne de Brest, il ne faut que deux heures pour trouver une gourgane dans la soupe, tandis qu’il faut huit jours à Toulon. Qu’importe, je préfère cela aux chants martiaux de la légion étrangère un quatorze juillet.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.