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Sing, sing, sing…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la bigoudénie et des demoiselles du Guilvinec réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 30 mai 2020, ce qui tend à prouver que tout arrive, et ce onzième jour de Prairial est dédié à la fraise, ce qui, résidant à quelques kilomètres de Plougastel, m’autorise à la ramener bigoudeniequelque peu… En Bretagne armoricaine, on s’apprête à célébrer les Buan: Buen, ermite, fondateur de la paroisse de Loc’hbuen, autrement dit Locarn (22). On ne sait rien (ou si peu de chose) de cet obscur saint breton. Un saint de ce nom est honoré au pays de Galles. Il était le fils d’Ysgwn et le petit fils de Llywarch Hen, le barde guerrier du 6e siècle et prince breton. Impuissant face aux Angles, Llywarch s’était réfugié en Galles. Le nom semble identique au qualificatif buan « rapide » c’est ainsi que mon aïeule nous apostrophait lorsque nous trainassions: « hasta buan ! »; c’est à dire: dépêchez vous.

Tiens, c’est le jour anniversaire de la naissance de Benny Goodman: 30 mai 1909 à Chicago. Clarinettiste exceptionnel, on lui a attribué le titre de Roi du Swing. Il est âgé de 16 ans lorsqu’on lui demande de se joindre à un groupe de musique basé en Californie dirigé par Ben Pollack, avec qui il fait ses premiers enregistrements. En 1934, il crée un 220px-Benny_Goodman_-_c1970big band qui deviendra un des orchestres les plus populaires de l’ère du swing. Cette même année, lui et son orchestre passent une audition pour participer à une émission radiophonique de la NBC (National Broadcasting Company) intitulée Let’s Dance. Il obtient le contrat et, pendant cette émission, joue en rotation avec deux autres orchestres ayant un style de musique différent.  C’est en juillet 1935 que naît le Benny Goodman Trio, grâce à l’arrivée de Teddy Wilson. Rejoint par Lionel Hampton en août 1936, il devient le Benny Goodman Quartet. En formant ces petits groupes, Benny est un des premiers musiciens blancs à embaucher, à une époque où sévit une ségrégation raciale, des musiciens noirs.

Enfin, le 16 janvier 1938,  le Carnegie Hall lui ouvre ses portes. C’est dans ce temple de la musique américaine, situé dans la septième avenue en plein cœur de New-York, et où plusieurs grands artistes débutèrent leur carrière (la salle est également la maison de l’Orchestre philharmonique de New York), qu’a lieu la consécration pour Benny Goodman.  Lors de ce concert historique Benny Goodman, que l’on Carnegie-300x300entend jouer avec Harry James, Ziggy Elman, Teddy Wilson, Jess Stacy, Lionel Hampton et le batteur Gene Krupa partage aussi l’affiche avec des invités prestigieux comme Duke Ellington et Count Basie. C’est également dans cette salle que Benny Goodman débute sa carrière de soliste. En 1947, Benny Goodman dissout son Big Band. Il se produit à partir de cette date essentiellement comme leader de petites formations. Il meurt d’un arrêt cardiaque le 13 juin 1986 à New York à l’âge de 77 ans. On l’enterre au cimetière Long Ridge à Stamford, dans le Connecticut. Cette même année, il est honoré du Grammy Lifetime Achievement Award. Toutes les partitions que Benny Goodman a écrites ont été léguées à l’Université Yale après sa mort.                                        

Allez, merci de votre visite, déconfinez dans la joie et l’allégresse et à bientôt peut-être.

Les dames du temps jadis…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’esprit critique et du baekehoffe réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 29 mai 2020, dixième jour de Prairial, dédié, il est vrai, à la faux. Alors qu’en vérité, les pataphysiciens vous diront que nous sommes le Jeudi 12 Merdre 147 Stes Miches, catéchumènes, fête suprême quarte. Par chez nous, quelques nostalgiques s’entêtent à fêter les Riagad.

Or donc, notamment dans le pays bigouden, aujourd’hui c’est la saint Riagad. Évidemment c’est un ermite irlandais qui est venu s’installer sur les côtes bretonnes aux alentours du Vè siècle et qui a laissé son nom à 300px-Lehan-225x300la commune de Treffiagat. Étrange commune en vérité que celle là qui est séparée en deux : Lechiagat côté mer et Treffiagat côté rural. Mais enfin, les bigoudens ne font jamais rien comme les autres. On y trouve le fameux menhir de Lehan, que l’on voit ici en photo, et qui est planté au milieu d’un marais. Tout laisse à croire qu’il n’y avait point de marais à l’époque de son érection. D’ailleurs, à propos d’érection, il faut remarquer que les symboles phalliques ont toujours été largement représentés dans la région ; il suffit de regarder la fameuse coiffe bigoudène. Je connais un menhir du côté de Plonéour-Lanvern (29) où, il n’y a pas si longtemps encore, les femmes en mal d’enfant venaient se frotter le ventre.

Le mot menhir (pierre longue) s’est aujourd’hui généralisé même si en breton le mot juste est peulven (le pieu de pierre) plusieurs toponymie l’attestent comme par exemple: Menez-peulven entre Douarnenez et Quimper (29).  Je me suis laissé dire que le terme de menhir fut officialisé pour la première fois par Théophile Malo Corret de la Tour d’Auvergne (très connu dans son immeuble) dans son ouvrage: origines gauloises qu’il a écrit en 1796 à Locmaria-Berrien, chez sa sœur au les-dames-de-kerampeulven-195x300manoir de La Haie. J’ai résidé il y a quelques années de cela sur la commune de Plouigneau (près de Morlaix) où l’on trouve la stèle de Croas ar Peulven qui, du fait de sa proximité avec deux ou trois routes antiques, a sans doute pu être réutilisée à l’époque romaine comme borne militaire. Vous pouvez visiter aussi la stèle de peulven en Plestin-les-grèves (22)  avec ses drôles de rainures. L’un des sites les plus impressionnants étant celui de Kerampeulven, près de Huelgoat (29) où les belles dames du temps jadis venaient s’amuser. Bon, au départ, je voulais parler de Riagad mais le pauvre est passé à la trappe. Enfin, quand je dis la trappe; n’allez pas croire qu’il ait adopté la tonsure des trappistes ni leur goût pour cette merveilleuse boisson maltée… Non, simplement, je me laisse aller à quelques digressions et lorsque je m’en aperçois, il est trop tard, j’ai dépassé mon quota autorisé de signes.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Fay ce que vouldras…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la botanique pour les nuls et du foie de veau aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes, bon an mal an, arrivés ensemble serpoletjusqu’à ce Jeudi 28 mai 2020, 9è jour de prairial, que nos amis républicains avaient dédié au serpolet. Vous ne pouvez pas vous tromper, le serpolet c’est bon pour tout. En infusion, en compresse, en bain, dans la cuisine, notamment avec les viandes blanches, ce proche cousin du thym est une vraie panacée. C’est le genre de truc qui devrait être remboursé par la sécurité sociale si cela ne risquait d’aggraver le déficit…

Vous, je ne sais pas mais moi, le monde comme il va m’est de plus en plus insupportable; la pensée unique qui s’est imposée ces dernières décennies à refoulé loin, très loin, nos rêves humanistes; la gauche progressiste s’est autodissoute, éparpillée façon puzzle pendant qu’au grand bazar du village global, tout se vend, tout s’achète. Depuis des siècles , des humanistes, des rêveurs, des utopistes, prêchent dans le thomas-more-D--216x300désert, pissent dans des violons et se mouchent dans les étoiles aurait ajouté Jacques Brel. Thomas More étaient de ceux là à tel point qu’il en perdit la tête… En effet, Le 6 juillet 1535, Thomas More où Morus, va perdre la tête. Non pas qu’il soit devenu fada mais sous l’effet d’une décapitation voulu par Henry VIII. Homme politique anglais, philosophe et écrivain, précurseur du communisme libertaire et père des utopistes, est né à Londres (février 1478). Fils d’un magistrat, il entame une carrière politique qui le mènera au poste d’ambassadeur extraordinaire, puis à celle de chancelier du royaume en 1529. Mais Thomas Morus est surtout connu pour son livre « L’Ile d’Utopie ou la Meilleure des Républiques » publié en 1516, il décrit une société idéale ayant aboli la propriété et où la tolérance est une règle. La fameuse devise « Fay ce que vouldras » est d’ailleurs emprunté à Morus, par Rabelais, pour son Abbaye de Thélème.

Trois siècles plus tard, d’autres utopistes seront à leur tour envoyés ad patres non plus par la folie d’un roi mais par les sbires de la bourgeoisie. Ce fut le cas d’Eugène Varlin; membre de la Commune de cri du peupleParis, Il participe aux derniers combats de la semaine sanglante. Arrêté le 28 mai 1871, il est roué de coups, puis fusillé par les Versaillais, après avoir crié « Vive la République vive la Commune ». C’est la fin du vieux monde gouvernemental et clérical, du militarisme, du fonctionnarisme, de l’exploitation, de l’agiotage, des monopoles, des privilèges, auxquels le prolétariat doit son servage, la Patrie, ses malheurs et ses désastres. Eugène Varlin. Relisez le cri du peuple cette magnifique bande dessinée de Tardi d’après le roman de Vautrin. Aujourd’hui, un vilain virus nous appelle à rêver d’un autre monde. Qu’en sera t-il demain ?

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Voici des roses blanches…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la chanson réaliste et de la galette-saucisse réunies, bonjour ! Lys-Martagon-300x200Nous sommes le Mercredi 27 mai 2020 c’est à dire le 8ème jour de Prairial habituellement consacré au Martagon. Plus communément appelée Lys Martagon, cette plante de la famille des Liliacées, qui produit de magnifiques fleurs, est aujourd’hui espèce protégée dans beaucoup de régions. On n’en trouve que rarement en Bretagne sauf peut-être à Bréhat ou sûr l’ile de Batz… En Bretagne où précisément on célèbre les Aostin ou si vous préférez, Augustin, moine bénédictin qui fut, dit-on, le premier archevêque de Cantorbéry.

L’homme du jour est une femme.

Je voulais évoquer une figure de la chanson réaliste que sans doute, les moins de vingt ans ne doivent pas connaître. Et pourtant, qui n’a pas un jour entendu la tante Ginette ou le cousin Jules entonner lors des noces et banquets familiaux une de ses rengaines. je veux parler de Berthe Francine Ernestine Faquet plus connue sous le nom de Berthe berthe-DSylva. Allez, souvenez vous, les roses blanches, du gris, on a pas tous les jours vingt ans, Frou-frou… Elle aurait passé son enfance à Brest avant de se faire employer comme femme de chambre. On dit qu’elle serait née (7 février 1885) à Kerloïs en Lambézéllec, tout près de l’ermitage de Keramoal d’où je vous écris et qui aujourd’hui, est devenu un quartier de Brest. Elle se serait mise à la chanson vers 1910, après avoir abandonné un premier enfant; c’est’y pas malheureux ! De ses débuts, on ne possède pas beaucoup de témoignages, excepté une interview durant laquelle elle parle de voyages en Amérique du Sud, en Russie, en Roumanie et en Égypte, ainsi qu’une photo prise pendant la Première Guerre mondiale, sur laquelle on la voit aux côtés d’Eugénie Buffet et du chansonnier aveugle René de Buxeuil.

En 1928, Berthe Sylva est employée au Caveau de la République. Léon Raiter la remarque et lui propose de passer à l’antenne de Radio Tour Eiffel. C’est grâce à Léon Raiter, l’auteur des Roses Blanches, qu’elle se met à enregistrer. Le succès eberthe-sylva-Gst foudroyant. Le Raccommodeur de Faïence, enregistré en 1929, se serait vendu à 200 000 exemplaires en deux ans. Les tournées en province se multiplient. Elle partage un moment l’affiche avec Fred Gouin, aujourd’hui tombé dans l’oubli, avec qui elle grave des duos tels Ferme tes jolis yeux (1932). Leur relation est passionnelle. Fred Gouin fut très affecté par la perte de son amante et amie. Il prit le maquis durant les années de guerre, puis quitta le monde de la chanson pour se reconvertir dans le commerce des frites. Allez, sortez vos mouchoirs!

Berthe Sylva se fixe à Marseille au moment de l’Armistice de 1940. Le chanteur Darcelys y fut l’un de ses amis les plus fidèles. Elle meurt minée par la boisson et la pauvreté. Sa maison de disques finance les obsèques auxquelles seuls quelques amis assistent. Quelques annéesles-roses-blanches après, il ne se trouva personne pour renouveler la concession qui fut levée. Sa dépouille fut transférée à la fosse commune. Après sa disparition, on retiendra d’elle, non pas les chansons qui racontent les bluettes et les joies du bal, mais celles qui dénoncent la misère, l’injustice, l’enfance blessée, la perte d’un être cher, la désillusion et l’échec sentimental. Berthe Sylva est décédée le 26 mai 1941 à Marseille. Et bien voila qui nous change des bluesmen du Mississippi et de Chicago. Mais enfin, la chanson réaliste française c’est un peu notre blues à nous qu’on a…

Allez, vive l’éclectisme et le p’tit commerce, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Oh, Mamie Blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ

Amis du soufisme éclairé et du soufflé au fromage réunis, bonjour ! fromental-224x300Puisque aussi bien nous sommes le Mardi 26 mai 2020 et que ce jour était le 7è de Prairial dans le calendrier républicain, autant vous le dire tout de suite, il était dédié au fromental encore nommé, l’avoine élevée. Et quand bien même vous contesteriez ceci, ce ne serait pas une raison suffisante pour élever l’avoine. Oui, bon, d’accord… Et puisque vous êtes les meilleurs lecteurs qu’un blogue n’ai jamais eu, voici pour vous une véritable pépite dénichée sous les plis de la toile (c’est joli ça), le premier disque de blues de l’histoire, gravé en 1920.

C‘est Mamie Smith qui est la chanteuse, elle est née le 26 mai 1883 à Cincinnati, et décèdera en septembre 1946 à Harlem. C‘était une vraie enfant de la balle, elle se produisit dans des troupes de danse dès l’âge de 10 ans. Elle chanta dans de nombreux clubs et, en 1918, fit partie de la revue Made in Harlem de Percy Bradford. Très populaire dès 1914, elle est engagée par le même Percy Bradford qui réussi à convaincre la compagnie Grazy-Blues disqueOkeh de l’enregistrer. Crazy blues, c’est le titre du morceau, obtient un succès considérable dès sa parution. En fait, Crazy Blues était le second enregistrement de Mamie Smith, le premier ayant été un disque de deux chansons : You can’t keep a good man down et That thing called love . Sans être foudroyant, son succès avait été suffisant pour qu’on fasse de nouveau appel à elle, et cette fois ce fut une date dans l’histoire. On dit que le disque s’est vendu à 75000 exemplaires la première semaine. Dès lors Mamie entreprend une fructueuse carrière jusqu’en 1931. Elle défraie bien un peu la chronique par ses liaisons avec de grands jazzmen, ce qui ne l’empêche pas d’interpréter une série de films musicaux au début du parlant. Par la suite, Mamie Smith, drogue et alcool venant, sombrera dans la misère et l’oubli. Ah, la vie est dure madame Michu.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la cartomancie et du boudin aux pommes réunis, bonjour ! En ce Lundi 25 mai 2020, sixième jour de prairial, nous célébrons la mélisse. Si vous trouvez l’actualité particulièrement indigeste, je vous mélisserecommande expressément la tisane de mélisse. Mon aïeule, pour qui l’herboristerie n’avait aucun secret, faisait bouillir deux branches de mélisse dans un litre d’eau et laissait infuser. Pour ma part, j’avoue que ma préférence va plutôt à un vieux whisky d’Ecosse.  Cela me remet en mémoire le fameux pangramme de Georges Perec : Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume. C’est une phrase qui permet d’utiliser toutes les lettres de l’alphabet, l’exercice est amusant, et par ailleurs, c’est un alexandrin.

Bon, restons dans le ton cigarettes, whisky et p’tites pépées… Le 25 mai 1996 voit le décès de Barney WILEN. C’est un des grands saxophonistes Français et c’est assez rare pour le noter. Il a débuté sa carrière en se produisant dans les boites du côté de Nice sous la-note-bleue-300x300l’incitation de Blaise Cendrars ( immense bonhomme à qui j’avais consacré un billet). On lui doit d’avoir travaillé avec Miles Davis sur la bande originale du film « ascenseur pour l’échafaud ». Miles Davis qui lui est né un 25 mai en 1926, étonnant non ! Plus tard il a enregistré avec le fameux quintette de Thélonious Monk et on lui doit aussi la musique du film « Les liaisons dangereuses » de Roger Vadim. La bande dessinée de Loustal, « Barney et la note bleue » est largement inspirée de sa vie. Plus tard il en a d’ailleurs tiré un disque intitulé « La note bleue ». Je vous conseille particulièrement « Cookin’ at st germain » avec Bud Powell.

Bon voilà, on va s’arrêter là, même si le soleil est de retour sur la pointe bretonne; pas question d’aller baguenauder sur la plage; mais vous pouvez vous entasser dans les églises, les mosquées, les synagogues; c’est à nouveau autorisé. On peut en asseoir une centaine dans un avion mais pas cinquante dans un cinéma. On en voit des milliers dans le métro ou chez Carrefour mais faites gaffe au bord de l’eau. Ne désespérez pas, les voies du Covid sont impénétrables. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Coucou, la revoilou…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la musicothérapie et du biniou bras réunis, bonjour ! C’est à n’y pas croire, nous sommes le Samedi 23 mai 2020, quatrième jour de Prairial dédié à l’angélique (pas la marquise, la fleur). On l’appelle aussi Angélique-2-150x150l’herbe aux anges car elle avait la réputation d’être efficace contre les maléfices et autres envoûtements. La légende voudrait en effet que l’ange Raphaël révéla les bienfaits de l’angélique à un moine français au 17ème siècle, anecdote correspondant à sa traduction du grec : « aggelikos » « ange ou messager ». Elle est encore cultivée dans certains endroits notamment du côté de Niort pour en faire des fruits confits, on en retrouve souvent dans les cakes. Attention de ne pas la confondre avec une proche parente, la cigüe…

Et dans l’actu, madame Michu…

Nicole Notat a été chargée par Olivier Véran, Ministre de la santé, de coordonner le « Ségur de la Santé » qui est censé mettre fin à la paupérisation des personnels soignants en France. Oui, on dit le «Ségur», du nom de l’avenue où est implanté le ministère; comme on disait le «Grenelle» au temps d’autrefois. Soutien d’Emmanuel Macron en 2017 et première femme à diriger une grande organisation syndicale en France, la CFDT, entre 1992 et 2002, Nicole Notat a été chargée ce Notat caricaturemercredi 20 mai 2020 d’une mission délicate: coordonner le “Ségur de la santé”, censé mettre fin à la “paupérisation” des personnels soignants. Entre 2011 et 2013, elle préside l’association “Le Siècle”, qui réunit des personnalités issues de tous les horizons (politique, économie, presse, social…) pour ses fameux diners le dernier Mercredi de chaque mois. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’est pas novice en la matière. Elle participe en 2007, sous le quinquennat Sarkozy, au comité d’évaluation du Grenelle de l’environnement, et sous celui de Hollande, en 2013, intègre un groupe de réflexion lancé par le gouvernement pour favoriser l’entreprise en France. Elle fonde Vigeo, une agence internationale de notation sociale et environnementale, rachetée l’an dernier par Moody’s.

J’entends déjà les ceusses que la mauvaise foi habite: le choix de cette madone de la collaboration de classe pour répondre à la colère qui ne cesse de croître chez les soignants et pour « reconstruire l’hôpital de demain » en dit long sur la feuille de route du gouvernement. Il y a Notat-G-fort à parier qu’avec Nicole Notat aux commandes, ce sera fort profitable pour le patronat et les actionnaires, et que les travailleuses et travailleurs de la santé devront continuer à se satisfaire des miettes. Ce soutien sans faille au patronat et aux attaques du gouvernement lui vaudra le surnom de « tsarine », et le tournant à droite qu’elle impose au sein de la CFDT créera d’importante crispations en interne. Elle est désavouée lors du congrès de 1995, quand plus de la moitié des délégués voteront une motion qui stipule qu’elle « n’a pas rempli le mandat qu’attendaient les syndicats ». Je ne suis pas certain que cette nomination calme un tant soit peu la colère qui gronde dans les hôpitaux et les EHPAD.

Allez, gardez l’espoir, déconfinez gaiement et, à bientôt peut-être.

Le homard n’aboie pas…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la poésie et du saint Emilion réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 22 mai 2020, troisième jour de Prairial dédié au trèfle. Si j’évoque la poésie c’est parce que un 22 mai (1808) vit la naissance de Gérard LabrunDe Nerval-D-ie, plus connu sous son nom de poète, Gérard de Nerval, l’une des figures les plus de émouvantes de la poésie française. Naviguant entre réalité et rêve, il a évoqué en des mots immortels les troubles de l’adolescence… et les charmes du Valois. Mais il souffrait de troubles mentaux et, à l’aube du 26 janvier 1855, on l’a retrouvé pendu dans la rue de la Vieille-Lanterne, dans le quartier du Châtelet, à Paris. Il avait 46 ans. La plus belle part du romantisme s’est éteinte avec lui. Il faut relire Sylvie, une nouvelle parue dans le recueil Les filles de feu et qui dépeint merveilleusement les affres d’un amour chimérique.

Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet,
Tour à tour amoureux insouciant et tendre,
Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre.
Un jour il entendit qu’à sa porte on sonnait.
C’était la Mort ! Alors il la pria d’attendre
Qu’il eût posé le point à son dernier sonnet ;
Et puis sans s’émouvoir, il s’en alla s’étendre
Au fond du coffre froid où son corps frissonnait.
Il était paresseux, à ce que dit l’histoire,
Il laissait trop sécher l’encre dans l’écritoire.
Il voulait tout savoir mais il n’a rien connu.
Et quand vint le moment où, las de cette vie,
Un soir d’hiver, enfin l’âme lui fut ravie,
Il s’en alla disant : «Pourquoi suis-je venu ?
(Gérard de Nerval, Épitaphe)

Un jour, dans le jardin du Palais-Royal, on vit Gérard traîn180px-Père-Lachaise_-_Division_49_-_Nerval_01ant un homard vivant au bout d’un ruban bleu. L’histoire circula dans Paris et comme ses amis s’étonnaient, il répondit : En quoi un homard est-il plus ridicule qu’un chien, qu’un chat, qu’une gazelle, qu’un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? J’ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n’aboient pas… Il y avait du surréalisme avant l’heure chez ce grand romantique. Il affirmait  avoir été initié aux mystères druzes lors de son passage en Syrie, où il aurait atteint le grade de « refit », l’un des plus élevés de cette confrérie. Toute son œuvre est fortement teintée d’ésotérisme et de symboles alchimiques. Alors qu’on l’accusait d’être impie, il s’exclama : « Moi, pas de religion ? J’en ai dix-sept… au moins. » Ici à gauche, sa tombe au cimetière du Père Lachaise.

Allez, déconfinez dans la joie et la bonne humeur et à bientôt peut-être.

Oui mais, ça branle dans le manche…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du bas de laine et de l’armoire normande réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 21 Mai 2020 et, mon p’tit calendrier républicain Hémérocallem’indique que le 21 mai, deuxième jour de prairial, est généralement dédié à l’hémérocalle… Avouez que c’est une chance, Fabre d’Eglantine, l’un des inspirateurs, aurait pu choisir le pissenlit ou le coquelicot et bien non; le choix s’est porté sur l’hémérocalle mais je serai bien ennuyé s’il fallait vous dire pourquoi. Bon, on ne va pas non plus en faire une salade. Quoique ! Outre le fait qu’il s’agisse d’une très jolie fleur, certains cuisiniers téméraires n’hésitent pas; elle peut être farcie avec de la crème fouettée et servie pour décorer un dessert par exemple.

Le 21 mai 1871 à Paris débute ce que l’histoire retiendra sous le nom de semaine sanglante. Les Versaillais, après s’être emparé des forts, entrent dans Paris par la porte de Saint-Cloud. Une répression terrible commence. Les massacres et exécutions sommaires feront entre 20 000 et 35 000 morts. Le 28 mai 1871, au terme d’une semaine luce_commune-300x198sanglante, la Commune de Paris n’existe plus. Dix semaines plus tôt, le 18 mars, des Parisiens humiliés par la défaite de leur pays face aux Prussiens, s’en étaient pris aux troupes gouvernementales. Le chef du pouvoir exécutif, Adolphe Thiers, avait déserté sur le champ Paris pour Versailles. Un mouvement insurrectionnel improvisé avait alors assumé le pouvoir dans la capitale sous le nom de «Commune de Paris». Mais dès la signature du traité de paix avec l’Allemagne, le 10 Mai, Adolphe Thiers obtient de l’occupant prussien la libération anticipée de 60.000 soldats. Il lance aussitôt contre la capitale 130.000 hommes, dont les anciens prisonniers et beaucoup des campagnards recrutés et formés à la hâte.

L’assaut commence le 21 mai, dans le quartier du Point du Jour, à Boulogne. Les Versaillais ont en face d’eux une dizaine de milliers de fédérés déterminés. Ils doivent conquérir les barricades l’une après l’autre.( à gauche émouvante gravure de Félix Valloton évoquant le mur des fédérés au père Lachaise) Les combats de rue feront au total 4.000 tués (877 du côté des troupes versaillaises). S’ajoutent à ce bilan les felix-vallotton-le-mur-300x164victimes de la répression car, à l’arrière, des liquidateurs tuent méthodiquement les suspects. Une vingtaine de «cours prévôtales» jugent hâtivement les hommes et les femmes pris les armes à la main et les font fusiller sur place. Le bilan total de la Semaine sanglante est d’environ 20.000 victimes, sans compter 38.000 arrestations. Combien aujourd’hui ont en tête le fait que les massacreurs d’alors, Thiers, « le sinistre vieillard », Trochu, « ce crétin militaire », Favre «le faussaire», Vinoy «le coupe-jarret bonapartiste», Galliffet, « les loups, les cochons et les chiens de la vieille société » sont toujours là, sous d’autres noms. (les citations entre guillemets sont de Karl Marx). Aujourd’hui, les banksters ont mis les Nations au pain sec et à l’eau ; ils se dissimulent derrière des noms qui sentent bon les dorures de Bilderberg, les salons de Davos, la soupe du diner du siècle, les comptoirs de Goldman-sachs ; mais qu’on ne s’y trompe pas, ce sont les mêmes. Alors,  pouvons nous imaginer un instant que la Commune n’est pas morte ?

En attendant le temps de cerises, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Every day i have the blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du matérialisme historique et du cachou Lajaunie réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 20 Mai 2020, premier jour de Prairia05_Mai_Prairialrl dédié à la luzerne. Le mois de prairial était le neuvième mois du calendrier républicain français. Il correspondait, à quelques jours près (selon l’année), à la période allant du 20 mai au 18 juin du calendrier grégorien. Il tirait son nom « de la fécondité riante & de la récolte des prairies de mai en juin », selon les termes du rapport présenté à la Convention nationale le 3 brumaire an II (24 octobre 1793) par Fabre d’Églantine, au nom de la « commission chargée de la confection du calendrier ». Quel poète ce Fabre…

Tiens, un tout bon qui vient de casser sa pipe. Non, ce n’est pas Piccoli, quoique… Je veux parler de Lucky Peterson, enfant prodige du blues, décédé à Dallas à 55 ans des suites d’un AVC. Son père possédait un club de blues à Buffalo et on raconte que le petit Lucky appris à lucky jeunejouer du piano en même temps qu’il apprenait à marcher. Il n’a que trois ans quand il est remarqué par Willie Dixon qui le fait passer à la télé. Il va devenir le pianiste de Little Milton et l’accompagner lors d’une tournée en France. Son style en tant que guitariste n’est pas sans rappeler celui de B.B. King. Il brille d’ailleurs plus par son style, son toucher et sa présence sur scène que par ses compositions, dont peu de morceaux sont réellement connus du grand public. Encensé par une partie de la critique, il s’en trouve une autre pour le trouver ennuyeux. En 2015 il avait ouvert la 36è édition du festival Jazz à Vannes (56).

A vous de juger ! Pour ma part je vais vérifier si mes laitues naissent. Allez, portez vous bien et à bientôt, peut-être.