Les temps nouveaux…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’humour noir et du blanc-manger réunis, bonjour ! Ce Samedi 04 Mai 2019 correspond au 15è jour de floréal dédié au ver à soie, à ne pas confondre avec le taenia qui est le ver à soi…

En Bretagne on célèbre les Eneour, Enewyr en gallois, qui doit son nom bien entendu à un supposé saint venu d’outre manche sur une barque de granite aux alentours du VIè siècle. Il fait partie de cette cohorte de saints que les évangélisateurs de la Bretagne ont imposé pour christianiser à marche forcée cette terre de païens. Un certain nombre de communes lui doivent leur nom à l’instar de Ploneour-Menez, le lit d'EneourPloneour-Trez ou Ploneour-Lanvern, toutes dans le Finistère. La légende le fait débarquer en pays Bigouden, ce qui n’est pas le plus court chemin quand on vient du pays de galles vous en conviendrez. Il aurait été accompagné de sa sœur Thumette, on n’est jamais trop prudent. La légende toujours, le veut enterré dans l’église de Ploneour-Menez. D’ailleurs, dans les monts d’Arrées, à quelques pas de Roc’h-Trevezel se trouve une pierre remarquable que les autochtones nomment le lit de Eneour. On y voit, avec beaucoup de bonne volonté, l’empreinte du chapeau, du livre et des sandales de Enéour ainsi que la marque de son corps. 

Mediapart n’a rien inventé…

C‘est le 4 mai 1895 que paraît le premier numéro du journal Les temps nouveaux, à l’initiative de Jean Grave, dont j’ai souvent parlé ici même. Cet hebdomadaire qui vivra jusqu’en 1914 sera un formidable outil de propagande des idées anarchistes. De nombreux artistes et intellectuels y ont collaboré: Kropotkine, Elisée Reclus, Octave Mirbeau, Felix Nadar… les temps nouveauxOn peut voir ici, à gauche, une lithographie de Maximilien Luce pour illustrer le supplément littéraire du journal. C’est donc plus de 900 numéros qui verront le jour ainsi que quelques suppléments et brochures consacrés à Malatesta, Elisée Reclus, Proudhon… Voici ce que l’on pouvait lire dès le premier numéro: « Par ces temps de tripotages financiers, de réclame sans vergogne, la presse est devenue la servante de la banque et du commerce. Il est admis, aujourd’hui, qu’un journal ne peut vivre sans bulletin financier et qu’en abandonnant sa quatrième page aux petites correspondances amoureuses, aux marchands de « curiosités », aux charlatans de la « spécialité ». Sans capitaux et sans avance, nous lançons notre journal, ne comptant que sur l’appui du public intellectuel et la bonne volonté de les tempsceux qui nous connaissent. Nous n’insérerons ni bulletin financier, ni réclame payée, ni annonces commerciales, n’espérant pour faire vivre notre journal qu’en la seule vente de ses numéros. Cette tentative réussira-t-elle ? Au public d’en juger s’il doit continuer à servir le puffisme qui se fait sur son dos, ou apporter son concours à une œuvre d’idée. »

Cela vous rappelle quelque chose ? En tous cas, ce petit billet m’a permis de découvrir ce qu’était le « puffisme », cet art de la réclame outrancière. De l’anglais to puff. Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

2 commentaires

  1. Cadic

    Bonjour ,
    Merci pour votre blog lu avec beaucoup d’intérêt .
    Et si vos lecteurs souhaitent en apprendre davantage ou tout simplement lire
    des exemplaires des Temps nouveaux (ex-journal « la révolte ») ,voici le lien sur Gallica site numérique de la Bibliothèque nationale de France :
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64892908/f1.item
    Cordialement

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