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Une p’tit’ pipe et au lit !

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la pensée libre et des tagliatelles carbonara réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 04 Juillet 2019, seizième jour de messidor lanvallay_6consacré au tabac. Par ici on fête les Balae: disciple de Gwenolé au VIe siècle, à l’abbaye de Landévennec. Il a laissé son nom aux communes de Ploubalay & Lanvallay.  « Lann Balae » deviendra « Lann Valay » par évolution du langage courant avec notamment la prononciation des « B » en « V » derrière une consonne, transformation caractéristique de la langue bretonne.

Or donc, le tabac: Cette plante, que l’on prend dans ses doigts et qu’on roule fut introduite en France par André Thevet et non par Nicot comme on le pense souvent. Voici ce qu’il en dit dans son compte-rendu d’un voyage aux Amériques (1558): « Autre singularité d’une herbe qu’ils nomment en leur langue pétun, laquelle il porte ordinairement avec eux, pource qu’ils l’estiment merveilleusement femme à pipeprofitable à plusieurs choses. Elle ressemble à notre buglosse. Or ils cueillent soigneusement ceste herbe et la font sécher à l’ombre dans leur petites cabanes. La manière d’en user est telle : ils l’enveloppent, estant seiche, quelque quantité de ceste herbe en une feuille de palmier qui est fort grande, et la roulent comme de la longueur d’une chandelle, puis mettent le feu par un bout, et en reçoivent la fumée par le nez et par la bouche. Elle est fort salubre, disent-ils, pour faire distiller et consummer les humeurs superflues du cerveau. Davantage, prise en cette façon, fait passer la faim et la soif pour quelque temps. Parquoi ils en usent ordinairement, même quand ils tiennent quelque propos entre eux, ils tirent cette fumée, et puis ils parlent…Vrai que si on en prend trop cette fumée ou parfum, elle entête et enivre, comme le fumet d’un fort vin. » Thevet en ramènera des graines en France qu’il sèmera dans sa région natale d’Angoulême et baptisera la plante « herbe angoulmoisine ». Mais le terme aura moins de succès que « pétun », mot venant du tupi « petyma, petyn » qui sera largement employé en France et aux Antilles jusqu’au début du XVIIe siècle, époque où il sera évincé par « tabac », terme qui lui, vient à travers l’espagnol, d’un mot haïtien, tabaco. Il est amusant de noter qu’en breton, tabac se dit butun et la pipe ar korn-butun.

Je m’en vais donc pétuner ma vieille pipe d’écume sans craindre qu’un voisin ne s’exclame comme dans Cyrano:  » Ça Monsieur, lorsque vous pétuner, la vapeur du tabac vous sort-elle du nez sans qu’un voisin ne crie au feu de cheminée ? ». Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.