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A qui profite le crime ?

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’histoire ancienne et de la galette de Pleyben réunies, bonjour inhalation! Nous somme le Lundi 02 décembre 2019, 12è jour de frimaire dédié au Raifort. Mon aïeule, pour qui la pharmacopée n’avait aucun secret, en faisait une mixture qu’elle nous imposait en inhalation en cas de gros rhume. Le nez au dessus d’un bol de cette préparation improbable, un linge par dessus la tête… Je vous assure que ça vous dégageait les canalisations en deux temps trois mouvements.

Chez nous, on célèbre (ou pas) les Tadeg. On peut dire aussi, Tudeg, en tout cas, cela vient du vieux breton « tad » le père… Mon arrière grand-père se faisait appeler Tadig, petit-père. Tudeg a laissé son nom à la commune de Landudec en pays bigouden où il est invoqué contob_b59a7e_2014-07-23-01-043-tudecre la surdité (hein?). Mais l’histoire de ce saint, plus ou moins légendaire, se déroule plus haut en Cornouaille du côté du Faou. En effet, le seigneur du coin le fit assassiner en compagnie de son compagnon Jud alors qu’ils célébraient la messe. Le seigneur du Faou donc, voyant sa cote diminuer dans les sondages, imaginât de mener campagne en stigmatisant ces étranges étrangers qui débarquaient avec leur religion sans oublier le bruit et l’odeur… Il se répandait dans tout le canton en haranguant la foule : avec tous ces immigrés, la délinquance augmente ! A cette allure là, bientôt l’Armorique sera chrétienne. L’Armorique aux gaulois. Halte aux flux migratoires… Bref, autant de slogans qui flattaient les bas instincts de la populace. (C’est pas aujourd’hui qu’on verrait des choses pareilles, madame Michu).

La chronique nous apprend que c’est Jaoua, un autre saint homme, qui fit rendre grâce au puissant seigneur du Faou qui avait massacré Tadec et Jud en le condamnant à ériger une abbaye qu’il devrait financer pour c3a9pc3a9e-jaoua-199x300expier son double crime. D’où l’expression daou laz (double meurtre en breton). Aujourd’hui, l’abbaye de Daoulas est devenue un haut lieu de l’expression culturelle en Bretagne. Mais si l’on en croit les experts de l’expertise, L’abbaye de Daoulas ne fut créée qu’au XIIè siècle soit cinq ou six cent ans après l’existence présumée de Tadeg. Personnellement je pense que Daoulas vient plutôt de Daou glaz que l’on pourrait traduire par deux ruisseaux, comme la « Mignonne » et le « Lézuzan » qui confluent sur cette commune. Jaoua, qu’est-ce que tu fais là ? est-on tenté de murmurer en le rencontrant dans la vallée des saints réalisée par Goulven Jaouen, dans un granit de Louvigné-du-Désert.

Un millénaire s’est écoulé et, mêmes causes, mêmes effets… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.