Fais ce que tu voudras…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la rôtisserie française et du Saint-Pourçain réunis, bonjour! Nous sommes le Jeudi 09 avril 2020, 20è jour de germinal dédié à la ruche.

Le 9 avril 1553, mort de François Rabelais, à Paris. Né vers 1494 à Chinon, à la métairie de la Devinière. Moine, médecin, écrivain, il fut tout cela à la fois. Revendiqué comme un précurseur de l’anarchisme après sa description d’une abbaye imaginaire (Thélème), fonctionnant sur des principes libertaires. Auteur savoureux, il évoque la bonne chère, la rabelais-300x283bombance, la démesure mais aussi, un attachement absolu à la liberté individuelle. Sans ses puissants mécènes et protecteurs il aurait sans doute fini sur les bûchers de l’inquisition, pour preuve ses ouvrages interdits et brulés par la Sorbonne.  En 1520, moine à Fontenay-le-Comte, il se passionne pour l’étude du grec, puis voyage et se fixe à l’Université de Montpellier où il fait des études de médecine. En 1532, il publie « Les horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé Pantagruel ». En 1534, il accompagne l’évêque Jean du Bellay (son protecteur qui deviendra cardinal) à Rome. A son retour, est édité « La vie inestimable du grand Gargantua, père de Pantagruel ». Nommé docteur à Montpellier en 1537, « Le tiers livre » paraît, mais la Sorbonne condamne l’ensemble de son œuvre. Il voyage alors à nouveau en Italie, et c’est à Lyon qu’il publie le « Quart livre » (1548). Son « Cinquième Livre » ne sortira qu’après sa mort, en 1564.

Rabelais réalise la transition entre deux époques : s’il est encore un homme du Moyen-Âge qui aime la liesse et la farce, il est aussi un contemporain de la Renaissance, humaniste savant, médecin féru de grec et partisan du retour à la nature . À travers lui, le Moyen-Âge et la Renaissance, loin de s’opposer, découlent harmonieusement l’un de Gargantual’autre. On lui doit entre autres la fameuse citation: « science sans conscience n’est que ruine de l’âme… » mais, celle que je préfère c’est celle-ci, tirée de Gargantua: « Vous convient être sages, pour fleurer sentir et estimer ces beaux livres de haute graisse, légers au pourchas et hardis à la rencontre. Puis, par curieuse leçon et méditation fréquente, rompre l’os et sucer la substantifique moelle. » Ça vous met en appétit non? Une autre description des plus réjouissantes me plait tout autant: « Toute leur vie était régie non par des lois, des statuts ou des règles, mais selon leur volonté et leur libre arbitre. Sortaient du lit quand bon leur semblaient, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le désir leur en venait. Nul ne les éveillait, nul ne les obligeait à boire ni à manger, ni à faire quoi que ce soit. Ainsi en avait décidé Gargantua. Et leur règlement se limitait à cette clause : Fais ce que tu voudras. »

Ah, les moines de l’abbaye de Thélème, ils me font penser à ceux de Saint Bernardin « qui se levaient tard et se couchaient matin pour aller à Matines vider les p’tits flacons… » Vieille chanson de carabins que l’on trouve encore sur quelques 78 tours dans la collection « aux plaisirs des Dieux ». Allez, merci de cette visite et, n’oubliez pas: science sans conscience n’est que ruine de l’âme ! confinez vous bien et à bientôt peut-être.

5 commentaires

  1. Anne-Marie

    « Les moines de saint-Bernardin », plaisant souvenir du retour d’un voyage « d’étude » de 3 jours dans nos belles Ardennes, en dernière année de l’Ecole de tourisme de la ville de Liège, le car bloqué dans un embouteillage devant l’ancienne gare des Guillemins à Liège, nous avions entonné en choeur, élèves et profs, cette chanson et nous demandions pourquoi tant de piétons nous dévisageaient ?
    Malicieusement notre chauffeur avait branché le haut parleur extérieur, donc tout le monde a pu en profiter.

  2. D. Le furtif

    un peu d’érudicationitude sur le sujet des Moines de Saint Bernardin .
    .
    DLF

  3. pierrot13

    Ah, ce très cher Rabelais…
    Au mois de mai dernier, j’ai du changer d’ horizons pour des raisons très intimes, j’avais emporté avec moi Gargantua et puis en revenant j’ai ajouté Pantagruel et ensuite et maintenant j’en suis au quart livre.
    J’ai trouvé çà dans une édition dite de poche mais très peu coûteuse mais qui a l’immense avantage de présenter face à face le texte en français d’époque et celle de droite en français moderne.
    Un véritable délice.

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