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Le jour d’après…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis du confucianisme et de l’onglet aux échalotes réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 07 avril 2020, c’est le 18è jour de Germinal dédié cigüeà la cigüe  et ce qui suit n’a rien à voir… Quoique. Socrate, grand parmi les grands philosophes mourut lui même par la cigüe et les sorcières de MacBeth en font bel usage:  « … oreille d’un singe noir et de la ciguë arrachée un soir. Remplissez la chaudière et bouillez l’ensemble afin qu’opère ce mélange infernal, ce charme sans égal. » Vous remarquerez qu’avant la réforme de l’orthographe, on mettait le tréma sur le ë et les points sur les i; mais ceci est un autre histoire.

Tiens, à propos d’avant et d’après. Vous n’avez pas été sans noter, perspicaces lecteurs, que par ces temps de confinement, les rézosocios bruissent d’une rumeur qui confine au mirage: Quand viendra le jour d’après, rien ne sera plus comme avant ! La mondialisation, le le jour d'aprèslibéralisme à tous crins, l’austérité, la chasse aux déficits publics, le gel des salaires, les dividendes éhontés, les privatisations de la santé, de l’éducation, des transports, de l’énergie… Tout cela sera oublié, relégué au rang de mauvais souvenirs et, s’ouvrira sous vos yeux ébahis, l’ère de la renaissance, l’âge d’or de la chose publique. C’est juré, on rasera gratis, où presque, on va réévaluer les salaires de ceux qui ont sauvé la Nation, infirmiers, aides- soignants, chauffeurs livreurs, plombiers zingueurs et gardiens de phares (si,si, il en reste). Les économistes libéraux attitrés seront chassé des plateaux télé et remplacés par les économistes atterrés. Les éditocrates endimanchés qui nous serinent depuis des décennies qu’il n’y a pas d’alternatives seront commis aux chiens écrasés et/ou renvoyés à leurs chères (très chères) études.

Bien sur, il ne vous aura pas échappé que ceux qui, aujourd’hui, annoncent la venue du temps des cerises sont les mêmes qui, hier encore, s’acharnaient à détruire l’hôpital, pour peu qu’il soit public, l’école gratuite et universelle; le logement pour tous; l’accès aux soins pour chacun; un revenu minimum et tout ce qui, de près ou de loin pouvait s’apparenter à une politique sociale digne de ce nom. « Il nous faudra demain tirer les leçons du moment que nous traversons, miroirinterroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour, interroger les faiblesses de nos démocraties.» Emmanuel Macron, jeudi 12 mars 2020. Et de poursuivre: « Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché… » C’est à n’y pas croire. Décidément, ces gens là sont sans vergogne. Malheureux les pauvres d’esprit qui accorderaient une once de crédibilité à ces propos; le réveil serait douloureux et la pilule aussi amère que la cigüe de Socrate. Alors, virage vers la sociale-démocratie ou miroir aux alouettes ? Comment transformer une tragédie imposée en occasion favorable ? L’expérience actuelle nous montre que le/la politique peut et doit reprendre le pouvoir sur une économie qu’il faut à tout prix remettre au service de la société, du vivre ensemble, des solidarités…

Allez, en attendant, confinez vous bien comme il faut et à bientôt peut-être.