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Bourrage de crânes…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la vérité toute nue et du poulet basquaise réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 15 Juin 2020, jour de la verveine dans le calendrier républicain.

Le billet du jour m’est inspiré par une réflexion du style « quand on voit c’qu’on voit et qu’on entend c’qu’on entend, faut pas s’étonner que les gens y pensent c’qui pensent ». Le bourrage de crâne est d’autant plus fréquent de nos jours que entre les réseaux sociaux, la télé, la presse écrite, il devient de plus en plus difficile de séparer le vrai du faux, le bon grain de l’ivraie, l’info de l’intox. Tout cela se mélange dans unevictor -D- sorte de brouet lacédémonien que l’on pourrait nommer l’infox. Déjà en 1937, Victor Serge, nous alertait sur ce phénomène. Né à Bruxelles dans une famille d’exilés anti-tsaristes, rédacteur à l’anarchie, Victor Serge (1890–1947) rejoint la Russie à l’annonce de la révolution. Membre de l’opposition de gauche du parti bolchevique, il connaît la prison puis la relégation en Oural. Expulsé d’URSS après des années d’interventions de militants et d’écrivains, il arrive à Bruxelles en avril 1936. Boycotté en France par la presse du Front populaire, il est invité par La Wallonie, un journal socialiste de Liège, à publier une chronique hebdomadaire. Écrivain sensible et témoin lucide, Victor Serge se fait, sans renoncer à ses idéaux d’émancipation, le chroniqueur des contre-révolutions à l’œuvre dans une Europe qui se dirige vers un second conflit mondial.

« Il y a encore une forme du mensonge particulièrement riche parce qu’elle combine toutes les autres en y ajoutant l’information (ne souriez pas…), l’imagination et le grand tirage. Elle s’appelle lemanif bourrage de crâne et dépasse de loin en capacité de nuire tous les autres procédés de truquages et d’escroqueries psychologiques. La chose est vieille comme la presse, le mot, un mot magnifique par sa précision, est né pendant la guerre, à une époque où la presse s’attachait, avec un zèle sans bornes, à « bourrer » de sornettes les crânes des hommes qu’il fallait amener à tuer et se faire tuer pour que les oligarchies capitalistes rivales pussent refaire la carte du monde (de manière à recommencer plus tard…). »

Le bourrage de crâne donc, expression inventée par les soldats en 1914 a été popularisée par le journaliste Albert Londres qui dénonça dans ses reportages la propagande pendant la Première Guerre mondiale. Aujourd’hui, les manifs de policiers dont la médiatisation esl'enragét inversement proportionnelle à leur caractère de masse (70 sur la photo ci -dessus et rassemblement massif selon BFM) en est un bel exemple. Par ailleurs, il permet à la droite extrême et à l’extrême droite de déplacer, avec l’aide de certains médias, la discussion ouverte d’une dénonciation du racisme à de la lamentation policière. Nos pandores et autres « bacqueux » s’offusquent d’une présomption de culpabilité (soupçon avéré dixit Castaner) qui ne les dérange guère lorsqu’ils diligentent leurs contrôles au faciès systématiques et quotidiens dans les quartiers populaires. « ON »  utilise donc cette bonne vieille méthode du bourrage de crânes. Déjà en 68, SINE s’en amusait dans le N° 10 de L’enragé que j’ai retrouvé au fond d’un carton. (pas Siné, le magazine.)

Allez, merci pour la visite, portez vous bien, restez vigilants et, à bientôt peut-être.