Quand les migrants venaient du Nord…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis des sciences occultes et des coups de pied du même nom réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 15 février 2020, 27è jour de Pluviôse dédié au noisetier. En ce jour de la saint Claude (Glaoda -Glaudan en breton), nous fêtons Goulven qui a laissé son nom à une charmante petite commune non loin d’ici. Oyez son histoire.

La légende qui l’entoure mérite réflexion. Voici comment Albert Le Grand présente la chose:« Du Temps du Pape Vigilius & de l’Empereur Justinian I, l’an de salut 540, regnant en la Bretagne Armorique le Roy Hoël, dit le Faineant, II du nom, un certain personnage, nommé Glaudan, passa la Mer, migrants&, quittant la grande Bretagne (qu’à present on appelle Angleterre), vint, avec sa femme Gologuenn, aborder la coste de Leon, en la Bretagne Armorique : étans sortis du vaisseau, ils prirent leur chemin le long du rivage, & arriverent en la Paroisse de Ploüider, distant de deux lieuës de la ville de Lesneven, &, voulant passer outre, la nuit les surprit en la greve qui est entre ledit Ploüider & Plou-neour-trez, de façon qu’ils furent contraints de chercher à loger, cette nuit, en un Village situé és paluds de Brengorut, mais le Païsan à qui ils s’adresserent, voyant que c’estoient des étrangers pauvres & necessiteux, les refusa, de sorte qu’ils furent contraints de loger en un lieu, nommé alors Odena, où Gologuenn accoucha dun Fils Goulven.» Vous constatez comme moi que le refus de l’autre, la xénophobie, la peur du migrant, tout cela n’a rien de nouveau et Goulven et sa petite famille en firent les frais comme aujourd’hui Mohamed ou Mamadou.

Bon, je vous fait grâce de la suite car, c’est long, très long, très très long… Le bon père Albert le Grand aurait fait fortune dans l’écriture de Goulvenscénarios pour les séries télévisées. Personnages, suspense, rebondissements, tout y est. Dès qu’un paroissien lui parlait de l’existence d’une source sacrée, d’un menhir ou d’un arbre liés à la très vieille et très ancienne tradition celtique et peut-être même plus ancienne encore; il sortait son petit calepin et inventait illico une histoire de saint garanti grand teint, fervent chrétien et si possible catholique. Voilà pourquoi il y a davantage de saints en Bretagne que de jours dans les calendriers. Néanmoins, si vos pas vous conduisent dans le secteur, prenez le temps de visiter l’anse de Goulven, la baie de Kernic, les dunes de Keremma…

Un millénaire s’est écoulé et, mêmes causes, mêmes effets. L’humanité est indécrottable ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

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