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Poètes, vos papiers !

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la poésie et du chinchard fumé réunis, bonjour! Nous sommes le Lundi 02 Septembre 2019, seizième jour de Fructidor dans le calendrier républicain, officiellement dédié au citron .

Si j’évoque la poésie, c’est en pensant à l’auteur du Spleen de Paris, mort il y a 150 ans (et des poussières). Maudit de son vivant, « le prince des charognes » est aujourd’hui béni par la postérité. Un siècle et demi après sa mort, le poète dissident s’est fait classique, porté par des vers toujours sublimes. Hier, alors que tous, symbolistes, baudelaire-D-parnassiens, décadentistes et jeunes lettrés se réclamaient de ses racines malades, hier, Baudelaire était honni pour la beauté méphistophélique de ses vers. Les fleurs du mal. Ce livre a accompagné mes errances adolescentes; c’est vous dire que cela ne date pas d’hier. Je trouve qu’il n’a pas perdu une miette de sa modernité. Sa préface déjà était prémonitoire : « Malgré les secours que quelques cuistres célèbres ont apportés à la sottise naturelle de l’homme… Ce monde a acquis une épaisseur de vulgarité qui donne au mépris de l’homme spirituel la violence d’une passion. » En 1857, Les Fleurs du Mal attire l’anathème sur son auteur. Un original de 36 ans, encore inconnu du grand public mais réputé baudelaire-G-dans le sérail poétique pour son physique «bizarre» ou ce que nommeront les frères Goncourt, dans un portrait savamment passé au vitriol, «une toilette de guillotine». Lui, le prince des nuées exilé sur le sol au milieu des huées est accusé «d’ériger, selon le critique Ferdinand Brunetière, en exemple la débauche et l’immoralité». Il est condamné, ainsi que ses éditeurs, pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs.  Il faudra attendre 1949 pour que ses poèmes lascifs soient enfin réhabilités. Et autant d’années pour que l’un des plus grands poètes du XIXe siècle soit enfin lavé de sa disgrâce. Trop tard !

Sacré Charles, il donne pas vraiment envie de danser la gigue. Tiens, je vais me repasser Patrick Topaloff… Portez vous bien et à bientôt peut-être.