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Bourrage de crânes…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la vérité toute nue et du poulet basquaise réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 15 juin 2019, jour de la verveine dans le calendrier républicain.

Le billet du jour m’est inspiré par une réflexion du style « quand on voit c’qu’on voit et qu’on entend c’qu’on entend, faut pas s’étonner que les gens y pensent c’qui pensent ». Le bourrage de crâne est d’autant plus fréquent de nos jours que entre internet, la télé, la presse écrite, il Victor Serge -D-devient de plus en plus difficile de séparer le vrai du faux, le bon grain de l’ivraie, l’info et l’intox. Tout cela se mélange dans une sorte de brouet lacédémonien que l’on pourrait nommer l’infox. Déjà en 1937, Victor Serge, nous alertait sur ce phénomène. Né à Bruxelles dans une famille d’exilés anti-tsaristes, rédacteur à l’anarchie, Victor Serge (1890–1947) rejoint la Russie à l’annonce de la révolution. Membre de l’opposition de gauche du parti bolchevique, il connaît la prison puis la relégation en Oural. Expulsé d’URSS après des années d’interventions de militants et d’écrivains, il arrive à Bruxelles en avril 1936. Boycotté en France par la presse du Front populaire, il est invité par La Wallonie, un journal socialiste de Liège, à publier une chronique hebdomadaire. Extrait:

« Il y a encore une forme du mensonge particulièrement riche parce qu’elle combine toutes les autres en y ajoutant l’information (ne souriez pas…), l’imagination et le grand tirage. Elle s’appelle le bourrage de crâne et dépasse de loin en capacité de nuire tous les autres procédés de truquages et d’escroqueries psychologiques. La chose est vieille comme la presse, le mot, un bourragemot magnifique par sa précision, est né pendant la guerre, à une époque où la presse s’attachait, avec un zèle sans bornes, à « bourrer » de sornettes les crânes des hommes qu’il fallait amener à tuer et se faire tuer pour que les oligarchies capitalistes rivales pussent refaire la carte du monde (de manière à recommencer plus tard…). » Aujourd’hui, Macron 1er, reprenant une pièce célèbre de son illustre prédécesseur Sarko, s’indigne des dérives capitalistes dans un discours devant l’Organisation Internationale du Travail à Genève; défendant une « économie sociale de marché où chacun trouve sa part » on croit rêver… A ce jour, le bourrage de crânes c’est cela: laisser croire au petit peuple tout de jaune vêtu, que nos dirigeants sont de dangereux gauchistes qui vont se dépêcher d’organiser une juste répartition des richesses car le grand soir est pour demain. Et si notre grand timonier se présente en thérapeute d’un capitalisme devenu fou, c’est d’abord un message qu’il lance aux actionnaires « accommodez vos exigences d’un peu d’apparence démocratique » et c’est bien sûr dans l’idée de sauver le capitalisme et pas la démocratie.

Pendant ce temps, si j’en crois Médiamétrie, vous fûtes dix millions à suivre les exploits de nos footeuses en bleu ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.