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Au 31 du mois d’août…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la perfide Albion (y-en a) et de la panse de brebis farcie réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 31 Août 2019, quatorzième jour de Fructidor dédié à la noix.

Je ne pouvais pas laisser passer le 31 août sans entonner avec vous cette chanson qui a accompagné tant de nos soirées quelque peu agitées. Celle-ci est d’autant plus intéressante qu’elle relate un fait historique. Il s’agit de la prise du « HMS KENT », bâtiment appartenant à sa très Combat_navalgracieuse majesté et dont on voit ici une représentation, par un petit navire « la confiance » commandée par Surcouf, corsaire Malouin. Le 7 octobre 18OO (?), dans la baie du Bengal, le Kent, navire anglais de guerre face à La Confiance. A trois hommes contre un, deux canons pour deux, le Kent était sûr de vaincre. Surcouf, fin tacticien, réussit toutefois à donner à ses hommes le courage nécessaire à la prise du Kent. Soixante-dix anglais furent tués, dont le capitaine, et seuls (!) vingt hommes de Surcouf succombèrent.

La légende nous a légué ce fameux dialogue: « Officier anglais : Nous, Anglsurcoufais, nous nous battons pour l’honneur, et vous les Français, vous vous battez pour l’argent !
Robert Surcouf : Chacun se bat pour ce qui lui manque ! » Cela ne l’a pas empêché de finir baron et armateur et porteur de la légion d’honneur. Il faut reconnaître qu’il n’a pas le profil de Long John Silver ou de Barberousse et qu’il fait davantage penser à un gras bourgeois de l’époque… En tous cas, un malouin malin doublé d’un prospère propriétaire terrien de 800 hectares.

Bon, allez, c’est la fin des vacances, je vous parie deux paquets de lessive contre un paquet de mer à la pointe du raz que le soleil va revenir ! En attendant, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Une gwerz pour l’été…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’underground et du cri de l’ormeau réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 30 août 2019, treizième jour de Fructidor dédié à l’épine-vinette. C’est un arbuste épineux qui donne de petits fruits rouges brillants. Pouvant atteindre trois mètres de hauteur, il pousse epine-vinette-300x225sur des terrains ensoleillés (autant vous dire que par ici… y’en a pas beaucoup.), dans les haies ou les talus pierreux. En France et en Europe, vous pouvez le croiser lors de randonnées en montagne, et observer de mai à juillet ses fleurs jaunes en grappe. Attention, les baies qui apparaîtront à la fin de l’été, remplies de pépins, ne sont pas comestibles tout de suite ! Elles contiennent de la berbérine, qui les rend toxiques jusqu’à leur maturité… L’Iran est le principal producteur et consommateur des baies d’épine-vinette. Tout comme en Afghanistan, ces baies séchées y sont utilisées comme condiment, notamment pour le riz traditionnel (riz aux « zereshks », son nom persan).

Aujourd’hui par chez nous on célèbre Edern qui n’était autre que le frère de Jenovefa que j’évoquais hier à propos de Youenn Gwernig et Glenmor qui en firent une opérette. Edern, Saint Gallois (ou d’origine StEdernIrlandaise selon les sources) franchit la Manche pour venir évangéliser l’Armorique, en l’an 894, et aborda la côte de Cornouaille (près de Douarnenez). Il fut à l’origine du « Plou » (paroisse) de Plouédern, puis, après s’être fixé un temps à Édern, bâtit son dernier ermitage à Lannédern. C’est à cet endroit que débuta la légende du Saint au Cerf: elle a inspiré une Gwerz (chanson bretonne) qui explique pourquoi Édern est devenu Saint et pourquoi il est si souvent représenté avec un cerf. Ah, la gwerz, chant profond de la Bretagne/ Oyez celle-ci:

https://youtu.be/w5-g4Bt7z_s

Dans la légende galloise, Edern, qui chevauchait aussi un cerf, est le fils du dieu Nuz et l’un des premiers amants de la reine Guenièvre, l’infidèle épouse du roi Arthur. Ce prénom est resté usité en Bretagne ; il est très peu fréquent ailleurs. CertainsCernunnos_Danemark_1-300x225 voient dans l’association de ces saints avec un cerf l’héritage de la religion celte qui tenait la bête en grande vénération (le grand cornu). La chute annuelle des bois suivie de repousse passait aux yeux des anciens pour être symbole de la mort et de résurrection. Le cerf, on le sait était associé au culte rendu au dieu Cernunnos comme sur la figuration ci-contre présente sur le fameux chaudron de Gundestrap.

Allez, le bonjour vous va, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Identity…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la musique dodécaphonique et du biniou-koz réunis, bonjour ! Nous sommes arrivés ensemble jusqu’à ce Jeudi 29 août 2019, douzième jour de Fructidor dédié au fenouil, ce qui prouve, si besoin était, qu’il ne faut douter de rien… Voici un poème que l’on doit à Youenn GWERNIG, décédé le 29 Août 2006 à Douarnenez (29).

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Il était né à Scaër (29) où il s’était initié à la sculpture sur bois auprès du père Le Coz, ébéniste. J’ai eu le bonheur de rencontrer le grand Youenn à plusieurs reprises et c’était toujours un ravissement de l’entendre raconter son aventure américaine, ses rencontres avec les artistes de la beat génération et son amitié avec Jack Kerouac. Dans les Youenn-Gwernig-debout-219x300années 50, Youenn qui exerce alors la profession de sculpteur sur bois, rencontre un certain Emile Le Scanff, qui sera connu plus tard sous le nom de Glenmor. Ce dernier l’entraîne alors dans sa petite troupe « Breizh a Gan », et les compères monte une opérette en breton, Genovefa. Mais l’époque est difficile pour l’identité bretonne, le souvenir de la guerre est encore chaud et l’héritage de certains « Breiz Atao » dur à porter. En 1957 Youenn s’embarque pour les États-Unis. Il y passera une douzaine d’années, exerçant ses talents de sculpteur dans le Bronx et s’essayant à l’écriture. En 1982 paraîtra La grande tribu, roman autobiographique dans lequel il raconte son expérience américaine.

Voici ce qu’en disait le réalisateur brestois Jean-Charles Huitorel qui lui a consacré deux documentaires:
« Je pense que nous ne somyouenn Le Télégrammemes encore qu’au tout début de la découverte de la formidable empreinte que Youenn Gwernig a laissée dans la culture bretonne, comme Glenmor, Xavier Grall ou Servat. Il a ouvert un nouvel espace d’expression mariant la langue bretonne à une expression contemporaine. Je retiens de lui sa grande jubilation à passer d’une langue à une autre, breton, anglais, français, incarnée dans sa chanson Identity. Et je me souviens à quel point l’homme et l’œuvre fusionnaient dans les mêmes valeurs humanistes et universelles. » Le voici ci-dessous chantant une gavotte dédiée à la lutte des travailleurs du « Joint français » (rien à voir avec le pétard franchouillard) dont les moins jeunes se souviennent.(photo: Le Télégramme)

A son retour en Bretagne, il refuse de s’acquitter de la redevance TV afin de protester contre le traitement que subit la langue bretonne sur la station régionale de FR3. Comble de l’ironie, c’est à lui que la chaîne fera appel de 1983 à 1989 pour diriger les programmes en breton. Je repense souvent à ce colosse à la carrure de bûcheron qui m’évoque immanquablement la stature et le style de Félix Leclerc.

Allez, merci à vous d’avoir fait le détour par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être. 

I have a dream…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’internationalisme et de la soupe aux choux réunis, bonjour! Je profite de ce Mercredi 28 août 2019, onzième jour de fructidor dédié à la pastèque, pour me nicola-bart-300x219souvenir de cet autre 28 Août, en 1927, jour où eurent lieu les funérailles et l’incinération de Nicola Sacco et Bartoloméo Vanzetti au cimetière Forest-Hill de Charleston USA. Écoutons Joan Baez pendant quelques secondes et souvenons nous que les pouvoirs, tous les pouvoirs, n’ont jamais mis plus de force et de rage qu’à vouloir éradiquer l’anarchisme. Il doit y avoir une bonne raison ! Réfléchit petit scarabée…

https://youtu.be/gL5jgZLTBj0

C’est encore un 28 août, en 1963, devant le Memorial Lincoln, à Washington, que le pasteur Martin Luther King s’adresse aux 250.000 personnes, dont 80% de Noirs, mobilisées à travers tout le pays pour une Marche versdream Washington organisée par le Mouvement des droits civiques. De son mémorable discours, on a surtout retenu les mots improvisés à la fin : « I have a dream that one day little black boys and black girls will be able to join hands with little white boys and white girls as sisters and brothers… » (Je fais un rêve qu’un jour, les petits enfants noirs et les petits enfants blancs joindront leurs mains comme frères et soeurs…)

Aujourd’hui, 28 Août, on regarde brûler l’Amazonie, fondre le Groenland et vitupérer les Trump et autres Bolsonaro en continuant de rigoler avant que le ciel nous tombe sur la tête. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le son du Prez…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la chapelle Sixtine et de la cousine Bette réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 27 Août 2019, c’était généralement le 10e jour du mois de fructidor dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de l’échelle.

Je profite de ce jour anniversaire, pour dire quelques mots d’un musicien que j’apprécie particulièrement; il s’agit de Lester Young. C’est à Woodville (Mississipi), petite ville au fin fond du Sud des Etats-Unis, que Lester Willis Young est né le 27 août 1909. Le jeune garçon grandit à la Nouvelle-Orléans, puis à Minneapolis où sa famille a déménagé. Il réalise plusieurs tournées avec l’orchestre familial, auquel participe billie-lester -D-également son jeune frère Lee (batteur). Les premières années du parcours en solitaire de Lester Young sont marqués par des participations à un grand nombre d’ensembles musicaux et il se fait rapidement remarquer par son style d’interprétation atypique, jouant du saxophone de manière détendue, en adoptant souvent des attitudes nonchalantes, et en tenant son instrument de travers, presque à l’horizontale. Suivant la tradition de la « royauté du jazz », qui veut que les musiciens vedettes se voient attribuer des sobriquets prestigieux (« King », « Duke », « Queen », etc.), il reçoit le surnom de « Prez », diminutif de « Président », qui semble lui avoir été attribué, par Billie Holiday.

Lester Young réalise avec Count Basie une série d’enregistrements de grand renom, notamment les légendaires Kansas City Sessions, jouant tant du saxophone que de la clarinette. A la fin des années 1930, il se partage entre l’orchestre de Count Basie, l’accompagnement de Billie Holiday et d’autres ensembles. Mais, à paLester-Young-45-degreesrtir du début des années 1950, Lester Young entre dans une spirale mortifère, tenaillé par des problèmes aussi bien physiques que psychologiques. Si ses interprétations s’en ressentent parfois, il n’en demeure pas moins un pilier de Jazz at the Philarmonic, dont il suit les tournées américaines et européennes, et son style de swing traditionnel continue d’influencer grandement les nouvelles générations de jazzmen. En 1955, il est hospitalisé pour dépression nerveuse durant un an. Mais ses habitudes mortifères reprennent bientôt le dessus, une consommation abusive d’alcool s’ajoutant à une alimentation de plus en plus insuffisante.

Au début de 1959, il réalise une tournée européenne, qui s’achève à KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERAParis par une prestation au Blue Note, avec Kenny Clarke: durant son séjour sur le vieux continent, il boit sans discontinuer et ne mange  quasiment rien. Après un ultime enregistrement dans la capitale française, Lester Young reprend l’avion pour les Etats-Unis et atterrit à New York le 15 mars 1959. Quelques heures après son retour, il succombe à un arrêt cardiaque. Sa mort et celle, quelques mois plus tard, de sa complice Billie Holiday, viennent alimenter la légende tragique du Jazz et de ses musiciens consumés par les feux de la rampe.
Sources: les travaux de Nikita Malliarakis et les textes d’Alain Gerber.

Voila pour cette rentrée, à écouter sans modération aucune. Eteignez la télé et laissez vous emporter par le saxo de Lester Young et la voix inoubliable de Lady Day… Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Calligrammes…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la liberté (sans adjectif) et de la réglisse (sans adjuvant) réunies, bonjour ! Oui, je vous rappelle que nous sommes le Lundi 26 Août 2019 qui correspond au neuvième jour de fructidor, consacré (ou plutôt dédié) à la réglisse qui est comme chacun le sait tout à fait apollinaire_by_vlaminck_1903indiquée dans la lutte contre le mauvais cholestérol. Ça c’est pour ceux qui auraient fait quelques excès durant l’été. Ce qui, j’en suis convaincu, ne peut en aucun cas être le vôtre, de cas… Or donc, après ces quelques jours de trêve estivale, le cénobite reprend le collier. Connaissant la réputation de vôtre perspicacité, je sais que vous n’avez pas été sans remarquer qu’en ce mois d’août nous célébrons le dixième anniversaire de ce blog modeste et génial comme disait l’autre. C’est aussi l’anniversaire de la naissance d’un immense poète qui accompagna mes errances adolescentes et au delà. Je veux parler de Guillaume Apollinaire (à droite, son portrait par Vlaminck).

De son vrai nom: Guglielmo Alberto Wladimiro Alessandro Apollinare de Kostrowitzky.  En 1901, il est engagé comme précepteur en Allemagne et tombe amoureux de la gouvernante, qui refuse ses avances. Ses premiers poèmes portent la trace de sa douleur d’homme éconduit. Il apollinaire- cocteaurentre à Paris en 1902 et publie dans « La Revue blanche » son premier conte, « L’Hérésiarque », en signant « Guillaume Apollinaire ». Il publie alors de nombreux contes et poèmes dans des revues et commence à se faire connaître. Le poète pénètre dans les milieux artistiques, se lie d’amitié avec Pablo Picasso et devient un hôte assidu du Bateau-Lavoir où il fait la connaissance de Max Jacob. Il suit de très près l’évolution du mouvement cubiste et publie en 1913 « Peintres cubistes ». Cette même année est publié son premier recueil, « Alcools », sélection de poèmes rédigés depuis ses débuts.

Il veut s’engager dans l’armée française dès 1914, mais ne possède pas la nationalité et doit être naturalisé. Il est tout de même affectéOnze1-189x300 en décembre 1914 dans l’artillerie et continue d’écrire. Transféré dans l’infanterie en 1915, il est naturalisé en début d’année 1916. Il est blessé quelques jours plus tard par un éclat d’obus et est trépané à Paris. Après des mois de convalescence, il se remet à écrire et crée le terme de « surréalisme » dans une lettre à un poète. Il publie en 1918 son second grand recueil poétique, « Calligrammes », quelques mois avant de mourir de la grippe espagnole. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Outre ses poèmes, on lui doit des romans érotiques pour ne pas dire pornographiques comme le fameux «Les onze mille verges» ou encore «les exploits d’un jeune Don Juan».

Et voilà, passent les jours et passent les semaines; le cénobite continue son bonhomme de chemin. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Cicéron m’était conté…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’humour noir et du lieu jaune réunis, bonjour ! Et bien voilà, ça n’a pas manqué, nous sommes le Lundi 19 MilletStock-1024x683août 2019. Dois-je préciser que c’est le deuxième jour de fructidor et que c’est le jour du millet… Pas une raison pour donner l’angélus (humour). Bien évidemment il se trouvera toujours un adepte de la pataphysique pour vous affirmer qu’en réalité le 19 Août 2019 correspond au Lundi 9 Phalle 146 – St Godemiché, économe – fête suprême quarte – dans leur propre calendrier.

Pour ceux qui s’imagine que l’austérigueur (oui, c’est un mot nouveau). Mon aïeule me disait qu’autrefois, c’est à dire avant y’a longtemps, si tu inventais un mot, tu le ciceróndéclarais à la mairie et tu recevais cinq sous… Donc, pour ceux qui pensent qu’il s’agit là d’une invention de nos dirigeants actuels, voici une petite citation digne d’intérêt.
Les finances publiques doivent être saines, le budget doit être équilibré, la dette publique doit être réduite, l’arrogance de l’administration doit être combattue et contrôlée, et l’aide aux pays étrangers doit être diminuée de peur que Rome ne tombe en faillite. La population doit encore apprendre à travailler au lieu de vivre de l’aide publique. (Cicéron – 55 avant Jésus Christ) Amusant, non !

Seulement voilà, après moult recherches, je n’ai trouvé aucune trace de cette citation chez notre ami Marcus Tullius Cicero à qui l’on doit le fameux: O tempora, o mores, et pour cause: En fait, la version originale, n’est pas en a-pillar-of-iron-195x300latin, mais en anglais et le bon Cicéron n’y est pour rien. C’ est extrait d’un ouvrage paru en 1965 (je précise, après Jésus-Christ): A pillar of iron (une colonne de fer)  l’auteure est une Américaine: Taylor Caldwell. Ce livre est un roman dont l’action se déroule dans la Rome antique, et Cicéron, revu et corrigé, à la sauce « made in USA », a les mêmes idées que les libéraux pur jus. Cette citation est très répandue aux États-Unis, et sur la toile, mais peut-être que les américains pensent que Cicéron est un homme politique américain ? Hé oui, O tempora, o mores ! Quelle époque, quelles mœurs !

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être car je m’absente pour quelques jours.

Ces êtres là sont adorables…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis du symbolisme décadent et du jambon de Bayonne réunis, bonjour! C’est aujourd’hui, Samedi 17 Août 2019, le trentième et Jules_Laforgue-G-dernier jour de thermidor, dédié au moulin. A l’heure où vous lisez ce billet je m’apprête à prendre mon envol, direction plein Sud pour une courte pérégrination le long du Douro. Pour l’heure je voulais vous inviter à profiter de cette période estivale pour délaisser un peu vos ordinateurs et vous plonger dans un beau recueil de poésie. J’ai opté pour Jules Laforgue dont la misogynie au 18è degré me comble d’aise à chaque fois.

Je me souviens d’un soir d’hiver dans un manoir proche de Dinard, alors que la soirée traînait en longueur et que le feu crépitait faiblement dans la grande cheminée de granit. On refaisait le monde à notre manière quand l’un de nous récita ce poème et pour beaucoup ce fut une découverte.
Un couchant des Cosmogonies !
Ah ! que la Vie est quotidienne…
 Et, du plus vrai qu’on se souvienne,
 Comme on fut piètre et sans génie…  94_Jules-Laforgue
On voudrait s’avouer des choses,
Dont on s’étonnerait en route,
Qui feraient une fois pour toutes !
Qu’on s’entendrait à travers poses. 
On voudrait saigner le Silence,
Secouer l’exil des causeries ;
Et non ! ces dames sont aigries
Par des questions de préséance.
Elles boudent là, l’air capable.
Et, sous le ciel, plus d’un s’explique,
Par quel gâchis suresthétique
Ces êtres-là sont adorables.
Justement, une nous appelle,
Pour l’aider à chercher sa bague,
Perdue (où dans ce terrain vague ?)
Un souvenir d’AMOUR, dit-elle !
Ces êtres-là sont adorables !

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Dans la vallée Ohoh…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’analyse concrète et du Fernet-Branca réunis, bonjour ! Cela devait finir par arriver, nous sommes le Vendredi 16 août 2019, 29è jour du mois de thermidor Arzhel valléehabituellement consacré au coton. Pour ceux qui croient au ciel, c’est la Saint Armel dont les traces sont nombreuses par chez nous (Bretagne). Par exemple Ploermel, Ergué-Armel ou encore Plouarzel. Oui parce que en breton on dit Arzhel; nom issu du celtique « arz » (ours) et « maël » (prince). Invoqué contre la sècheresse.  En voila un qui a rapidement trouver sa place dans la vallée des saints à Carnoët: œuvre du sculpteur Seenu de Ploezal.

Or donc, Armel ou Arzel, comme vous voulez, fait partie de ces moines qui débarquèrent en Armorique en provenance du pays de Galles en voyage organisé entre le 4è et le 6è siècle à bord de la Brittany ferries, bien décidés à conquérir l’âme de ces pauvres indigènes que les Romains et les Vikings avaient laissé dans un état de dénuement spirituel catastrophique.  Il serait né vers 482 dans le Glamorgan au Sud du pays de Galles. En vérité, Statue valléecette région doit son nom au roi Morgan ap Owain et non à son ancêtre le souverain Morgan Mwynfawr ap Arthrwys qui lui a du vider quelques hanaps avec Armel. Pour sa part, notre ami Armel décida de débarquer au fond de l’aber Ildut, pas très loin d’ici. A peine arrivé il créa sa petite entreprise qu’il dénomma modestement « abbaye de Plouarzel ». Le roi des Francs, Childebert 1er, ayant remarqué son zèle le fit appeler à ses côtés. Il s’empressa de guérir aveugles et boiteux et sa majesté le renvoya en Bretagne où il fonda la marque « produit en Bretagne ». Sur le chemin du retour, qui, faut-il le rappeler, était très long au temps, au bon temps, des rois fainéants, il s’arrêta près de Corps-Nuds en Ille-et-Vilaine, débarrassa le coin d’un vilain dragon qui faisait peur aux petites filles et en profita pour créer une succursale qu’il baptisa « monastère de Saint-Armel ». Bref, une réussite de tous les diables !

Saint Armel reviens, il y a un méchant dragon qui veut croquer notre République. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Il jouait du piano debout…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la jocrissade et du poulet basquaise réunis, bonjour! Et bien voila, nous y sommeapéro-lupins au 15 août… Si vous êtes impatient de finir le mois, dites vous que nous sommes le 28 de thermidor et que c’est le jour du lupin. Au Portugal, le lupin (Tremoços) est très apprécié aux apéritifs accompagné de chorizo, jambon fumé, fromage et bien entendu d’une bière bien fraîche. En Amérique latine le lupin blanc est cultivé pour en faire de la farine et au Brésil ils en tirent une bière. Égyptiens, Incas et Mayas connaissaient déjà cette plante protéagineuse fort nourrissante. Comme disait Lewis Carroll: Suivez ce lupin blanc…

Or donc, aujourd’hui en Bretagne on célèbre Intron-Varia evel just;peterson-D- c’est sans doute pour cela que je m’en vais vous causer d’Oscar. Tiens, en voici un qui est né un 15 août en 1925 dans ce quartier de Montréal que l’on appelle la Petite Bourgogne et mort le 23 décembre 2007 à Mississauga (Ontario). Il va grandir baigné par la culture jazz et, très vite son père lui enseigne la trompette. Mais pour Oscar, le must c’est le piano. C’est sa sœur Daisy qui va se charger de l’apprentissage. A l’âge de 14 ans il gagne un prix national et quitte l’école pour devenir musicien professionnel.

Oscar Peterson va rapidement se construire une réputation et il apparaîtra au Carnegie Hall pour la première fois en 1949. Influencé par Nat King Cole et surtout Art Tatum, il va accompagner Lester Young, Louis Armstrong et Ella Fitzgeraldcshf_08_oscar_peterson_library_and_archives_canada_466. Le tournant de sa carrière est son engagement par l’impressario Norman Granz qui va lui permettre de jouer avec les plus grands de son époque. De 1991 à 94, il est chancelier de l’université de York à Toronto, il faut noter par ailleurs qu’il est Franc-maçon. Après avoir parcouru le monde, enregistré des centaines de titres, joué avec les meilleurs, reçu tous les prix possibles, il va s’éteindre dans sa maison de la banlieue de Toronto le 23 décembre 2007. Je fais partie de ceux qui le considère comme le plus grand pianiste de jazz de tous les temps.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.