Larvatus prodeo…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la poésie et du Kig ha farz réunis, bonjour. Nous sommes le Samedi 08 juin 2019 c’est à dire le 20 de Prairial et, l’auriez vous deviné, c’est le jour de la fourche ! La fourche, comme chacun le sait, est un outil qui a les dents longues et qui est surtout utilisé pour empaler les zombies dans les films de genre. Ceci étant, quelque part entre Nîmes et le Mont Aigoual, dominant la vallée de la Vidourle, il fourcheexiste un magnifique village Cévenol qui a fait de la fourche son fond de commerce. En effet, c’est à SAUVE que l’on trouve le conservatoire de la fourche, attention, la vraie fourche à trois becs en bois de micocoulier. Ici point question de fourche fantaisie made in Taïwan. La recette est tenue secrète depuis près de dix siècles. Mais si vous tenez absolument à faire l’acquisition de la véritable fourche de Sauvé, assurez vous qu’elle porte bien la fameuse « cravate » en écorce; c’est un label aussi solide que l’abeille de Laguiole. Maintenant, j’entends bien vos réticences:
- Mais, cher cénobite, que faire aujourd’hui d’une fourche à trois becs en bois de micocoulier ?
- Et bien, si vous êtes patients, je vous donnerais bientôt une liste de banquiers, spéculateurs, ministres, escrocs, dont la tête pourrait bien fournir à vos fourches à trois becs en bois de micocoulier, l’occasion de reprendre du service…

Un peu de philo…

Le 8 juin 1637, un opuscule mystérieux paraît en français à La Haye. Il est intitulé Discours de la Méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences. L’auteur est un homme discret, quoique déjà célèbre dans tous les cercles cultivés d’Europe : René Descartes. Il n’a pas signé son ouvrage pour éviter les tracasseries de descartestoutes sortes et surtout les foudres du Saint-Siège (quatre ans plus tôt, celui-ci a jugé Galilée)… Ne s’est-il pas donné pour devise : Larvatus prodeo (« Je m’avance masqué ») ? Il était né le 31 mars 1596 en Touraine, dans un village qui porte le nom de… La Haye (comme la ville où paraîtra son ouvrage le plus célèbre, ça ne s’invente pas ! Premier livre de philosophie écrit non en latin mais en français, le livre débute par une formule célèbre (et ironique) : « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre Descartes-le-scandaleuxchose, n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont ». Je vous invite à lire (ou relire) Descartes le scandaleux de Dimitri Davidenko chez Robert Laffont. (1987 ou 88 si ma mémoire est juste)
Descartes, tel qu’on ne l’a jamais raconté. Descartes, tel qu’il fut. Une révélation ! Philosophe, oui, mais libre, hors des systèmes – aujourd’hui, on dirait : marginal. Et mathématicien, et physicien, de même. Surtout un homme plein de sève, qui aimait le jeu, la ripaille, le vin et l’amour. Un libertin, un aventurier sans cesse sur les routes d’Europe. Un amant redouté des hommes, aimé des femmes, des plus humbles aux plus célèbres : la princesse Palatine, la reine Christine de Suède l’invita à ses côtés. Ce Descartes-là, le vrai, on nous l’avait caché. Belle et bonne lecture pour l’été qui s’annonce.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

3 commentaires

  1. jean Peter

    Malheureusement, Descartes invita aussi l’homme à se rendre maître et possesseur de la nature avec les dégâts qui s’en sont suivis et qui risquent bien de nous mener à notre perte

  2. Philippe Caremel

    tu dis rien sur les foufourches…

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