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Qui marche sans bâton, marche sans raison…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’hyperbole et de la fraise Tagada réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 20 juin 2019, 2è jour de messidor dédié à l’avoine, et comme disait mon aïeule : la pluie de juin fait belle avoine et mauvais foin…

La bouillie d’avoine, ou yod kerc’h en breton est une bouillie principalement composée d’avoine comme son nom l’indique, consommée en basse-Bretagne autrefois par les plus pauvres. C’est une bouillie brune, normalement salée, qui se mange trempée dans du bouillie-avoine-beurre-800x5321-300x199lait ribot. En Bretagne, au moins dans le Finistère, on en trouve dans toutes les grandes surfaces, au rayon frais. Mon aïeule, dont les préceptes culinaires m’ont toujours fait rêver, la préparait à partir d’avoine grillée et moulue. On mettait ce mélange de farine et de son à tremper une nuit. Le lendemain, le gros du son flottait à la surface et était retiré (ce surplus s’appelle gwaskin). Le reste du récipient était délayé avec du lait et/ou de l’eau, mis à cuire dans un chaudron et touillé avec un bâton nommé bazh-yod (le bâton à bouillie). Celui-ci a laissé son nom à un jeu de force très populaire et encore pratiqué de nos jours comme le montre la photo ci-dessous.

Tous les chroniqueurs et historiens s’accordent pour dire que les bretons avaient une prédilection pour les jeux de bâton. Mais l’ « arracher du bâton » est aussi un jeu symbolique, car le bâton représente le pouvoir : ainsi connaît-on des scènes très anciennes bazh-yod-300x226dépeintes dans les églises, et pas seulement en Bretagne, où l’on voit un moine et un évêque lutter au bâton, mais aussi une femme et son mari, un bourgeois et un noble, etc. Le jeu, bien attesté comme jeu de veillées et d’assemblées de voisins, et qui se retrouve sous diverses formes partout dans le monde, tire probablement son origine de la nécessaire préparation journalière de la bouillie destinée à nourrir le cochon de la maison : celle-ci nécessitait l’utilisation de ces « baz-yod » ou « bâton à bouillie ».

Allez voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Passe ton bac d’abord…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

Amis de l’allégorie et du véritable bretzel réunis, bonjour ! A force de l’attendre, c’est enfin arrivé, nous sommes le Mercredi 19 Juin 2019, premier jour de messidor dédié au seigle. Vous remarquerez au passage que nos amis républicains avaient l’âme autrement plus poétique que les messidortechnocrates Onusiens d’aujourd’hui qui nous concoctent la journée de la femme, du braille, des zones humides, de la trisomie, du sommeil, de l’eau, de la tuberculose, j’en passe et des moins drôles. Messidor, tirait son nom « de l’aspect des épis ondoyants & des moissons dorées qui couvrent les champs de juin en juillet », selon les termes du rapport présenté à la Convention nationale le 3 brumaire an II par Fabre d’Eglantine, au nom de la « commission chargée de la confection du calendrier ». Son poème en l’honneur de messidor par contre est d’une nullité rarement égalée :
Quel repos plein d’attraits goûte la Moissonneuse
Quand aux travaux du Jour succède un doux Sommeil
Cérès par tes présens tu rends la vie heureuse
Jamais on ne les voit s’évanouir au réveil

Tiens, sujet de dissertation pour le bac: la ferveur révolutionnaire est-elle soluble dans la poésie ? Vous pouvez aussi, inverser les termes de la problématique. Vous avez quatre heures. Ah, le bac ! Le bachot comme disait mon aïeule; expression aujourd’hui totalement désuète pour nos chères têtes blondes pour qui les trois lettres BAC évoquent baccalaureat-bac-la-reunion-resultat-2016-2015surtout les gentils policiers qui se sont illustré par leur empathie musclée envers les méchants gilets jaunes. Le mot baccalauréat est issu de l’altération de l’ancien français bacheler et du latin médiéval baccalarius, « jeune homme qui aspirait à devenir chevalier », sous l’influence de laureare « couronner de lauriers », les docteurs parant le front des nouveaux bacheliers de baies de laurier.

Ce qui suit n’a rien à voir mais, par ici, on célèbre les Riwanon qui, comme chacun le sait était la sœur de Urfol et de Rivoaré. Elle rencontra le barde Houarvian dont j’ai dressé le portrait dernièrement, l’épousa, et donna naissance à Hervé, aveugle, puis se sépara de Houarvian pour vivre en ermite et confia Hervé à saint Urfol. ma Doue benniget ! Pour ma part, je vous confie les clés de ce blogue et je retourne me coucher. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Karrig an Ankou…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’apiculture et du chouchenn chaud réunis, bonjour ! Nous voici le Mardi 18 juin 2019, dernier jour de prairial dans le calendrier républicain et il était dédié au chariot et non à la pelle comme certains nostalgiques voudraiechariotnt nous le faire croire (la pelle du 18 juin. Mouarf !!!). S’il se trouve parmi vous un prof de français, qu’il m’explique pourquoi on met un seul « R » à chariot et deux à carriole, charrette, charrue et carrosse. Le chariot est le septième arcane majeur du tarot. Il symbolise la réussite, la victoire, le but atteint. Dans la kabbale il est le zain, chiffre sept,et exprime hiéroglyphiquement la flèche. C’est le signe de la main mise de l’homme sur son destin. Le char du Triomphe qui caractérise le hiéroglyphe de cette lame dans le livre de Thoth, indique qu’il échappera aux lois de causalité du Destin si le conducteur parvient constamment à dominer les deux sphinx de polarités magnétiques différentes que sont Jakin et Boas. En termes profanes : choisis ton camp camarade… Mon calendrier des postes veux que ce soit la saint Léonce. Ah, Léonce vu par Jeanne Moreau !

https://youtu.be/K7JsjnBXrMg

En Bretagne armoricaine, le chariot est obligatoirement associé à celui du serviteur de la mort: L’Ankou. Mon aïeule, dont je vokarrig-an-ankouus parle si souvent avec de l’émotion dans le clavier et qui avait le don inné de la pédagogie active avait toujours sous la main une histoire de l’Ankou (oberour ar marv – l’ouvrier de la mort) et de son chariot.. C’est toujours tard le soir, lorsqu’il faisait bien noir, que l’orage grondait et que la  lueur vacillante de la lampe Pigeon annonçait sa fin prochaine (de la lampe, pas de l’aïeule), qu’elle décidait de nous parler du chariot de la mort… Karrig an Ankou, c’est le nom que lui ont donné les bretons. Un squelette des plus affriolants conduit une carriole dont l’essieu grince gravement. Lorsque vous l’entendez c’est qu’un proche va mourir.

Bon, ça c’est de l’éclectisme ou je ne m’y connais pas. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les grenouilles de bénitier…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la félicité et des nuits de Chine réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 17 juin 2019 et malgré mes recommandations, vous êtes encore devant votre ordinateur. C’est le 29è jour de prairial dédié à la pivoine, plante magique s’il en est. Son nom vient du grec Paiôn qui était un dieu guérisseur, que l’on retrouve sous le patronyme de Péan. pivoine ChineOn lui doit le prompt rétablissement de Hadès et Arès de leurs pivoine Chineblessures de guerre. Hyppocrate la prescrivait comme remède pour bon nombre de maux de femmes « Remède qui attire les règles et qui les fixe. Ayez trois ou quatre graines de pivoine, noires ou rouges : pilez-les dans du vin et faites boire. »  Et Théophraste d’ajouter:  « Cette plante, doit être arrachée la nuit car si on l’arrache de jour, et que l’on est vu par un pivert en train de cueillir le fruit, on risque de perdre les yeux, et si on coupe la racine, on risque la procidence de l’anus ». Une procidence de l’anus ! Non mais, vous imaginez cela, madame Michu ? C’est le genre de truc qu’il ne faut souhaiter à personne même à son pire ennemi. Quoique…

Si la Grèce avait ses dieux guérisseurs, la Bretagne avait ses Saints à l’instar de Hervé, Houarneau en breton, que l’on fête aujourd’hui. Il est Saint-Hervé-205x300le patron des bardes bretonSaint-Hervé-205x300s (espèce en voie de disparition) et à laissé son nom à la commune de Lanhouarneau dans le Finistère. Il est invoqué pour les maladies des yeux, la guérison des peurs, des angoisses et de la dépression nerveuse, pour repousser les démons et protéger les chevaux (avouez qu’il a du boulot !). En Bretagne, saint Hervé a aussi la réputation de faire cesser les coassements des grenouilles. Sauf celles dites de bénitier qui vont le pas pressé porter l’andouille à leur curé comme chantait Glenmor, barde s’il en fut.  En revanche, je n’ai rien trouvé concernant la procidence de l’anus…

Allez, je vais m’arrêter là, vous pouvez éteindre votre ordinateur et vous consacrer à une activité normale. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’oxymore et du pâté en croûte réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 16 juin 2019, 28è jour de prairial dédié au thym. Et le dimanche, le cénobite se la coule douce…

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Bourrage de crânes…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la vérité toute nue et du poulet basquaise réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 15 juin 2019, jour de la verveine dans le calendrier républicain.

Le billet du jour m’est inspiré par une réflexion du style « quand on voit c’qu’on voit et qu’on entend c’qu’on entend, faut pas s’étonner que les gens y pensent c’qui pensent ». Le bourrage de crâne est d’autant plus fréquent de nos jours que entre internet, la télé, la presse écrite, il Victor Serge -D-devient de plus en plus difficile de séparer le vrai du faux, le bon grain de l’ivraie, l’info et l’intox. Tout cela se mélange dans une sorte de brouet lacédémonien que l’on pourrait nommer l’infox. Déjà en 1937, Victor Serge, nous alertait sur ce phénomène. Né à Bruxelles dans une famille d’exilés anti-tsaristes, rédacteur à l’anarchie, Victor Serge (1890–1947) rejoint la Russie à l’annonce de la révolution. Membre de l’opposition de gauche du parti bolchevique, il connaît la prison puis la relégation en Oural. Expulsé d’URSS après des années d’interventions de militants et d’écrivains, il arrive à Bruxelles en avril 1936. Boycotté en France par la presse du Front populaire, il est invité par La Wallonie, un journal socialiste de Liège, à publier une chronique hebdomadaire. Extrait:

« Il y a encore une forme du mensonge particulièrement riche parce qu’elle combine toutes les autres en y ajoutant l’information (ne souriez pas…), l’imagination et le grand tirage. Elle s’appelle le bourrage de crâne et dépasse de loin en capacité de nuire tous les autres procédés de truquages et d’escroqueries psychologiques. La chose est vieille comme la presse, le mot, un bourragemot magnifique par sa précision, est né pendant la guerre, à une époque où la presse s’attachait, avec un zèle sans bornes, à « bourrer » de sornettes les crânes des hommes qu’il fallait amener à tuer et se faire tuer pour que les oligarchies capitalistes rivales pussent refaire la carte du monde (de manière à recommencer plus tard…). » Aujourd’hui, Macron 1er, reprenant une pièce célèbre de son illustre prédécesseur Sarko, s’indigne des dérives capitalistes dans un discours devant l’Organisation Internationale du Travail à Genève; défendant une « économie sociale de marché où chacun trouve sa part » on croit rêver… A ce jour, le bourrage de crânes c’est cela: laisser croire au petit peuple tout de jaune vêtu, que nos dirigeants sont de dangereux gauchistes qui vont se dépêcher d’organiser une juste répartition des richesses car le grand soir est pour demain. Et si notre grand timonier se présente en thérapeute d’un capitalisme devenu fou, c’est d’abord un message qu’il lance aux actionnaires « accommodez vos exigences d’un peu d’apparence démocratique » et c’est bien sûr dans l’idée de sauver le capitalisme et pas la démocratie.

Pendant ce temps, si j’en crois Médiamétrie, vous fûtes dix millions à suivre les exploits de nos footeuses en bleu ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le charme discret de Bilderberg…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la philosophie et de la soupe à l’oignon réunies, bonjour ! Nous voici le Vendredi 14 juin 2019, 26è jour de prairial dédié au jasmin-300x218jasmin. Avant de donner son nom à une révolution méditerranéenne (le jasmin est la fleur emblématique de Tunisie) cette plante avait conquis les parfumeurs. L’un d’entre-eux, Jean Patou, disait à propos du jasmin, qu’il fallait 10 600 fleurs pour produire une once de parfum. On dit que Cléopâtre serait allé à la rencontre de Marc-Antoine sur un bateau dont les voiles étaient enduites d’essence de jasmin… Il est vrai qu’elle avait du nez !

Tiens, c’est dans la discrétion que le groupe Bilderberg s’est réunit du 30 Mai au 02 Juin à Montreux, sur les rives du lac Léman, pour sa 67e édition; plus précisément dans l’enceinte du Fairmont Le Montreux Palace, un hôtel de luxe de la cité helvétique. Discrétion illustrée par ce rideau de plantes vertes afin d’occulter l’entrée du palace. Comme de coutume, cette réunion suscite de nombreux commentaires. Quelques français y participaient:  Le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire tout comme Clément Beaune, conseiller Europe et G20 palace suissed’Emmanuel Macron. Les PDG de Total (Patrick Pouyanné), Thales (Patrice Caine) et Axa (Thomas Buberl) ont aussi été invités. L’historien François Godement, spécialiste de la Chine et de l’Asie de l’Est – par ailleurs conseiller pour l’Asie à l’Institut Montaigne et consultant externe au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères française. A noter que le groupe Bilderberg est présidé, depuis 2012, par celui qui assure la direction de l’Institut Montaigne, l’ancien PDG d’Axa: Henri de Castries. Le groupe Bilderberg, constitué en 1954, formellement par l’initiative «d’éminents citoyens» étasuniens et européens, fut en réalité créé par la Cia et par le service secret britannique MI6 pour soutenir l’OTAN face à l’URSS. Après la guerre froide, il a gardé ce même rôle en soutien de la stratégie USA/OTAN.

La préparation d’événements politiques inattendus est une caractéristique du Groupe de Bilderberg. Ainsi, invita-t-il en 2014 Emmanuel Macron, qui y prononça sa rupture d’avec François Hollande. Ou en 2016 le maire du Havre, Édouard Philippe, qui y prononça son ralliement à Emmanuel Macron. Les deux hommes devinrent président de la République et Premier ministre (lbilderberga vie est faite de coïncidences madame Michu). je vous invite donc à scruter la composition des prochains gouvernements; si vous y voyez apparaître le nom de Clément Beaune ou François Godement… Tirez-en les conclusions que vous voudrez avant d’être taxé de complotiste. La principale question discutée cette année était “Un ordre stratégique stable”, une entreprise noble qui peut être interprétée soit comme la création d’un nouvel ordre mondial, soit comme un effort légitime des généreuses élites pour guider l’humanité sur le chemin de la concorde universelle.

Allez, vous pouvez reprendre une activité normale, portez vous bien et à bientôt peut-être.

André Claudot – dessinateur libertaire.

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’utilitarisme et de la crêpe Suzette réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 13 juin 2019, 25è jour de Prairial dédié à la tanche. Comme le disait mon aïeule, qui avait son avis sur tout et surtout qui tenait à ce que cela se sache, ce n’est pas parce que l’on s’appelle Claudot qu’on est forcément à la rue… La preuve en est: Le 13 juin 1982, mort d’André Claudot (né le 14 février 1892 à Dijon).

Dessinateur et militant anarchiste. Elève de l’école des Beaux-Arts de Dijon, il fréquente les anarchistes et donne ses dessins dans les journaux anticléricaux et anarchistes. En 1909 il entre aux Arts Décoratifs à Paris. C’estClaudot-300x213 là qu’il rencontre des militants anarchistes comme Pierre Martin, ancien compagnon de cellule de Kropotkine à Clairvaux. Une illustration parue dans « Le libertaire » en 1911 lui vaut d’être poursuivit par la justice. Fiché au Carnet B (des antimilitaristes), il est mobilisé en 1914, mais il continuera à collaborer durant et après le conflit à la presse libertaire. En1926, sa passion de l’Orient le pousse en Chine, où il devient professeur à l’institut national des Arts de Pékin, dessin Claudotpuis à Hang-Tchéou, en 1928. En 1930 il revient à Paris puis ensuite à Dijon comme professeur, où il avait débuté comme élève, mais il s’éloigne de l’anarchisme et adhère à la SFIO (nobody perfect) et à la franc-maçonnerie à la loge Travail et vrais amis fidèles. Révoqué en 1941, il s’engage dans la résistance puis milite au parti communiste (nouvelle cécité) à la Libération. La fin de sa vie est essentiellement consacrée à la peinture. À 85 ans, toujours révolté et véhément, il raconte son itinéraire à l’historien du mouvement ouvrier Jean Maitron, dans un documentaire, « Écoutez Claudot », réalisé en 1978, par Bernard Baissat, film récompensé par le prix de la qualité du Centre National de la Cinématographie. Un tas de liens intéressants sur le site: bonnesbobines

Allez, merci encore d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

ça vous gratouille ou ça vous chatouille …

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, TRADITION

Amis de la pédagogie active et du gros-lait réunis, bonjour ! Nous sommes donc le Mercredi 12 juin 2019, 24è jour de prairial dédié au gaillet, encore surnommé le caille-lait. On dit que cette plante possède une enzyme qui permet au lait de cailler. Mais d’une manière générale, on la considère comme de la mauvaise herbe. Le gaillet gratteron estsphynx-caille-lait assez connu car il a la particularité de s’accrocher à tout ce qui passe à sa portée. Mon aïeule, qui se targuait d’en connaître un rayon en plante médicinale, en faisait une sorte de pommade qui était censée lutter contre les irritations. 100G de cette plante, 50g d’écorce d’orme, 500g de saindoux et vous faites chauffer en tournant sans cesse. Regardez cette jolie photo, il s’agit d’un papillon que l’on nomme le sphynx du caille-lait. Étonnant, non !

https://youtu.be/nq6p_-p2Bs0

Bon, allez, une petite pensée pour ceux à qui des parents inconscients ont donné le prénom de Gourhan que l’on célèbre le 12 juin. Vivant probablement au 9e siècle, éponyme de Plourhan et de Saint-Thurien. Oui je sais, c’est assez compliqué mais, si l’on en croit Albert Dehayes,  Gourhan est l’éponyme présumé de Plourhan (22), Plorhan, mais aussi de Saint-Thurien (29),  et de Saint-Ethurien en Plounévez-Moëdec (22), henri le Sauxdans le voisinage duquel existe un lieu-dit Méné-Sant-Ourhen. Son nom est issu par spirantisation (modification phonétique) de l’anthroponyme ancien Uurgen composé de uur « Homme » et de gen « naissance, famille ». Hourchan a cédé sa place à Thurien au fil des siècles; ainsi on rencontre les appellations suivantes : Sainctourchan (en 1278), Sainct Tourhan (en 1599), Sainct Tourhan (1599), Saint Thurien (en 1669). Bref, une mère n’y retrouverait pas ses petits. En tout état de cause, Gourhan était probablement un de ces sadhus (du sanskrit sādhu, « homme de bien, saint homme ») bretons que le petit peuple et l’église romaine réunis ont fait saint. Il devait ressembler à ce bénédictin breton Henri Le Saux (qui adopta le nom indien de Abhishiktananda) et qui contribua beaucoup au dialogue entre le christianisme et l’hindouisme. Voilà pourquoi, madame Michu, il y a plus de saints en Bretagne que de jours dans l’année et d’îles dans le golfe du Morbihan.

Allez, merci à vous, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Mais d’où vient Thudon ?

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis du structuralisme et des jeans Levi-strauss réunis,  bonjour ! Nous sommes le Mardi 11 juin 2019, c’est le 23è jour de Prairial dédié au chèvrefeuille. Pour les adeptes de la pataphysique, cette date est importante car le 11 Juin 2019 est en réalité le Mercredi 25 Merdre 146 apparition d’Ubu roi.

Par chez nous, certains vont célébrer les Majan (du vieux breton Maiian). A la même époque que Thénénan, aux environs de l’an 600, Thudon émigrait, lui aussi, en Armorique, accompagné de ses fils Majan et Gouesnou et de sa fille Tudona. Il accosta dans la région de Landéda, puis vint créer son ermitage en forêt de Bevoez situé à 2 km du bourg croix-de-st-thudon-200x300de Guipavas sur l’actuelle route de Gouesnou, près de Kervao (tout cela est dans le Finistère evel just). Je vous conterai un de ces jours les aventures de Majan qui a laissé son nom à une très jolie fontaine (aujourd’hui en fort mauvais état) que l’on nomme encore Feuteun ar Boan Benn, fontaine du mal de tête, raison pour laquelle on la fréquentait (si tant est qu’une fontaine soit fréquentable). Les vestiges d’une ancienne chapelle ont aujourd’hui disparu au lieu-dit St-Thudon mais trois croix y subsistent encore, dont l’une du VIIè siècle figure parmi les plus anciennes du Finistère : petite croix de un mètre avec entrelacs et bouton sur la face (ici à gauche).  

On me dit qu’il existait dans la forêt de Bevoez, en haut d’une colline, une fontaine constituant un lieu de culte de la très vieille et très ancienne civilisation celtique. A cet endroit, Thudon fit construire un oratoire dédié à la Vierge. Le culte pour la fontaine n’en continua pas plouguin-font-de-Loc-Majan-224x300moins, et l’édifice finit par s’écrouler. La punition divine ne tarda pas : l’eau de la fontaine dévala soudainement la pente en un torrent dévastateur. On promit alors de reconstruire la chapelle de Notre-Dame du Reun (en breton : « reun » = colline), et l’inondation cessa. C’est pas miraculeux ça, madame Michu ? Lors d’une reconstruction ultérieure de la chapelle, achevée en 1505, la fontaine fut incluse dans l’enceinte de la chapelle, et existerait encore, dit-on, sous le maître-autel. A noter que Coataudon (toponyme qui désigne le « bois de Thudon ») est aujourd’hui le nom d’un quartier de Guipavas (29) dont la renommée de sa crêperie a largement dépassé ses frontières.

C‘est tout pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.