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St Aubin du cormier, début de la fin…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la peinture à l’eau et de la sardine à l’huile réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 19 novembre 2019, 29è jour de brumaire dédié au cormier. Il s’agit d’un bel arbre reconnu pour la dureté de son bois. Il a longtemps été le plus prisé pour la confection des fûts d’outils de cormiercorroyage (rabots, riflards, varlopes, guillaumes…), le pommier massif ou en semelle rapportée étant moins apprécié. Il fut aussi utilisé pour réaliser des outils de traçage, règles, trusquins, et de toise. Dans les moulins, les dents rapportées sur couronne en fonte de l’engrenage multiplicateur étaient faites en cormier. Les fruits, cormes ou sorbes, comestibles après blettissement (comme la nèfle), servaient aussi à préparer une boisson faiblement alcoolisée (piquette de cormes). Ils existent quelques spécimens remarquables de cormier qui peuvent être plusieurs fois centenaire comme celui-ci dans le parc du château du Martreil non loin de Chemillé dans le Maine et loire.

C’est à Saint-Aubin-du-cormier (35) que se déroula la fameuse bataille qui opposa les troupes du roi de France à celles du Duc de Bretagne; nous sommes en 1488. Vous connaissez la suite: François II dut 1024px-Saint-Aubin-Du-Cormier-300x239accepter le traité du Verger, signé le 19 août 1488. Le duc s’engageait à éloigner du duché les princes et tous les étrangers qui s’étaient impliqués dans la guerre contre le roi de France ; il ne marierait pas ses filles sans consulter celui-ci ; Saint-Malo, Fougères, Dinan et Saint-Aubin seraient remises en garantie au roi dont les droits sur la succession ducale seraient réservés pour le cas où le duc décèderait sans enfant mâle.

Les mariages d’Anne de Bretagne avec Charles VIII, puis avec Louis XII résultent de ce traité. La bataille de Saint-Aubin-du-Cormier met un coup d’arrêt à la révolte des princes : Louis d’Orléans, futur Louis XII, et le prince d’Orange sont 220px-Rennes_Cesson_042a-203x300capturés. Alain d’Albret et le sire des Rieux réussirent à s’échapper et jouèrent par la suite un rôle important dans le conflit qui aura lieu en Bretagne. En effet, malgré cette victoire, et le traité du Verger, dès la fin 1488, la guerre reprend pour encore trois ans, jusqu’à ce qu’en décembre 1491, Charles VIII épouse Anne de Bretagne et signe ainsi le début de la fin pour un éventuel État breton.  Comme l’écrit Léon Le Meur, « La bataille de Saint-Aubin sonna le glas de l’indépendance bretonne ». Des nationalistes bretons, tel Célestin Lainé (né à Nantes  mais élevé à Ploudalmézeau, créateur du bezenn Perrot et collabo notoire durant la seconde guerre. C’est lui qui fit sauter le fameux monument de l’Union de la Bretagne à la France, sur la place de la mairie de Rennes en 1932. ), ont fait disperser leurs cendres sur le lieu de la bataille.

Voilà pourquoi votre sœur est muette allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La fenêtre d’Overton…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la bio-diversité et de la perdrix aux lentilles réunies, bonjour ! Nous voici le Lundi 18 novembre 2019, c’est à dire le 28 de brumaire et c’est le jour du coingmarmelada-300x225. J’ai découvert cet été qu’au milieu du jardin, dans un embrouillamini buissonneux, se cachait un cognassier qui ne demandait qu’à s’épanouir. Après une bonne taille, il conviendra d’en surveiller la croissance… du « coing » de l’œil. Je me souviens en avoir dégusté au Portugal, en accompagnement du fameux Leitao, le cochon de lait et où il porte le joli nom de Marmelo qui a donné en français marmelade qui signifiait à l’origine confiture de coings.

Fichtre, voila t-y pas que le goût du jour est au débat ou plutôt à la polémique. Les chaines d’info se tirent la bourre; c’est à qui en fera le plus. Il faut que ça buzz ! Je suis tombé par hasard sur deux vieux schnocks particulièrement séniles, Finkielkraut et Kiejman dont les propos outranciers ne méritent même pas d’être repris ici. Voila qui apporte de l’eau au moulin des tenants du concept connu sous l’appellation; fenêtre d’Overton.  La Fenêtre d’Overton est une théorie fenetre-d-overton-350politique qui décrit avec une exactitude qui fait frémir comment l’on peut changer la perception de l’opinion publique pour que des idées qui auparavant étaient considérées comme insensées soient acceptées au fil du temps. Il s’agit d’une allégorie qui désigne l’ensemble des idées, opinions ou pratiques considérées comme acceptables dans l’opinion publique d’une société. La manipulation (supposée) consiste à transformer une idée, hier encore inacceptable, en quelque chose de «normal». Joseph Overton décrit comment des idées totalement inadmissibles pour la société peuvent être extraites de la benne à ordures du dédain public, blanchies, et enfin consolidées dans l’ordre législatif. Ainsi, la radicalisation des propos de Zemmour, Julie Graziani, Soral et consorts font passer les discours de Marine Le Pen comme d’aimables bluettes que l’on peut afficher dans les diners en ville sans crainte d’être ostraciser.

Dans l’esprit du professeur Overton, il existe donc  une fenêtre de possibilités. Dans les limites de cette « fenêtre » une question donnée peut être largement discutée, soutenue ouvertement, faire objet de propagande, ou se trouver en voie de légalisation. La fenêtre se déplace, modifiant ainsi l’éventail de ce qui est ou non possible, du stade de « l’impensable », c’est-à-dire totalement inacceptable pour la overton techniquemorale publique, au stade de « l’actualité politique », c’est-à-dire déjà largement débattu, accepté par les masses et ayant force de loi. Aujourd’hui, la fenêtre d’Overton s’élargit autour du concept identitaire (vous savez: les racines chrétiennes de la France blanche…) Ainsi, quand un de ces échotiers semble dépasser la mesure du politiquement correct, Clément Viktorovitch, l’excellent prof de rhétorique (et à sciences po aussi)  ne parle pas de dérapage mais de stratégie politique. L’objectif  est d’ouvrir la fenêtre pour que les idées de l’extrême droite soient acceptées par un plus grand nombre. Voila pourquoi, demain, au café du commerce, vous pourrez afficher votre haine du bougnoul islamisant sans susciter la moindre remarque.

Allez, que la force soit avec vous, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un temps de chien…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la mécanique quantique  et du caramel au beurre salé réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 16 produit-pistache-californie-300x222novembre 2019, 26è jour de brumaire dédié à la pistache. Notons au passage que ce fruit, riche en nutriments mais pauvre en calories n’offre que des avantages. Il contient des bons acides qui permettent de réduire le mauvais cholestérol; ses antioxydants font merveille contre le stress, et j’en connais qui vont en avoir besoin…

Désormais, j’en suis convaincu (le premier qui dit: « poil au c.. »  est privé de blog pendant une semaine) il existe juste au dessus de mon ermitage un micro-climat qui nous permet, aux lapins, pigeons, piverts, et à moi même, Tom Waits-2-d’échapper au réchauffement généralisé de la planète. Enfin, quand je dis aux lapins, je devrai dire aux taupes car, les premiers ont quasiment disparu au bénéfice des secondes. Il pleut, il vente, il fait froid, bref, un temps à ne pas mettre un chien dehors. Drôle d’expression que celle-ci ! Pourquoi le chien n’aimerait-il pas aboyer sous la pluie ? Il y a quelques années est paru un livre qui retraçait le parcours de Tom WAITS, vous savez l’homme à la voix éraillée comme un bourbon frelaté de la Pennsylvanie profonde, mais comment la Pennsylvanie pourrait-elle ne pas être profonde ?

https://youtu.be/KV2pfthVGsA

Et bien cet essai s’intitulait: « Complainte d’un chien sous la pluie » c’est aux éd. du Camion blanc, des gens qui font dans le rock. M’étonnerait pas qu’ils soient Belges. Le Belge est beaucoup plus iconoclaste qu’on ne le suppose généralement. Pour avoir donné vie à Hergé et à J.C. Van Damme tout en inventant la Gueuse et la Jenlain, il faut faire preuve d’une admirable et incommensurable capacité d’imagination.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Aaron & Malo sont dans un bateau…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la propédeutique et du calamar à l’armoricaine réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 15 novembre 2019, 25è jour de brumaire dédié au faisan. Ce matin au réveil, Ô miracle, apothéose divine, on croit rêver, il ne pleut pas sur Brest…Naaaan, j’déconne, en vérité, ça jette l’eau comme disent les nantais. On a même battu largement le record historique du déluge biblique; cela fait cinquante jours qu’il pleut sans discontinuer.

Par chez nous, c’est le jour où on célèbre Malo.Dans les années 480, un 29 mars, aux environs de trois heure vingt, naissance de celui qui allait devenir Saint Malo ou Saint Maclou si vous préférez mais ça fait un peu moquette. C’est l’un des sept saints foMalo -2-ndateurs de la Bretagne. Vous vous souvenez, c’était le trophée Jules Verne de l’époque. Les skippers étaient tous des saints, Ils arrivaient d’Irlande ou du pays de Galles sur leur multicoque en granite de Landéda pour évangéliser les armoricains, ces maudits Celtes qui continuaient à vénérer le grand Cornu au fond de forêts mystérieuses et à confectionner des drôles de mixtures à peine légales dans des chaudrons d’occasion…

Malo lui, il a débarqué à Cézembre. Vous connaissez Cézembre ? Une petite ile en face de Saint Servan, c’est la seule plage de la côte nord exposée au sud. Ah, les pique-niques à Cézembre avec… Oui bon, c’est une autre histoire! Il grandit puis il devint grand, travailleur et intelligent, il fait le petit séminaire et il devient l’évêque d’Aleth. Plus tard, beaucoup plus tard, pour améliorer les recettes de la paroisse et face à la baisse inquiétante du denier du culte, il donnera son nom à une marque de yaourt ; il venait d’inventer le sponsoring. Avec son Cézembrecopain Aaron (petit patapon…), plus cénobites qu’anachorètes, ils partagent une vie érémitique du coté de la cité d’Aleth. C’est à dire qu’ils vivaient du RSA que leur versait les paroissiens sous forme de dons en nature. Mais le gouvernement libéral de l’époque décida de mettre un terme au scandale de l’assistanat et nos saints s’inscrirent au resto du cœur pour essayer de multiplier les pains… Il serait décédé pieusement un 15 novembre vers 620 à moins que ce ne soit 640; on ne sait pas exactement mais, il est mort depuis longtemps. Aujourd’hui sa statue a rejoint  l’armée des saints de Bretagne dans la vallée éponyme de Carnoët. Avouez qu’il y a fort longtemps que je n’en avais pas parlé…

Voila pour aujourd’hui (je fais court), portez vous bien et à bientôt peut-être.

Kemper-Gwhezennec, deux minutes d’arrêt…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’anastrophe* et du Picon-bière réunis, bonjour ! *exemple : »D’amour vos beaux yeux, Marquise, mourir me font. » Nous sommes le Jeudi 14 novembre 2019, 24è jour de Brumaire dédié à l’orange.

Tiens, par chez nous aujourd’hui, on célèbre (ou pas) les Gwézhenec. le nom dérive du vieux breton uuethen, guethen, « combat », et admet pour acception « combattant ». En Cornwall, il est honoré sous la forme goas-vilinic-300x204Gwethenoc. Il a laissé son nom à la charmante commune de Kemper-Guézennec (22) où j’ai résidé durant quelques années et qui offrait aux navigateurs du coin l’abri de Goas Vilinic (ici en photo). La paroisse fut fondée par le moine Gwezennec nous dit la légende (ça va faire plaisir à Anne-Marie, fidèle parmi les fidèles qui trouve que ces jours ci, ça manque de saints…). Elle (la paroisse) aurait été cédée par l’abbé de Beauport à l’évêque et au chapitre de Tréguier en juin 1202. Kemper-Gwezhenneg en breton. Kemper signifie confluent; ici c’est la rencontre du Leff et du Trieux.

Un seigneur du nom de Guehenoc de Kemper est mentionné en 1235 dans une enquête concernant les droits de Henri d’Avaugour. Il existe une châtellerie de Quemper Gueheneuc et Pontreu dès 1405 (lettres de Jean V, n° 33). Quemper Gueheneuc est cité comme paroisse en 1426. Devenue Quemper-Guézennec , elle a, sous l’Ancien Régime, pourLOCO-300x200 succursales : Saint-Clet et Notre-Dame des Fontaines. Or donc, notre saint homme était fils du fameux Fragan, déjà évoqué ici et de Gwen sa maman; ce qui en fait ipso-facto le frère de Gwénolé et de saint Jacut qui, comme vous le savez, vous qui suivez régulièrement les chroniques du cénobite, devinrent tous deux disciples de Saint Budoc qui les emmena en Bretagne armoricaine lors de l’exode des chrétiens (Vè s.). Kemper-Guézennec est donc traversé par le Trieux, magnifique rivière à truites, mais aussi par la ligne de chemin de fer qui relie Pontrieux à Paimpol et qui voit tous les étés rugir et fumer une vieille loco vapeur en passant devant la «maison Seznec» mais ça, c’est une autre histoire….

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Comment peut-on être breton ?

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la vérité historique et de la moussaka réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 13 novembre 2019, 23è jour de brumaire dédié à la garance; plante aujourd’hui tombée en désuétude qui servait essentiellement à produire de la teinture pourpre. A tel point qu’on la Garancenommait « rouge des teinturiers ».  les racines et les tiges souterraines contiennent de l’alizarine, qui a la propriété de donner aux tissus une belle couleur rouge. Les uniformes de l’armée française l’employaient abondamment avant la première guerre mondiale. « Le tristement célèbre pantalon rouge garance faisait des soldats des cibles parfaites pour l’ennemi». Cette teinture naturelle a été remplacée par des colorants synthétiques. La culture de la garance, très ancienne (elle est attestée depuis plus de 3000 ans en Inde) n’est plus qu’un souvenir. Il paraît qu’au milieu du XIXè on comptait cinquante moulins à garance dans le Vaucluse.

Par ici, on fête les Brice, éponyme de St-Brice-en-Coglès, du latin Brictius et/ou du Breton Brizh, successeur et disciple de Saint Martin évêque de Tours en 397, mort en 444. Des jaloux dirigèrent contordali10re lui des calomnies qui trompèrent le bon peuple de Tours; il fut chassé de son siège, obligé de se retirer à Rome : accusé d’avoir eu un enfant avec une religieuse, non mais, vous imaginez ça, madame Michu? Il dut subir l’Ordalie en marchant sur des charbons ardents. Il réussit l’épreuve sans brûlures et put ainsi se disculper et fut rappelé quelques années plus tard.

Le 13 novembre 1002, le roi anglo-saxon Ethelred II (dit le malavisé) massacre en grand nombre des Danois qui s’étaient établis sur ses terres. Parmi ses victimes figurent la sœur et le beau-frère du roi de Danemark, Sven à la Barbe fourchue (grossière erreur). Ce dernier est un redoutable chef viking qui, en réplique au « massacre de la Saint-220px-Sweyn_ForkbeardBrice », entreprend derechef de conquérir l’Angleterre, autrement dit le pays des Anglo-Saxons. En effet, l’Angleterre doit son nom aux envahisseurs germaniques qui avaient pris la place des Romains. Venus de l’Allemagne actuelle, les Angles et leurs cousins Saxons débarquent sur l’île de Bretagne au Ve siècle après Jésus-Christ. Ils chassent peu à peu des plaines les premiers habitants, des Celtes dénommés Bretons. Les Bretons se réfugient dans les montagnes d’Écosse, du pays de Galles ou de Cornouaille. Quelques-uns traversent la Manche et s’établissent à la pointe de la Gaule, en des lieux austères, désertés par les Gallo-Romains, qui prennent le nom de « petite Bretagne ».

Et voila pourquoi, votre serviteur se gave de galettes saucisses en buvant du cidre de kermao et en dansant la gavotte. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Pissarro ci, Pissarro là…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des postes et télécommunications et du Paris-Brest réunis, bonjour ! Ce Mardi 12 novembre 2019, 22è jour du mois de Brumaire, azeroleest dédié à l’azérole… Ah, vous ne connaissez pas l’azérolier ? C’est pourtant un joli petit arbre fruitier du même genre que l’aubépine que l’on trouve dans le bassin méditerranéen. Dans le sud de la France, ils appellent cela la pomette. On dit qu’en décoction c’est excellent pour lutter contre l’hypertension artérielle, personnellement je préfère le Lagavulin mais vous savez ce que l’on dit: les coûts et les douleurs hein, madame Michu….

Et puis tiens, histoire de faire un point sur le pointillisme ce qui, reconnaissez le, n’a strictement rien à voir, une pensée pour un grand peintre dont les amitiés anarchistes sont trop peu connues et qui est mort à Paris en novembre 1903. Or donc, le 10 juillet 1830, naissanc220px-Camille_Pissarro_039e de Camille Pissarro; peintre de talent de l’école impressionniste et anarchiste de convictions. Son enfance se passe dans les Antilles. En 1855, il est à Paris pour suivre les cours des Beaux-Arts. Passionné par le dessin et la peinture, il devient l’ami de Monet, Renoir et Cézanne. En 1863, il expose au « Salon des Refusés ». Durant la guerre de 1870, il se réfugie en Angleterre, mais il est contraint d’abandonner de nombreuses toiles qui seront détruites par la soldatesque. De retour en France, il participe dès 1874 aux premières expositions des impressionnistes (qui ne rencontrent qu’incompréhensions).

Aujourd’hui, la moindre expo et c’est trois d’heures d’attente à partir d’ici… En 1884, une exposition de ses toiles aux U.S.A, est couronnée de succès. Il se lie avec Signac et Seurat, découvre les idées anarchistes (comme bon nombre de néo-impressionnistes) et fait la file-dattente-300x225connaissance de Pouget et de Grave, à qui il apporte un soutien financier, aidant également les familles d’anarchistes emprisonnés ou des compagnons italiens en exil. Mais après l’assassinat de Sadi Carnot par Caserio, il est recherché par la police. Il se réfugie en Belgique, et y rencontre Elisée Reclus. De retour en France, il participe à la parution des « temps nouveaux », et s’engage contre l’antisémitisme lors de « l’affaire Dreyfus ». Il est vrai que Pissarro descend d’une famille originaire de Bragance au Portugal, près de la frontière espagnole. Ses ancêtres sont des marranes, c’est-à-dire des juifs sépharades contraints de se convertir au catholicisme, quatre siècles plus tôt. Quant à lui, Camille Pissarro, bien que baptisé, il se déclare Proudhonnien et athée libre-penseur.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Gavotte & grenade…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la liberté de conscience et du gin tonic réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 09 novembre 2019 qui grenadecorrespond au 19è jour de brumaire que nos amis républicains, toujours à l’affut d’une plaisanterie, avaient dédié à la grenade (le fruit bien entendu). En Bretagne on s’apprête à célébrer les Mathurin ( Matilin en breton) tel Matilin an dall,  « Prince des joueurs de hautbois de la Bretagne » selon Hersart de La Villemarqué, le célèbre auteur du Barzaz-Breiz.

Or donc, Matilin an Dall (Mathurin l’aveugle en français), Mathurin François Furic à l’état-civil est un sonneur de bombarde, né place Saint-Michel, à Quimperlé le 29 matilin-198x300janvier 1789 et mort en cette même ville le 14 septembre 1859. Sonneur d’exception, il a connu un destin hors du commun, jusqu’à entrer dans la légende. Matilin était célèbre pour ses fameuses gavottes de l’Aven qui se caractérise par un pas « glissé » au contraire de nos gavottes du Centre Bretagne au pas « sauté ». Voyez cette vidéo: On dit qu’en 1847, le roi Louis-Philippe le fait venir aux Tuileries pour l’entendre jouer. En 1858, Napoléon III vient en Bretagne, et un grand bal est donné en son honneur à Quimper, animé, entre autres, par quatre couples de sonneurs, dont le vieux Matilin. Hélas Matilin décèdera quelques mois plus tard, en janvier 1859 dans l’incendie de sa maison.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A en perdre la tête…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis des contes et légendes et du lait ribot réunis, bonjour! Nous sommes le Vendredi 08 novembre 2019, 18è jour de brumaire dédié à la dentelaire… J’en ferai bien une décoction car elle est censée soigner les douleurs articulaires.

C‘est aujourd’hui la Saint Tremeur; encore un drôle de paroissien que la ferveur populaire a fait saint… Ernest du Laurens de la Barre lui a consacré un conte, Tremeur l’homme sans tête, que l’on retrouve dans un de ses écrits publié en 1879 Les fantômes Bretons et qui débute comme ceci : » Il y avait autrefois, du côté de Plouguer, là-bas, sur le bord de l’Aulne, au-dessous de Carhaix, un village habité par des païens qui adoraient des dieux, Tremeur-300x200des demi-dieux, des déesses, des diablesses, et un tas de vilaines choses. J’ai entendu dire par des savants que leurs chefs s’appelaient Druides. C’étaient des magiciens ou sorciers qui, pour savoir l’avenir, coupaient du gui sur les chênes avec des faucilles d’or. » Avec Souvestre, Sébillot et Luzel, laurens de la Barre fut l’un des précurseurs de la collecte de la matière bretonne. Les contes et légendes qu’il rassembla, notamment dans les monts d’Arrée, eurent autant de succès que ceux d’Anatole le Braz quelques décennies plus tard. La plupart de ces auteurs, à l’instar de De la Villemarqué,et son Barzaz-Breiz, vont contribuer à ancrer dans l’esprit du petit peuple, l’image d’une Bretagne soumise, chrétienne et réactionnaire. Déguignet, auteur des mémoires d’un paysan bas-breton, dont je vous ai parlé ici, les traitera de « monarchisto-nationalisto-cléricafards bretons » et ajoutera: « Les conteurs se sont moqué des savants… pour un verre d’eau-de-vie, conteurs et conteuses inventaient des légendes issues de leur seule imagination ».

C‘est ainsi que tous ces personnages de contes, hableur, buveur, batailleur, coureur de jupon se sont retrouvé saints par la vertu de nos folkloristes des 18è et 19è siècle tout comme nos menhirs se sont menhirretrouvé coiffés d’une croix et nos sources sacrées ceintes d’une fontaine dédiée…L’une des manifestations les plus spectaculaires de ces traces d’évangélisation est le menhir de Saint-Uzec, en Pleumeur-bodou (22). Ici à gauche. Ce mégalithe d’environ soixante tonnes dont l’origine remonterait à 2500 ans avant Jésus Christ, fut christianisé au XVIIè siècle lors d’une Mission du Père Maunoir, jésuite qui mena près de quatre cent missions d’évangélisation en Bretagne. Ah oui, Tremeur. Il serait le fils de Trifin et de Conomor, le Barbe bleue breton. Bon c’est vrai, Conomor c’était pas vraiment un marrant, il assassina toutes les femmes portant un enfant de lui car on lui avait prédit qu’il mourrait assassiné par son fils.Lorsque Trifin donna naissance à Tréveur, Conomor rechercha l’enfant et lui fit couper la tête. Tréveur aurait pris sa tête entre ses mains et ses jambes à son cou et l’aurait porté sur le tombeau de sa mère. Il a, depuis, bien entendu trouver sa place dans la vallée des saints de Carnoët (la photo est de Bruno le Lay que vous pouvez retrouver sur son blog). Quand à la maman, elle a laissé son nom à la charmante commune de Sainte-Tréphine, commune proche de St Nicolas-du-Pelem (22). Etonnant, non !

Allez savoir pourquoi, ce matin je me suis éveillé avec une envie irrépressible d’écouter Jacques Bertin. Je vous fais partager cet indicible plaisir de la poésie portée par cette magnifique voix.

Merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Memphis Tennessee…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la chanson populaire et du calvados hors d’âge réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 07 novembre 2019, 17è jour de brumaire dédié au cresson…

C’est en faisant le ménage parmi mes disques vinyle que je suis tombé en arrêt devant celui-ci tant il était chargé JohnnyRivers -G-de souvenirs. Johnny Rivers, de son vrai nom John Henry Ramistella, est un chanteur, guitariste, compositeur et producteur américain de rock ‘n’ roll, né le 7 novembre 1942 à New York (États-Unis). Il est principalement connu pour avoir repris Memphis Tennessee de Chuck Berry et pour son John Lee Hooker, vibrant hommage au bluesman, enregistré live en 1967 au Whisky A Go-Go de Los-Angeles, 15 mn d’un rock endiablé.

Ayant grandi à Bâton-Rouge, Louisiane, il monte à New York en 1957 où il rencontre Alan Freed, qui lui trouve une maison de production de disques. Mais, à cette époque, il est surtout compositeur, écrivant notamment pour Ricky a gogoNelson. Puis il s’installe à Los Angeles. Après avoir tenté sa chance auprès de treize maisons de disques différentes, ce n’est qu’en 1964 qu’il rencontre le succès, grâce à ses prestations au Whisky A Go-Go et à plusieurs albums live qui s’ensuivent. Il y interprète nombre de reprises de Chuck Berry, Lloyd Price, Rufus Thomas, etc. Que celui qui n’a jamais fleureter en dansant sur When a man loves a woman de Percy Sledge me lance la première bière…

Ah, nostalgie, quand tu nous tiens ! Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.