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Esprit (critique) es-tu là ?

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du spiritisme et du gel hydroalcoolique réunis, bonjour ! Oui, nous sommes le Mardi 31 Mars 2020 mais, je n’y suis pour rien. Ce onzième jour de Germinal était dédié à la pervenche.

Faisons une petite place dans notre galerie de portraits pour cet étrange personnage qu’était Allan Kardec ou Alan Kardec, de son vrai nom Hippolyte Léon Denizard Rivail, né à Lyon le 03 octobre 1804 et Kardec-227x300décédé le 31 mars 1869. C’est un pédagogue français, fondateur de la philosophie spirite ou spiritisme. Il est généralement surnommé le « codificateur du spiritisme ». Son œuvre influence aujourd’hui fortement la culture et la vie publique brésilienne. Il va à l’école primaire locale jusqu’à ses dix ans, Il devient interne au château d’Yverdon, sur le lac de Neuchâtel, chez le célèbre pédagogue Pestalozzi qui met alors en pratique les principes de l’« Émile » de Rousseau. Dans cette « école mutuelle », il apprend avec d’autres jeunes gens de la bonne société européenne. Les influences de Pestalozzi furent très fortes sur le futur Kardec, et des principes de la pédagogie se retrouveront dans sa doctrine spirite: la fraternité universelle et l’ouverture aux femmes.

En 1832, il épouse Amélie Boudet (ici, à droite, le couple en portrait), une institutrice qui travaille avec lui dans son école et dans la poursuite de200px-A._Kardec_et_A._Boudet son œuvre pédagogique. Lorsque l’école doit fermer pour des raisons financières, Léon Rivail traduit des textes allemands et publie des manuels pour gagner sa vie. Il continue à donner des cours, gratuitement, de chimie, physique, anatomie et astronomie. Il est un grand positiviste, pas du tout tourné vers le surnaturel. C’est en cette capacité de pédagogue positiviste qu’il est sollicité pour superviser des séances de tables tournantes. On lui demande aussi de mettre de l’ordre dans les communications des esprits reçues lors de séances. Cela donnera Le livre des Esprits.

Il découvre les tables tournantes en 1855, pratique venue des Etats-Unis. C’est à cette époque qu’il prend le pseudo d’Allan Kardec, nom qu’il pense correspondre à celui qu’il portait lors d’une vie antérieure, 250px-Le_Livre_des_Esprits_2alors qu’il était druide. Il converse plusieurs années avec toutes sortes d’esprits, dit-il, et en tire un enseignement. L’essentiel est écrit dans Le livre des Esprits (paru à Paris le 18 avril 1857) et Le livre des médiums (1861). Il fonde également La Revue spirite, magazine encore publié aujourd’hui, dans plusieurs langues. Il meurt d’un anévrisme en 1869 en laissant nombre de textes en cours d’écriture. Un sixième livre dont le titre provisoire était Les prévisions concernant le spiritisme, fut également retrouvé. Tous ces travaux inachevés furent regroupés par l’éditeur Pierre-Gaëtan Leymarie quelques années plus tard et édités sous le titre Les œuvres posthumes d’Allan Kardec.

 

Il est inhumé au Père-Lachaise, à Paris. Au-dessus de sa tombe en forme de dolmen et de son buste en bronze poli , sa devise : « Naître,tombeau-Kardec-225x300 mourir, renaître encore et progresser sans cesse, telle est la Loi ». De nombreuses personnalités furent séduites par le spiritisme tels, Victor Hugo, Théophile Gautier, Camille Flammarion ou Conan Doyle… De nos jours, Allan Kardec est l’un des auteurs sociologiques français les plus lus au Brésil. Plus de six millions de Brésiliens se déclarent spirites et mettent en application sa doctrine dans des milliers de centres spirites. Malgré cela, ils n’ont pas vu venir Bolsonaro ! Les vues de l’Esprit sont impénétrables… Les principales villes brésiliennes ont toutes une rue Allan Kardec me dit-on.

Allez, que les esprits soient avec vous, confinez vous et à bientôt peut-être.

Je fais souvent ce rêve étrange…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la Grèce antique et du jambon macédoine réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 30 mars 2020, dixième jour de Germinal dédié au greffoir, petit canif bien connu des jardiniers.

Pour ma part, j’ai choisi de me souvenir de Paul Verlaine, pour son génie et aussi parce que il est né un 30 mars en Verlaine1844 et c’était à Metz. Il est décédé un 8 janvier 1896 à Paris. Précurseur du symbolisme, le poète a inventé au fond de sa déchéance les quatrains les plus musicaux de notre langue. Avec Rimbaud, compagnon de misère, il représente une figure caractéristique de son époque, le poète maudit. Ci-contre, on le voit photographié par Dornac dans un café de Mouffetard et buvant une absinthe.

Nombreux sont les artistes qui ont mis ses vers en musique; on pense à Léo Ferré bien sur. J’aime particulièrement « chanson d’automne » version jazzy. Je ne sais si il a chanté celui-ci:

Je suis venu, calme orphelin,
Riche de mes seuls yeux tranquilles,
Vers les hommes des grandes villes :
Ils ne m’ont pas trouvé malin.

A vingt ans un trouble nouveau
Sous le nom d’amoureuses flammes
M’a fait trouver belles les femmes :
Elles ne m’ont pas trouvé beau.

Bien que sans patrie et sans roi
Et très brave ne l’étant guère,
J’ai voulu mourir à la guerre :
La mort n’a pas voulu de moi.

Suis-je né trop tôt ou trop tard ?
Qu’est-ce que je fais en ce monde ?
O vous tous, ma peine est profonde :
Priez pour le pauvre Gaspard !

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Quand le Sâr dine à l’huile…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la marine à voile et des pommes vapeur réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 28 mars 2020, huitième jour de Germinal, dédié à la jonquille dans le calendrier républicain, mais en réalité pour les pataphysiciens, le Vendredi 6 Clinamen 147 – St Ganymède, professionnel – fête suprême quarte. On me dit que c’est la St Gontran; je vais donc en profiter pour vous parler de Joséphin.

A propos de Joséphin Péladan.

Il est né un 28 mars en 1859. Aujourd’hui totalement oublié, ce dandy lettré ferait un malheur sur nos plateaux de télé. (tiens, ça me fait penser à quelqu’un…) Issu d’une famille de cultivateurs et de Péladancommerçants, Joseph-Aimé Péladan, qui se donnera plus tard le prénom de Joséphin, est le fils de Louis-Adrien Péladan, et de Joséphine Vaquier. Il manifeste un esprit indépendant qui lui vaut d’être renvoyé du lycée pour avoir traité un professeur d’athée, puis du petit séminaire de Nîmes. Il voyage beaucoup et  rencontre Léon Bloy et Paul Bourget et enthousiasme Jules Barbey d’Aurevilly qui préface son roman Le Vice suprême (1884), livre pétri de romantisme et d’occultisme, qui met en scène la lutte de forces secrètes qui s’acharnent à détruire l’humanité et prend résolument le contre-pied du naturalisme de Zola. Sâr (c’est le titre qu’il s’est donné, comme dans le sketch de Pierre Dac) est supposé signifier « roi des rois » en assyrien; il fut repris en Perse sous le nom de Shah. Son originalité plaît mais son exaltation fait sourire. Jean Lorrain le surnomme « le pélican blanc ». Plus tard on l’appellera « le Mage d’Épinal », « Platon du Terrail » ou « le Sâr pédalant ».

En 1888, Péladan est le co-fondateur avec Stanislas de Guaita de l’ Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix. Parmi les membres de l’Ordre, on peut relever quelques noms passés à la posterité : Papus, F.-Ch. Barlet. Prétextant un refus de la magie opérative, il se sépare du groupe enrose-croix 1891 pour fonder l’ Ordre de la Rose-Croix Catholique et esthétique du Temple et du Graal. C’est à son frère Adrien, l’un des premiers homéopathes français, que Joséphin Peladan devrait son entrée dans une branche toulousaine de la Rose-Croix L’année suivante, il organise le premier Salon de la Rose-Croix du 10 mars au 10 avril 1892 à la célèbre galerie parisienne Durand-Ruel. C’est un très grand succès. Soixante artistes y participent parmi lesquels nombre de peintres et sculpteurs de talent (Hodler, Khnopff, Delville, Schwabe, Bourdelle etc.) et vingt mille Parisiens dont le Tout-Paris mondain et artistique (Mallarmé, Zola, Verlaine, Gustave Moreau etc.), viennent le visiter, au son du prélude de Parsifal et des Sonneries composées par Erik Satie (en vidéo ci-dessus). Voici, à droite, copie d’une page de « Rose+Croix » organe trimestriel publié par J. Peladan en 1893. Si Péladan utilise un ton souvent polémique ou lyrique, c’est au service de convictions sincères et d’une défense de la grandeur de l’art qu’il estime prostitué sous une troisième République souvent mercantile. Il produit d’innombrables plaquettes de critique d’art, contribuant à faire connaître en France l’œuvre de Léonard de Vinci. En définitive, le contexte de la fin de siècle s’éloignant, Joséphin Péladan renonce à ses outrances et vit dans la vénération de sa seconde femme; Christiane Taylor, En 1908, il reçoit le prix Charles Blanc de l’Académie française. Il meurt en 1918 presque oublié. Curieux personnage, non? Mais j’ai pensé qu’il avait sa place dans notre galerie de portraits.

Allez, le bonjour vous va, merci d’avoir bravé le couvre-feu pour venir jusqu’ici et à bientôt peut-être.

La Commune n’est pas morte…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

Amis de l’analyse concrète et du sirop d’érable réunis, bonjour ! Nous cheminons lentement vers avril et nous voici déjà le Vendredi 27 mars 2020, date qui correspond au 7è jour de germinal et qui est dédié au bouleau. Le bouleau (boulot) n’étant pas trop mon truc et les visites étant rares par ces temps de confinement, j’ai honteusement et clandestinement pompé un billet de Gérard Alle sur son blog. (j’ai même osé rajouter l’illustration.)

Se bouger les fesses pour leur botter le cul

Imaginez… Après un mois, un mois et demi, ou deux mois de confinement, vous retrouvez vos potes… Je vous vois venir… La grosse cuite, la meulochée du siècle, la teuf d’enfer, on se roule des pelles, on danse, c’est la libération, on pleure de joie… OK, OK !

Mais alors, dites-moi… Le lendemain, on retourne au taf comme si de rien n’était ? Le doigt sur la couture du pantalon, on remet en route la machine de la croissance et du profit ? Pour que ces enfoirés continuent de se gaver et que ces incapables continuent de nous gouverner ?
Je sais bien qu’on peut aimer son boulot, son rôle social, ses collègues, ses clients, voire ses patrons ou son député. Mais est-ce que ça ne vaudrait pas le coup d’utiliser toute cette énergie prête à déferler, de lâcher les chevaux en même temps, pour tout changer ?

Commune Paris

Imaginez… Pendant ces deux mois, nous préparons un raz-de-marée, un tsunami. Et quand les mesures de confinement sont levées… Les beaux jours sont là. Nous déferlons par les rues. Nous occupons les places. Nous campons devant les lieux d’exercice du pouvoir.

Le pays a été bloqué pendant plus d’un mois. Nous avons survécu. Etant donnée l’incurie de nos gouvernants, la casse des services publics et du système de santé, c’est un miracle. Les irresponsables au pouvoir disent qu’ils vont mettre la main à la poche. Ça ne suffit pas. On ne peut pas se contenter d’un zeste de charité.

On n’est plus à quelques jours près. Alors, nous continuons à bloquer le pays jusqu’à ce qu’ils dégagent. Président, ministres, préfets…

Alors ?…

Imaginez…
Commune partout !
Comme jadis la Commune de Paris, celle de Marseille, de Lyon ou de Narbonne. Commune partout pour reprendre en main nos destinées !
Comme en 1945, il faut reconstruire. Un nouveau Conseil national de la résistance met sur pied un programme social.
Assemblée constituante. Vote blanc pris en compte. Elus révocables. Représentation par tirage au sort. Pouvoir décentralisé. Revenu universel. Service public conforté…

Et là, je te dis pas la fiesta !

Bon ben voilà, j’aurai certes pas mieux dit. Allez, confinez vous bien et à bientôt peut-être.

La bande à Bonnot…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, HISTOIRE

Amis du charme slave et de la salade niçoise réunis, bonjour! Nous sommes donc le Jeudi 26 mars 2020, sixième jour de germinal dédié à la-bette-150x150la Bette. A ne pas confondre avec le jour de la bête (666). Très utilisées dans la cuisine niçoise, toutes les parties de la plante se consomment : les feuilles hachées entrent dans la composition de la tourte de blettes, des raviolis et du célèbre tian. La partie verte remplace les usages que l’on fait ailleurs des épinards et les côtes s’accommodent de plusieurs manières : à la vapeur avec un filet de citron, frites ou en gratin avec une sauce béchamel, c’est vous qui voyez.

Le 26 mars 1890, naissance de Raymond Callemin dit Raymond la science, à Bruxelles. Anarchiste individualiste et illégaliste, membre de la bande à Bonnot. Fils d’un cordonnier socialiste, il devient ouvrier typographe, milite un temps très bref aux Jeunesses socialistes avant photo police Calleminde rallier, à 16 ans, les anarchistes individualistes puis la communauté d’Emile Chapelier à Stockel-Bois et collabore au journal « Le Révolté » belge. En 1910, insoumis au service militaire, il se réfugie en France où il va retrouver ses amis de jeunesse belge : Jean De Boë, Edouard Carouy et Victor Kibatchiche qui vivent en communauté avec d’autres anarchistes individualistes à Romainville (banlieue de Paris) et éditent le journal « l’anarchie » pour lequel il se charge de la gestion, mais aussi de la typographie avec Valet.

Scientiste et végétarien, Raymond est avide de connaissances et de lectures, il est rapidement surnommé « Raymond la science », par les membres de la bande qui commettent pour vivre diverses actions illégalistes. Mais après l’arrivée du chauffeur-mécanicien Jules Bonnot, les coups de mains vont passer à une vitesse supérieure et Raymond va prendre part au premier braquage en automobile, le 21 décembre 1911, à la Société Générale de la rue Ordela-bande-à-Bner, à Paris, où un garçon de recette sera grièvement blessé. Lors des derniers braquages à Montgeron puis Chantilly, le 25 mars 1912, ils laissent plusieurs morts dans leur sillage. La presse se déchaîne contre les « bandits en auto », et la police les traque. Callemin qui est hébergé chez un camelot anarchiste insoumis est finalement arrêté au matin du 7 avril 1912. Accusé de tous les délits liés aux actions de la bande, il est jugé par la cour d’assises de la Seine et est condamné le 27 février 1913 à la peine capitale, en compagnie d’André Soudy, d’Elie Monier et d’Eugène Dieudonné. Il sera guillotiné le 21 avril 1913, après avoir tenté de disculper Dieudonné.

Allez, vive la sociale et à bas la calotte. Confinez vous bien et à bientôt peut-être.

Littérature potentielle…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis de la Pataphysique et de la raie au beurre noir réunies, bonjour ! père UbuNous sommes le Mercredi 25 mars 2020, 5è jour de germinal que nos amis républicains avaient décidé de dédier à la poule… Allez savoir ce qui se passait dans la tête de Fabre d’Églantine ! En vérité Nous sommes aujourd’hui le Mardi 3 Clinamen 147 la Mandragore, solanée androïde fête suprême quarte et nous sommes toujours confinés. Je vous invite donc à la lecture. Voici un grand poète qui mériterait mieux que les obscurs rayonnages des bibliothèques municipales. Il est né un 25 mars 1931 dans le Vaucluse.

Jacques Bens fut l’un des fondateurs de l’OuLiPo. Dataire au Collège de Pataphysique, gendre de Célestin Freinet (dont j’ai longuement parlé dans ces colonnes), il a travaillé avec Raymond Queneau chez Gallimard réunion-oulipoà l’Encyclopédie de la Pléiade, de 1960 à 1963. Il a été durant les trois premiers siècles de l’OuliPo son « secrétaire provisoire » chargé des comptes-rendus de séances, rassemblés aujourd’hui chez Bourgois. Poète, romancier, et nouvelliste (il a reçu en 1990 le Goncourt de la Nouvelle pour ses Nouvelles désenchantées.) Je vous recommande Cinq châteaux de cartes chez Nathan en 1983, il fut également un éminent cruciverbiste, et collabora avec Perec pour les jeux du journal Télérama. A droite, réunion de l’OuLiPo en 1975 dans les jardins de François Le Lionnais.

Or donc, notre ami Bens a été membre fondateur de l’Oulipopo, Ouvroir oulipode littérature policière potentielle mais aussi, de l’OuCuiPo (ouvroir de cuisine potentielle). On lui doit notamment, la cuisine en jeux paru chez Zulma en 1999, ouvrage dans lequel il organise une visite ludique et gourmande à travers les provinces françaises. Comment concilier des activités d’écrivain, d’oulipien chevronné et de cruciverbiste avec une passion pour l’art culinaire ? En imaginant un petit livre où alternent recettes, grilles de mots croisés, acrostiches et autres anagrammes. De quoi faire patienter vos invités pendant que le kig-ha-farz mijote. Voici un extrait de son œuvre:

Pas facile toujours de réduire au silence
Le phonographe obscur de nos ronronnements :
L’aiguille grince au creux de sombres bégaiements
Quand on croyait réinventer la truculence
Jacques Bens

Allez, merci pour la visite. Par les temps qui courent c’est pas gagné…

Le blues du confiné…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la comedia dell’arte et des farfalle al dente réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 24 mars 2020, quatrième jour de germinal dédié à la tulipe mais, malgré cela, je vous surprends devant votre écrantulipes-à-la-torche-300x199 alors que la nature s’éveille. Narcisses, primevères et jonquilles décorent les talus, le merle moqueur s’égosille et la bière de mars est en bouteille… Le nom tulipe provient du turc tülbend, c’est-à-dire « plante-turban » ce qui, j’en suis convaincu vous fait une belle jambe… Ici à gauche, ce sont des tulipes en Bretagne et plus précisément à la pointe de la Torche.

En Bretagne précisément on fête les Kristell. Cette dernière n’était autre que la cousine de Houarneau (Hervé), fils d’Houarvian et de Riwanon au 6e siècle, aveugle et dompteur de loups, né dans une famille de bardes vers 520 au manoir de Lanrioull, en Plouzévédé eHervé dans la valléet mort à Lanhouarneau (29). A part saint Yves de Tréguier, il n’est pas de saint aussi populaire que lui en Bretagne. Aveugle depuis son jeune âge, guidé par un loup, selon la légende, il mena une vie de pèlerin. Un jour cependant, il se fixa à Plouvien, puis à Lan-Houarneau où il fonda un monastère pour y vivre confiné (déjà !). Hervé est le patron des chanteurs et musiciens bretons. Ici à droite sa statue par Jacques Dumas dans la vallée des saints à Carnoët (22). L’histoire raconte que Kristell soigna son dompteur de loups de cousin dans ses derniers instants et qu’elle mourut aux pieds de sa couche. Quand à notre prénom Kristell, il puise son origine dans le grec Kristos soit Krist en breton, ce prénom couramment attribué de nos jours est l’équivalent des prénoms français Christelle ou Christine.

 

Certains d’entre vous se souviennent peut-être de Annkrist et de son bleu cobalt, artiste d’origine brestoise, qui interprète ci-dessus Prison 101. Ce disque a été enregistré en 1975 je crois, c’est du blues à la mode bretonne. Allez, merci d’être passé malgré le couvre feu, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Conan, premier Dux de Bretagne…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’encyclopédie et du kebab d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 23 Mars 2020, troisième jour de Germinal dans le calendrier républicain, qui était dédié à l’asperge ce qui, bien entendu n’a rien à voir avec ce qui va suivre.

Pour l’heure je voulais dire quelques mots à propos de Darerea (Dalerc’ha en gallois) que l’on trouve encore dans quelques calendriers bretons. C’est intéressant car cette gente dame, légendaire ou pas, est peut-être à l’origine de ce qui allait devenir la Bretagne armoricaine. Elle est dit-on, fille de Calphurnius, petit prince d’ Ecosse et sœur cadette de Patrick qui deviendra saint par la volonté du peuple et de Rome réunis. Fuyant les barbares elle se dirigea en Armorique où elle est accueillie par Conan Meriadec qui s’empresse de l’épouser. Plus tard elle donnera naissance à une flopée de garçons dont le fameux Gradlon.Conan-Meriadec-Maxime C’est en effet de Conan Meriadec que datent les émigrations successives qui justifient le nom de Bretagne. Ce prince, qui jouissait en Grande-Bretagne d’un assez grand crédit, proposa, en 382 ou 383, à Maxime, gouverneur de l’île, de l’appuyer dans sa révolte contre l’empereur Gratien, et il lui fournit 10 000 hommes. Vainqueur et maître de plus de la moitié de l’empire d’Occident, Maxime accorda à son allié la souveraineté de la plus grande partie de l’Armorique, souveraineté que Conan sut faire reconnaître par Valentinien II et Théodose, et qu’il rendit complètement indépendante sous le règne du faible Honorius. Dès lors affluèrent de la Grande-Bretagne et même de l’Irlande en Armorique, non seulement des soldats, des artisans, des cultivateurs, des familles entières, mais encore de saints personnages, évêques, ermites et missionnaires. Le premier « DUX » de Bretagne ne serait donc en fait qu’un sbire Britto-romain installé par l’Empire. De quoi donner de l’urticaire à tous nos nationalistes nationalisant. Amusant, non !

Allez, voilà pour la petite histoire; et pour le reste, confinez vous bien et à bientôt peut-être.

Yellow submarine…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du sous-marin jaune et du petit livre rouge réunis, bonjour! Nous sommes le Samedi 21 mars 2020, premier jour de germinal dédié évidemment à la primevère…

Le 21 mars 1961, un groupe de jeunes donne son premier spectacle au « Cavern Club » de Liverpool. Le Cavern Club est une salle de spectacle beatleslocalisée dans une petite rue du centre de Liverpool, au Royaume-Uni. Il doit son nom au local présent au sous sol de l’établissement, dans lequel de nombreux groupes y ont joué comme The Rolling Stones, Arctic Monkeys, The Who, Pink Floyd, Oasis, Aretha Franklin, John Lee Hooker, The Ting Tings… Que du beau linge, dont certains sont devenus célèbres. Le 21 mars 1961 donc, se produit pour la première fois, un jeune groupe dont on va beaucoup reparler… Les Beatles. Ils s’y produiront plus de 300 fois par la suite jusqu’en 1963.

 

Début juillet, ils deviennent les « Silver Beatles ». En août 1960, ils adoptent définitivement le mot-valise « Beatles », formé à partir de beat (« rythme ») et beetle (« scarabée »), avant d’honorer leur premier contrat dans un club de Hambourg. Le site existe toujours, et une reconstitution du lieu tel qu’il était à l’époque des Beatles est présente dans le musée du groupe, situé sur l’Albert Dock de Liverpool. On peut y voir les signatures des membres du groupe ainsi que des dessins sur le mur du fond, derrière la scène. A leur début, John Lennon, alors adolescent, avait trouvé le nom The Quarrymen qui perdura pendant plusieurs années ou le groupe se produit dans divers salles de concerts de Liverpool… Les futurs « Fab four » vont commencer à utiliser différentes variantes – Beetles, Silver Beetles, Long John & The Silver Beetles ou encore Siver Beats – avant de définitivement tomber d’accord en aout 1960 sur le nom The Beatles! Ce dernier fait référence au groupe The Crickets ainsi qu’au film L’équipée sauvage qui parle d’un gang de scarabée (beetles en anglais). Il fait également référence au rythme beat du Rock’n’roll et aux écrivains et poètes Beat de l’époque, Jack Kerouac, William Burrough ou encore Allan Ginsberg, auxquels le groupe s’identifie.

Et voila pour la petite histoire. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Complètement à l’Ouest…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition celtique et du homard à l’armoricaine réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 20 Mars 2020, trentième et dernier jour de Ventôse dédié au plantoir. Et voici l’équinoxe de printemps (à 4h 49 précisément). La durée du jour sera égale à celle de la nuit. Jour important pour ceux qui ont tendance à perdre le Nord car il permet de situer avec précision les points cardinaux, ce jour-là le soleil se lève plein Est et se couche tout à fait à l’Ouest. (j’en connais d’autres complètement à l’Ouest mais c’est une autre histoire).

Chez les celtes, jour d’importance attaché à Onn (l’ajonc). Ostara appelé aussi Oestara, Jour d’Éostre, Rite d’Éostre, Alban Eilir (nom eostre+-213x300druidique), festival des arbres… L’équinoxe de printemps est un moment fugace, instant qui marque l’équilibre entre le jour et la nuit, un passage où les forces de la lumière augmentent. On perçoit l’influence nordique de cette fête, avec le nom qu’on lui donne généralement : Ostara. En effet, il provient d’Eostre : une Déesse germanique de la fertilité à qui on faisait des offrandes d’œufs peints pour assurer la venue du printemps. Cette porte de l’année était aussi associée à la déesse romaine Aurora, à la déesse Grecque Èos, à la déesse hindou Ushas (toutes dérivées du prototype indo-européen du nom de Hausos).

Chargé de symboles païens, l’équinoxe de printemps est toujours fêté aujourd’hui. Nous mangeons des lapins en chocolat (le lièvre est l’animal sacré d’Éostre en tant que symbole de fertilité), des poules et des œufs. Le mot Easter qui signifie Pâques en anglais vient d’ailleurs du nom de cette Déesse. La symbolique de l’œuf est très chargée. En  ostara_goddess-300x225effet, il détient en lui la genèse du monde, il est une réalité primordiale qui contient en germe la différenciation des êtres. En Égyptien le mot œuf est féminin et « de lui le Dieu jaillira, il organisera le Chaos en donnant naissances aux êtres différenciés (Il est à la fois Fils et Père)». On retrouve ce symbole dans de nombreuses religions et son sens est toujours le même. L’œuf est souvent une représentation de la puissance de la lumière. Ainsi il apparaît comme un des symboles de la rénovation périodique de la nature. Mais attention il n’est pas autant naissance que re-naissance, c’est le retour, la résurrection (d’où la récupération de la fête pour la Pâque chrétienne : mort et résurrection de Jésus.). Les comités des fêtes qui organisent aujourd’hui des « chasses aux œufs », ne se doutent pas qu’ils perpétuent ainsi une très vieille et très ancienne tradition païenne.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.