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Allez tiens, c’est Kado !

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la tectonique des plaques et du riz Basmati réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 21 Septembre 2019. C’était généralement le cinquième jour complémentaire dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour des récompenses.

Pour les armoricains c’est la saint Kadeg, ou Kadoc, qui a laissé son nom à une magnifique petite île du golfe du Morbihan dans la ria d’Etel, l’île de saint Cado; et non pas sac-à-dos (Enes-Cadvod, en la commune Kadode Belz). Bien évidemment ce saint là à rapidement trouvé sa place dans la vallée des saints à Carnoët (22). Fils d’un prince de Glamorgan en Pays de Galles, puis fondateur et abbé du grand monastère de Lancarvan (Llancarfan en Grande-Bretagne dans la région de Cambrie), Cado vécu en Armorique vers 560. Albert Le Grand écrivait (1636): Cado estoit natif de la grande Bretagne & fut fils d’un Prince, qui regnoit en un canton de ladite Isle, lequel s’appelloit Guillenus, descendu de la race du Grand Constantin, & sa mere se nommoit Gudalusa, fille de Brahanus, Roy d’une partie d’Irlande. Il nasquit environ l’an 522 sous le Pape saint Hormisda, l’Empereur Justin premier, & le Roy de Bretagne Armorique Hoël II de ce nom

Il venait retrouver ses compatriotes chassés par l’invasion saxonne et résida dans l’ile de la rivière d’Etel qui porte aujourd’hui son nom. Il y construit un oratoire, fonda un monastère et se consacra à l’évangélisation du pays. Il fût aussi à l’origine de la construction de la ile_stcado13-300x197chaussée de 100 mètres qui relie l’île à la terre, ce qui lui valu une légende populaire. Cado, désirant un pont, mais manquant de moyens pour le réaliser, reçu un jour la visite de Satan. Celui ci lui proposa d’en faire lui même la construction, et en guise de récompense, recevoir l’âme du premier être vivant qui traverserait ce pont. Cado accepta, et le Démon créa l’œuvre en une nuit. Au matin suivant, Cado lâcha un chat, qui passa sur le pont. Étonnant, non ! En cette période troublée où un socialiste ne reconnaitrait pas ses petits… Y’a de quoi fouetter un chat.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La Dame blanche de Saint-Germain…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la rive gauche et du baiser de l’hôtel de ville réunis, bonjour ! Tiens, nous sommes le Vendredi 20 septembre 2019, encore un de ces jours complémentaires sur le calendrier républicain, judicieusement nommé, le jour de l’opinion… J’en profite donc pour vous donner la mienne à propos de cette dame blanche qui nous a laissé orphelins depuis ce mois de septembre 2011.

Elle nous a quitté discrètement comme elle a vécu. Une voix à nulle autre pareille, une interprète remarquable de nos plus grands poètes. Elle a tout chanté : les mélodies d’Erik Satie, les rengaines populaires (L’hirondelle du faubourg), le folklore français (Le roy a fait battre Cora-Gtambour), les poètes (Aragon, Prévert). Son plus beau titre de gloire : avoir créé, avant Montand et Gréco , Les feuilles mortes, devenue l’une des chansons françaises les plus connues dans le monde. Pourtant Cora Vaucaire n’a pas fait une carrière de star. Surnommée « la dame blanche de Saint-Germain-des-Prés », parce qu’elle s’habillait invariablement de blanc à une époque où le noir était de rigueur, elle débute en 1938 à La Chauve-souris, boîte un peu louche de Pigalle, puis fait la connaissance de Michel Vaucaire, parolier de Damia et de Piaf, qu’elle épouse. En 1941, on la retrouve au cabaret d’Agnès Capri, où elle côtoie Serge Reggiani et Mouloudji.

En 1950, elle lance son propre cabaret, le Caveau Thermidor, qui deviendra le Milord l’Arsouille, situé rue de Beaujolais à la porte des lilas, là où Gainsbourg à débuté, puis six ans plus tard, prend la direction de La Tomate où elle présente Pierre Louki et le québécois RaymondMilord-239x300 Lévesque. En 1955, elle fait une apparition mémorable dans le film de Jean Renoir French Cancan, dans lequel elle chante la célèbre Complainte de la butte. Après de longues années où la dépression l’empêche de donner sa pleine mesure, elle fait son retour au théâtre de la Ville en 1973. Chanteuse d’une grande subtilité, elle est de la race des diseuses. D’un grand éclectisme dans le choix de son répertoire (elle a chanté aussi bien Bruant que Brassens), elle savait, par un art consommé de la théâtralité, imprimer sa marque à toute chanson dont elle s’emparait. Curieusement, elle était très apprécié au Japon. Cette grande dame de la chanson française était aussi une « indignée » et n’hésitait pas à entonner le temps des cerises devant une usine en grève.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les révoltés de La Courtine…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’histoire de France et des cailles au raisin réunies, bonjour ! Ce 19 septembre fait partie des jours « complémentaires » rajoutés au calendrier républicain ; celui-ci était dédié au travail. Quelle drôle d’idée…
Je profite de cette date pour évoquer ici un épisode fort peu connu de la grande guerre 14/18. Cette boucherie m’a toujours révulsé d’autant plus qu’elle m’a privé de mes deux grands-pères qui grignotent les pissenlits par la racine du côté du chemin des dames…

Voici l’histoire des révoltés de La Courtine.

La Courtine est une commune française dans le département de la Creuse (Limousin). Pendant la première guerre mondiale, un camp 871416courtine1917-9bce4militaire y sert de base d’entraînement et d’instruction. En 1917, 8000 soldats russes installèrent dans ce camp une véritable république soviétique. Suite aux pertes énormes subies par les troupes françaises dès les premiers mois de la guerre, Joffre fait appel à son allié russe (le Tsar Nicolas II) pour qu’il dépêche en France un corps expéditionnaire. Ce sont ainsi 40 000 hommes constitués d’ouvriers moscovites et de paysans de la région de Samara qui vont débarquer en France dont la troisième brigade à Brest en août 1916. Elle sera dirigé vers le front dès le mois d’octobre.

C‘est ce boucher de Nivelle qui est nommé généralissime des armées et ses ordres vont provoquer la mort de centaines de milliers de soldats. Parmi ceux-ci de nombreux russes. Oui mais voilà, Les soldats russenivelles viennent d’apprendre, avec plusieurs mois de retard, que la révolution a fleuri dans leur pays et que le Tsar est tombé. Aussitôt, ils se constituent en soviet et décident de voter pour ou contre la poursuite de l’offensive. En attendant les résultats, leurs 1ere et 3ème brigade vont connaître de lourdes pertes dans le secteur de Reims ; en trois jours 4472 soldats et 70 officiers sont tués ou blessés. La propagande révolutionnaire s’intensifie et des tracts sont distribués, on vient d’inventer la triste et célèbre formule de « chair à canon ».

Devant la dégradation de la situation, le commandement français, par peur de la contagion, décide d’isoler les troupes russes. Les 16 000 soldats, 300 officiers et leurs 1700 chevaux sont envoyés loin du front au camp de La Courtine, nous sommes en juillet 1917. Rapidement, le refus d’obéir aux officiers ela courtinest définitif, ceux-ci n’ont plus de contact avec leurs hommes et logent en dehors du camp. Plusieurs sommations adressées aux mutins restent lettres mortes. Quelque peu effrayé par la tournure des évènements, l’état-major français décide d’acheminer neuf compagnies d’infanterie, quatre sections de mitrailleuses, trois d’artillerie et trois pelotons de cavalerie pour organiser le blocus du camp.

Le 16 septembre vers 10 heures, le premier coup de canon retentit. Les mutins répondent en jouant la marche funèbre de Chopin. Le 18 septembre 1917, soutenues par l’artillerie, les troupes russes loyalistes investissent le camp. Le bilan officiel est de plus d’une centaine de cimetière russemorts et, pendant longtemps les autorités françaises ont tenu secrète ce haut fait d’arme. Ceux qui furent jugé appartenir aux meneurs seront expédié sur l’ile d’Aix en détention au fort Liédot. Plus de mille seront envoyés aux travaux forcés en Algérie et 10 000 autres « s’engagent » et seront rapatriés vers Odessa en 1919. Ils restent 600 noms qui ont étrangement « disparus » de toutes les listes. Certaine tombes de soldats russes sont encore visibles au cimetière de Saint-Hilaire-le-Grand, département de la Marne.Photo de gauche. Voir le travail de Rémi Adam sur : Histoire des soldats russes en France – chez l’Harmattan.

Ni Dieu ni maitres…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la littérature polissonne et du poulet au gingembre réunis, bonjour ! Nous voici le Mercredi 18 septembre 2019 et, pour le calendriercalendrier républicain, c’était le deuxième jour supplémentaire, encore nommé: jour du génie… Les calendriers de cette époque, il faut le dire, étaient illustrés par des images des dames du temps jadis comme celles-ci et ornés de maximes à la gloire de la République et de la Laïcité. Avouez qu’elles étaient plutôt girondes à l’époque (normal, les Girondins…), rien à voir avec Kate Moss ou autres anorexiques du calendrier Pirelli. Hélas, le calendrier républicain, censé inaugurer une nouvelle ère de l’humanité ne dura guère. Le « Grégorien » avec ses fêtes chrétiennes fut rétabli le 1er janvier 1806.

 

Puisque l’on parle de républicains et de révolutionnaires, à tout seigneur, tout honneur, ayons une pensée pour Louis Auguste Blanqui dit « l’enfermé » à cause des nombreuses années de sa vie passées en prison (près de 37 ans). Il était né en février 1805 dans les Alpes-Maritimes et mourut à Paris en 1881, un 1er janvier. L’auteur du fameux « Ni Dieu, Ni maître » n’était pas anarchiste (bien qu’il fut pour la funéraillesrévolution sociale), et encore moins marxiste (bien qu’il ne dédaigna pas un certain autoritarisme). Toute sa vie fut consacrée à l’émancipation de l’homme, et de la femme, contre toutes les discriminations, pour le suffrage universel (un homme-une voix) contre le travail des enfants… On dit que ses obsèques furent suivies par cent mille personnes qui écoutèrent Louise Michel lui rendre un dernier hommage. Il est enterré au Père-Lachaise.

Début mars 1871, il est arrêté une fois encore et emmené à Morlaix. Là il sera enfermé au château du taureau. C’est le début de la Commune de Paris et plus tard, Karl Marx dira de lui que ce fut le chef qui manquât à cette insurrection. Thiers refusa toujours de céder à la demande des communards d’échanger tous les otages détenus par la Commune contre le seul Blanqui. Il déclara que rendre Blanqui à Paris équivalait à le renforcer d’un corps d’armée.  Pour les blanqui-G-Blanquistes, le renversement de l’ordre bourgeois et la révolution sont des fins qui se suffisent à elles-mêmes, du moins dans un premier temps. A la fin de sa vie il développa des thèses plus métaphysiques, notamment dans son ouvrage l’éternité par les astres en 1872. Carbonaro (société secrète proche du compagnonnage et de la franc-maçonnerie) depuis 1824, au sein de cette organisation secrète en lutte contre la restauration monarchique, Auguste Blanqui est mêlé à toutes les conspirations républicaines de son époque. Dès lors se succédèrent pour lui complots, coups de force manqués et emprisonnements. Il fut aussi membre de la société des amis du peuple. En 1879, il est élu député de Bordeaux mais son élection est invalidée. Un an après, il fonde le journal « ni Dieu ni maître ». Ah quelle belle idée que celle de l’anarchisme ! A-t-elle disparue ? Peut-être pas…

Bon, c’est pas tout, j’ai des travaux agricoles qui m’attendent. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

C’est le jour de la Vertu…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du calendrier des postes et de la terrine de maquereau réunitriomphes, bonjour ! Nous sommes le Mardi 17 septembre 2019. Comme vous le savez, vous qui suivez ce blog depuis un moment, le calendrier républicain comportait 12 mois de trente jours, c’est à dire 360 jours. Il a donc fallu trouver cinq jours supplémentaires que nos amis avaient nommé les sans-culottides. Le 17 septembre fait partie de ceux là et porte le joli nom de : jour de la vertu… Force est de constater (en vérité, je déteste cette expression) que deux siècles plus tard, la vertu républicaine s’est un peu égarée en cours de chemin. Voyez cette estampe – Le triomphe de la Vertu Républicaine- que l’on doit à Louis Darcis (1801) et visible au musée Carnavalet.

Tout à fait autre chose.

Or donc, après les sans-culotte place aux bigots… Par chez nous, on fête les Urfold. Vous en connaissez des Urfold, vous ? D’après la tradition, il serait né à Landouzan sur la commune du Drennec (29) et aurait été formé à la vie religieuse au monastère d’Ack. Sa mère Riwanon était la sœur de Rivoaré, qui a donné son nom à la paroisse voisine, 300px-StUrfoldLanrivoaré (29). Urfold était l’oncle de Hervé, honoré à Lanhouarneau (29). Il vécut en solitaire, au VIe siècle, dans cette forêt de Dunan (du breton Doun : profond), qui s’étendait de Saint Renan à Plouvien et qui fut décimée, notamment pour construire à Brest la flotte de Louis XIV. A gauche: la chapelle St-Urfold à Bourg-Blanc (29) non loin de mon ermitage. Quand au pardon (fête locale) de St Urfold, il se déroule depuis bien longtemps le lundi de la Pentecôte : ce jour-là, la chapelle est très fréquentée. On y invoque Saint Urfold pour la guérison des rhumatismes. Dans le Finistère pittoresque M. Toscer écrivait à ce sujet : « Si vous voulez jouir d’un curieux coup d’œil, allez à Bourg-Blanc le jour du pardon de Saint Urfold, qui a lieu le lundi de PentecôtPardon_St_Urfold_01e. Les pèlerins passent et repassent sous cette arcade pour implorer la protection du saint. Ce n’est pas un spectacle ordinaire que le défilé de toutes ces personnes obligées de marcher sur les mains et sur les genoux, en raison du peu de hauteur laissée par l’ouverture du monument ; on ne saurait s’en offusquer quand on voit avec quelle conviction les dévots de St Urfold accomplissent cette partie du pèlerinage. »
 
Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La légende d’Ito Noé.

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la liberté d’opinion et du gratin de courgettes réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 16 septembre 2019 et c’est la date qui correspond au 30è et dernier jour de fructidor, dédié au panier. Le panier, comme son nom l’indique (du latin panarium) est, à l’origine, une corbeille destinée à recevoir du pain.

Le 16 septembre 1923 fut une date fatale pour Itõ Noe, féministe et anarchiste Japonaise, puisque c’est le jour de son assassinat par un escadron de la police militaire. Le responsable militaire, un certain Ito_Noe_2Amakasu, fut condamné à 10 ans de prison mais très vite remis en liberté. Itô Noé est une pionnière du mouvement féministe au Japon. A 16 ans elle est diplômée de l’école de filles Ueno à Tokyo. Elle était née en Janvier 1895 sur l’île de Kukuoka. Très jeune elle est contrainte à un mariage forcé qu’elle finit par fuir. Elle trouve refuge chez son professeur d’anglais, le poète Dadaïste et libertaire Jun Tsuji qui fut le premier à traduire les travaux de Stirner en japonais. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants (2). Elle sera la rédactrice en chef de la revue culturelle Seito-sha qui, comme chacun le sait, signifie « Le bas bleu ».

Elle devient romancière et publie des textes de critique sociale et traduira les écrits d’Emma Goldman; c’est en 1914 qu’elle va rencontrer Sakae Osugi. Lorsque le journal de ce dernier est interdit par la police, elle prend sa défense dans Seito-sha. Sa véritable histoire d’amour avec Osugi commence en 1916, mais celui-ci sera victime de la jalousie d’une osugi-291x300ancienne maitresse qui le poignardera. L’épisode va provoquer un vrai scandale dans ce Japon traditionaliste qui va dénoncer leur immoralité. Elle va vivre avec Osugi avec qui elle aura quatre filles et travaillera à développer le mouvement anarchiste tout en continuant à traduire Emma Goldman et Kropotkine. Dans la confusion qui suivit le tremblement de terre du 1er septembre 1923, elle est arrêtée avec Osugi et un neveu âgé de six ans. Tous trois seront massacrés par la police. Itô Noé avait 28 ans. Pour en savoir plus et si joliment raconté, je vous invite à découvrir « la légende d’Itõ Noé» sur le site Antiwar song’s si celui-ci existe toujours.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Leçon d’économie…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la Beat génération et du chouchenn chaud réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 14 septembre 2019 et certains persistent à penser que nous sommes le 28 de fructidor qui, comme chacun le sait, était le jour du maïs. C’est la Ste Croix et, comme disait mon aïeule: A la Sainte Croix, cueille tes pommes et gaule tes noix ! Une flemmingite aiguë (jamais compris pourquoi on mettait le tréma sur le «e») m’ayant sournoisement rattrapé, je vous sers un billet réchauffé.

La crise expliquée à mon petit-fils.

Un homme portant cravate (c’est important) se présenta un jour dans un village. Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il l'ane-1-achèterait cash 100 euros l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien un peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie. Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 euros par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendit les bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 euros et ceux qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants. Constatant qu’il n’en restait plus un seul, il fit savoir qu’il reviendrait les acheter 500 euros dans huit jours et il quitta le village. Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu’il venait d’acheter et l’envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 euros l’unité.

Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 euros dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu’ils l’avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent. Comme il fallait s’y attendre, les deux hommes d’affaire s’en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu’au cou, ruinés. Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt. Le cours de l’âne s’effondra. Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s’en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s’il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le la crise le chatremboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune. Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour qu’ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne traça pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement. Voyant sa note en passe d’être dégradée et prise à la gorge par les taux d’intérêts, la commune demanda l’aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient en aucun cas l’aider car elles avaient connu les mêmes infortunes. Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d’argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale… On repoussa l’âge de départ à la retraite, on supprima des postes d’employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts. C’était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes.(inexcusable:je ne me souviens plus de la source.)

Quand on vous dit que l’économie c’est simple comme tout… Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

100% des gagnants ont tenté leur chance…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis des paradis artificiels et de la sardine à l’huile réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 13 (aie!) septembre 2019 qui correspond au verge-dor27 de fructidor et, c’est pas pour me vanter, mais c’est le jour de la verge d’or ! On dit que Linné, père de la terminologie binomiale latine, donna à la verge d’or le nom scientifique de Solidago (littéralement, « je rends entier », « je consolide ») en raison de sa réputation à favoriser la guérison des plaies. Considérée dans la tradition européenne comme stimulante, sudorifique, tonique, carminative, apéritive et pectorale, on a utilisé la verge d’or pour les rhumes, les affections pulmonaires, les nausées et les douleurs causées par les « vents ».

Il semblerait bien que ce soit à ce bon roi Philippe le Bel que l’on doive la légende qui entoure les vendredis 13. C’est en effet un vendredi 13jacques-de-molay-230x300 octobre de l’an de grâce 1307 que ce charmant roi, avec la silencieuse complicité de son copain Clément V, Pape, fit arrêter, emprisonner, torturer et souvent exécuter, la quasi totalité des chevaliers du temple sur l’ensemble du territoire. Le grand maître, Jacques de Molay, lors de son procès, maudit les descendants de ses bourreaux jusqu’à la treizième génération. Et depuis ce jour là, à chaque vendredi 13, selon ses propres inclinations, on se terre au fond de sa cave ou on se précipite dans une agence de la française des jeux. Les ceusses qui redoutent les vendredis treize sont les paraskevidékatriaphobiques.

En vérité, il y a mille explications pour cette superstition depuis la Cène jusqu’à l’arrestation des templiers en passant par la destruction du temple… Mais moi j’aime bieFrig1-200x300n celle de Frigga la blonde quand elle devint Margot. Dans la mythologie nordique, Frigga (ou Freya) était la reine des dieux, déesse de l’amour et de la fertilité. Elle était célébrée par ses adorateurs le vendredi. Le mot « friday », viendrait d’ailleurs de cette célébration et signifierait « Freya’s day ». Mais aux Xe et XIe siècles, les pays du nord sont progressivement convertis au christianisme. On se met alors à raconter que Frigga est en réalité une sorcière et qu’elle a été bannie au sommet d’une montagne. Pour se venger, elle inviterait, tous les vendredis, le diable et 11 sorcières pour maudire les hommes et leur jeter des mauvais sorts. Bon, je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout cela d’autant plus que je suis drôlement en retard pour remplir ma grille de Loto.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

L’orange amère…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de l’entente cordiale et du couscous au poulet réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 12 septembre 2019, 26è jour de fructidor dédié à la bigarade (le premier qui ditdj99_bigarade_fs_map bigarade du Tigre est à l’amende). Le bigaradier est un petit arbre de 3 à 10 mètres, épineux, à feuilles persistantes, à fleurs très odorantes, aux fruits comestibles mais amers; la fameuse orange amère chère au poète. Dédions celui-ci de poème à Jean-Yves, fidèle lecteur et néanmoins ami, qui fête aujourd’hui son anniversaire en cette bonne ville de Nantes.

https://youtu.be/EWqWLagYoM4

J‘apprends à la lecture de mon quotidien préféré, que la cote de Emmanuel 1er est en train de remonter. Étonnement et stupéfaction de ma part qui pensait que les français avaient enfin compris qu’ils s’étaient fait rouler dans la farine. Et bien pas du tout; il faut croire que la bêtise est vraiment ce qu’il y a de mieux partagé en ce bas monde. Il est vrai, comme le disait Jean-Pierre Chabrol que: « La bêtise a ceci de commun avec les maladies jean-pierre-chabrol1-238x300vénériennes, c’est qu’il est très agréable de l’attraper » c’est sans doute ce qui fait son succès. J’ai eu le bonheur de rencontrer le bonhomme dans les années 70 et j’en garde un souvenir particulièrement marquant. Cet ancien maquisard était devenu conteur, romancier (lisez « les colères des Cévennes » chez Grasset je crois) il avait même tâté du cinéma (avec Costa Gavras si j’ai bonne mémoire) le visage buriné comme les monts de Lozère qu’il aimait tant, il vous entraînait dans ses récits et vous offrait un voyage dont on revient rarement indemne. Écolo avant l’heure, éveilleur des consciences, gardien des milles et une nuits de la culture universelle, ce paysan Cévenol était à lui seul une leçon de vie. En scrutant les gesticulations des princes qui nous gouvernent, il aurait sorti de sa besace un dicton dont il avait le secret, un adage qu’il aurait attribué à quelque vieux berger de ses montagnes et aurait continuer de bourrer sa pipe comme si de rien n’était.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A chacun ses anniversaires…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la marine à voiles et des légumes à la vapeur réunis, bonjour ! Nous voici le Mercredi 11 septembre 2019, 25è jour de Fructidor, que nos amis républicains, à court d’idées probablement, avaient dédié à l’écrevisse.

Oui je sais, le 11 septembre, les twin towers, Manhattan, Ground Zéro,etc… Mais pour moi, le 11 Septembre restera à jamais ce jour pinochet-247x300funeste où les sbires de Pinochet épaulés par les mens in black de la CIA et sous la houlette de Augustin Edwards Eastman, l’homme le plus riche du chili, ont mis un terme à l’expérience démocratique menée par Salvador Allende au Chili. C’était en 1973. La junte militaire proclame l’état de siège dans tout le pays et dissout les partis. Dans les jours qui suivent, 45.000 personnes suspectes de sympathies marxistes sont raflées et concentrées dans le sinistre stade de Santiago; aujourd’hui stade Victor Jara du nom d’un chanteur populaire qui fut torturé en public et, finalement, assassiné.

Trois mille de ces personnes disparaitront tragiquement dans les geôles militaires; beaucoup seront torturées avant d’être exécutées de diverses façons comme d’être lâchées du haut d’un avion dans l’océan ! 200.000 Chiliens se sentant menacés prennent les chemins de l’exiSilhouette_of_Salvador_Allende_speeches_04l. Ce déchaînement de violence sadique vaudra un quart de siècle plus tard une inculpation de crime contre l’humanité à Augusto Pinochet. Voila l’histoire pour les petits nenfants qui croient encore que les garçons naissent dans les choux, les filles dans les roses et les démocraties dans les urnes. Aujourd’hui, le président brésilien Jair Bolsonaro a ouvert une nouvelle polémique en faisant l’apologie du régime Pinochet pour rejeter les critiques de Michelle Bachelet, Haute Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU et ex-présidente du Chili personnellement marquée par la dictature (son père a péri dans les geôles de Pinochet). Ce Bolsonaro est vraiment un rustre; non content d’insulter la première dame française, il soutient sans ambage l’héritage d’une dictature fasciste.

Merci d’être passé; portez vous bien et à bientôt peut-être.