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Le cénobite ramène sa fraise…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la bigoudénie et des demoiselles du Guilvinec réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 30 mai 2019, ce qui tend à prouver que tout historique-plougastelarrive, et ce 11è jour de prairial est dédié à la fraise, ce qui, résidant à quelques kilomètres de Plougastel, m’autorise à la ramener quelque peu… En Bretagne armoricaine, on s’apprête à célébrer les Buan. Autrement dit Buen, ermite, fondateur de la paroisse de Loc’hbuen, aujourd’hui connue sous le nom de Locarn (22). Le nom semble identique au qualificatif buan « rapide » c’est ainsi que mon aïeule nous apostrophait lorsque nous trainassions: « hasta buan ! ».

Locarn est ce petit village breton qui héberge un discret institut: Ce think tank à la bretonne œuvre au développement de la Bretagne dans toutes ses dimensions notamment au plan économique. « Une des vocations de Locarn est de servir de lieu de négociation neutre et discret, où peuvent se rencontrer des personnalités économiques et institut-de-locarn-intro-couv-230x300politiques », confiait Jo Le Bihan (co-fondateur) lors de la création de l’institut. En 1994, l’Institut de Locarn, sous statut d’association, est inauguré en présence de 850 personnes, dont l’archiduc Otto de Habsbourg fils du dernier empereur d’Autriche, mais surtout sympathisant notoire de l’Opus Dei. L’institut de Locarn est à l’origine du projet « Diaspora économique bretonne » (DEB). Ce projet vise à fédérer les Bretons du monde entier pour qu’ils participent activement à l’essor économique de la région. La DEB a mis en place le parcours Guillaume Lejean, une formation à la culture économique et internationale pour une quinzaine d’étudiants et jeunes diplômés organisée chaque année. Les exercices d’intégration comportent des marches de nuit encadrées par d’anciens légionnaires (!). L’idée fondatrice de ce think tank est qu’en Bretagne « le développement locarn-panneau-indicatiféconomique revêt intrinsèquement la forme de la guerre, et que dans cet agôn, il est bon et efficace de s’armer de symboles culturels », tel que la Vallée des Saints. À ses débuts, l’initiative est critiquée, et l’institut « accusé » d’ultralibéralisme. Son emplacement (village isolé du centre-Bretagne de 500 habitants) fait croître la rumeur que l’institut est une loge de l’Opus Dei, à tel point qu’en 1999 l’institut renouvelle sa direction pour rafraîchir son image. La rumeur est également alimentée par la création en juin 1993 de l’Association Coudenhove-Kalergi-Aristide-Briand domiciliée à l’institut. Richard Coudenhove-Kalergi, père fondateur des préceptes paneuropéens, défend l’idée d’une Europe gouvernée par la conception chrétienne des droits de l’homme.

L’Institut mène ainsi un important travail de lobbying, par le biais de conférences, semble-t-il très prisées dans le gotha breton. Pour se donner une idée du contenu de ces conférences où le « politiquement correct » n’a pas sa place, il suffit de jeter un œil à celle qui précédait l’invitation d’Aymeric Chauprade. Intitulée « Changeons de Climat » le résumé annonce la couleur : la théorie du changement climatique et les idées écologistes qui en découlent sont un frein à l’investissement, et donc au profit. locarnComme à l’époque de la centrale nucléaire de Plogoff, les craintes des populations et les critiques sont « irrationnelles » et défendent des « intérêts particuliers » seule la croissance est synonyme d’intérêt général. D’ailleurs, dès 1993: Le projet de l’Institut de Locarn était exposé par son fondateur, Joseph Le Bihan, sous le titre « Genèse de l’Europe unifiée dans le nouveau monde du XXIe siècle » : la France n’a plus d’avenir ; l’État-nation doit disparaître ; il faut liquider l’Éducation nationale, les services publics et surtout les services culturels, en finir avec l’héritage de la Révolution française, syndicalisme, laïcité, et autre boulets :  « Nous allons réintégrer cette Europe de la civilisation et de la propreté qui existe déjà en Allemagne, en Suisse et dans certains pays nordiques ».Oups ! Identitaires de tous les pays unissez-vous dirait l’autre…

Oui, je sais, c’est trop long. Bon, ben, je m’arrête là, portez vous bien et à bientôt peut-être.