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La lieue de grève (générale)

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la cavalerie légère et du coco paimpolais réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 14 octobre 2019, 23è jour de Vendémiaire dédié au navet. Aléa jacta est ! Comme disait mon aïeule qui lisait Epicure dans le texte et Ouest-Eclair dans les cabinets. Le sort en est jeté, greve-generaleles républicains se choisissent un nouveau chef et donc, à partir de dorénavant, tout sera comme avant… A moins que… Les djeun’s ne prennent un coup de vieux, les cheminots jouent les locomotives, les dockers se fâchent, les enseignants se, heu, comme d’hab’, les boulangers nous mettent dans le pétrin, les jardiniers nous envoient sur les roses, les routiers ne soient plus sympas, les électriciens fassent des étincelles, les magistrats debout abandonnent leurs assises, les urgentistes décident d’attendre, les aide-soignants réclament de l’aide et tout ce petit monde décide de renvoyer les élus à leurs chères études.

En Bretagne armoricaine on célèbre (ou pas) les Enora. On raconte que son père l’ayant forcée à épouser Efflam, elle refusa en accord avec ce dernier, de mener vie commune. Ils se marièrent et vécurent comme frère et sœur tout au long de leur vie. On peut voir sa statue dans l’église de Plestin (Finistère) et dans la chapelle de Trézeny. Efflam trône en bonne place dans la vallée des saints de Carnoët grâce aux ciseaux et burins de Seenu Shanmugam. Enora quand à elle, est devenue 260px-La_Vallée_des_Saints_-_statues_Carnoët_12la patronne des nourrices, aujourd’hui on dit assistantes maternelles… Quand à Efflam, oyez ce qu’en dit Albert le Grand : «  … nôtre Saint, avec sa compagnie, passa la mer & vint heureusement surgir à la coste de la Bretagne Armorique, en la baye de sable, qui est entre Toul Efflam & Loc-Mikel, dite communement la lieue de gréve, en la paroisse de Plestin, Diocese de Treguer, & leur vaisseau s’arresta vis-à-vis d’un grand roc, qui est au milieu de la gréve (en terre neanmoins), nommé Hyrglas. Il y avoit pour lors, le long de la gréve, une très-grande forest, de laquelle S. Efflam & sa troupe, descendans de leur vaisseau, virent sortir un horrible dragon, lequel se retiroit à travers la grève dans sa caverne, distante d’environ mil pas de ce roc; laquelle caverne était profonde de neuf coudées, & en avoit douze en la circonférence de son ouverture; mais de peur qu’à la piste et trace de ses griffes, il ne fut découvert & assiégé en cét antre, il avoit cette astuce de marcher à reculons, de sorte qu’à voir les marques de ses griffes dans le sable, on eut pensé qu’il venoit de sortir du lieu où il ne faisoit que d’entrer. » .

Au milieu de cette vaste grève sillonnée de ruisseaux et de filières, s’élève une croix de pierre (la croix de la lieue de grève -photo de gauche). Autrefois l’habitant de ce pays, avant d’entreprendre la traversée ne manquait jamais d’interrogela croixr la croix. Si les flots la recouvraient, il était trop tard : l’imprudent eut été infailliblement englouti. Si, au contraire, la croix se montrait au-dessus de l’eau, on disait : « la croix nous voit » et l’on s’avançait sans crainte ». On dit qu’elle se déplace de l’épaisseur d’un grain de blé tous les sept ans : « Treuz ur gwinizhenn a bep seizh bloaz ». Hélas, toutes les prières à Enora et à Efflam n’ont pas empêché les algues vertes de défigurer le site merveilleux de Saint-Michel-en-Grève

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.