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L’affiche rouge…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la médecine par les plantes et du Viandox réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 22 Février 2020, qui correspond au quatrième jour de Ventôse du calendrier républicain, ordinairement dédié au troène, jolie plante qui égaye nos haies mais qui s’avère mortelle pour les chevaux, il n’y a, parait-il aucun antidote, même pas un remède de cheval.

A l’heure où la haine de l’autre reprend du service (encore un attentat xénophobe en Allemagne) j’en profite pour évoquer quelques étranges étrangers. Ceux du groupe Francs-Tireurs et Partisans de la Main d’œuvre Immigrée (FTP-MOI), fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944. À l’heure où le populisme rencontre un franc succès ici et là; comment ne pas se souvenir de l’action capitale des étrangers dans la Libération de notre pays du joug nazi, sans eux, sans des hommes comme Manouchian et tant d’autres  la résistance aurait connu bien des heures plus cruelles encore.

Missak Manouchian est né dans une famille de paysans Arméniens en Turquie. Enfant, il perd son père, probablement tué par des militaires turcs lors du génocide Arménien.  Missak écrit des poèmes et, avec son ami arménien Semma, il fonde deux revues littéraires, Tchank (l’Effort) et Machagouyt (Culture), où ils publient des articles concernant la littérature Française et Arménienne ; ils tragroupe Manouchianduisent Baudelaire Verlaine et Rimbaud en arménien. À la même époque, Missak et Semma s’inscrivent à la Sorbonne comme auditeurs libres. En1934, Missak adhère au parti communiste. En 1935, il est élu secrétaire du comité de secours pour l’Arménie  qui relève en fait de la MOI (main d’œuvre immigrée). Il devient alors un militant permanent. C’est là qu’il rencontre Mélinée qui deviendra sa compagne. En février 43, Manouchian est versé dans les FTP-MOI, groupe des francs-tireurs et partisans main d’œuvre immigrée de Paris.

Les Renseignements Généraux, après avoir  réussi deux coups de filet en mars et juillet 1943, purent mener à bien une vaste filature qui aboutit au démantèlement complet des FTP-MOI à la mi-novembre avec 68 arrestations dont celles de Manouchian et Joseph Epstein. Missak Manouchian meurt l'affichefusillé à 38 ans. Après avoir refusé qu’on leur bande les yeux, les vingt-deux hommes sont fusillés au Mont-Valérien le 21 février 44. Seule Olga Bancic, vingt-troisième membre du groupe, fut décapitée à la prison de Stuttgard le 10 mai 44. Dans la foulée de ces exécutions, la propagande allemande placarde 15 000 exemplaires de ces fameuses affiches rouges portant en médaillons noirs les visages de dix fusillés. Au centre, la photo de Manouchian, avec cette inscription : « Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés. ». Mais l’affaire de l’Affiche rouge, produit l’effet contraire à celui escompté : pour toute la Résistance, elle devient l’emblème du martyre. Chacun se souvient du magnifique texte d’Aragon mis en musique par Léo Ferré non moins magnifiquement.

Voici ce qu’écrivait Serge Venturini dans un billet consacré au poète lieux-94-ivry-cimetiere-manouchian3-210x300Manoukian sur le très beau site Esprits Nomades: « La tombe de Manouchian est oubliée, elle n’est plus même entretenue. Faut-il y voir un signe des temps où la démocratie recule un peu plus chaque jour, où le racisme même n’est plus combattu et devient ordinaire, temps des égoïsmes, des peurs et des mépris où les régressions sont la marque des enténébreurs ? » Allez, c’est pas gai tout cela, désolé d’avoir fait un peu long. Portez vous bien et à bientôt peut-être.