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Méfiez vous de celui qui veut mettre de l’ordre…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la blanche hermine et du Breizh-Cola réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 31 juillet 2020, autant dire que c’est la fin du mois… A ne pas confondre avec la fin du moi, comme disait ce vieux Lacan. C’est aussi le treizième jour de Thermidor dédié à l’abricot et c’est encore le triste anniversaire de l’assassinat de Jaurès. Mais, que les dieux me tripotent, pourquoi ont-ils tué Jaurès ? C’est aussi l’anniversaire de la naissance de Ignace de Loyola à qui l’on doit la création de la compagnie des jésuites.

C’est peut-être pourquoi j’ai choisi d’évoquer cet immense libre-penseur que fut Denis Diderot qui fit ses humanités chez les jésuites justement. Fils d’un riche artisan coutelier, il est destiné à la prêtrise220px-Denis_Diderot_111 et tonsuré à 13 ans. Au collège d’Harcourt à Paris, il devient maître ès arts à 19 ans. Il poursuit ensuite des études tout en menant une vie de bohème, et se libère progressivement de la pensée religieuse de son temps. En 1746, il écrit ses « Pensées philosophiques » suivie de « Pensées » 1747, violentes attaques contre le christianisme. En 1749, il affine sa pensée matérialiste, avec « Lettres sur les aveugles et à l’usage de ceux qui voient », mais cela entraîne son arrestation. Après trois mois de prison, il est libéré sur les instances de son éditeur, qui vient de lui confier avec d’Alembert, la direction de « l’Encyclopédie », travail gigantesque auquel il va consacrer plus de vingt ans de sa vie.

En 1751, le premier volume voit le jour. Huit ans plus tard, les sept premiers tomes sont condamnés par le pouvoir royal mais encyclo_diderot-180x300l’Encyclopédie se poursuivra jusqu’à son terme, dans une semi-clandestinité. Il trouve encore le temps d’écrire des essais sur le théâtre dont « Paradoxe du comédien » où encore des romans comme « La Religieuse » 1760, « Le Neveu de Rameau » 1761, « Jacques le Fataliste et son maître », etc. Il entretient également une importante correspondance littéraire, et se fait même critique d’art. Après une vie bien remplie, il meurt à Paris, mais malgré son radicalisme politique et son athéisme déclaré, il est enterré religieusement. « Méfiez-vous de celui qui veut mettre de l’ordre » tel est son avertissement dans « Supplément au Voyage de Bougainville » 1772. Comment ne pas être d’accord ?

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

This is Buddy Guy…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis des brèves de comptoirs et du calendrier des postes réunis, salicornebonjour ! Nous sommes le Jeudi 30 juillet 2020 et c’est toujours Thermidor. Aujourd’hui est dédié à la salicorne.  Abondantes sur nos côtes, ses pousses tendres sont comestibles. Confites dans du vinaigre, elles sont consommées comme hors d’œuvre. Mon aïeule, qui avait une vision très personnelle de la gastronomie, en mettait dans l’omelette ou dans ses salades. On peut aussi les préparer comme des haricots verts, c’est vous qui voyez.

Coup de chapeau à Buddy Guy.

Bluesman né un 30 juillet en Louisianne. Pour les plus jeunes, il est le père de la rappeuse Shawnna, très connue dans son immeuble. Dès son plus jeune âge il est influencé par John Lee Hooker et donne son buddy-Guypremier concert à Bâton-Rouge avec des bluesmen locaux comme Lightin’Slim dont je vous ai déjà parlé. En 1957 il débarque à Chicago la ville de ses idoles. La légende veut qu’il rencontre un inconnu qui lui demande s’il veut jouer de la guitare en échange d’un whisky. Il est aussitôt engager et joue avec Otis Rush. Et puis, c’est la rencontre avec sa première source d’inspiration, B.B. King. Plus tard, il va enregistrer avec Ike Turner, Muddy Waters et Willie Dixon.

Le véritable succès arrive au milieu des années 60 où il va enregistrer A buddy-guy-artman and the blues, this is Buddy Guy (avec Clapton) et surtout, Stone grazy. En 65 il entame une grande tournée européenne et fera en 70 la première partie de la tournée des Stones. C’est en 1989 qu’il ouvre son propre club à Chicago, Legend. En 90, grâce à un renouveau du Blues aux États-Unis et en Europe, il sort un nouveau disque qui relance sa carrière. Je vous conseille Sweet Tea, du blues lancinant dans la plus pure tradition. Il est aujourd’hui considéré comme une légende au même titre que BB King, John Lee Kooker, Muddy Waters ou Albert King.

Allez, voila pour le portrait du jour. C’était le 4770ème billet de votre blogue favori et, ça parle pas de s’arrêter ! Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Pas de Panic…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’anticléricalisme et du pouce-pied mayonnaise réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 29 juillet 2020 et c’est toujours thermidor. Aujourd’hui est dédié à la Panicum_capillare_NPS-1Panic. Ou plutôt au Panic. Pas de quoi s’inquiéter outre mesure, il s’agit d’une plante herbacée cultivée dans certaines contrées comme céréales alors qu’ailleurs on la considère comme une vulgaire mauvaise herbe. C’est-y pas triste… Et pourtant, cette plante pourrait constituer selon une étude publiée en 2008 une source intéressante d’agrocarburant grâce à un bilan écologique et énergétique bien meilleur que celui du maïs selon Hen Vogel et ses associés (il produit 540% d’énergie par rapport à l’énergie fournie pour le produire). C’est pas beautiful ça mes body boys ?

Tiens, par ici aujourd’hui, on célèbre les Gwilherm (Guillaume). Guillaume Pichon ou Pinchon était né à St-Alban (22) vers 1180. Évêque de St-Brieuc, il vécut à une époque de conflits très durs entre le pouvoir ducal et le clergé, envers lequel d’anciens griefs avaient ressurgi lors de l’assemblée des vassaux tenue à Nantes en 1225. Au cours de cet affrontement entre le Duc Mauclerc et les prélats de Rennes, St-Brieuc et Tréguier, Guillaume acquiert la considération de Rome qui en fait un autre la chapelle en N&BThomas Beckett, persécuté en défendant les libertés de l’Église. Il faut dire que, évêque de Saint-Brieuc, il vendit ses biens en 1225 pendant une famine, excommunia en 1226 le duc Pierre Mauclerc qui voulait déposséder le clergé, mais dut s’enfuir à Poitiers, rentra en 1230, entreprit la construction de la cathédrale Saint-Étienne, et mourut le 29 juillet 1234, il deviendra ainsi l’un des rares saints d’Armorique canonisés à Rome, le 15 avril 1247, par le pape Innocent IV. Le peuple breton l’a aussitôt intégré dans son corpus de croyances; à Langueux (22) par exemple, une table de pierre en granit dans un champ de la Ville-Néant, sur laquelle on remarque des caractères indéchiffrables, était dite table de saint Guillaume et à Loudéac (22) on y trouve chapelle et fontaine qui lui sont dédiées, tout comme celle-ci sur les bords de la ria d’Étel.

Vous n’allez pas me croire mais, il fait beau sur Brest… Allez merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Emile Masson, professeur de liberté…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la raison pure et des causes perdues réunies, bonjour ! En ce Mardi 28 juillet 2020, dixième jour de Thermidor dédié à l’arrosoir; je voulais vous entretenir d’un brestois, disparu lui aussi dans les oubliettes de l’histoire: Emile Masson, né un 28 juillet en 1869.

Né à Brest, il n’est pas élevé en breton et n’apprendra la langue que emile massonplus tard non sans avoir obtenu deux licences, en philosophie et en anglais. A Paris il fréquente les mouvements dreyfusard, anarchistes, antimilitaristes et se lie d’amitié avec Elisée Reclus, Kropotkine et Romain Rolland. Il deviendra professeur d’anglais au lycée de Pontivy entre 1904 et 1921. On lui doit la création de la revue « Brug » (bruyère), revue mensuelle bilingue en 1913 pour faire pénétrer les idées libertaires dans le milieu paysan. J‘avoue que les illustrations de couverture n’incitaient pas franchement à la rigolade; la plupart étaient signées du peintre Jean-Julien Lemordant. Ne pas confondre avec Bleun-brug (fleur de bruyère) mouvement créé par l’abbé Perrot dès 1905; curé réactionnaire, nationaliste et notoirementBrug collabo. Emile Masson a traduit une brochure d’Elisée Reclus « à mon frère paysan » en dialectes Léonard et Vannetais. Son œuvre est toute axée sur la libération de l’homme, il accorde une place essentielle à l’éducation et se réfère sans cesse aux concepts de pédagogie, humanisme, tolérance, non violence… Il y a du Gandhi chez Emile Masson. On peut se demander pourquoi cet écologiste avant l’heure, antimilitariste en pleine boucherie de 14/18, féministe déclaré, socialiste ET breton, intellectuel original et prolixe (il faut lire « l’utopie des iles bienheureuses dans le Pacifique ») a disparu des mémoires.

Plus qu’oublié, il semble avoir été refoulé de la mémoire collective des uns et des autres tant ses idées refusaient la simplicité et le manichéisme, le bien et le mal. Parce que il était athée ET tolérant, parce que son nationalisme breton était la voie vers l’internationalisme, parcebretons-socialismeque ses idées anarchistes étaient faites d’amour et de fraternité. Bref, Emile Masson emmerdait tout le monde et particulièrement le petit monde de gauche franchouillard et Jacobin. Dans « Brug » en 1914, il écrit ceci: « …Les ouvriers manifestent pour leur langue un mépris de civilisés et les intellectuels bretons, nourris aux lettres françaises et latines, considèrent qu’un honnête homme (un bon français) commence par cesser d’être breton. » Il va mourir à Paris le 9 février 1923. Son fils Michel Masson a été maire de Pontivy. Il est intéressant de relire « Les bretons et le socialisme » paru aux éditions Maspero accompagné d’une présentation de Jean-Yves Guiomar. Un recueil de textes et de lettres où la question nationale bretonne se mêle au socialisme libertaire.

Bon et bien, je vous abandonne à vos méditations, mes tomates réclament leurs soins quotidiens et Dieu sait qu’il n’y a pas plus susceptible que la tomate… Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Jean Roumilhac: Un homme de bien…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la Maçonnerie spéculative et du Homard Thermidor réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 27 juillet 2020 qui correspond au 9ème jour de thermidor, consacré à la mûre et non pas au homard… A vos confitures ! Rappelons nous que ce 09 thermidor a vu la chute de Robespierre…

Le 27 juillet 1949, mort de Jean Roumilhac dans un accident de voiture   à Aix-en-Provence. Militant libertaire français, Il naît le 2 novembre 1892, à Compreignac (Haute-Vienne), dans une famille de paysans limousins. J’ai beaucoup de sympathie et même d’admiration pour ce libertaire éloigné des clichés de l’anarchiste poseur de bombes. Très jeune, il fréquente les libertaires de Limoges puis part à Paris faire des études commerciales. Il séjourne ensuite en Angleterre où il s’initie à la technique des filatures. De retour en France au moment de la Jean_Roumilhac-207x300guerre, il est alors réformé et profite de ses activités commerciales pour voyager en Espagne où il entre en contact avec les groupes anarchistes de Bilbao et de Barcelone. Après la première guerre mondiale, il crée à Marseille sa propre filature « La Compagnie du Fil de Lin », les 250 employés qui la composent bénéficient alors de nombreuses mesures sociales. Il reste fidèle malgré ses responsabilités patronales à ses amitiés libertaires, et c’est tout naturellement qu’il apporte son aide aux anarchistes espagnols après le déclenchement de la révolution en Espagne le 19 juillet 1936, effectuant de nombreux voyages à Barcelone. Il est le premier président de S.I.A. (Solidarité Internationale Antifasciste) fondée par Louis Lecoin. En 1939, après la défaite du camp républicain, il se dépense sans compter pour faire libérer le plus grand nombre possible de réfugiés espagnols des camps de concentrations français et embauche plusieurs libertaires espagnols dans sa filature.

En 1940, il crée « la Fraternelle agricole provençale », et poursuit sa solidarité en hébergeant de nombreux républicains espagnols et en solidaritécréant des colonies d’accueil pour les enfants. Parallèlement à ses activités, il prend part au mouvement de résistance « Combat ». Arrêté en novembre 1941, et emprisonné durant l’hiver 41-42, il parvient à s’enfuir et à poursuivre des actions de résistance dans les Alpes. A la Libération, il reprend la direction de sa filature tout en continuant à apporter son aide aux réfugiés. Il était également un membre actif de la Franc-maçonnerie depuis 1920. Jean Roumilhac, fut initié à l’âge de 28 ans après une entrée atypique, ayant connu la Maçonnerie par la Grande-Bretagne. Il travailla dans la Loge La Parfaite Union du Grand Orient de France à Marseille, dont il fut vénérable en 1935. Il fut élu au conseil de l’ordre en 1937 puis en 1946, élu enfin grand maître adjoint de l’ordre en novembre 1948.

Voila un personnage qui a toute sa place dans notre galerie. Allez, n’hésitez pas à repasser, c’est ouvert tout l’été. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un p’tit pét’ et au lit…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis du rêve éveillé et de la potée bretonne réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 25 juillet de l’an de grâce 2020. Ce jour correspond auarmoise 7è de thermidor dédié à l’armoise, plante de la famille des astéracées dites Artémisia du nom de la déesse (remarquez que je vous épargne le jeu de mots sur l’armoise à pharmacie). Les Aztèques et autres indiens des Amériques utilisaient l’armoise pour des rituels et la médecine. Depuis les époques reculées en Europe l’herbe est un remède contre la fatigue et pour protéger les voyageurs contre les mauvais esprits et les animaux sauvages. Les indiens utilisent l’armoise toujours comme ‘sauge’. Ils utilisent l’herbe pour la purification spirituelle, pour chasser des mauvais esprits et des énergies négatives.

En Chine, des faisceaux de feuilles de Calamus avec l’armoise sont toujours utilisées comme talisman pendant le festival des bateaux dragon. On dit que l’armoise est utile pour l’induction de rêves lucides ph-Armoise-biolandes-1229957978-300x199et du voyage astral. Fumer ou consommer de l’armoise sous forme de plante ou en solution avant de dormir pourrait intensifier les rêves ou leur contrôle et aider à s’en souvenir. Au Mexique, l’herbe est souvent fumée comme substitut de la marijuana. Mon aïeule, que décidément rien n’arrêtait, s’en faisait une ceinture avant de nous emmener caracoler autour du feu de la St Jean.Avant l’extinction du feu il fallait y jeter la ceinture afin de se protéger de tout un tas de tourments durant l’année à venir. D’où son nom d’herbe de la st Jean. Ci-dessus: cueillette d’armoise au Maroc.

Si l’on en croit Albert le Grand, dans ses conseils aux pèlerins, il convenait de s’en faire une ceinture en marchant et ensuite la faire cuire pour s’en laver les pieds. Ainsi on ne se fatigue jamais; il reprend ainsi pétardles conseils déjà prodigué par Pline l’ancien aux voyageurs…  On dit que les coureurs de marathons enduisaient les semelles de leurs sandales de suc d’armoise pour se donner « des ailes aux talons ». Et puis tiens, puisqu’on en est aux confidences, savez vous que le nom de la ville de Tchernobyl (de sinistre mémoire) ou plutôt чорнобиль (tchornobylj) en ukrainien, désigne l’armoise, en particulier l’armoise ordinaire (Artemisia vulgaris). Il vient de tchorno = noir et bylj = herbe. Ces « herbes noires » sont très communes dans les steppes, où elles finissent pas se casser et par rouler sur de longues distances. Étonnant, non !

Allez, portez vous bien, gare au reconfinement, et à bientôt peut-être.

Une anche passe…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de l’ornithologie et du nid d’hirondelle réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 24 juillet 2020, sixième jour de Thermidor dédié à la Prêle. C’est donc la prêle du 24 juillet qui, de toute évidence, ne peut bombarde-anches-le-bars-3049861207être confondue avec la prêle du 18 juin. Je me souviens d’un compère musicien, sonneur de bombarde (talabarder en breton) du côté de Bolazec (29), qui s’en servait pour abraser ses anches. Entendons nous bien, il ne s’agissait pas de raboter sa cellulite, non, mais les anches en roseau de son instrument. Quand à mon aïeule, toujours à faire son intéressante, elle l’utilisait pour récurer ses casseroles et Dieu sait si elle en avait, des casseroles… D’ailleurs, le verbe prêler à longtemps été utilisé pour désigner l’action de poncer; notamment en ébénisterie. Étonnant, non !

Les bretonnants eux, vont célébrer Milliau qui fut Roi ou  Comte de Bretagne (une partie) aux alentours de l’an 530. Petit fils d’Alain le long et fils de Budic 1er. On retrouve ce nom dans plusieurs communes du Finistère (29) et des Côtes d’Armor (22): Pluméliau, Ploumilliau et son fameux calvaire, Guimiliau et son retable, et bien sûr, la magnifique île allée-couverteMilliau en face de Trébeurden, dans les Côtes d’Armor cette fois, et qui fut habitée plusieurs milliers d’années avant l’arrivée des grands bretons comme en témoigne cette allée couverte… (à droite). A cette époque là, les Bretons qui débarquaient de la grande île se regroupaient en petites colonies indépendantes, civiles pour les unes, les « Plou » et monastiques pour les autres, les « Lann ». Ce n’est qu’au fil des ans qu’ils formèrent petit à petit des semblant d’États: La Domnonée au Nord de l’Armorique, approximativement les Pays du Léon et de Tréguier, la Cornouaille à l’Ouest et « Bro-weroc », le Vannetais au Sud. Miliau fut donc un des chefs de la Cornouaille. C’est pas fantastique ça mes body boys ?

Ici à gauche, le fameux retable de Guimiliau, (remarquez le style flamboyant-Renaissance), à ne pas confondre avec Lampaul-retableGuimiliau qui, à quelques kilomètres possède aussi un enclos paroissial parmi les plus beaux de Bretagne. A noter que parfois l’orthographe utilisée est « Milio ». oui, je sais, c’est compliqué… Voila pour le côté « Guide vert », pour le Gault & Millaut, je ne sais pas si il y a un lien avec notre homme pas plus que pour le viaduc du même nom. Pour les visites, n’hésitez pas à réclamer la clé au bistro-épicerie-quincaillerie-dépôt de pain, en face de l’église…

Allez, comme le disait mon aïeule, longtemps avant J.M. Caradec, qu’elle est belle ma Bretagne quand elle pleut. Merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Engagez-vous, rengagez-vous qu’y disaient…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la tristesse infinie et du bacalao réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 23 juillet 2020, 5è jour de thermidor dédié au bélier. En breton on dit ar maout. Dans le Gouren (la lutte bretonne) le vainqueur reçoit comme récompense un bélier, symbole de force et de vaillance. ar maoutC’est aussi, la saint Sève au nom aussi énigmatique que sa vie. Elle serait la soeur de Tugdual et donc la fille de Koupaia. Les experts de l’expertise ne sont même pas d’accord pour affirmer qu’il s’agit d’un saint ou d’une sainte… On sait très peu de chose sur cette sainte, semi-légendaire du VIè siècle, non reconnue par l’Église de Rome. Elle a pourtant laissé son nom à une commune proche de Morlaix (29). Le nom de la commune en breton est Sant-Seo qui fut francisé en Sant Sev, donc, bien masculin, puis redevenu féminin sous le nom de Sainte Sève. Il existe en Gironde une commune du nom de Saint-Sève mais qui viendrait de saint Sévère de Vienne. Et voila pourquoi votre sœur est muette.

Et saint Joffrin ressuscita la gauche…

Mais si, vous savez, Laurent Joffrin, de son vrai nom Laurent Mouchard (cela ne s’invente pas). Son père, Jean-Pierre Mouchard, fut éditeur, propriétaire des Éditions François Beauval, devenu homme d’affaires, puis gestionnaire de fortune. Proche de Jean-Marie Le Pen,  il a longtemps contribué au financement du Front National. Notre pJoffrin 2etit Laurent passe une partie de sa jeunesse au château de Moncé, que sa famille possédait à Limeray, près d’Amboise (Indre-et-Loire). Il a passé sa vie à naviguer entre le nouvel Obs et Libération. Bref un social démocrate puis social libéral et enfin libéral tout court. Et voila t-y pas qu’il se met en tête de créer un mouvement politique baptisé «Engageons nous» pour tenter de sauver une gauche sous assistance respiratoire. Selon la rédaction du Monde, Laurent Joffrin a reconnu avoir parlé de son initiative à François Hollande, tout engagez-vouscomme à l’ancien ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve, mais aussi à Ségolène Royal et à Jean-Christophe Cambadélis. Bref, que des perdreaux de l’année.  La plate-forme de Laurent Joffrin est propulsée par un appel signé par 150 personnalités parmi lesquelles des gens sympas. le démographe Hervé Le Bras, le  sociologue Alain Touraine, Pierre Lescure, Serge Moati, Benjamin Biolay, Denis Podalydès, François Morel, Agnès Jaoui… Bien entendu, comme c’est désormais la règle en politique, il ne s’agit surtout pas de créer un nouveau parti mais… Mais quoi ? Sinon nous refaire le coup d’ En Marche ! Rendez-vous fin août pour l’assemblée constituante.

En attendant, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La mauvaise réputation…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de mes amis et du petit salé aux lentilles réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 22 juillet 2020 qui correspond au quatrième jour de thermidor c’est à dire au jour consacré par le calendrier Républicain à Livraie-4-768x510l’ivraie. Séparer le bon grain de l’ivraie; voila ce qu’il convient de faire disait l’autre. L’ivraie c’est aussi le nom d’un café librairie à Douarnenez (29). Mon pote Thierry, sensible à tout ce qui touche l’Espagne, me fait remarquer que Lucio Urtubia, à qui j’avais consacré un billet, nous a quittés ce 18 juillet 2020, lui qui se définissait comme « anarchiste et maçon ». Du coup, j’ai pompé le communiqué du secrétariat international de la CNT sur le site de Mille Bâbords

Lucio est né en Navarre en 1931. Il a été marqué très jeune par la pauvreté et la répression du régime franquiste. Antifasciste de la première heure, il s’exile en France en 1954 et s’engage auprès Lucio à Douarndes jeunesses libertaires. Sa rencontre avec Quico Sabate, maquisard résistant à Franco, a donné un tournant à sa vie militante. Créant des imprimeries à Paris, Lucio organise la lutte en s’attaquant aux puissances financières. La redistribution des richesses, Lucio en a fait une réalité très concrète mettant par exemple à genou la First National City Bank. « Quel plaisir d’exproprier, pas pour soi mais pour subventionner une grève, pour des imprimeries, pour faire des faux papiers… ». « Quel plaisir quel orgueil de donner des papiers à quelqu’un qui pourra fuir la dictature et retrouver la liberté. »

Sur les traces de Louise Michel, Lucio répétait sans relâche que le pouvoir corrompt, qu’il ne faut rien attendre de l’État et du gouvernement. Il luttait contre le capitalisme et son monde qui enferme, il s’est toujours battu contre les prisons, il aimait souvent dire « la prison même pas pour mon pire ennemi ! ». Jusqu’à son dernier lucio & le Chesouffle il a déployé toute son énergie pour la libération des prisonnières et des prisonniers politiques. En 1997, Lucio crée l’Espace Louise Michel -Sustraiak (racines en basque) rue des Cascades dans le 20e arrondissement de Paris. Il en fait un lieu d’accueil pour les luttes anti-impérialistes, sociales, syndicales, anti-carcérales qui hébergera nombre de réunions, d’expositions et d’activités. Un lieu aussi ouvert aux artistes engagés.  le Festival de Cinéma de Douarnenez (en 2012 je crois)  avait permis au public de découvrir le documentaire de Aitor Arregi et Jose Mari Goenaga. Intitulé « Lucio », qui retrace l’itinéraire hors norme de ce militant.

Allez merci pour votre infinie indulgence à l’égard de l’auteur. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

A en perdre la tête…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis du libertinage et des cucurbitacées réunis, bonjour ! Pour ce troisième jour de thermidor, il faut avouer que Fabre d’Eglantine ne s’est pas beaucoup remué les méninges en consacrant ce jour au melon… En effet, nous conomor-264x300sommes le Mardi 21 juillet 2020 et, si on continue à cette allure là, vous allez voir qu’on va se retrouver en Août sans y prendre garde. En Bretagne, il est dédié à  Triffin :Trifina (ou Trivina) ce nom apparaît comme la forme féminine de Trivin, il pourrait dériver d’un terme apparenté au gallois triw, « vrai, exact,  fidèle ». Fille de Waroc, comte de Vannes au 6e siècle, elle épouse le tyran Conomor, comte du Poher et régent de la Domnonée. Ayant appris qu’elle attendait un enfant, il la décapite. Mais, on ne décapite pas une sainte comme on décapsule une Coreff et, Ressuscitée par Gweltas (St Gildas de Rhuys), elle se réfugie à la cour de son père et  s’en va fonder un monastère à Vannes où elle se retire.

Bon c’est vrai, Conomor c’était pas vraiment un marrant, il assassina toutes les femmes portant un enfant de lui car on lui avait prédit qu’il mourrait assassiné par son fils. Lorsque Trifin donna naissance à Tréveur, Conomor Treveurrechercha l’enfant et lui fit couper la tête. Il était comme cela le Conomor, fallait pas le contrarier; on risquait d’y perdre la tête. Tréveur lui, aurait pris sa tête entre ses mains et ses jambes à son cou et l’aurait portée sur le tombeau de sa mère. Il a depuis, bien entendu, trouvé sa place dans la vallée des saints de Carnoët (22) sous les burins de David Puech. Quand à la maman, elle a laissé son nom à la charmante commune de Sainte-Tréphine, proche de St Nicolas-du-Pelem (22). Étonnant, non !

Allez, merci encore de passer par ici de temps en temps, portez vous bien et à bientôt peut-être.