Le charme du jour…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la liberté de conscience et de la clé à molette réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 1er Avril 2020. Le 1er avril est le douzième jour de germinal dans notre calendrier républicain et, ce n’est pas le jour du poisson mais du Charme (l’arbre). Le mot charme est issu dule joug nom latin du charme commun, carpĭnus. Ce vocable aurait des racines celtiques: car, désignant le bois et pen désignant la tête, car le bois de charme servait à fabriquer les jougs. Lorsque nos jeux remuants insupportaient mon aïeule, celle-ci se laissait aller à utiliser le breton et nous traitait de torr-penn (casse-tête).

Le 1er avril 1856, naissance de Charles Maurin au Puy (Auvergne). Peintre graveur et anarchiste, il excelleRavachol_Charles_Maurin.jpg-207x300 justement dans la technique du portrait. En 1875, il obtient le Prix Crozatier qui lui permet de venir à Paris étudier aux Beaux-Arts puis à l’Académie Julian (où il enseignera ensuite). Il expose au « Salon des Artistes Français » et devient membre de la Société en 1883. Ami de Toulouse-Lautrec, ce dernier fera sa première exposition particulière avec lui en 1893. Il puise son inspiration des artistes japonais, révolutionne la technique de l’eau-forte, et réalise également des bois-gravés. Il collabore à « La Revue Blanche » dirigée par Fénéon et initie Félix Vallotton à la gravure et à l’anarchisme. C‘est lui qui a réalisé le bois gravé de Ravachol, le torse nu entre les montants de la guillotine (ici à droite).

La fascination du peintre pour l’enfance, dont la pureté fillette-Maurinserait à ses yeux un antidote à la laideur sociale d’un monde qu’il réprouve, se trouve amplement illustrée ; on ne peut certes qu’être charmé par ces images gracieuses tant peintes que gravées, mais il faut aller au-delà de l’amabilité du sujet pour reconnaître en Maurin un artiste solide. La fillette à la poupée que l’on voit ici est visible au musée d’Orsay. Enfin, le tableau, pas la fillette, gros dégoûtants ! Maurin fait partie de ces anarchistes qui étaient plus habiles au maniement du pinceau que de la bombinette et c’est fort heureux pour nous.

J’en profite pour vous faire remarquer au passage que vous lisez le 4670è billet des « cénobites tranquilles », blog d’humeur et d’humour, merci à vous pour votre fidélité et votre indulgence à l’égard de l’auteur. En attendant le prochain, confinez vous bien et à bientôt peut-être.

Un commentaire

  1. Jean TIENHAIN

    « Gros dégoutants » me choque un peu…

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