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Les morts sont tous des braves types…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du calembour* et du potimarron réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 30 septembre 2019. C’était tache de rousseurgénéralement le neuvième jour du mois de vendémiaire dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du panais. En breton, les taches de rousseur sont appelées pikoù panez, littéralement des « taches de panais ». *à propos de calembours, j’aime beaucoup celui-ci: « Oh ! Raison funèbre » c’est de Prévert.

Le calendrier des P.T.T. lui, m’apprend que c’est la St Jérôme. De son vrai nom: Eusebius Sophronius Hieronymus Stridonensis est né en 345 dans ce qui est aujourd’hui la Croatie, il se fait ermite dans le désert de Syrie pendant quelques années avant d’enseigner les Saintes Écritures à Rome puis en Terre sainte. La chronique nous dit qu’il avait un caractère exécrable, et qu’on lui doit de nombreux pamphlets. À la demande du 1024px-Caravaggio44jeromeBorghese-300x217pape Damase, il traduit aussi en latin l’Ancien et le Nouveau Testament, que l’on commence à son époque à désigner sous le nom de Bible. Le mot Bible, chacun le sait, vient du grec biblion (livre), lui-même dérivé de Byblos, une ville de Phénicie spécialisée dans le commerce du papyrus (d’où nous vient le mot papier). Biblion désignait à l’origine n’importe quel livre.( L’illustration est l’œuvre du Caravage et visible à la galerie Borghèse.) Ch’sais pas pourquoi j’vous raconte ça… Peut-être parce que j’en ai ras la casquette d’entendre les éditocrates encenser Chirac et quasiment en faire un saint homme. Sur toutes les chaînes, toutes les radios, dans toutes les colonnes de tous les journaux, sur tous les bancs de tous les cénacles, de la droite, de la gauche et de l’ultra centre, chacun y va de son apologie dithyrambique (en Gallo on dit une alouzerie) il est vrai, comme le chantait Brassens: les morts sont tous des braves types…

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Konan mais pas barbare…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la tradition et de la bolée armoricaine réunies, bonjour ! Nous sommes donc le Samedi 28 septembre 2019, 7è jour de vendémiaire dédié à la carotte. Par ici, aujourd’hui, on fête les Conan, nom sans doute issu de celui qui fut le premier Duc de Bretagne dont on peut par ailleurs supposer qu’il était plus romain que breton. Je dis ça pour les imbéciles heureux qui sont nés quelque part et qui voudraient nous faire prendre l’Helvétie pour une lanterne et les « desouches » pour une vérité historique.

Or donc, Konan, dit Mériadec ou Caradog, naquit en Grande-Bretagne à la fin du IVe siècle, et passa dans les Gaules vers 384, avec le tyran Maxime. Il fut créé duc d’Armorique (par les romains donc) et gouverna pendant 26 ans, sous leur dépendance, la partie de l’Armorique connue depuis sous le nom de Bretagne. En 409, les Armoricains, s’étant soulevés, déférèrent à Konan l’autorité souveraine. Il conserva le conan-meriadeg-300x256pouvoir jusqu’à sa mort (421), et le légua à ses descendants, qui furent depuis ducs de Bretagne. Il résidait à Nantes. Konan Meriadec était le neveu d’ Octavius, à la solde de Maxime, (Magnus Maximus) dont il servit les intérêts. D’après Grégoire de Tours, il serait devenu duc d’Armorique (dux bellorum, c’est-à-dire chef de guerre). Konan reconnu Théodore, le vainqueur de Maxime, comme empereur, mais ensuite il porta la guerre en Aquitaine et il se rendit maître du pays de Retz en 405. Pour enrayer les incursions dévastatrices et meurtrières des Bretons, l’empereur Honorius fit construire une ligne de fortifications ou « mur d’Honorius », entre des tours. Ces tours  ont été à l’origine de quelques villes et villages dont : Gétigné (44), Boussay (44), Clisson (44), Légé (44), Cugand ( 85), Bois de Céné (85), Saint Etienne des Bois (85), Tiffauges ( 85), etc. Le tout formant une frontière entre l’Armorique et les Gaules. Cette saga plus ou moins légendaire autour de Magnus Maximus  à fait l’objet de la fameuse chanson galloise de Dafydd Iwan:Rwy yma o hyd.

Konan légua son trône à ses descendants, qui furent depuis princes, puis rois et enfin ducs de Bretagne. A-t-il vraiment existé ?  Quelques anciens historiens fixaient la date de sa mort entre 392 et 411, d’autres vers 421, ce qui laisse des doutes sur la crédibilité de l’existence de Conan ou sur la rigueur de ses biographies. Son existence, vivement contestée par Dom Lobineau, a pourtant été accréditée pendant tombe-Conan-300x225longtemps par Geoffroy de Montmouth au XIIe siècle,  sans doute encouragé par la famille de Rohan, qui prétendait se rattacher à cet illustre personnage. En outre, il existe à la Cathédrale de Saint-Pol-de-Léon un sarcophage de style roman considéré jadis comme étant celui de Konan Meriadec, plusieurs historiens pensent que c’est plutôt celui d’un évêque du Léon du XIIe siècle qui s’appelait également Conan. Il y a sans doute eu un Duc nommé par les Romains qui, a leur départ, garda son titre et ses pouvoirs, mais il est vraisemblable que la vie de Konan Mériadec a été enjolivée. Quoiqu’il en soit, Conan ou un autre « dux bellorum »,  nommé par le tyran Maxime, est celui qui a été à l’origine de la formation de la Bretagne et celui qui en a marqué ses limites.

Allez, bonne fin de semaine, portez vous bien et à bientôt peut-être.

C’est un méchant métier que celui de médire…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la physique quantique et du Picon-bière réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 27 Septembre 2019, sixième jour de Vendémiaire dédié à la Balsamine. Cette espèce (comme d’autres espèces voisines) doit son nom d’impatiente à la forte réactivité de son fruit au toucher : la capsule mûre explose quand on veut la saisir et peut projeter lesbalsamine1 graines à quelques mètres. La Balsamine dite de l’Himalaya elle, a adpté un caractère invasif sur le bord de nos rivières (le Dourduff et le Lapic). Le Syndicat mixte du Trégor mène une campagne de lutte contre la Balsamine et les plants présents au bord des cours d’eau seront arrachés ou fauchés. Cette opération, menée pendant trois années successives, doit permettre d’éradiquer la plante. Bref, une peau de vache déguisée en fleur comme le chantait ce vieux Georges.

https://youtu.be/lUIdj4FqRjs

Tout à fait autre chose et qui n’a rien à voir.

Connaissant votre passion pour l’observation de la chose politique, je sais que vous n’avez pas manqué de remorale et politiquemarquer l’inflation de propositions pour revenir à l’école de Jules Ferry. La blouse grise, l’éducation civique, l’apprentissage dès 14 ans, l’internat, l’uniforme, j’en passe et pas des meilleures… A propos de ce serpent de mer qu’est le thème, mille fois rabâché, de la morale à l’école, je me souviens de ce texte de Boileau qui sied parfaitement à nombre de blogueurs:

Muse, changeons de style, et quittons la satire : 
C’est un méchant métier que celui de médire
A l’auteur qui l’embrasse il est toujours fatal
Le mal qu’on dit d’autrui ne produit que du mal.
Maint poète, aveuglé d’une telle manie,
En courant à l’honneur trouve l’ignominie ;
Et tel mot, pour avoir réjoui le lecteur,
A coûté bien souvent des larmes à l’auteur.

Médite cette pensée petit scarabée et continue néanmoins de visiter Les cénobites tranquilles. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Toubib or not toubib…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, TRADITION

Amis des années bissextiles et de la pizza trois fromages réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 26 septembre 2019, c’est pour vous dire si ça passe vite, et cela correspond au 5è jour de vendémiaire, dédié au cheval. Comme disait Pierre Dac: « Si vous avez perdu au PMU, vengez vous, mangez du cheval ! » On fête aussi la saint Côme, rien à voir avec le lac que ma belle et moi visitions voici quelques temps alors que nous passions huit jours en Italie comme le chante Jacques Higelin.

Côme et son frère Damien étaient des chirurgiens qui pratiquaient la médecine gratuitement d’où l’appellation d’anargyres (du grec an argyrios, qui refusent l’argent). Joli nom qui commence plutôt bien et qui me les rend sympathiques. Cela se passait en Cilicie (aujourd’hui en Turquie) vers l’an 300 et ces braves garçons n’ont guère 220px-Fra_Angelico_064eu de chance, en effet, ils furent arrêtés sur l’ordre du Préfet de Cilicie, un certain Lysias dont c’est le seul titre de gloire. Il leur ordonna d’abjurer sous la torture. Selon la légende ils restèrent fidèles à leur foi en dépit de toute une série de tortures affreuses; finalement ils furent décapités (ce qui prouve une fois de plus que la foi peut faire perdre la tête). La plus célèbre de leurs cures miraculeuses, la greffe d’une jambe de Maure pour remplacer la jambe nécrosée d’un patient, fit l’objet de nombreuses peintures école de médecineet miniatures; on peut en observer une que l’on doit au talent de Fra Angelico au musée national San Marco à Florence. Et voilà pourquoi, madame Michu, on a fait de Côme le patron des chirurgiens et des pharmaciens et cela depuis fort longtemps puisque c’est à St Louis que l’on doit la création de la confrérie de Saint-Cosme, première « association professionnelle » des chirurgiens. Jusque là en effet, la profession de chirurgien n’était pas clairement différenciée de celle de barbier. Bon, je ne regrette pas d’avoir confié le remplacement de ma hanche à un professionnel de la profession plutôt qu’au figaro du centre commercial…

Allez, merci encore de passer par ici de temps à autre; portez vous bien et à bientôt peut-être.

C’est la fin de l’été…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis des béatitudes et du maquereau à la bretonne réunis, bonjour ! Et bien voilà, ça y est, nous sommes le Mercredi 25 septembre 2019 ! Et alors ? Heu, rien. Ah si, c’est le 4è jour de vendémiaire dédié à la colchique. Jolie plante, quoique aussi toxique qu’un prêt bancaire. Elle doit colchiques dans les présson nom à Colchide où habitait la magicienne Médée. En effet, selon la mythologie grecque, la Colchide est le royaume d’Éétès et de Médée et la destination des Argonautes qui allèrent y chercher la Toison d’or. Vous vous souvenez de la fameuse chanson Colchiques dans les prés… Elle a été créée par une cheftaine scoute francine Cockenpot 1942 ou 43 (en vérité, elle en a composé la musique; les paroles sont de Jacqueline Debatte, sous le pseudonyme de Jacqueline Claude) et reprise par Francis Cabrel, étonnant non ? Au début de l’histoire, la chanson s’intitulait Automne tout simplement. Cela tombe à pic car justement, on y est depuis lundi à 9h 50.

C’est pas rafraichissant ça, mes body boys ? Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A Droite toute…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis des « cénobites tranquilles » et des PTT réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 24 septembre 2019 et pour nos amis républicains racismec’était le troisième jour de Vendémiaire, dédié à la châtaigne, ce qui n’est pas une raison suffisante pour s’échanger des marrons. Quoique… C’est pas l’envie qui me manque… Quand on voit c’qu’on voit pis qu’on sait c’qu’on sait, ben on a meilleur temps d’penser c’qu’on pense et pis d’ne rien dire ! Et pourtant, vous, je ne sais pas mais pour ce qui me concerne, je ressens un désir irrépressible d’éparpiller façon puzzle, de dynamiter, de disperser, de ventiler, de distribuer des baffes, des mornifles, des beignes, des mandales, des bourre-pif et autres talmouses. Mais, sur les conseils de mes médecins (oui, j’ai plusieurs médecins) je m’oblige à la zénitude.

Les politicards décidément n’ont aucune imagination et dès qu’ils craignent de se faire doubler sur la droite, ils nous refont le coup de la patrie en danger. Voila pourquoi, à l’approche des échéances électorales, Emmanuel 1er en appelle à la vigilance face à l’immigration. Et pourquoi pas « Maréchal nous voila » pendant qu’on y est! La gent politique classe victor Hugo 1952m’horripile, me sort par les trous de nez, me dégoûtationne, m’agace, m’exaspère et, in fine, me donne de l’urticaire. Je me souviens que dans les années cinquante, les maîtres d’école nous apprenaient à marcher au pas en chantant « la victoire en chantant nous ouvre la barrière… Un français doit viiiiiivre pour elle, pour elle, un français doit mourir« . C’était pour préparer le défilé de la fête des écoles, démonstration de la vitalité des écoles publiques face à la concurrence. Je revois encore monsieur Le L… et son béret basque, la cour de la communale et ses marronniers, son préau et la distribution de lait à la récré… 68 est passé par là et nous avons jeté aux orties les blouses grises et les chants martiaux. Mais, chassez le nationalisme, il revient au galop !

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Dom Pablo Neruda…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’érotisme flamboyant et de la bouillie d’avoine réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 23 septembre 2019, deuxième jour de Vendémiaire généralement dédié st jacquesau safran. Ah, les coquilles saint-Jacques de la baie de Saint-Brieuc sur une fondue de poireaux safranée… Vous servez cela avec un Graves-de-Vayres qui, malgré l’analogie du nom est sans rapport avec la zone viticole des Graves. Même si la majorité des Graves-de-Vayres blancs secs est issue d’assemblage sauvignon, sémillon, muscadelle; j’ai une faiblesse pour le 100% sémillon élevé en barriques.

C’est le jour anniversaire de la disparition de Pablo Neruda:23 septembre 1973. «Je veux vivre dans un pays où il n’y ait pas d’excommuniés. Je veux vivre dans un monde où les êtres soient seulement humains, sans autres titres que celui-ci, sans être obsédés par une règle, par un 220px-Pablo_Nerudamot, par une étiquette. Je veux qu’on puisse entrer dans toutes les églises, dans toutes les imprimeries. Je veux qu’on n’attende plus jamais personne à la porte d’un hôtel de ville pour l’arrêter, pour l’expulser. Je veux que tous entrent et sortent en souriant de la mairie. Je ne veux plus que quiconque fuie en gondole, que quiconque soit poursuivi par des motos. Je veux que l’immense majorité, la seule majorité : tout le monde, puisse parler, lire, écouter, s’épanouir. » Il s’appelait en réalité: Ricardo Eliécer Neftalí Reyes Basoalto natif de Parral au Chili.

Allez, merci de passer par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Allez tiens, c’est Kado !

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la tectonique des plaques et du riz Basmati réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 21 Septembre 2019. C’était généralement le cinquième jour complémentaire dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour des récompenses.

Pour les armoricains c’est la saint Kadeg, ou Kadoc, qui a laissé son nom à une magnifique petite île du golfe du Morbihan dans la ria d’Etel, l’île de saint Cado; et non pas sac-à-dos (Enes-Cadvod, en la commune Kadode Belz). Bien évidemment ce saint là à rapidement trouvé sa place dans la vallée des saints à Carnoët (22). Fils d’un prince de Glamorgan en Pays de Galles, puis fondateur et abbé du grand monastère de Lancarvan (Llancarfan en Grande-Bretagne dans la région de Cambrie), Cado vécu en Armorique vers 560. Albert Le Grand écrivait (1636): Cado estoit natif de la grande Bretagne & fut fils d’un Prince, qui regnoit en un canton de ladite Isle, lequel s’appelloit Guillenus, descendu de la race du Grand Constantin, & sa mere se nommoit Gudalusa, fille de Brahanus, Roy d’une partie d’Irlande. Il nasquit environ l’an 522 sous le Pape saint Hormisda, l’Empereur Justin premier, & le Roy de Bretagne Armorique Hoël II de ce nom

Il venait retrouver ses compatriotes chassés par l’invasion saxonne et résida dans l’ile de la rivière d’Etel qui porte aujourd’hui son nom. Il y construit un oratoire, fonda un monastère et se consacra à l’évangélisation du pays. Il fût aussi à l’origine de la construction de la ile_stcado13-300x197chaussée de 100 mètres qui relie l’île à la terre, ce qui lui valu une légende populaire. Cado, désirant un pont, mais manquant de moyens pour le réaliser, reçu un jour la visite de Satan. Celui ci lui proposa d’en faire lui même la construction, et en guise de récompense, recevoir l’âme du premier être vivant qui traverserait ce pont. Cado accepta, et le Démon créa l’œuvre en une nuit. Au matin suivant, Cado lâcha un chat, qui passa sur le pont. Étonnant, non ! En cette période troublée où un socialiste ne reconnaitrait pas ses petits… Y’a de quoi fouetter un chat.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La Dame blanche de Saint-Germain…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la rive gauche et du baiser de l’hôtel de ville réunis, bonjour ! Tiens, nous sommes le Vendredi 20 septembre 2019, encore un de ces jours complémentaires sur le calendrier républicain, judicieusement nommé, le jour de l’opinion… J’en profite donc pour vous donner la mienne à propos de cette dame blanche qui nous a laissé orphelins depuis ce mois de septembre 2011.

Elle nous a quitté discrètement comme elle a vécu. Une voix à nulle autre pareille, une interprète remarquable de nos plus grands poètes. Elle a tout chanté : les mélodies d’Erik Satie, les rengaines populaires (L’hirondelle du faubourg), le folklore français (Le roy a fait battre Cora-Gtambour), les poètes (Aragon, Prévert). Son plus beau titre de gloire : avoir créé, avant Montand et Gréco , Les feuilles mortes, devenue l’une des chansons françaises les plus connues dans le monde. Pourtant Cora Vaucaire n’a pas fait une carrière de star. Surnommée « la dame blanche de Saint-Germain-des-Prés », parce qu’elle s’habillait invariablement de blanc à une époque où le noir était de rigueur, elle débute en 1938 à La Chauve-souris, boîte un peu louche de Pigalle, puis fait la connaissance de Michel Vaucaire, parolier de Damia et de Piaf, qu’elle épouse. En 1941, on la retrouve au cabaret d’Agnès Capri, où elle côtoie Serge Reggiani et Mouloudji.

En 1950, elle lance son propre cabaret, le Caveau Thermidor, qui deviendra le Milord l’Arsouille, situé rue de Beaujolais à la porte des lilas, là où Gainsbourg à débuté, puis six ans plus tard, prend la direction de La Tomate où elle présente Pierre Louki et le québécois RaymondMilord-239x300 Lévesque. En 1955, elle fait une apparition mémorable dans le film de Jean Renoir French Cancan, dans lequel elle chante la célèbre Complainte de la butte. Après de longues années où la dépression l’empêche de donner sa pleine mesure, elle fait son retour au théâtre de la Ville en 1973. Chanteuse d’une grande subtilité, elle est de la race des diseuses. D’un grand éclectisme dans le choix de son répertoire (elle a chanté aussi bien Bruant que Brassens), elle savait, par un art consommé de la théâtralité, imprimer sa marque à toute chanson dont elle s’emparait. Curieusement, elle était très apprécié au Japon. Cette grande dame de la chanson française était aussi une « indignée » et n’hésitait pas à entonner le temps des cerises devant une usine en grève.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les révoltés de La Courtine…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’histoire de France et des cailles au raisin réunies, bonjour ! Ce 19 septembre fait partie des jours « complémentaires » rajoutés au calendrier républicain ; celui-ci était dédié au travail. Quelle drôle d’idée…
Je profite de cette date pour évoquer ici un épisode fort peu connu de la grande guerre 14/18. Cette boucherie m’a toujours révulsé d’autant plus qu’elle m’a privé de mes deux grands-pères qui grignotent les pissenlits par la racine du côté du chemin des dames…

Voici l’histoire des révoltés de La Courtine.

La Courtine est une commune française dans le département de la Creuse (Limousin). Pendant la première guerre mondiale, un camp 871416courtine1917-9bce4militaire y sert de base d’entraînement et d’instruction. En 1917, 8000 soldats russes installèrent dans ce camp une véritable république soviétique. Suite aux pertes énormes subies par les troupes françaises dès les premiers mois de la guerre, Joffre fait appel à son allié russe (le Tsar Nicolas II) pour qu’il dépêche en France un corps expéditionnaire. Ce sont ainsi 40 000 hommes constitués d’ouvriers moscovites et de paysans de la région de Samara qui vont débarquer en France dont la troisième brigade à Brest en août 1916. Elle sera dirigé vers le front dès le mois d’octobre.

C‘est ce boucher de Nivelle qui est nommé généralissime des armées et ses ordres vont provoquer la mort de centaines de milliers de soldats. Parmi ceux-ci de nombreux russes. Oui mais voilà, Les soldats russenivelles viennent d’apprendre, avec plusieurs mois de retard, que la révolution a fleuri dans leur pays et que le Tsar est tombé. Aussitôt, ils se constituent en soviet et décident de voter pour ou contre la poursuite de l’offensive. En attendant les résultats, leurs 1ere et 3ème brigade vont connaître de lourdes pertes dans le secteur de Reims ; en trois jours 4472 soldats et 70 officiers sont tués ou blessés. La propagande révolutionnaire s’intensifie et des tracts sont distribués, on vient d’inventer la triste et célèbre formule de « chair à canon ».

Devant la dégradation de la situation, le commandement français, par peur de la contagion, décide d’isoler les troupes russes. Les 16 000 soldats, 300 officiers et leurs 1700 chevaux sont envoyés loin du front au camp de La Courtine, nous sommes en juillet 1917. Rapidement, le refus d’obéir aux officiers ela courtinest définitif, ceux-ci n’ont plus de contact avec leurs hommes et logent en dehors du camp. Plusieurs sommations adressées aux mutins restent lettres mortes. Quelque peu effrayé par la tournure des évènements, l’état-major français décide d’acheminer neuf compagnies d’infanterie, quatre sections de mitrailleuses, trois d’artillerie et trois pelotons de cavalerie pour organiser le blocus du camp.

Le 16 septembre vers 10 heures, le premier coup de canon retentit. Les mutins répondent en jouant la marche funèbre de Chopin. Le 18 septembre 1917, soutenues par l’artillerie, les troupes russes loyalistes investissent le camp. Le bilan officiel est de plus d’une centaine de cimetière russemorts et, pendant longtemps les autorités françaises ont tenu secrète ce haut fait d’arme. Ceux qui furent jugé appartenir aux meneurs seront expédié sur l’ile d’Aix en détention au fort Liédot. Plus de mille seront envoyés aux travaux forcés en Algérie et 10 000 autres « s’engagent » et seront rapatriés vers Odessa en 1919. Ils restent 600 noms qui ont étrangement « disparus » de toutes les listes. Certaine tombes de soldats russes sont encore visibles au cimetière de Saint-Hilaire-le-Grand, département de la Marne.Photo de gauche. Voir le travail de Rémi Adam sur : Histoire des soldats russes en France – chez l’Harmattan.