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Allez, envoyez le muguet…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la libre pensée et du Fernet branca réunis, bonjour ! Nous les trois huitsommes le Lundi 27 avril 2020, huitième jour de Floréal dédié au champignon. C’est la Ste Zita pour les uns, Konwenn pour les autres. Le 27 avril 1906, l’assiette au beurre, journal satirique, soutenait à sa manière la revendication de la journée de huit heures. Les « trois huit » comme le montre cette reproduction que l’on doit à l’affichiste Grandjouan. Puisque donc,  nous approchons du 1er Mai, rafraichissons un peu nos mémoires. Le 1er mai c’est, rappelons le, la fête des travailleurs et non pas, la fête du travail. Mais c’est aussi, ancrée dans la mémoire collective, la fête de la nature, du renouveau de la renaissance.

Chez les Celtes, c’est Beltan. Beltaine est la troisième des quatre grandes fêtes de l’année celtique. Elle vient après Samain et Imbolc et marque la fin de la saison sombre et le début de la saison feux-de-beltan-300x202claire. Elle est en rapport avec Belenos, Lug et Belisama. Le principal rituel de Beltaine consiste en des feux allumés par des druides où le bétail passait afin qu’il soit protégé des épidémies pour l’année à venir. Alors que les anciens Celtes fêtaient Beltan (le feu de Bel), saluant la lumière et la connaissance, leurs descendants décérébrés du XXIè siècle se complaisent devant l’affligeant spectacle d’une course à l’échalote pour se procurer un masque en se demandant à quelle sauce il vont être mangés; c’est à dire, qui va payer la facture quand l’heure sera venue car, elle viendra assurément. En attendant dansons le Laridé.

Dans les siècles passés, cette frénésie de la célébration de l’énergie vitale donnait lieu, parmi les jeunes gens, à des rites champêtres et à des jeux propres à leur âge… Sous prétexte de cueillir l’aubépine, on les envoyait dans les bois et les prés où ils passaient la nuit en jeux 1024px-Arbre_de_la_liberté_Paimpolamoureux. On appelait ça « Faire le Mai », et comme le disait fort à propos mon aïeule: « y-a pas d’mal à faire le mai !» .  L’église chrétienne, surtout catholique, qui n’aime pas beaucoup que les garçons et les filles s’aperçoivent trop tôt qu’ils sont faits les unes pour les autres (et lycée d’versailles), jugeant ces pratiques scandaleuses tenta de les éradiquer en faisant du mois de Mai le mois de Marie, obligeant ainsi à remplacer un hymne à la vie par une célébration de la virginité et à la chasteté…  C’est-y pas malheureux !  La République elle, en a fait l’arbre de la liberté dont il subsiste encore quelques restes ici ou là comme  à Paimpol (22), place du Martray.

Allez, envoyez le muguet ! Confinez gaiement et à bientôt peut-être.