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C’est le jour du fléau…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, PORTRAIT

Amis de la figure de style et du chou braisé réunis, bonjour ! Nous somme le Lundi 30 Décembre 2019. L’année déjà a fini sa carrière…Vous connaissez la suite. Le 3O décembre est le dixième jour O.L.-Barentonde Nivôse dans notre désormais célèbre calendrier républicain, et, Fabre d’Eglantine avait choisi de dédier ce jour au fléau. Le notre ne devrait pas tarder à nous présenter ses vœux alors, faites comme moi, boycottez, éteignez la télé, allez boire un coup en méditant cette maxime extraite du livre de Auguste Detoeuf: « le capital c’est du travail accumulé. Seulement, comme on ne peut pas tout faire, ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent » (Auguste Detœuf – qui se fit connaître par son recueil d’aphorismes :P ropos de O.L. Barenton, confiseur. Éd. du Tambourinaire, 1962. .

Comment peut-on s’appeler Artie Shaw ?

Je me suis souvent posé cette question. Sauf à avoir des attaches à Saint-Pol-de-Léon, avouez que c’est assez improbable. Sauf encore, à pratiquer l’humour juif de Brooklyn; point commun avec Woody Allen, autre clarinettiste de talent. Né à New York, Arthur Arshawsky y apprend la clarinette et le saxophone et en 1926, il adopte le Artie-D-pseudonyme d’Artie Shaw.En 1929, on le retrouve à New York où il mène une intense activité de musicien de studio. On peut l’entendre un temps dans l’orchestre de Paul Whiteman. De 1934 à 1935, il délaisse la musique et se retire à la campagne pour se consacrer à la littérature (pas terrible d’après les experts). En 1938, il enregistre son premier hit: « Begin the beguine » de Cole Porter. En 1938 il accompagne Billie Holiday, ce qui, à une époque où la tension générée par la ségrégation raciale devient inquiétante, ne va pas sans créer d’incidents. Sa popularité atteint alors son apogée et il devient le principal rival du roi du swing: Benny Goodman. Pourtant Artie Shaw, se retire du monde musical pour s’installer à Mexico.

En 1940, année où il épouse l’actrice Lana Turner, il reconstitue un shaw_AJS2007orchestre qui lui aussi enchaîne les succès. En 1942, il s’engage dans la Marine. Il dirige un orchestre destiné à entretenir le moral des troupes du Pacifique. De retour à la vie civile en 1944, il met sur pied un orchestre, pour une fois exclusivement de jazz. A la fin des années 60, il se retire à Lakeville (Connecticut). Il meurt le 30 décembre de la même année. Artie Shaw apparaissait aussi comme un homme de convictions qui a toujours milité contre la ségrégation raciale aux États-Unis.

Voilà pour ce début de semaine qui ressemble à une fin d’année. En attendant une suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Bethléem: Noel au pied du mur…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la mistoufle et des restos du cœur réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 28 décembre 2019, 8è jour de nivôse que les républicains avaient dédié au fumier, allez savoir pourquoi, justement le jour où l’on célèbre les saints innocents mis à mort par Hérode d’Ascalon…

D’autres innocents mis à mal par leurs voisins sont les palestiniens. A bien des égards, Bethléem est devenue la ville emblématique sous occupation: sa population est confrontée à des violences quotidiennes, sa géographie historique et son paysage sont abîmés par l’expansion rois magesdes colonies illégales, le mur israélien de séparation enfonce profondément ses méandres dans son cœur et la coupe de ses liens ancestraux, politiques, sociaux, économiques et religieux avec Jérusalem et le reste de la Cisjordanie. Pour les Palestiniens qui vivent à Bethléem et dans ses environs, chaque Noël devient moins une raison de se réjouir qu’une raison de réfléchir sur l’immense tragédie qui s’est abattue sur la ville sainte où vit l’une des plus anciennes communautés chrétiennes de la Terre. l’occupation israélienne a radicalement limité la liberté de culte des Palestiniens et leur accès aux églises en Terre sainte. Depuis que le mur d’Israël est terminé dans la partie nord de la cité, Bethléem et Jérusalem sont désormais complètement coupées l’une de l’autre.

Ni le gouvernorat de Bethléem ni la cité n’ont échappé aux conséquences dévastatrices de l’occupation et de la colonisation implacables de la terre palestinienne par Israël. Créant « des réalités sur le terrain » qui rendent une solution à deux États impossible, Israël continue de mettre en œuvre une série de politiques qui combinent les éléments de l’occupation, de la colonisation et de l’apartheid pour, délibérément, étouffer et morceler Bethléem et ses environs. Ceci comprend notamment la confiscation continue de la terre derniere-oeuvre-artiste-britannique-Banksy-petite-creche-Noel-emmuree-exposee-20-decembre-2019-Bethleem-Cisjordanie-occupee_0_729_499palestinienne pour la construction des colonies et du mur israéliens en violation du droit international, de même que l’application forcée de restrictions physiques et administratives à la liberté de mouvements pour les Palestiniens, tant par un réseau toujours plus important de check-points et de barrages routiers que par un régime d’autorisations extrêmement sévère qui limite les lieux où les Palestiniens peuvent vivre, circuler et travailler. L’artiste de rue Bansky en a fait une œuvre exposée dans l’entrée de l’hôtel «Walled-Off»: Une petite crèche disposée devant des pans de mur transpercés par un obus.Vous qui me suivez depuis un moment, vous savez que je n’ai avec toutes ces religions et leurs églises respectives, aucune sorte d’affinités. Mais ce qui se passe à deux heures d’avion de chez nous, sous le regard complice et le silence assourdissant de la communauté internationale me révolte profondément. Celle-là même qui se mobilise et se dit prête à utiliser la force pour ramener dans le droit chemin quelques djihadistes égarés, détourne ostensiblement les yeux dès qu’il s’agit d’Israël.

Allez, c’est assez pour aujourd’hui, à l’allure où ça va, c’est pas demain que les Gazaouis connaîtront la joie et la gaieté. Nedeleg laouenn, bloavez mat ha yec’hed mat d’an holl, bonne année, bonne santé, salut et fraternité, vive la sociale et à bas la calotte…  Portez vous bien et à bientôt peut-être. je me répète mais, comme le dit Lewis Carrol: What I tell you three times is true.

L’humanisphère – L’utopie anarchique…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la procrastination et du trot monté réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 27 décembre 2019 et c’est le 7è jour de nivôse dédié à l’humus.

Le 27 décembre justement, en 1821, naissance de Joseph Déjacque, à Paris. Socialiste anti-autoritaire et véritable premier militant « libertaire » (mot dont il est l’inventeur semble t-il). Orphelin de son père, il est Dejacqueélevé par sa mère, lingère. Entré en 1834 comme apprenti, il devient, en 1839, commis de vente dans un commerce de papiers peints (chui pas sûr pour les accords). En 1841, il s’engage dans la marine, découvre l’Orient mais aussi l’autoritarisme militaire. En 1847, il commence à s’intéresser aux idées socialistes, et collabore au journal « L’Atelier ». L’insurrection parisienne de février 1848 met fin à la monarchie de Louis-Philippe, mais très vite l’alliance des bourgeois républicains et du prolétariat ouvrier vole en éclat. Déjacque publie un poème « Aux ci-devant dynastiques, aux tartuffes du peuple et de la liberté » dans lequel il se fait le porte parole des aspirations ouvrières.

En avril, les premiers affrontements ont lieu entre les forces de la bourgeoisie qui ont proclamé « La République honnête » et les ouvriers socialisants. Le 15 mai, l’Assemblée Constituante est envahie par les ouvriers, mais les principaux responsables socialistes sont arrêtés. Les ouvriers occuperont la moitié de la ville aux cris de « Vive la révolution sociale ». La répression est terrible, l’armée usant de l’artillerie, a-bas-les-chefsmassacre trois mille insurgés. Quinze mille sont arrêtés et déportés sur les pontons de Cherbourg et de Brest. Déjacque est parmi eux, bien qu’il n’ait pas participé directement à l’insurrection. Libéré en 1849, il rejoint Paris et, en août 1851, publie « Les Lazaréennes, fables et poésies sociales » qui lui valent aussitôt une condamnation à 2 ans de prison et 200 fr d’amende. En 1855, il signe le manifeste inaugural de l’A.I.T, puis se fixe à la Nouvelle-Orléans où il écrit « l’Humanisphère, utopie anarchique », et prend la défense des femmes dans une lettre à Proudhon où apparaît pour la première fois un vocable de l’invention de Joseph Déjacque, ‘‘libertaire’’. En 1861, découragé, il rentre en France à la faveur de l’amnistie. Mais, dans la misère, il sombre dans la folie et meurt à Paris en 1864.

Voila pour notre galerie de portraits. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Etienne, Etienne, Etienne !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’anarcho-syndicalisme et des roupettes à queue réunis, bonjour !

Pourquoi est-ce que j’évoque les roupettes à queues… Ah oui, ça me revient. Soyez indulgent, un lendemain de Noël. Donc, le 26 Décemroupettes à queuebre, c’est la saint Etienne; et dans certaines régions, notamment en Bretagne, on dit Saint Etiole… J’y viens, j’y viens… Mon aïeule qui, vous le savez maintenant, était une encyclopédie vivante en matière de dictons, avait l’habitude de répéter: S’il pleut à saint Etiole, il n’est pas de badioles. Or, les badioles se sont ces petites cerises que l’on trouve dans l’Ouest et qui, mélangées à l’eau de vie, donnent les fameuses roupettes à queue. Voila pourquoi vous me surprenez, en ce lendemain de fête, à vous parler de badioles. D’ailleurs, pour les sceptiques, en Gallo, le mot Badiolet désigne une confiture de cerises. Etonnant, non !

A cette époque de l’année, j’ai toujours une (libre) pensée pour Jean Souvenance, de son vrai nom Serge Grégoire. Il était né à Antrain (Ille-et-Vilaine). Employé, puis chef de bureau   à la préfecture, il collabora Souvenancesous son pseudo à de nombreuses   publications anarchistes : Le Semeur, La Voix   libertaire, L’idée libre, L’unique, Ce qu’il faut dire… Militant pacifiste, il fut membre   du Comité directeur de la Ligue internationale des combattants de la paix puis fonda, après la Seconde Guerre mondiale, le Parti pacifiste internationaliste. Auteur de nombreux livres ou brochures, il a coordonné la publication d’une Anthologie des écrivains pacifistes en deux volumes. Au moment de son décès, c’était un 25 décembre, en 1962 à Saint-Brieuc, il était   président de la Fédération de la Libre Pensée des Côtes-du-Nord. Qu’il repose dans la paix qu’il souhaitait si ardemment.

Allez, je m’arrête là pour aujourd’hui. N’hésitez pas à passer faire un tour, c’est ouvert même pendant les vacances. A vrai dire, j’ai deux douzaines de Belon qui attendent sagement dans leur goémon que je veuille bien m’en occuper. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Sans commentaires…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Ragtime for Christmas…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la beauté poétique et du canard à l’orange réunis, bonjour! Nous sommes le Mardi 24 décembre 2019, 4è jour de nivôse dédié au soufre, et on me dit que ce soir c’est la nuit de Noël. Bon, j’ai posé mes boutou-coat (sabots de bois) devant la cheminée, on ne sait jamais… sabots-dans-la-cheminee-1196715089-1149832-300x251Écrire c’est une façon de parler sans être interrompu disait Jules Renard, du coup le blogueur s’en donne à cœur joie. Je voulais profiter de ce 24 décembre donc, pour rendre hommage à un grand, très grand artiste, quasiment oublié malgré tout ce qu’il a apporté à la musique et à l’ancêtre du jazz:le Ragtime. J’ai nommé l’illustrissime Scott Joplin. Et pour commencer, voici un air qui vous est forcément connu, (rappelez vous le film L’arnaque) quand bien même vous ne sauriez identifier son auteur. Imaginez Harold Llyod où encore Charlot et même Groucho Marx, ils ont tous utilisé le ragtime pour illustrer leurs films.

Scott Joplin est né (croit-on) vers 1867 au Texas dans une famille Scott Joplinpauvre issue de l’esclavage. Pauvre mais musicienne, ce qui permis à Scott de révéler très tôt ses talents. L’histoire raconte que Scott enfant, accompagnait sa mère qui faisait le ménage dans les maisons des Blancs et c’est ainsi qu’il découvrit le piano. Il y fera d’ailleurs allusion dans son opéra Treemonisha en 1911. C’est en 1895, qu’il publie sa première œuvre, Please Say You Will, bientôt suivie d’une autre, A Picture of Her Face. L’année 1899 est celle de sa composition la plus célèbre : le Maple Leaf Rag. Cette pièce devient un véritable phénomène dans l’environnement musical américain, et la partition se vendra à au moins un million d’exemplaires dans les années qui suivent. C’est d’ailleurs la première composition dont la partition atteint ces ventes. Cependant, le compositeur touche une part infime sur chaque vente de ses morceaux (un cent par vente). La publication du Maple Leaf Rag fait de Joplin l’une des grandes figmaple leaf ragures de ce nouveau courant musical, et son nom devient bientôt synonyme de ragtime. Après avoir connu le succès et l’oubli, Scott Joplin va mourir en 1917 des suites de la syphilis, il avait 49 ans. Il aura marqué l’histoire de la musique Afro-américaine par son apport considérable. D’ailleurs, en 1976, Joplin reçoit à titre posthume le prix Pulitzer pour sa contribution importante à la musique américaine. Pour terminer ce billet, une anecdote amusante: Le troisième album de Lucky Luke s’appelle « L’homme de Washington »; et bien dans cet album, Lucky Luke rencontre Scott Joplin… Amusant, non !

Allez, joyeux Noël à tous, ne vous freinez pas sur les chocolats, goinfrez vous de foie gras, ne modérez pas votre consommation de bulles, mais, attention au verglas, sortez couverts, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Chet Baker…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, PORTRAIT

Amis du pied-à-coulisse et du trombone du même métal réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 23 décembre 2019, 3è jour de nivôse dédié au Bitume…

Tiens, c’est l’anniversaire de Chet Baker.

Chesney Henry, « Chet » Baker Jr, le jazzman blanc le plus dépressif de l’histoire est né le 23 décembre 1929 à Yale, Oklahoma. A 10 ans, Chet et sa famille déménagèrent vers la Californie du Sud, pendant l’âge d’or Chet Baker-G-du bebop. Pour les 12 ans de Chet, son père lui offrit un trombone . Le garçon trouvant l’instrument trop difficile l’échange pour une trompette. Il en jouera tout le long de sa scolarité. En 1946, il part à l’Armée, mais n’abandonne pas son instrument pour autant, il jouera d’ailleurs avec l’Army Band dans le Berlin conquis. Il passe avec succès une audition pour Charlie Parker et trouve le succès en 1952 au sein du Gerry Mulligan’s pianoless quartet, qui joue régulièrement à Hollywood. Chet s’illustre par la force de son solo sur le morceau « My Funny Valentine » , un morceau qu’il gardera comme fétiche tout au long de sa vie. A gauche superbe photo extraite du film Let’s get lost de Bruce Weber.

Après un séjour en Europe,Il retourne aux Etats-Unis en 1956 et devient accro à l’héroïne et à la cocaïne. Après un concert à San Francisco en 1966, il se fait agresser par des dealers. Sa mâchoire est fracturée et beaucoup de ses dents (très fragilisées par des années de Chet-D-drogue) sont cassées. En 1973 Il recommence aussi à enregistrer, redevient toxicomane et repart en Europe, où il tourne et enregistre de plus en plus régulièrement, principalement à cause de ses besoins d’argent pour acheter sa drogue. Le vendredi 13 mai (pas d’bol) 1988 à Amsterdam, Chet Baker tombe de la fenêtre ouverte de sa chambre d’hôtel. Sa carrière prend fin brutalement, alors que ses qualités musicales sont au plus haut. Une autopsie révèle qu’il n’était ni saoul ni drogué au moment des faits. Son corps sera enterré au Cimetière du Parc d’Inglewood, en Californie.

Allez, je ne suis pas sûr que cela vous redonne le moral mais bon… Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Nivôse, le cénobite s’repose…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la polémique et du waterzoï réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 21 décembre 2019, premier jour de Nivôse si l’on en croit le calendrier républicain, il eNivose-G-st dédié à la tourbe . Nivôse qui nous vient tout droit du latin Nivosus, riche en neige… C’est bien tout ce qu’il reste de riche par les temps qui courent; mis à part quelques spéculateurs véreux qui se repaissent sur le dos des peuples qui, par dépit s’habillent en jaune. Quelques évadés fiscaux qui trouvent que l’herbe est plus verte chez le voisin; quelques patrons du CAC 40 qui continuent de se verser des salaires indécents; quelques prévaricateurs de basse extraction; quelques golden boys endimanchés; quelques concussionnaires avides; quelques traders perfides et quelques gougnafiers sans étiquettes… Merde, ça commence à faire du monde ! Le solstice d’hiver se présentera demain  dimanche 22 décembre 2019 à 05h19; vous êtes prévenu.

La tourbe donc, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a été pendant longtemps la principale production du Yeun Elez, cette zone marécageuse située au cœur des Monts d’Arrée (Finistère) sous le regard vigilant de nos géants de granite: Roc’h Trevezel, Roc’h Trédudon, Menez Kador. La légende situe ici même, au cœur de ces tourbières, les portes de l’Enfer: Le Youdig. Voici ce qu’en dit Anatole Le la-tourbeBraz dans « La légende de la Mort »:  « On dirait, en été, une steppe sans limites, aux nuances aussi changeantes que celles de la mer. On y marche sur un terrain élastique, tressé d’herbes, de bruyères, de jonc. A mesure qu’on avance, le terrain se fait de moins en moins solide sous les pieds : bientôt on enfonce dans l’eau jusqu’à mi-jambes et, lorsqu’on arrive au cœur du Yeun, on se trouve devant une plaque verdâtre, d’un abord dangereux et de mine traîtresse, dont les gens du pays prétendent qu’on n’a jamais pu sonder la profondeur. C’est la porte des ténèbres, le vestibule sinistre de l’inconnu, le trou béant par lequel on précipite les « conjurés ». Cette flaque est appelée le Youdig (la petite bouillie) : parfois son eau se met à bouillir. Malheur à qui s’y pencherait à cet instant : il serait saisi, entraîné, englouti par les puissances invisibles ».

https://youtu.be/0hEmb0csXFs

Depuis trente ans que l’on tente le démantèlement de la centrale de Lankou-210x300Brennilis… Elles sont peut-être là, les puissances invisibles. « Sant Mikêl vraz a oar an tu d’ampich ioual ar bleizi-du » ( Le grand saint Michel sait la manière d’empêcher de hurler les loups noirs ) allusion à la chapelle Saint-Michel de Braspart qui domine le Yeun Elez. Voila ce que l’on répond à ceux qui ont eu le malheur de s’égarer dans le marais et qui disent avoir entendu hurler les chiens de la mort. Mon aïeule nous contait l’histoire des crieurs de nuits (hoper noz) que sont les enfants morts sans baptême et qui doivent rester errer ainsi jusqu’au jugement dernier. Bref, que des trucs vachement rigolo…

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un saint peut en cacher un autre…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la solidarité internationale et du carpaccio parmesan réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 20 Décembre 2019, trentième et dernier jour de frimaire qui était, dans le calendrier républicain, dédié à la pelle. Tant pis pour ceux qui pensaient que le jour de la pelle était le 18 juin. Tandis qu’en Bretagne on célèbre saint Alar. Enfin, c’est pas une obligation non plus, hein !

Nous ne savons pas grand chose de la vie du bonhomme dont le culte était pourtant si répandu en Finistère. (pourquoi en faire un billet alors ? Oui, bon, soyez pas désagréable n220px-StAlar-134x300on plus…) Je poursuis, or donc, il aurait été le troisième évêque de Quimper succédant à Corentin et Connogan. Il a laissé son nom à la très jolie vallée du Stangala près de Quimper ainsi qu’à un petit val qui accueille le magnifique jardin botanique de Brest: le Stang-Alar. Il fut très populaire comme protecteur des chevaux quand bien même le nom laisse supposer qu’il s’agissait à l’origine d’un saint protecteur des alevins et des alevineurs (an alaer signifie « l’alevineur » en breton) . Ce n’est que par la suite qu’il est devenu le saint patron des poulains, et par extension, des chevaux. Mais il fut invoqué aussi pour obtenir de la pluie… Non mais vous imaginez cela… Prier pour qu’il pleuve en Finistère !

On rapporte que le saint homme, poursuivit par des brigands arriva à la pointe du Griffonez qui surplombAloueAloue-1-129x300e l’Odet d’une grande hauteur. Sur le point d’être rejoint, il fit un signe de croix et s’élança dans le vide et, d’un bond prodigieux il atterrit sur l’autre rive en kerfeunteun. Étonnant, non ! Peu à peu Alar s’éclipsa au profit de Éloi pour se confondre avec ce dernier dans la croyance populaire. Rappelons que le bon Saint Éloi, en mission de paix pour le roi Dagobert rencontra le roi breton Judicaël, deux siècles après la mort de Saint Alar; mais bon, on va pas chipoter. Alar, Eloi, Aloue, c’est sous ce dernier nom qu’il est représenté dans la fameuse vallée des saints grâce au burin de Olivier lévêque (ça ne s’invente pas !)

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Votre argent m’intéresse…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis du crétacé supérieur et de la lutte des glaces réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 19 décembre 2019, 29è jour de frimaire dédié à l’olive et c’est la saint Urbain.

Les plus âgés s’en souviennent peut-être. Au début des années 70, la BNP lançait une campagne publicitaire pour le moins iconoclaste: « pour parler franchement, votre argent m’intéresse.» Aujourd’hui, d’autres requins de la phynance glisseraient bien leurs petits petons dans nos bas de laine… Depuis plusieurs jours, des médias curieux, des responsables politiques envieux (de droite comme de gauche) et des internautes sourcilleux, soulignent une proximité entre Emmanuel Macron et BlackRock, plus gros gestionnaire d’actifs au monde, qui rêve votre argent m'intéressede voir instaurer en France un système de retraite par capitalisation. Il semblerait en effet que peu après la prise de ses fonctions, Macron a invité Larry Fink, le Pdg du fonds spéculatif américain BlackRock. Officiellement il s’agissait de parler «climat» la réunion a eu lieu le 10 juillet 2019 en présence des plus grands fonds souverains de la planète, BlackRock, Goldman Sachs, BNP Paribas, HSBC, Natixis, Amundi, State Street et Northern Trust. Et aussitôt, les mauvaises langues d’imaginer que Emmanuel Macron veuille favoriser les privatisations en France. Il est vrai qu’à cet effet, le Président de la République a crée une commission dont l’un des membres n’est autre que le patron de BlackRock France, Jean-François Cirelli. Cet ancien conseiller du président Chirac ne cesse de réclamer un recours accru aux fonds spéculatifs pour l’assurance vieillesse. BlackRock, c’est le mastodonte des fonds de pensions américains, près de 7 000 milliards de dollars d’actifs, soit plus de deux fois le PIB de la France. Voilà ce qu’est BlackRock.

Sauf que BlackRock n’est pas n’importe quel mastodonte. En effet, il s’agit ni plus ni moins que l’une des principales, si ce n’est la plus importante, entreprises de fond de pension américain, qui lorgne de longue date sur le pécule que représente le marché français. BlackRock possède aujourd’hui des participations significatives BlackRockdans 18 des 40 sociétés du CAC40, l’indice des valeurs phares de la Bourse de Paris comme AXA, Sanofi, Safran, la Société Générale, BNP Paribas, Schneider Electric, Michelin, Vivendi, Accor Hotels ou Lafarge Holcim. Il ne s’agit pas d’un groupe de death metal mais du plus gros gestionnaire d’actifs mondial, une firme new-yorkaise qui investit à tout va et à long terme pour pouvoir faire fructifier au mieux l’épargne des retraités américains. Une nouvelle qui ne manque pas d’embarrasser le gouvernement, qui tente par tous les moyens de rassurer l’opinion publique au sujet de la réforme des retraites, balayant tout argument allant dans le sens qu’il s’agirait d’une réforme ouvrant la porte à des complémentaires retraites par capitalisation… Entre l’affaire Delevoye et cette rencontre Macron/BlackRock, cette ligne de défense vient de prendre deux uppercuts consécutifs, et permet aux complotistes de tous poils d’y déceler les réels desseins du gouvernement.

Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.