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Dans la rue des blancs manteaux…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis des confessions de saint Augustin et du veau Marengo réunis, bonjour ! Nous sommes bien le Samedi 02 mai 2020, treizième jour de Floréal dédié au bâton d’or (c’est une sorte d’espèce de genre de giroflée), jolie plante qui fleurit au printemps sur les vieux murs où elle macaronésieépanouit ses fleurs jaune orangé d’une odeur délicieuse, recherchées par les abeilles. Si je vous dis qu’il s’agit d’une plante  de la famille des Brassicacées qui inclut les giroflées, dont beaucoup sont originaires de Macaronésie, ça vous la baille belle non ? (La Macaronésie est un ensemble d’iles à l’Ouest de l’Afrique et de l’Europe, dans l’océan Atlantique, composé des Açores, de Madère, des îles Canaries et des îles du Cap-Vert.) Ne pas confondre avec la macronie qui est un territoire perdu de la cinquième république. Encore que je soupçonne certains d’entre vous de faire semblant de prendre la Macaronésie pour un pays de nouilles comme d’autres prennent l’Helvétie pour une lanterne…

Par ici on célèbre les Avoye. La légende raconte que Avoye est venue d’Angleterre, remontant la rivière d’Auray (56) dans un mortier de granit rose. Oui, c’était ainsi à l’époque, les saints dans le granit bleu, les saintes dans le granit rose. Dans la chapelle de Pluneret (56),près du Jubé, les visiteurs peuvent se recueillir devant la fameuse ste-avoye-001-format-web-300x246pierre; par ailleurs, l’orthophoniste se faisant rare en Morbihan, ils y déposent leurs enfants ayant des difficultés à parler ou à marcher.  On dit que Avoye aurait été l’une des compagnes de sainte Ursule. Jetée en prison par un chef barbare, elle aurait été décapitée à cause de sa vertu. Voilà comment on peut perdre la tête à ne pas vouloir perdre sa virginité. Un ordre de religieuses placé sous son patronage s’était établi à Paris, dans le quartier du Temple, vers 1288. La chapelle abrite une pièce rare : un jubé polychrome de style Renaissance entièrement sculpté dans le chêne, il sépare le chœur de la nef et délimite ainsi l’espace réservé aux seigneurs et au clergé de celui réservé aux fidèles du petit peuple.

A Paris, le quartier Sainte-Avoye est derrière celui de la Grève, dont il est séparé, au midi, par une partie de la rue de la Verrerie. Il est borné, à l’orient, par le quartier Saint-Antoine ; au nord, par celui du Temple; et à l’occident, par celui de Saint-Martin. [...] Si l’on entre dans la petite blanc-manteauxrue de l’Homme-armé, on arrivera bientôt à la rue des Blancs-manteaux, qui traverse celle de Sainte-Avoye dans la vieille rue du Temple. C’est là qu’on trouve le couvent des Blancs-manteaux, où un étranger, qui y est attiré par la curiosité, est bien étonné de voir des moines noirs, tels que les bénédictins de la congrégation de Saint-Maur. C’est que cette maison était autrefois habitée par d’autres religieux qui portaient des manteaux blancs. Quant à la rue des Blancs-Manteaux elle-même, elle fut pendant la Révolution le théâtre de massacres, immortalisés dans une chanson écrite par Jean-Paul Sartre et chantée par Juliette Gréco sur une musique de Joseph Kosma.

Voici comment des îles fortunées nous arrivons à la rue des blanc-manteaux. Étonnant, non ! Allez, confinez gaiement, encore un peu, et à bientôt peut-être.