François Malicet, le barbier des Ardennes…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’anarchisme éclairé et du foie de veau aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 15 mai 2020, 26è jour de Floréal dédié au Fusain d300px-Fusain-150x150ans le calendrier républicain. A propos de calendrier, vous pouvez aussi tenter d’utiliser celui de Malicet. Comment ! Jamais entendu parler. Oyez braves gens l’histoire de François Malicet, barbier-perruquier en la bonne ville de Nouzon dans les Ardennes. Membre du groupe  Les déshérités,  on lui doit la fameuse devise: « … et du boyau du dernier prêtre serrons la gorge du dernier flic ». Il fut tué le 7 septembre 1927 par un cambrioleur. Y’a pas de justice madame Michu…

François Malicet avait été arrêté et condamné à 25f d’amende pour avoir participé le 14 octobre 1877, lors des élections suivant le coup de force de Mac-Mahon, à une réunion dans un cabaret de Nouzon où avait été crié « Vive les rouges, à bas les blancs, Vive la Commune ». Pour un peu, il aurait porté un gilet jaune… Dès sa formation en septembre 1892, il adhérait au groupe anarchiste Les Deshérités dont l’un des anarchy_harper-223x300 animateurs était Emile Roger et rencontrait cette même année Fortuné Henry venu faire une conférence et dont il deviendra l’ami. Dans une lettre datée du 21 novembre 1893, Fortuné Henry, emprisonné à Clairvaux, écrivait à Nicolas Thomassin : « Une poignée de main à Malicet le figaro de Nouzon ». Le 1er janvier 1894 il s’était opposé aux policiers voulant perquisitionner chez lui, les traitant d’assassins et de voleurs, leur criant « Foutez-moi le camp ou je vous brûle la gueule », les menaçant de leur jeter un baquet d’eau et concluant par un magistral « Je vous emmerde », ce qui lui valut d’être condamné le 13 janvier à 8 jours de prison. Lors de cette perquisition la police avait saisi diverses correspondances (avec Fortuné Henry, Bouillard), quelques journaux et une vingtaine de brochures anarchistes. Lorsque Fortuné Henry avait fondé en 1903 la colonie L’Essai dans la forêt d’Aiglemont, il avait mis en commun une grosse partie de son avoir au bénéfice de la Colonie qu’il fréquenta régulièrement jusqu’en 1909.

Malicet portait une cravate noire striée de vert, les deux couleurs de ses idées politiques. Chaque année il confectionnait un calendrier bordé barber-175x300également de vert et noir et annoté de sa  fameuse devise . Farceur il s’amusa pendant des années à jouer les revenants pour épouvanter sa vieille bigote de sœur. Il hébergeait et nourrissait gratuitement un locataire que, le dimanche 7 septembre 1927, il surprit s’introduisant dans la maison; le locataire armé d’une hachette se jeta sur Malicet et le frappa. Malicet lui demanda « Pourquoi que t’as fait ça ? – Pour vos sous ! – Fallait m’en demander, je t’en ai déjà donné, tu le sais bien ». Quand les gendarmes apparurent, Malicet leur ordonna de sortir de chez lui et mourut dans la nuit sans avoir dénoncé son assassin. Sources: dictionnaire des militants anarchistes.

Merci à vous d’être passé par ici, déconfinez gaiement et, à bientôt peut-être.

2 commentaires

  1. Le Rabouilleur

    J’ai bien aimé cette phrase dans votre article :
    Y’a pas de justice madame Michu…
    Bizarrement je disai la même chose bien avant vous dans ce billet :
    https://rabouilleur.wordpress.com/2020/02/11/darwin-et-schrodinger/

    Les grands esprits se rencontrent !

    Je vais vous donner encore de l’inspiration pour un article :
    Quelle est la différence entre un anarchiste de gauche, comme vous, et un anarchiste de droite ?
    Bon courage !

    • erwandekeramoal

      L »exercice est tentant en effet. Pour ma part, je ne me reconnais nullement dans l’appellation « anarchiste de gauche »

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