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Sapeur & sans reproche…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la transversalité et de la saucisse de Strasbourg réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 29 Février 2020 (bissextile), onzième jour de Ventose (sans accent) dédié au Narcisse (autant dire que c’est la fête des blogueurs et autres youtubeurs). C’est aussi le jour de bougie N° 9parution de La Bougie du Sapeur: Son nom a été choisi en hommage au héros de bande dessinée créé par Christophe, le sapeur Camember, personnage né un 29 février, dont on souffle donc les bougies d’anniversaire à cette date. Depuis le quatrième numéro, en 1992, « est sans reproche… » est le slogan de La Bougie du sapeur (jeu de mots entre « sapeur » et « sans peur »). En 2004, en supplément du numéro 7, paraissait le numéro 1 de La Bougie du Sapeur – Dimanche, destiné à ne paraître que les 29 février qui sont aussi des dimanches (soit quasiment1 tous les 28 ans). Le prochain supplément accompagnera donc l’édition du dimanche 29 février 2032. Etonnant, non !

Vers la fin du XIXè siècle, il y avait du côté de La Roche-Derrien, département des Côtes du nord, un certain Narcisse Quellien à qui l’on doit une œuvre considérable en matière de collecte des textes bretons. Poète et ethnographe, il recueillait surtout les chansons populaires. Il est moins célèbre que françois-Marie Luzel dont il fut l’ami, ou De La Villemarqué (Barzaz Breiz) il nous a laissé un livre surprenant sur le la-roche-derrien-quellien-portrait-258x300langage argotique des chiffonniers et couvreurs de La Roche-Derrien et des environs, le « Tunodo »,c’était en 1885. Le pauvre homme perdit la vie à Paris au mois de mars 1902, renversé par une voiture automobile. C’est-y pas pitié ! Le corps du Barde, inhumé provisoirement à Paris, fut ensuite, selon son vœu, transféré à La Roche-Derrien. C’est dans le petit cimetière de sa paroisse natale que, le 8 septembre 1912, on inaugura, sur la tombe du Barde trégorrois, un monument dû à la collaboration de deux artistes bretons, MM. Paul Le Goff et Yves Hernot. Des discours et des poèmes, en breton et en français, furent prononcés ou lus par MM. Charles Le Goffic, Anatole Le Braz, Théodore Botrel, François Jaffrennou, directeur d’Ar Bobl, Léon Durocher, directeur du Fureteur Breton, Yves Berthou, Eugène Le Mouël, Jahan, etc. »  Notre barde avait fait savoir qu’il souhaitait qu’un if fut planté près de sa tombe. Un siècle plus tard, l’if a été arraché, la stèle a été déplacée, sa maison a été détruite, mais…
Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues…

Merci encore de vos fréquentes visites, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Autour du chat noir…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la peinture à l’eau et des sardines à l’huile réunies, bonjour! Nous sommes le Vendredi 28 février 2019, autant dire que c’est la fin du mois ! Quoique, l’année étant bissextile, on hérite d’un jour ceres-6-tete-beche-300x179supplémentaire. Ce jour correspond au 10 de ventôse dédié à la Bêche, ce qui n’est pas une raison pour se prendre la tête (tête-bêche). Pour en revenir à l’expression « tête-bêche », Il s’agit d’un emprunt au vieux français Beschevet terme de charpenterie qui par extension a désigné toutes les positions qui consistaient à mettre la tête de l’un aux pieds de l’autre, comme celle de Jean-Baptiste à ceux de Salomée. Ainsi, bescheveter est devenu tête-bêche. Étonnant, non ! En illustration, le fameux France Cérès 1849, 1f. carmin paire tête-bêche, vendu 130.000 €.

Tiens, petite pensée pour un des derniers grands chansonniers paillettemontmartrois, Paul Ambroise Paillette. Il nait à Paris un 16 Avril en 1844. Ouvrier ciseleur, il fréquente les réunions anarchistes dès 1887 et fait partie de divers groupes parisiens. En 1888, il prend part au mouvement entrepris contre les bureaux de placement et, selon la police, se déclare partisan d’actions violentes contre ces établissements. Paul Paillette devient par la suite chansonnier à Montmartre, auteur de poésies où il exprime ses idées libertaires, appelant de ses vœux une société plus juste comme dans Temps d’anarchie ou Heureux Temps, chanté sur l’air du Temps des cerises. Tiens, cadeau: la version originale de A Montmartre le soir.

Il publie et vend lui-même ses vers sous forme de brochures qu’il réunira ensuite dans l’ouvrage Les Tablettes d’un lézard et anime par ses chansons révolutionnaires de nombreuses fêtes libertaires. Végétarien et partisan de l’amour libre, l’idée lui vient d’organiser en 1891 des déjeuners végétariens dans la salle d’un restaurant parisien qui devient tablettes_palors un lieu de rencontres pour les amour-libristes, sous la devise : « Ton bonheur a son nid dans le bonheur commun. Femme libre, amour libre. » Il collabore durant la Première Guerre mondiale aux journaux d’ E. Armand, Pendant la mêlée puis Par-delà la mêlée (son poème Civilisation est censuré par les autorités). Sans ressources, vivant dans un foyer depuis 1910, plusieurs fêtes sont organisées à son profit, notamment le 9 novembre 1913 par l’Université populaire, ou encore en novembre 1916 avec le concours de Xavier Privas et la participation de Sébastien Faure. Il est alors considéré comme le doyen des chansonniers montmartrois. Sa mort est annoncée dans Le Libertaire du 29 février 1920. Paul Paillette fait partie de ces illustres inconnus qui ont contribué à semer la graine d’ananar chez de nombreux libres penseurs. On lui réserve une place dans notre galerie de portraits.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les indiens sont là…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’analyse concrète et de la bisque de homard réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 27 février 2020 qui correspond au 9ème jour de ventôse et c’est le jour de la Sophie, heu non, de Marsault (jeu de mot Capelo). Le saule marsault (Salix caprea) est une espèce de saule commune en Europe et en Afrique du Nord. On dit aussi qu’elle est excellente pour le miel car elle fleurit très tôt. En vérité, c’est la Ste Honorine et, comme disait mon aïeule: «À la sainte Honorine, bourgeonne l’aubépine.

Le 27 février 1973, l’American Indian Movement (AIM) occupe la réserve indienne de Pine Ridge près de Wounded Knee, afin de protester contre la politique du gouvernement fédéral à l’intérieur de la réserve. Le siège dure 71 jours (tiens, comme la Commune de Paris) avant que les militants ne se rendent le 8 mai. C’est ici que, le 29 décembre 1890, le 7e régiment de cavalerie massacre à environ 200 Indiens sioux, hommes, femmes et enfants, ainsi que leur chef Big Foot. On dit que Colaradasles os et le cœur du chef Sioux Crazy Horse ont été enterrés ici par sa famille après sa mort. Environ 200 amérindiens de la tribu Lakota Miniconjou (dont plusieurs dizaines de femmes et des enfants) ont été tués par l’armée des États-Unis. Le terme « massacre » a été employé par le Général Nelson A. Miles dans une lettre du 13 mars 1917 au commissaire aux affaires indiennes. Cet épisode douloureux de l’histoire Américaine est contée dans un livre exceptionnel que l’on doit à Dee Brown, lui même indien, j’avoue avoir été assez bouleversé à l’époque à la lecture de: Enterre mon cœur à Wounded Knee. Largement fondé sur des documents inédits – archives militaires et gouvernementales, procès-verbaux des traités, récits de première main, ce document exceptionnel, publié chez Albin Michel en 1971, retrace, de 1860 à 1890, les étapes qui ont déterminé « La Conquête de l’Ouest ». De la Longue Marche des Navajos au massacre de Wounded Knee, il se fait ici la chronique de la dépossession des Indiens de leurs terres, leur liberté, au nom de l’expansion américaine.

Si l’Histoire a souvent été écrite du point de vue des vainqueurs, ce récit donne la parole aux vaincus, de Cochise à Crazy Horse, de Sitting Bull à Geronimo, et compose un chant tragique et inoubliable. Publié pour la première fois en 1970 aux États-Unis, traduit dans le monde entier, où il s’est vendu à plus de six millions d’exemplaires, Enterre mon cœur à Wounded Knee est devenu un classique. Vous pouvez également, pendant la lecture de ce court billet, écouter l’histoire chantée par Buffy Sainte-Marie, elle même née dans une réserve CREE au Canada. Bon, voila pour nos « grands » amis de cette « grande » démocratie Etatsunienne qui ont parfois tendance à oublier sur quel terreau s’est construite leur nation. Malheur aux vaincus, disait l’autre et bien, c’est fait. Aujourd’hui les Nations indiennes, alcoolisées, reléguées dans des réserves, assistées par un Etat fédéral qui les autorise à gérer des casinos et des musées, se meurent lentement. Il se passe à peu près la même chose pour les Inuits, un peu plus au nord et pourtant, les espèces protégées s’appellent Panda, Baleine à bosse ou Datura. Décidément, l’homme est un drôle d’animal !

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Fanny de laninon…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la ville rose et du cassoulet réunis, bonjour ! Pourquoi Toulouse, parce que nous sommes le mercredi 26 février 2020, autrement dit le 8è jour de ventôse dédié à la violette. Or Toulouse est la ville de la violette et de ses fameux bonbons. On dit que cette fleur symbolise la timidité, la modestie et la pudeur. Mais une autre violetteinterprétation veut que la Pensée, famille dont fait partie la violette, représente le souvenir. Dans la mythologie, la nymphe Io, bien connue des cruciverbistes, fut aimée de Jupiter. Mais les amours de celui-ci furent une fois de plus contrariées par son épouse Junon, qui se vengea en changeant sa rivale en blanche génisse. Ainsi métamorphosée, Io errait tristement dans les allées du salon de l’agriculture lorsqu’elle vit sortir de terre de petites fleurs qui tournèrent leurs corolles vers elle. Elle reconnut en elles les pensées de ses amis venus la consoler. C’est pas touchant ça, madame Michu…

Tiens, juste un mot à propos de ce grand bonhomme qu’était Pierre Mac-Orlan. De son vrai nom Pierre Dumarchey, il est né à Péronne dans la Somme un 26 février en 1882.  AprOrlan -D-ès une enfance assez délicate, il fait l’école normale d’instituteurs à Rouen puis il s’installe à Paris où il vit chichement au « bateau lavoir » haut lieu de résidence des artistes en tous genres. Il fréquentait assidument le cabaret « le lapin agile » dont il épousa la fille du patron.  Proche de Max Jacob, de Picasso et d’Apollinaire, il voit son roman « quai des brumes » adapté au cinéma par Marcel Carné qui le fait entrer dans la légende. Le fameux « Quai des brumes » doit d’ailleurs son nom à cet établissement qui était surnommé « le quai ».

Journaliste, poète, bourlingueur, il siégea vingt ans à l’académie Goncourt au coté de Dorgelès et Carco. De Montmartre aux ports du nord peuplés de filles à matelots, il était passé maitre dans l’art du pierre-mac-orlanroman d’aventures à l’image d’un Stevenson ou d’un Kipling. Mobilisé pendant la grande guerre, il est blessé en 1916 devant Péronne sa ville natale. On lui doit entre autres, l’ancre de miséricorde, les clients du bon chien jaune, la bandera…Et de nombreuses chansons dont ma préférée « Fanny de Laninon », souvenez vous: « Allons sur le quai Gueydon, devant l’pitit pont, chanter la chanson, le branle bas de la croisière et dans la blanche baleinière…« . Nombre d’entre elles furent interprétées par de grands noms comme Catherine Sauvage, Juliette Gréco, et plus récemment Renaud. Il est décédé à St Cyr sur morin en juin1970.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La peste soit de tous les virus…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis du patrimoine national et du veau Marengo réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 25 février 2020. Ce septième jour de ventôse est celui de l’alaterne. Vous connaissez la chanson, les aristocrates à l’alaterne… Non, je plaisante, il s’agit d’medecin_pesteune plante communément appelée le prunier noir qui produit des baies rouges puis noires et que l’on rencontre communément dans les garrigues. Autant vous dire qu’il n’y en a pas beaucoup par ici… Si j’en crois le calendrier des postes, on fête les Roméo. Henri était un frère convers (qui se consacre aux travaux manuels) du monastère de Limoges. Il a tenté de se rendre en Terre sainte avec le prêtre Avertain (du même monastère). Ils ont tous les deux contracté la peste et sont morts à Lucques, en Toscane. Comme on ignorait son nom, on l’enterra sous celui de Roméo qui signifie « pèlerin de Rome ».

Au XIVè siècle, la peste était le coronavirus de l’époque: épidémie, pandémie, quarantaine, port du masque et surtout, des dizaines de milliers voire de millions de victimes. On estime qu’un tiers de la population européenne y succomba. Rien qu’à Paris on dénombrera entre 50 000 et 80 000 morts. Les croix et colonnes de peste sont des monuments érigés en Europe, du Moyen Âge jusqu’au XVIIIe siècle, par les populations chrétiennes, en ex-voto ou en commémoration d’une Mespaol_(29)_Croas_ar_Vossen_02épidémie de peste. Le fameux calvaire de Plougastel (29) a été édifié de 1602 à 1604 pour accomplir le vœu du seigneur de Kererault et célébrer ainsi la fin de l’épidémie qui avait sévi pendant plusieurs mois dans la localité. En Bretagne, si les croix écotées ne sont pas toutes des croix de peste, certaines de ces croix ont, de façon attestée, été érigées lors d’une épidémie. Dans le Pays de Léon les croix ou calvaires dont les fûts sont écotés portent couramment le nom de Croas Ar Vossen, c’est-à-dire croix de peste en breton léonard. Sur la croix de Plouezoc’h (29) on peut même lire l’inscription : Groas ar Vocen, 1621.

Bon, ben, y’a plus qu’à espérer. Gémissons, gémissons mais espérons comme dit l’autre allez, portez vous bien (si j’ose dire) et à bientôt peut-être.

L’oeuvre au noir…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis du trot attelé et du pendule de Foucault réunis, bonjour ! Nous sommes, qui l’eut cru, le Lundi 24 février 2020, sixième jour de Ventôse asaretdédié à l’Asaret qui est, chacun le sait, une plante herbacée de la famille des Aristolochiacées (rien à voir avec Jésus de l’asaret !). L’Asaret du Canada est une plante désignée vulnérable à la récolte par le gouvernement, il est interdit de la cueillir ou d’en faire le commerce. Sa fleur est petite et de forme particulière. Le rhizome de l’Asaret du Canada a une odeur et une saveur de gingembre c’est pourquoi on l’appelle aussi gingembre sauvage. Voilà, vous savez tout.

Tiens, à propos de gens qui savent tout…

Relisez, si l’occasion vous  est donnée, Jean Pic de la Mirandole. Troisième fils d’une vieille famille comtale, Jean Pic naquit le 24 février 1463 au château de Mirandole. Suite à la mort prématurée de sa mère, il hérita très jeune d’une fortune considérable qui allait lui permettre bienPico1-228x300 des voyages, bien des libertés et bien des extravagances. D’abord inscrit à l’Université de Bologne pour des études en Droit canon (sa mère le destinait à la prêtrise) il renonça bien vite aux diplômes universitaires pour devenir autodidacte. Il séjourna aussi à Ferrare avant de s’établir à Florence. À 23 ans, il publie 900 thèses sous le titre : Conclusions philosophiques, cabalistiques et théologiques, et, grand seigneur, invite tous les érudits à en débattre avec lui à Rome, quitte à ce qu’il leur paie les frais de déplacement ! L’initiative déplaît en haut lieu et le 31 mars 1487, Pic de la Mirandole doit renoncer à plusieurs de ses conclusions, jugées hérétiques par une commission papale.

Il mourut le 17 novembre 1494, alors que le roi de France entrait à Florence. Jean Pic de la Mirandole décéda, assisté en ses derniers instants par Savonarole qui voyait dans la victoire des troupes françaises la réalisation de ses prophéties… Cette mort mystérieuse, emportant en moins de deux semaines un homme dans la force de l’âge, a fait croire à un empoisonnement dont le secrétaire de Pic aurait été l’auteur. Ce personnage, cupide et fort louche au demeurant, aurait savonarole prècheété soudoyé par Pierre de Médicis, qui n’aurait jamais pardonné au protégé de son père d’avoir pris le parti de Savonarole ou, du moins, de s’en être ostensiblement rapproché. Certains voient dans Le discours la quintessence même de la pensée de Pic de la Mirandole et cet extrait a maintes fois été repris; on le retrouve dans L’œuvre au noir de Marguerite Yourcenar. Ce sont les paroles par lesquelles le Créateur, s’adressant au premier homme, lui confère le privilège de la liberté: « Je ne t’ai donné ni visage, ni place qui te soit propre, ni aucun don qui te soit particulier, ô Adam, afin que ton visage, ta place, et tes dons, tu les veuilles, les conquières et les possèdes par toi-même. Nature enferme d’autres espèces en des lois par moi établies. Mais toi, que ne limite aucune borne, par ton propre arbitre, entre les mains duquel je t’ai placé, tu te définisses toi-même. Je t’ai placé au milieu du monde, afin que tu pusses mieux contempler ce que contient le monde. Je ne t’ai fait ni céleste ni terrestre, mortel ou immortel, afin que de toi-même, librement, à la façon d’un bon peintre ou d’un sculpteur habile, tu achèves ta propre forme.» et d’aucun d’y lire l’œuvre du prototype même de l’humaniste du Quattrocento. Savonarole, L’œuvre au noir, Le nom de la rose… Brrrrr !

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

L’affiche rouge…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la médecine par les plantes et du Viandox réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 22 Février 2020, qui correspond au quatrième jour de Ventôse du calendrier républicain, ordinairement dédié au troène, jolie plante qui égaye nos haies mais qui s’avère mortelle pour les chevaux, il n’y a, parait-il aucun antidote, même pas un remède de cheval.

A l’heure où la haine de l’autre reprend du service (encore un attentat xénophobe en Allemagne) j’en profite pour évoquer quelques étranges étrangers. Ceux du groupe Francs-Tireurs et Partisans de la Main d’œuvre Immigrée (FTP-MOI), fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944. À l’heure où le populisme rencontre un franc succès ici et là; comment ne pas se souvenir de l’action capitale des étrangers dans la Libération de notre pays du joug nazi, sans eux, sans des hommes comme Manouchian et tant d’autres  la résistance aurait connu bien des heures plus cruelles encore.

Missak Manouchian est né dans une famille de paysans Arméniens en Turquie. Enfant, il perd son père, probablement tué par des militaires turcs lors du génocide Arménien.  Missak écrit des poèmes et, avec son ami arménien Semma, il fonde deux revues littéraires, Tchank (l’Effort) et Machagouyt (Culture), où ils publient des articles concernant la littérature Française et Arménienne ; ils tragroupe Manouchianduisent Baudelaire Verlaine et Rimbaud en arménien. À la même époque, Missak et Semma s’inscrivent à la Sorbonne comme auditeurs libres. En1934, Missak adhère au parti communiste. En 1935, il est élu secrétaire du comité de secours pour l’Arménie  qui relève en fait de la MOI (main d’œuvre immigrée). Il devient alors un militant permanent. C’est là qu’il rencontre Mélinée qui deviendra sa compagne. En février 43, Manouchian est versé dans les FTP-MOI, groupe des francs-tireurs et partisans main d’œuvre immigrée de Paris.

Les Renseignements Généraux, après avoir  réussi deux coups de filet en mars et juillet 1943, purent mener à bien une vaste filature qui aboutit au démantèlement complet des FTP-MOI à la mi-novembre avec 68 arrestations dont celles de Manouchian et Joseph Epstein. Missak Manouchian meurt l'affichefusillé à 38 ans. Après avoir refusé qu’on leur bande les yeux, les vingt-deux hommes sont fusillés au Mont-Valérien le 21 février 44. Seule Olga Bancic, vingt-troisième membre du groupe, fut décapitée à la prison de Stuttgard le 10 mai 44. Dans la foulée de ces exécutions, la propagande allemande placarde 15 000 exemplaires de ces fameuses affiches rouges portant en médaillons noirs les visages de dix fusillés. Au centre, la photo de Manouchian, avec cette inscription : « Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés. ». Mais l’affaire de l’Affiche rouge, produit l’effet contraire à celui escompté : pour toute la Résistance, elle devient l’emblème du martyre. Chacun se souvient du magnifique texte d’Aragon mis en musique par Léo Ferré non moins magnifiquement.

Voici ce qu’écrivait Serge Venturini dans un billet consacré au poète lieux-94-ivry-cimetiere-manouchian3-210x300Manoukian sur le très beau site Esprits Nomades: « La tombe de Manouchian est oubliée, elle n’est plus même entretenue. Faut-il y voir un signe des temps où la démocratie recule un peu plus chaque jour, où le racisme même n’est plus combattu et devient ordinaire, temps des égoïsmes, des peurs et des mépris où les régressions sont la marque des enténébreurs ? » Allez, c’est pas gai tout cela, désolé d’avoir fait un peu long. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Giroflé, girofla…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la littérature libertaire et du canard à l’orange réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 21 février 2020, troisième jour de Ventôse, dédié au violier, c’est une espèce de giroflée. Cela me rappelle une comptine que nous imposait mon aïeule lors des sorties nature le jeudi après-midi: Giroflé, girofla, on dit qu’elle egiroflést malade. Giroflé, girofla, on dit qu’elle en mourra. Giroflé, girofla… Je crois que c’est sur un air de polka et c’est inspirée de la ronde enfantine traditionnelle du même nom dont j’ai retrouvé trace dans un très ancien numéro de Lecture pour tous. Les paroles en sont beaucoup plus « gnan-gnan » et animaient un jeu d’extérieur pour jeunes filles en fleur. Les paroles modernes sont de Rosa Holt, poétesse allemande anti-nazie, réfugiée en France, et ont été publiées en 1935. La musique est d’un certain Henri Goublier fils, inspirée de la  ronde enfantine du même nom, et créée en 1937 au Caveau de la République. La chanson est bien connue par l’interprétation qu’en a faite Yves Montand, dans les années 50.

https://youtu.be/lWT2iXyABm0

Le Père Peinard…

C’est un 21  Février en 1894 que parait le dernier numéro de la première série du Père Peinard, journal crée par Emile Pouget. Voici un extrait d’un article paru quelques années plus tard dans une seconde série. Ce petit texte qui veut nous expliquer ce qu’est le sabotage nous dévoile aussi avec verve et talent la façon dont on s’exprimait dans le monde ouvrier industriel de la fin du 19ème siècle. Le mot sabotage vient donc de sabot: Celui là même que l’on jetait dans une machine pour la mettre en panne.

« Le sabottage est une riche binaise qui, d’ici peu, fera rire jaune les capitalos. L’idée du sabottage ne restera pas à l’état de rêve bleu : on usera du truc ! Et les exploiteurs comprendront enfin que le métier de patron commence à ne plus être peinardtout rose. Ceci dit, pour les bons bougres qui ne sauraient pas encore de quoi il retourne, que j’explique ce qu’est le sabottage. Le sabottage, c’est le tirage à cul conscient, c’est le ratage d’un boulot, c’est le grain de sable roublardement fourré dans l’engrenage minutieux pour que la machine toussote, c’est le coulage systématique du patron… Tout ça pratiqué en douce, sans faire de magnes, ni d’épates. A supposer, par exemple, un grand bagne dont le patron, tout par un coup, a une lubie accapareuse, soit qu’il ait une nouvelle maîtresse à entretenir, soit qu’il guigne l’achat d’un château… ou autre fantaisie qui nécessite de sa part une augmentation de bénéfices. Donc, voilà le sabottage chouettement défini : à mauvaise paye, mauvais travail! » Avis à Arcelor, PSA, Good year, Petroplus Virgin et consorts. C’est pas ragaillardisant ça ?

 

Bon, c’est pas pour me vanter mais, mercredi soir, on a eu notre tremblement de terre. L’épicentre était dans la rade de Brest à dix kilomètres de profondeur, juste en dessous de la base des sous-marins nucléaires; je dis ça, je dis rien! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Gustave en goguette…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’érotisme biblique et des muffins aux bananes réunis, bonjour! Nous sommes le Jeudi 20 février 2020, deuxième jour de ventôse dédié au Cornouiller, jolie plante qui a laissé sa trace dans la cornouillerculture Occitane. En effet, En Occitanie la floraison et la fructification du Cornouiller Mâle (Cornu Mas) ont constitué une sorte de convention collective avant la lettre. La floraison indiquait la période à partir de laquelle les servantes des fermières n’étaient plus tenues de ravauder, filer ou tricoter après le repas du soir. Inversement la maturité des fruits imposait cette obligation. En langue occitane la prescription se formulait en ces termes: « comma roja, veilla hoja. Quand la comma a florit la veillada a falit ». Dans certaines régions, la plante est désignée par le joyeux vocable de: « couilles de Suisse » allez savoir pourquoi. Amusant, non !

Galerie de portraits.

En voici un qui mérite bien qu’on lui fasse une petite place. Gustave Nadaud, né à Roubaix le 20 févrierNadaud_BNF_Gallica 1820 et mort à Paris 16e le 28 avril 1893, est un goguettier, poète et chansonnier français. Il est à Paris un membre assidu du Caveau et de la célèbre goguette de la Lice chansonnière. C’est dans cette goguette qu’à l’occasion d’un concours se déroulent en 1883 ses retrouvailles avec Eugène Pottier. Gustave Nadaud l’avait croisé en 1848 et Pottier lui avait alors fait une forte impression. Il admire beaucoup le talent poétique de l’auteur de l’Internationale tout en étant très loin de partager ses opinions politiques. Grâce à ces retrouvailles, l’œuvre de Pottier échappera à l’oubli.

Une cinquantaine de ses chansons sont publiées pour la première fois en 1884 par Nadaud qui paye les frais d’édition. Malgré le succès de ses quelque trois cents morceaux, il finit sa vie dans la pauvreté, ayant goguettetoujours refusé les cachets; le 28 avril 1893, peu de jours avant de recevoir la distinction de la rose d’or décernée par les Rosati; une sorte d’Amy Awards de l’époque. Plusieurs des chansons de Gustave Nadaud ont été mises en musique et chantées par Georges Brassens : Carcassonne, où Brassens a réutilisé la musique du Nombril des femmes d’agent. Un de ses textes Si la Garonne elle avait voulu est chanté par Julos Beaucarne.

Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Oh chaman, dis, où es-tu ?

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la phytothérapie et du haddock à la crème réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 19 Février 2020 et, si l’on en croit le calendrier républicain, c’est le 1er jour de ventôse dédié au tussilage. Cette plante qui fait penser un peu au pisLE-TUSSILAGE-EN-FLEURS-300x200senlit est une des plus ancienne utilisée dans la médecine traditionnelle. Elle est particulièrement réputée pour ses propriétés antitussives d’où son nom, tussilage. Les chinois l’utilisaient déjà sous la dynastie des Han pour lutter contre l’asthme. On en parle dans un ouvrage qui s’intitule classique de la matière médicale du laboureur céleste et qui sert encore de référence aux médecins traditionnels asiatiques. Pline l’ancien lui même en recommandait l’usage sous forme d’inhalation pour chasser la toux.

A ce propos, connaissez vous les Koropokkuru (à droite sur la photo) ?  Ce sont des « lutins » de la mythologie Aïnoue, population aborigène vivant au nord du Japon et à l’extrême Est de la Russie. Ces êtres Koropokkuru-300x281mythologiques habitent sous terre et dans les tiges des feuillages du tussilage et des pétasites. De la taille d’un pied d’enfant, ces « lutins » sont à proprement parler des Tkamuys (« esprits » en langue Aïnoue) végétaux. Établis dans les forêts, ils apparaissent au voyageur perdu pour le guider sur sa route à l’instar de nos korrigans à  nous qu’on a… Si l’on en croit Pierre Dubois (grand elfologue devant l’éternel) les nôtres sont des nains cornus hauts d’une à deux coudées, aux pieds de boucs, aux sabots de fer et aux griffes de chat. Mon aïeule m’a raconté qu’autrefois, lorsqu’on avait perdu quelque chose, il suffisait de se rendre à leur résidence au commencement de la nuit, et de dire: ” Poulpican, j’ai perdu tel ou tel objet.” Le lendemain on le retrouvait à sa porte. Etonnant, non !

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.