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Bouquet de coriandre…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis des droits de l’homme et de Gibraltar réunis, bonjour ! (des droits de Gibraltar ! Oui c’est très mauvais, je vous l’accorde…) Nous voici le Samedi 29 juin 2019 c’est à dire le 11è jour du mois de Messidor, généralement consacré à la coriandre.

Je déteste la coriandre, je hais la coriandre, je milite pour l’éradication de la coriandre… Bon d’accord, les goûts et les couleurs ne se prêtent pas à débat. Et pourtant, regardez, même les étymologistes se disputent à propos de l’origine du mot: Grecs pour les uns, de source Mycéenne pour les autres – Koriadnon, pour Ariane la fille de Minos – En Arabe le mot se dit Kuzbur, même si dans l’Algérois on dit coriandrehachiche qui veut dire littéralement: Herbe. Mais, même bien  séchée, je vous déconseille de la fumer. La coriandre se marie très bien avec les carottes sous toutes les formes. Mais ça le fait aussi avec les patates.  Avec l’été venu, imaginez une petite salade de pommes de terre au cumin, légèrement citronnée et parsemée de coriandre; un vrai régal me dit-on. J’ai même ouï-dire que, la coriandre c’est comme le cochon, tout est bon de la feuille à la racine en passant par la fleur et la graine. On lui prête même des vertus antiseptiques dans les bains de bouche destinés à calmer les douleurs dentaires. Pour ceux qui s’intéressent à la littérature gastronomique, je leur conseille: Bouquet de coriandre, publié en 2007 et écrit par Rachel SAMOUL, un recueil de treize  nouvelles, où la coriandre joue un rôle essentiel. (complexe Eds)

Et voilà, je ne sais plus du tout de quoi je voulais vous entretenir; du coup je glisse une vidéo de Boby Lapointe puisque aujourd’hui marque la date anniversaire de sa disparition (1972). Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un gâs qu’a mal tourné…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la lutte finale et de la salade niçoise réunies, bonjour ! C’est aujourd’hui le Vendredi 28 juin 2019 qui correspond au 10è jour de messidor dédié à la faucille; et, normalement c’est l’été depuis quelques jours… Oui, l’ ÉTÉ, en vieux françois: ESTÉ, du grec  aithein, qui signifiaitl'été en bzh « faire brûler » et qui a donné aithêr (éther) « ciel lumineux », « région supérieure de l’air ». Le fait que le mot Été soit aujourd’hui un masculin est certainement dû aux autres noms de saison, tous masculins. La forme aestivus signifiant « de l’été », a donné en bas latin aestivalis, qui a donné estival qui à son tour, à propos des fêtes de l’été, a donné festival qui en bas-breton se dit vieilles charrues. Étonnant, non !

Tout à fait autre chose.

C‘était en 1970, peut-être 71, j’encadrais à l’époque un stage à Dinard au cours des vacances de Noël et la partie récréative était assurée par un jeune chanteur qui, plus tard allait faire parler de lui, il s’appelait Bernard Lavilliers. Au cours d’une soirée, il interprétât plusieurs poème lavilliers_bernard_derniere_bouteille_lad’un auteur libertaire et paysan qui s’appelait Gaston Couté, mort en 1911 (28 Juin). Il semble que Gaston Couté se voua de tout son cœur à la cause du Peuple, en donnant sa collaboration à quelques journaux anarchistes de ce temps. Ses chansons, écrites sur des sujets d’actualité, pouvaient se chanter sur des airs connus. Bâclées à la dernière heure, elles étaient souvent trop violentes et dépassaient ainsi le but qu’elles voulaient atteindre. Le 13 juin 1911,  » La Guerre Sociale  » annonçait que Gaston Couté était poursuivi pour « outrages à la Magistrature ». Un ouvrier, arrêté au cours d’une manifestation, avait été trouvé porteur d’un tire-bouchon. Il avait été traduit en Correctionnelle pour port d’arme prohibée. Couté en avait fait une chanson sous le titre «Il avait an tire-bouchon». Elle pouvait se chanter sur l’air de: «Elle avait une jambe en bois».

https://youtu.be/7S6OGmd-mAg

Par cette poursuite judiciaire Couté payait les outrances des chansons parues dans les journaux et revues anarchistes. Il était très connu dans les milieux syndicaux. On fredonnait ses chansons dans les rues et les Gaston-Couté-265x300ateliers. Il paraît qu’il y eut, quelques mois plus tard, un second procès. Après la mort de Couté, les foudres de la justice se déchaînèrent encore une fois sur lui. Il fut poursuivi au sujet de la chanson «Pour faire plaisir au Colon». Le prévenu ne put venir au tribunal et pour cause. Après un bref jugement, il fut condamné par contumace. Le Président demanda à l’avocat s’il n’avait rien à objecter. Il répondit : « Si, Messieurs, j’ai simplement à vous dire que vous venez de condamner un mort !  » Ces infos sont extraites d’un site qui lui est consacré: gastoncoupé.free.fr

C‘est tout pour aujourd’hui, allez, portez vous bien et, à bientôt peut-être.

Le meilleur des mondes…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis du septième art et de la sole meunière réunis, bonjour ! Nous Picasso-bleue-blue-period-buveuse-dabsinthe-150x150voici le Jeudi 27 juin 2019, hé oui, que le temps passe vite. Si on n’y prend garde, on va se retrouver en juillet en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. C’est le 9è jour de messidor dédié à l’absinthe. La fée verte dont le consommateur a souvent été représenté; ici à gauche par Picasso lui même durant sa période bleue.

Aujourd’hui, je soumets à votre sagacité légendaire, ce texte très intéressant de Serge Carfantan, docteur agrégé de philosophie. Ce texte a été écrit dans le cadre d’un cours sur le cynisme politique, dans lequel il s’inspire notamment des œuvres d’Aldous Huxley, le Meilleur des mondes, et de Gunther Anders, l’Obsolescence de l’homme.
«Le livre de Huxley Le Meilleur des Mondes est paru en 1932. Son caractère visionnaire est stupéfiant. Presque inquiétant. Tous les aldous-huxleyingrédients du roman sont aujourd’hui effectivement réunis pour que le scénario soit… en passe d’être réalisé. Si nous devions formuler dans un discours une prosopopée du cynisme politique incarné par le personnage cynique d’Huxley, cela donnerait quoi ? Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter…

… Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser… En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une 14464586620_philoconstante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu…Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels.»   [Serge Carfantan]

Toute ressemblance avec notre actualité n’est hélas pas fortuite. Allez, néanmoins, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Echalote ou oignon ?

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la propédeutique et des œufs mollets réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 26 juin 2019, huitième jour de Messidor dédié à l’échalote.

Parce que c’est après avoir enlevé Jérusalem aux musulmans; que le chef des croisés Godefroy de Bouillon complète son succès en écrasant l’armée égyptienne à Ashkelon (ou Ascalon). De cette ville, les croisés les-johnniesramèneront en Occident… l’échalote (du latin ascolonia cepa, qui signifie oignon d’Ascalon). Ascalon, au pays des Phillistins, aujourd’hui Israël. Autant vous dire qu’ici, dans le Léon (Nord-Finistère, 60% de la production française) où réside votre serviteur, on en connait un rayon sur l’échalote… Je me souviens des fameux Johnnies qui s’en allaient vendre leur production outre-Manche. J’ai retrouvé, pour illustré ce billet, cette jolie expression: War pont Landerne e vezer ar penn e Leon hag ar revr e Kerne. Sur le pont de Landerneau, on a la tête en Léon et le cul en Cornouaille.

 

Mais aujourd’hui la concurrence est rude. Présente depuis une vingtaine d’années, l’échalote de semis est accusée de tirer les prix vers le bas et de grignoter les marges des producteurs, notamment à l’export. La filière s’est echalote-princessemobilisée et créé un logo pour identifier ce qu’elle appelle « la vraie échalote ». Aujourd’hui, elle veut aller plus loin et réclame à l’Europe de cesser d’appeler échalote ce qui à ses yeux n’est qu’un vulgaire oignon car, le paysan breton, lui, ne s’en laisse pas conter. Même avec des mensurations allongées, un oignon reste un oignon; et l’oignon déguisé en échalote est, pour lui, une histoire triste à pleurer.

Voila de quoi méditer en cette période caniculaire. Allez, portez vous bien, n’oubliez pas d’hydrater mémé et, à bientôt peut-être.

Adieu l’Emile…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de ma vieille Bretagne et du lait ribot réunis, bonjour ! En ce Mardi 25 juin 2019, septième jour de Messidor dédié au concombre, je voulais vous inviter à vous souvenir de cet éveilleur de conscience que fut Emile le Skanv dit Milig et plus connu sous son nom de scène : GLENMOR.
« Plaise à tous ledessin Glenmors saints de noble compagnie, noter que l’ivresse, chez lui, engendrait la bonté et qu’en somme tous les ferments conjugués le délivraient de ses tendresses. » C’est extrait d’une plaquette tirée à quelques exemplaires par Martial Pézennec et que Milig avait eu la gentillesse de me dédicacer à la fin des années 70 au cours d’une soirée en sa demeure de Mellionnec (22). Magnifique plaquette dotée d’une typographie et bois gravés de Claude Huart. La dédicace est à l’adresse de mes garçons dont l’un se prénomme Glenn en hommage à ce rebelle né un 25 juin 1931 à Mael-Carhaix. Et c’est encore au mois de juin (1996), qu’il nous a quitté.

Je l’ai connu et fréquenté à une époque où la « bretonnitude » n’était pas encore au goût du jour et il n’était guère de bon ton d’afficher son penchant pour la désuète culture bretonne. Les gens de gauche nous traitaient de « Breiz atao » en nous assimilant tout en vrac à l’Abbé Perrot et ses milices, à Debeauvais et son parti nationaliste, tandis que les Gaullistes nous présentaient comme les indignes héritiers de l’infime minorité qui avait choisi la voie de la collaboration durant l’occupation.
Glenmor c’est levé, solide comme un menhir sous les rafales, voix de Glenmor -D-stentor, et son chant a fait trembler la République une et indivisible et ses petits hussards centralisateurs. Derrière lui sont venus Styvell, Servat, Kirjuel, Ducos, Dan ar Bras…On a redécouvert les sœurs Goadec et les frères Morvan, le Plinn et le khost ar c’hoat et les festou-noz qui avaient cédé la place aux bals popu ont repris force et vigueur. Il était très croyant (il a fait le petit séminaire et poursuivit ses études chez les pères blancs) mais bouffait du curé à tous les repas, une soirée en sa compagnie était souvent aussi arrosée que la pointe St Mathieu par gros temps de Sud-Ouest et il fallait quelquefois le coucher à l’arrière de son « tube » Citroën qui lui tenait lieu de carrosse.

En 1965, il donne son premier grand concert public, c’était à Paris, salle de la Mutualité et, lorsqu’il entonne « Kan Bale Nevenoe », nous étions nombreux à frissonner… Glenmor, « glen » comme la douce terre du Kreiz-Breizh , « mor » comme l’indomptable mer d’Iroise . « Suis né barde manoirde petite Bretagne / de moindre pays / Personne ne me tint conseil / Seuls les chemins / et les vents me furent maîtres. » Ainsi allait Milig, croyant et libertaire, attaché à une Nation disparue, conservateur mais visionnaire, pétri de contradiction comme cette terre bretonne qu’il n’a jamais renié lui, le fils de paysan. Adieu l’Emile, je t’aimais bien comme disait Jacques Brel qui composa pour lui cette chanson « Le moribond ». A gauche, le manoir du Poul en Mellionnec, la demeure aujourd’hui est devenue chambre d’hôtes tenue par des sujets de sa très gracieuse majesté.

Allez, merci encore pour votre fidélité à ce petit blog sans prétention, portez vous bien et à demain peut-être.

La saint-Jean d’été…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la mécanique des fluides et de l’entrecôte marchand de vin réunies, bonjour ! Nous sommes le lundi 24 juin 2019, sixième jour de Messidor dédié au romarin.

Or donc, c’est la Saint-Jean qui était une fête chômée en France, avant le Concordat de 1801. Très populaire, cette fête donnait lieu en maints endroits à des feux de joie et il était de tradition que les jeunes gens sautent par-dessus les flammes. Les feux de joie ont à peu près croix de st jeandisparu en France mais leur fonction de réjouissance s’est reportée sur les feux d’artifice… On prêtait aussi des vertus magiques aux « herbes de la Saint-Jean » (millepertuis, armoise, fougère,…) cueillies ce jour avant le lever du soleil par des jeunes vierges ou de vieilles femmes ! Dans certaines régions on continue de confectionner des croix de St-Jean censées protéger les étables et les granges tout comme ailleurs on réalise des croix de Brigit pour Imbolc.

Au Québec, la Saint-Jean est toujours une fête chômée. Elle est devenue, dès 1834, une occasion de célébration patriotique, à l’initiative de Ludger Duvernay, fondateur de la Société Saint-Jean-Baptiste. Depuis 1977, c’est même officiellement la fête nationale du Québec par une décision du gouvernement de René Levesque. Comme le veut la tradition, de grands spectacles de musique et de chansons en français sont présentés en plein air dans plusieurs villes, SAINT-JEAN bièreparticulièrement à Québec et à Montréal, devant des dizaines et des dizaines de milliers de personnes dans la nuit du 23 au 24 juin au soir. À Québec, un immense feu de la Saint-Jean est allumé à minuit. La fête donne aussi lieu à des agapes communautaires et à un défilé où les Québécois s’en donnent à cœur joie. On danse autour des feux de la Saint-Jean (et l’on boit beaucoup aussi). La Saint-Jean demeure aussi très populaire en Europe centrale, par exemple à Riga, en Lettonie, où les fêtes, danses et feux de joie s’étirent sur deux jours et deux nuits…

Bon, ben, j’vais m’en servir un p’tit, Yec’hed mad ! Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Rock Amadour…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la concorde universelle et du chouchenn chaud réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 22 juin 2019 c’est à dire que les jours vont commencer à diminuer. C’est le 4ème de Messidor consacré à la Véronique.

Or donc, le saviez tu ? Sur le chemin de croix, selon une tradition médiévale, une femme prise de pitié aurait essuyé le visage du Christ avec un voile et celui-ci aurait conservé les traits du supplicié… De là le nom de la femme: Véronique, déformation du latin « Vera iconica ». LE-GRASDIMAR-DE-BLAISE-RA-0005_6-copie-1-200x300La gente dame ayant ramené le « voile de la Sainte Face » à Rome, elle aurait guéri l’empereur Tibère en le lui faisant toucher… à gauche détail d’un tableau intitulé Le Gradismar de Blaise Ra de Débarras Le voile est aujourd’hui vénéré à Saint-Pierre de Rome. Véronique aurait ensuite évangélisé l’Aquitaine avec son mari, un certain Zachée. Après sa mort, elle aurait été enterrée à Soulac, sur le littoral atlantique de la Gironde, où lui est dédiée une église. Une tradition médiévale du Quercy assimile l’ermite Amadour à Zachée qui, devenu veuf, se serait établi dans une grotte de la région. Amadour est à l’origine de l’actuel pèlerinage de Rocamadour (le nom de ce village rappelle le « rocher d’Amadour ») étonnant, non ? Et la foule des fidèles s’est mise à chanter:

Bon, allez, assez déliré pour un samedi. Merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A St-Jean au musette…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition respectée et de la galette saucisse réunies, bonjour ! Nous voici le Vendredi 21 Juin 2019, 3è jour de messidor et nous célébrons l’oignon. Avouez que c’est quand même autre chose que de vénérer saint Frusquin ou saint truc, sauf peut-être St Pourçain, St Amour et St Joseph. Par ailleurs, tous les gastronomes vous le diront, l’oignon rosé de Roscoff (29) mériterait à lui tout seul un jour férié. C’est donc le solstice d’été. Le oignonspremier jour de l’été 2019, c’est très précisément à 17h 54 (heure universelle). A Brest, le soleil se couchera carrément à 22h18 (pour une durée d’ensoleillement total de 15h58 dans la journée). 15h 58 de soleil à Brest, dans la même journée… On croit rêver! Le solstice est fêté en allumant de grands feux. Le feu est de tous temps le symbole purificateur du soleil. Le rite du feu de joie a été christianisé au Ve siècle. Mais, on n’étonnera personne en déclarant que fêter la Saint Jean n’a pas grand chose de catholique (!) ni même de très chrétien. Une fois de plus, un vernis chrétien est venu s’ajouter à une tradition particulièrement ancienne et qui fleure bon le paganisme. Ah, mon amant de Saint-Jean !

 

L‘église catholique a repris cette pratique en la christianisant. Et en copiant son déroulement sur celui opéré par les celtes et les germaniques pour la bénédiction de leurs moissons. Les premiers peuples slaves avaient ainsi pour coutume de fêter Ivan Kupalo, dieu du soleil et de la réincarnation, mais aussi de la « purification par l’eau de la fertilité et de l’amour ». Peuples de l’est et de Russie le célébraient avec des couronnes de fleurs sur la tête, en chantant et dansant autour de grands feux sur lequel ils jetaient des herbes. Des baignades nocturnes « purifiantes » dans les rivières couplées à petit-journal-203x300des actes d’amours et au plaisir charnel la même nuit complétaient les réjouissances. La rupture avec la tradition se situe au moment de la christianisation de la Russie : des Saints se substituent alors aux dieux païens et les baignades nocturnes sont bannies. Quant à la France catholique du Ve siècle, elle fait succéder à la célébration de « Koupalo » celle de la Saint-Jean-Baptiste. Je me souviens qu’enfant, le feu de St-Jean mobilisait tout le quartier. Jeunes et moins jeunes se démenaient des jours et des jours avant l’évènement pour réaliser le tas de bois le plus grand qui soit. Et puis il fallait assurer sa surveillance car, une tradition tenace voulait  que les bandes des autres quartiers tentent de s’emparer du butin ainsi stocké. Il y avait une expression intraduisible, on disait; « faire an hierez », c’est du Douarneniste dans le texte mais je ne garanti pas l’orthographe. Jusqu’au jour où la chose s’est institutionnalisée, principe de précaution aidant, plus question d’allumer des feux aux quatre coins de la ville…Une fois de plus, les tenants de l’ordre avaient gagné.

Aujourd’hui, le Port-Rhu , quartier de Douarnenez qui m’a vu naître, s’est transformé en marina et les cendres de nos feux sont à jamais dispersées. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Qui marche sans bâton, marche sans raison…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’hyperbole et de la fraise Tagada réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 20 juin 2019, 2è jour de messidor dédié à l’avoine, et comme disait mon aïeule : la pluie de juin fait belle avoine et mauvais foin…

La bouillie d’avoine, ou yod kerc’h en breton est une bouillie principalement composée d’avoine comme son nom l’indique, consommée en basse-Bretagne autrefois par les plus pauvres. C’est une bouillie brune, normalement salée, qui se mange trempée dans du bouillie-avoine-beurre-800x5321-300x199lait ribot. En Bretagne, au moins dans le Finistère, on en trouve dans toutes les grandes surfaces, au rayon frais. Mon aïeule, dont les préceptes culinaires m’ont toujours fait rêver, la préparait à partir d’avoine grillée et moulue. On mettait ce mélange de farine et de son à tremper une nuit. Le lendemain, le gros du son flottait à la surface et était retiré (ce surplus s’appelle gwaskin). Le reste du récipient était délayé avec du lait et/ou de l’eau, mis à cuire dans un chaudron et touillé avec un bâton nommé bazh-yod (le bâton à bouillie). Celui-ci a laissé son nom à un jeu de force très populaire et encore pratiqué de nos jours comme le montre la photo ci-dessous.

Tous les chroniqueurs et historiens s’accordent pour dire que les bretons avaient une prédilection pour les jeux de bâton. Mais l’ « arracher du bâton » est aussi un jeu symbolique, car le bâton représente le pouvoir : ainsi connaît-on des scènes très anciennes bazh-yod-300x226dépeintes dans les églises, et pas seulement en Bretagne, où l’on voit un moine et un évêque lutter au bâton, mais aussi une femme et son mari, un bourgeois et un noble, etc. Le jeu, bien attesté comme jeu de veillées et d’assemblées de voisins, et qui se retrouve sous diverses formes partout dans le monde, tire probablement son origine de la nécessaire préparation journalière de la bouillie destinée à nourrir le cochon de la maison : celle-ci nécessitait l’utilisation de ces « baz-yod » ou « bâton à bouillie ».

Allez voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Passe ton bac d’abord…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

Amis de l’allégorie et du véritable bretzel réunis, bonjour ! A force de l’attendre, c’est enfin arrivé, nous sommes le Mercredi 19 Juin 2019, premier jour de messidor dédié au seigle. Vous remarquerez au passage que nos amis républicains avaient l’âme autrement plus poétique que les messidortechnocrates Onusiens d’aujourd’hui qui nous concoctent la journée de la femme, du braille, des zones humides, de la trisomie, du sommeil, de l’eau, de la tuberculose, j’en passe et des moins drôles. Messidor, tirait son nom « de l’aspect des épis ondoyants & des moissons dorées qui couvrent les champs de juin en juillet », selon les termes du rapport présenté à la Convention nationale le 3 brumaire an II par Fabre d’Eglantine, au nom de la « commission chargée de la confection du calendrier ». Son poème en l’honneur de messidor par contre est d’une nullité rarement égalée :
Quel repos plein d’attraits goûte la Moissonneuse
Quand aux travaux du Jour succède un doux Sommeil
Cérès par tes présens tu rends la vie heureuse
Jamais on ne les voit s’évanouir au réveil

Tiens, sujet de dissertation pour le bac: la ferveur révolutionnaire est-elle soluble dans la poésie ? Vous pouvez aussi, inverser les termes de la problématique. Vous avez quatre heures. Ah, le bac ! Le bachot comme disait mon aïeule; expression aujourd’hui totalement désuète pour nos chères têtes blondes pour qui les trois lettres BAC évoquent baccalaureat-bac-la-reunion-resultat-2016-2015surtout les gentils policiers qui se sont illustré par leur empathie musclée envers les méchants gilets jaunes. Le mot baccalauréat est issu de l’altération de l’ancien français bacheler et du latin médiéval baccalarius, « jeune homme qui aspirait à devenir chevalier », sous l’influence de laureare « couronner de lauriers », les docteurs parant le front des nouveaux bacheliers de baies de laurier.

Ce qui suit n’a rien à voir mais, par ici, on célèbre les Riwanon qui, comme chacun le sait était la sœur de Urfol et de Rivoaré. Elle rencontra le barde Houarvian dont j’ai dressé le portrait dernièrement, l’épousa, et donna naissance à Hervé, aveugle, puis se sépara de Houarvian pour vivre en ermite et confia Hervé à saint Urfol. ma Doue benniget ! Pour ma part, je vous confie les clés de ce blogue et je retourne me coucher. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.