Littérature potentielle…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis de la Pataphysique et de la raie au beurre noir réunies, bonjour ! père UbuNous sommes le Mercredi 25 mars 2020, 5è jour de germinal que nos amis républicains avaient décidé de dédier à la poule… Allez savoir ce qui se passait dans la tête de Fabre d’Églantine ! En vérité Nous sommes aujourd’hui le Mardi 3 Clinamen 147 la Mandragore, solanée androïde fête suprême quarte et nous sommes toujours confinés. Je vous invite donc à la lecture. Voici un grand poète qui mériterait mieux que les obscurs rayonnages des bibliothèques municipales. Il est né un 25 mars 1931 dans le Vaucluse.

Jacques Bens fut l’un des fondateurs de l’OuLiPo. Dataire au Collège de Pataphysique, gendre de Célestin Freinet (dont j’ai longuement parlé dans ces colonnes), il a travaillé avec Raymond Queneau chez Gallimard réunion-oulipoà l’Encyclopédie de la Pléiade, de 1960 à 1963. Il a été durant les trois premiers siècles de l’OuliPo son « secrétaire provisoire » chargé des comptes-rendus de séances, rassemblés aujourd’hui chez Bourgois. Poète, romancier, et nouvelliste (il a reçu en 1990 le Goncourt de la Nouvelle pour ses Nouvelles désenchantées.) Je vous recommande Cinq châteaux de cartes chez Nathan en 1983, il fut également un éminent cruciverbiste, et collabora avec Perec pour les jeux du journal Télérama. A droite, réunion de l’OuLiPo en 1975 dans les jardins de François Le Lionnais.

Or donc, notre ami Bens a été membre fondateur de l’Oulipopo, Ouvroir oulipode littérature policière potentielle mais aussi, de l’OuCuiPo (ouvroir de cuisine potentielle). On lui doit notamment, la cuisine en jeux paru chez Zulma en 1999, ouvrage dans lequel il organise une visite ludique et gourmande à travers les provinces françaises. Comment concilier des activités d’écrivain, d’oulipien chevronné et de cruciverbiste avec une passion pour l’art culinaire ? En imaginant un petit livre où alternent recettes, grilles de mots croisés, acrostiches et autres anagrammes. De quoi faire patienter vos invités pendant que le kig-ha-farz mijote. Voici un extrait de son œuvre:

Pas facile toujours de réduire au silence
Le phonographe obscur de nos ronronnements :
L’aiguille grince au creux de sombres bégaiements
Quand on croyait réinventer la truculence
Jacques Bens

Allez, merci pour la visite. Par les temps qui courent c’est pas gagné…

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