Et voici bien ma terre…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

, , , , ,

Amis de la casuistique et de la bouillie d’avoine réunie, bonjour ! Nous sommes le samedi 20 juin 2020, deuxième jour de Messidor dédié à l’avoine. La bouillie d’avoine, ou yod kerc’h en breton est une bouillie bazh-yod-300x226principalement composée d’avoine, consommé en basse-Bretagne autrefois par les plus pauvres. C’est une bouillie brune, normalement salée, qui se mange trempée dans du lait ribot. En Bretagne, au moins dans le Finistère, on en trouve dans toutes les grandes surfaces, au rayon frais. Mon aïeule, dont les préceptes culinaires m’ont toujours fait rêver, la préparait à partir d’avoine grillée et moulue. On mettait ce mélange de farine et de son à tremper une nuit. Le lendemain, le gros du son flottait à la surface et était retiré (ce surplus s’appelle gwaskin). Le reste du récipient était délayé avec du lait et/ou de l’eau, mis à cuire dans un chaudron et touillé avec un bâton nommé bazh-yod (le bâton à bouillie). Celui-ci a laissé son nom à un jeu de force très populaire et encore pratiqué de nos jours comme le montre cette photo.

L‘homme du jour est un militant anarchiste breton, François Le Levé, né dans le Morbihan, à Locquimélic, en novembre 1882, décédé un 20 Juin au retour de déportation au camp de Neuengamme. En 1900, il entre comme apprenti à l’arsenal de Lorient. Il devient très vite un Le_Leve_francois-150x150militant actif du syndicat des travailleurs du port, animateur du groupe libertaire des « temps nouveaux » et surtout, administrateur de la bourse du travail. En contact avec Emile Masson, il collabore à la revue « Brug » (à ne pas confondre avec le Bleun-Brug mouvement d’obédience catholique et nationaliste créée par l’abbé Perrot). Cette revue qui tente d’implanter les idées libertaires dans le milieu paysan breton vit le jour en Janvier 1913 et s’arrêtera en juillet 1914, avec la déclaration de guerre. Revue mensuelle libertaire, bilingue (Breton – Français).

Fiché au fameux « carnet B » des antimilitaristes, il va pourtant rejoindre Jean Grave et Kropotkine et signer le « manifeste des seize » en mars 1916 favorable à l’intervention armée. En 36, il participe aux comités du Front populaire et poursuit son action syndicaliste. En Brug43, sous le feu des bombardements qui frappent la ville de Lorient, il s’enfuit pour Vannes où il retrouve René Lochu (tu t’souviens Lochu ?) et prend part au comité départemental de la résistance. Après guerre, et bien qu’ayant été marginalisé par le mouvement libertaire suite à sa position de 1916, il resta très lié au militant de Brest Jules Le Gall et poursuivit sa collaboration à la nouvelle série de la revue Les Temps Nouveaux.  Il sera arrêté par la police allemande en mars 44 et déporté au camp de Neuengamme près de Hambourg. Libéré, il meurt d’épuisement le 20 juin 1945 durant le voyage de retour en France. Sources: éphéméride anarchiste

Allez merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

3 commentaires

  1. Anne-Marie

    Des saints, des anarchistes en veux-tu en voilà, quelle pépinière la Bretagne.

  2. Christine

    Petite erreur de copié collé à corriger
    Merci pour les postes, toujours intéressants

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera jamais publié. les champs marqués d'une asterisque sont obligatoires (*).