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A St-Jean au musette…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition respectée et de la galette saucisse réunies, bonjour ! Nous voici le Vendredi 21 Juin 2019, 3è jour de messidor et nous célébrons l’oignon. Avouez que c’est quand même autre chose que de vénérer saint Frusquin ou saint truc, sauf peut-être St Pourçain, St Amour et St Joseph. Par ailleurs, tous les gastronomes vous le diront, l’oignon rosé de Roscoff (29) mériterait à lui tout seul un jour férié. C’est donc le solstice d’été. Le oignonspremier jour de l’été 2019, c’est très précisément à 17h 54 (heure universelle). A Brest, le soleil se couchera carrément à 22h18 (pour une durée d’ensoleillement total de 15h58 dans la journée). 15h 58 de soleil à Brest, dans la même journée… On croit rêver! Le solstice est fêté en allumant de grands feux. Le feu est de tous temps le symbole purificateur du soleil. Le rite du feu de joie a été christianisé au Ve siècle. Mais, on n’étonnera personne en déclarant que fêter la Saint Jean n’a pas grand chose de catholique (!) ni même de très chrétien. Une fois de plus, un vernis chrétien est venu s’ajouter à une tradition particulièrement ancienne et qui fleure bon le paganisme. Ah, mon amant de Saint-Jean !

 

L‘église catholique a repris cette pratique en la christianisant. Et en copiant son déroulement sur celui opéré par les celtes et les germaniques pour la bénédiction de leurs moissons. Les premiers peuples slaves avaient ainsi pour coutume de fêter Ivan Kupalo, dieu du soleil et de la réincarnation, mais aussi de la « purification par l’eau de la fertilité et de l’amour ». Peuples de l’est et de Russie le célébraient avec des couronnes de fleurs sur la tête, en chantant et dansant autour de grands feux sur lequel ils jetaient des herbes. Des baignades nocturnes « purifiantes » dans les rivières couplées à petit-journal-203x300des actes d’amours et au plaisir charnel la même nuit complétaient les réjouissances. La rupture avec la tradition se situe au moment de la christianisation de la Russie : des Saints se substituent alors aux dieux païens et les baignades nocturnes sont bannies. Quant à la France catholique du Ve siècle, elle fait succéder à la célébration de « Koupalo » celle de la Saint-Jean-Baptiste. Je me souviens qu’enfant, le feu de St-Jean mobilisait tout le quartier. Jeunes et moins jeunes se démenaient des jours et des jours avant l’évènement pour réaliser le tas de bois le plus grand qui soit. Et puis il fallait assurer sa surveillance car, une tradition tenace voulait  que les bandes des autres quartiers tentent de s’emparer du butin ainsi stocké. Il y avait une expression intraduisible, on disait; « faire an hierez », c’est du Douarneniste dans le texte mais je ne garanti pas l’orthographe. Jusqu’au jour où la chose s’est institutionnalisée, principe de précaution aidant, plus question d’allumer des feux aux quatre coins de la ville…Une fois de plus, les tenants de l’ordre avaient gagné.

Aujourd’hui, le Port-Rhu , quartier de Douarnenez qui m’a vu naître, s’est transformé en marina et les cendres de nos feux sont à jamais dispersées. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.