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Rue de la visitation…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du libre examen et de la friture d’ablettes réunis, bonjour ! Voici Mai qui s’achève alors que prairial n’en est qu’à son douzième jour dédié à la bétoine (et non pas à l’abbé Toine comme le suggère madame Michu). La bétoine jouissait dans l’antiquité d’une réputation prestigieuse qui la-bétoine-300x225lui conférait des pouvoirs magiques (Elle fut dit-on découverte par Esculape et on la disait capable de chasser les mauvais esprits. C’est dire si elle aurait du boulot aujourd’hui) et faisait d’elle un remède quasi universel. Le nom bétoine est dérivé de celui d’un peuple ibérique, les Vettones, qui utilisa cette plante dont la réputation s’est maintenue jusqu’au Moyen-Âge et au delà. On utilisait autrefois les feuilles séchées de cette plante comme du tabac à priser ou comme substitut du thé; les jeunes pousses sont consommables en salade avec modération. Personnellement, je ne m’y risquerais pas ; déjà que le concombre espagnol aurait tendance à me torturer les entrailles, alors la bétoine ibérique…

https://youtu.be/kPGR0qjWEKI

Tiens, mon secrétariat me prie de vous rappeler que c’est aujourd’hui La visitation; célébrée par les catholiques et les orthodoxes et qui  commémore un épisode de l’Évangile selon Luc : la visite que rend Marie, enceinte du Christ, à sa cousine Élisabeth, enceinte de Jean Baptiste. La lhistoire-de-la-mini-jupe-plisséechronique nous rapporte que, à peine s’étaient-elles fait la bise que la cousine Elisabeth en tressaillit de plaisir et s’exclama: tu es bénie entre toutes… Et ce fut le début du fameux «Ave» je vous salue Marie. Je ne sais vraiment pas pourquoi je vous raconte cela. Ah oui, ça me revient comme un pâté chaud. Il y a longtemps de cela, j’ai résidé à Rennes, rue de la visitation. Sous ma fenêtre, de l’autre côté de la rue il y avait une institution pour jeunes filles de la bourgeoisie locale, style couvent des oiseaux, jupe plissée et socquettes blanches. A l’instar de Maxime Le Forestier je crois que certains jours j’étais amoureux de tout un pensionnat.

Allez, merci aussi à vous pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le cénobite ramène sa fraise…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la bigoudénie et des demoiselles du Guilvinec réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 30 mai 2019, ce qui tend à prouver que tout historique-plougastelarrive, et ce 11è jour de prairial est dédié à la fraise, ce qui, résidant à quelques kilomètres de Plougastel, m’autorise à la ramener quelque peu… En Bretagne armoricaine, on s’apprête à célébrer les Buan. Autrement dit Buen, ermite, fondateur de la paroisse de Loc’hbuen, aujourd’hui connue sous le nom de Locarn (22). Le nom semble identique au qualificatif buan « rapide » c’est ainsi que mon aïeule nous apostrophait lorsque nous trainassions: « hasta buan ! ».

Locarn est ce petit village breton qui héberge un discret institut: Ce think tank à la bretonne œuvre au développement de la Bretagne dans toutes ses dimensions notamment au plan économique. « Une des vocations de Locarn est de servir de lieu de négociation neutre et discret, où peuvent se rencontrer des personnalités économiques et institut-de-locarn-intro-couv-230x300politiques », confiait Jo Le Bihan (co-fondateur) lors de la création de l’institut. En 1994, l’Institut de Locarn, sous statut d’association, est inauguré en présence de 850 personnes, dont l’archiduc Otto de Habsbourg fils du dernier empereur d’Autriche, mais surtout sympathisant notoire de l’Opus Dei. L’institut de Locarn est à l’origine du projet « Diaspora économique bretonne » (DEB). Ce projet vise à fédérer les Bretons du monde entier pour qu’ils participent activement à l’essor économique de la région. La DEB a mis en place le parcours Guillaume Lejean, une formation à la culture économique et internationale pour une quinzaine d’étudiants et jeunes diplômés organisée chaque année. Les exercices d’intégration comportent des marches de nuit encadrées par d’anciens légionnaires (!). L’idée fondatrice de ce think tank est qu’en Bretagne « le développement locarn-panneau-indicatiféconomique revêt intrinsèquement la forme de la guerre, et que dans cet agôn, il est bon et efficace de s’armer de symboles culturels », tel que la Vallée des Saints. À ses débuts, l’initiative est critiquée, et l’institut « accusé » d’ultralibéralisme. Son emplacement (village isolé du centre-Bretagne de 500 habitants) fait croître la rumeur que l’institut est une loge de l’Opus Dei, à tel point qu’en 1999 l’institut renouvelle sa direction pour rafraîchir son image. La rumeur est également alimentée par la création en juin 1993 de l’Association Coudenhove-Kalergi-Aristide-Briand domiciliée à l’institut. Richard Coudenhove-Kalergi, père fondateur des préceptes paneuropéens, défend l’idée d’une Europe gouvernée par la conception chrétienne des droits de l’homme.

L’Institut mène ainsi un important travail de lobbying, par le biais de conférences, semble-t-il très prisées dans le gotha breton. Pour se donner une idée du contenu de ces conférences où le « politiquement correct » n’a pas sa place, il suffit de jeter un œil à celle qui précédait l’invitation d’Aymeric Chauprade. Intitulée « Changeons de Climat » le résumé annonce la couleur : la théorie du changement climatique et les idées écologistes qui en découlent sont un frein à l’investissement, et donc au profit. locarnComme à l’époque de la centrale nucléaire de Plogoff, les craintes des populations et les critiques sont « irrationnelles » et défendent des « intérêts particuliers » seule la croissance est synonyme d’intérêt général. D’ailleurs, dès 1993: Le projet de l’Institut de Locarn était exposé par son fondateur, Joseph Le Bihan, sous le titre « Genèse de l’Europe unifiée dans le nouveau monde du XXIe siècle » : la France n’a plus d’avenir ; l’État-nation doit disparaître ; il faut liquider l’Éducation nationale, les services publics et surtout les services culturels, en finir avec l’héritage de la Révolution française, syndicalisme, laïcité, et autre boulets :  « Nous allons réintégrer cette Europe de la civilisation et de la propreté qui existe déjà en Allemagne, en Suisse et dans certains pays nordiques ».Oups ! Identitaires de tous les pays unissez-vous dirait l’autre…

Oui, je sais, c’est trop long. Bon, ben, je m’arrête là, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Menhirmontant…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la littérature érotique et du poulet basquaise réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 29 mai 2019, dixième jour de Prairial, dédié, il est vrai, à la faux. Alors qu’en vérité, les pataphysiciens vous diront que nous sommes le Jeudi 12 Merdre 146 Stes Miches, catéchumènes fête suprême quarte; tandis que par chez nous, quelques nostalgiques s’entêtent à fêter les Riagad.

Or donc, notamment dans le pays bigouden, aujourd’hui c’est la saint Riagad. Évidemment c’est un ermite irlandais qui est venu s’installer sur les côtes bretonnes aux alentours du Vè siècle et qui a laissé son noMenhir-de-Lehanm à la commune de Treffiagat. Étrange commune en vérité que celle là qui est séparée en deux : Lechiagat côté mer et Treffiagat côté rural. Mais enfin, les bigoudens ne font jamais rien comme les autres. On y trouve le fameux menhir de Lehan, que l’on voit ici en photo, et qui est planté au milieu d’un marais. Tout laisse à croire qu’il n’y avait point de marais à l’époque de son érection. D’ailleurs, à propos d’érection, il faut remarquer que les symboles phalliques ont toujours été largement représentés dans la région ; il suffit de regarder la fameuse coiffe bigoudène. Je connais un menhir du côté de Plonéour-Lanvern où, il n’y a pas si longtemps encore, les femmes en mal d’enfant venaient se frotter le ventre.

Le mot menhir (pierre longue) s’est aujourd’hui généralisé même si en bretomegalithe-du-peulven-plestin-les-greves-169x300n le mot juste est peulven (le pieu de pierre) plusieurs toponymies l’attestent comme par exemple: Menez-peulven entre Douarnenez et Quimper (29).  Je me suis laissé dire que le terme de menhir fut officialisé pour la première fois par Théophile Malo Corret de la Tour d’Auvergne (très connu dans son immeuble) dans son ouvrage: origines gauloises qu’il a écrit en 1796 à Locmaria-Berrien, chez sa sœur au manoir de La Haie. J’ai résidé il y a quelques années de cela sur la commune de Plouigneau (près de Morlaix) où l’on trouve la stèle de Croas ar Peulven qui, du fait de sa proximité avec deux ou trois routes antiques,  a sans doute pu être réutilisée les-dames-de-kerampeulven-195x300à l’époque romaine comme borne militaire. Vous pouvez visiter aussi la stèle de peulven en Plestin-les-grèves (22) que l’on aperçoit ici à gauche avec ses drôles de rainures. L’un des sites les plus impressionnants étant celui de Kerampeulven, près de Huelgoat (29) où les belles dames du temps jadis venaient s’amuser. Bon, au départ, je voulais parler de Riagad mais le pauvre est passé à la trappe. Enfin, quand je dis la trappe; n’allez pas croire qu’il ait adopté la tonsure des trappistes ni leur goût pour cette merveilleuse boisson maltée… Non, simplement, je me laisse aller à quelques digressions et lorsque je m’en aperçois, il est trop tard, j’ai dépassé mon quota autorisé de signes.

Allez, je vais essayer de me rattraper, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Utopia…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la botanique pour les nuls et du foie de veau aux cerises serpoletréunis, bonjour ! Nous sommes, bon an mal an, arrivés ensemble jusqu’à ce Mardi 28 mai 2019, 9è jour de prairial, que nos amis républicains avaient dédié au serpolet. Vous ne pouvez pas vous tromper, le serpolet c’est bon pour tout. En infusion, en compresse, en bain, dans la cuisine, notamment avec les viandes blanches, ce proche cousin du thym est une vraie panacée. C’est le genre de truc qui devrait être remboursé par la sécurité sociale si cela ne risquait d’aggraver le déficit…

Vous, je ne sais pas mais moi, le monde comme il va m’est de plus en plus insupportable; la pensée unique qui s’est imposée ces dernières décennies à refoulé loin, très loin, nos rêves humanistes; la gauche progressiste s’est autodissoute, éparpillée façon puzzle pendant qu’au grand bazar du village global, tout se vend, tout s’achète. Depuis des siècles , des humanistes, des rêveurs, des utopistes, prêchent dans le désert, pissent dans des violons et se mouchent dans les étoiles aurait thomas-more -D-ajouté Jacques Brel. Thomas MORE étaient de ceux là à tel point qu’il en perdit la tête… En effet, Le 6 juillet 1535, Thomas More où Morus, va perdre la tête. Non pas qu’il soit devenu fada mais sous l’effet d’une décapitation voulu par Henry VIII. Homme politique anglais, philosophe et écrivain, précurseur du communisme libertaire et père des utopistes, il est né à Londres (février 1478). Fils d’un magistrat, il entame une carrière politique qui le mènera au poste d’ambassadeur extraordinaire, puis à celle de chancelier du royaume en 1529. Mais Thomas Morus est surtout connu pour son livre « L’Ile d’Utopie ou la Meilleure des Républiques » publié en 1516, il décrit une société idéale ayant aboli la propriété et où la tolérance est une règle. « Fay ce que vouldras » (Fait ce que tu veux) est d’ailleurs emprunté à Morus, par Rabelais, pour son Abbaye de Thélème.

Comme celle de la république de Platon, l’économie utopienne de More repose sur la propriété collective des moyens de production et l’absence d’échanges marchands. Critique de la société de son temps dont il brosse un sombre tableau, il dissèque et condamne les abus et les  utopia-logo-copy__140108032346privilèges de la noblesse et du clergé. « Dans tous les Etats où la possession est individuelle, où tout se mesure par l’argent, on ne pourra jamais faire régner la justice ni assurer la prospérité publique. Pour rétablir un juste équilibre dans les affaires humaines, il faudrait nécessairement abolir le droit de propriété. » . A boire comme du petit lait… En 1535, désapprouvant la politique religieuse du roi, il refuse de prêter serment à Henry VIII. Arrêté et condamné pour trahison, il monte sereinement sur l’échafaud où il est décapité. On dit qu’il aurait parlé en ces termes avant d’y monter  : Je vous en prie, je vous en prie, Monsieur le lieutenant, aidez-moi à monter, pour la descente, je me débrouillerai. Ce grand ami d’Erasme participa pleinement au développement de la pensée humaniste.

Voila pour ce jour, merci encore de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Voici des roses blanches…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la chanson réaliste et de la galette-saucisse réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 27 mai 2019 c’est à dire le 8ème jour de Prairial habituelleLys Martagonment consacré au Martagon. Plus communément appelée Lys Martagon, cette plante de la famille des Liliacées, qui produit de magnifiques fleurs, est aujourd’hui espèce protégée dans beaucoup de régions. On n’en trouve que rarement en Bretagne sauf peut-être à Bréhat ou sûr l’ile de Batz… A vérifier.

Je voulais évoquer une figure de la chanson réaliste que sans doute les moins de vingt ans ne doivent pas connaître. Et pourtant, qui n’a pas un jour entendu la tante Ginette ou le cousin Jules entonner lors des noces et banquets familiaux une de ses rengaines. je veux parler de Berthe Francine Ernestine FAQUET plus connue sous le nom de Bertheberthe D SYLVA. Allez, souvenez vous, les roses blanches, du gris, on a pas tous les jours vingt ans, Frou-frou… Elle aurait passé son enfance à Brest avant de se faire employer comme femme de chambre. On dit qu’elle serait née (7 février 1885) à Kerloïs en Lambézéllec, tout près de l’ermitage de Keramoal d’où je vous écris et qui aujourd’hui, est devenu un quartier de Brest. Elle se serait mise à la chanson vers 1910, après avoir abandonné un premier enfant; c’est’y pas malheureux ! De ses débuts, on ne possède pas beaucoup de témoignages, excepté une interview durant laquelle elle parle de voyages en Amérique du Sud, en Russie, en Roumanie et en Égypte, ainsi qu’une photo prise pendant la Première Guerre mondiale, sur laquelle on la voit aux côtés d’Eugénie Buffet et du chansonnier aveugle René de Buxeuil.

En 1928, Berthe Sylva est employée au Caveau de la République. Léon Raiter la remarque et lui propose de passer à l’antenne de Radio Tour Eiffel. C’est grâce à Léberthe sylva Gon Raiter, l’auteur des Roses Blanches, qu’elle se met à enregistrer. Le succès est foudroyant. Le Raccommodeur de Faïence, enregistré en 1929, se serait vendu à 200 000 exemplaires en deux ans. Les tournées en province se multiplient. Elle partage un moment l’affiche avec Fred Gouin, aujourd’hui tombé dans l’oubli, avec qui elle grave des duos tels Ferme tes jolis yeux (1932). Leur relation est passionnelle. Fred Gouin fut très affecté par la perte de son amante et amie. Il prit le maquis durant les années de guerre, puis quitta le monde de la chanson pour se reconvertir dans le commerce des frites.

Berthe Sylva se fixe à Marseille au moment de l’Armistice de 1940. Le chanteur Darcelys y fut l’un de ses amis les plus fidèles. Elle meurt minée par la boisson et la pauvreté. Sa maison de disques finance les obsèques auxquelles seuls quelques amis assistent. Sa dépouille fut les roses blanchestransférée à la fosse commune. Quelques années après, il ne se trouva personne pour renouveler la concession qui fut levée. Après sa disparition, on retiendra d’elle, non pas les chansons qui racontent les bluettes et les joies du bal, mais celles qui dénoncent la misère, l’injustice, l’enfance blessée, la perte d’un être cher, la désillusion et l’échec sentimental. Berthe Sylva est décédée le 26 mai 1941 à Marseille. Et bien voila qui nous change des bluesmen du Mississippi et de Chicago. Mais enfin, la chanson réaliste française c’est un peu notre blues à nous qu’on a…

Allez, vive l’éclectisme, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Kan bale Nevenoe…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la cartomancie et du boudin aux pommes réunis, bonjour ! En ce samedi 25 mai 2019, sixième jour de prairial, nous célébrons la mélisse. Si vous trouvez l’actualité particulièrement indigeste, je vous recommande expressément la tisane de mélisse. Mon aïeule, pour qui mélissel’herboristerie n’avait aucun secret, faisait bouillir deux branches de mélisse dans un litre d’eau et laissait infuser. Pour ma part, j’avoue que ma préférence va plutôt à un vieux whisky d’Ecosse. Je dois à mon aimable fiancée d’avoir découvert et dégusté un non moins aimable single malt de la distillerie Tullibardine, millésimé 1993 et mis en bouteille en 2008. Le Tullibardine est situé dans le comté de Perth c’est à dire les Central-Highlands tout comme Dalwhinnie ou encore Aberfeldy.  Cela me remet en mémoire le fameux pangramme de Georges Perec : Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume. C’est une phrase qui permet d’utiliser toutes les lettres de l’alphabet, l’exercice est amusant, et par ailleurs, c’est un alexandrin.

Puisque on vous dit que Nantes n’est pas en Bretagne…

Oyez ceci: Nous sommes au mois de mai 843.  Le Duc de Bretagne Nominoé désirant agrandir le territoire breton, passa la Vilaine à la tête d’une forte armée qu’il commandait avec son fils Erispoë. Les forces Nominoé-gauche-254x300franques nantaises s’avancèrent vers la Vilaine sous la conduite de Renaud d’Herbauges. Ils se rencontrèrent à Messac et c’est le comte Renaud qui remporta la victoire. Plusieurs sources mentionnent également la possibilité que Nominoé était alors atteint par une maladie assez grave et que le commandement des troupes dirigées contre la région nantaise, fut confié à son fils uniquement. Cela expliquerait d’autant mieux le caractère hasardeux de la rencontre dite de Blain. Renaud croyant l’ennemi complètement hors de combat, réunit une troupe assez nombreuse et reprit la direction de Nantes. Arrivé à Blain, il s’arrêta pour faire reposer ses soldats.

https://youtu.be/Vakk4Rey7m0

Chef et soldats étaient là, nous dit la Chronique de Nantes, étendus sur l’herbe près des bords de l’Isac, dans le plus complet abandon, lorsque soudain une troupe nombreuse se jeta sur eux : c’était le fameux Lambert II de Nantes que Charles-le-Chauve avait chassé de Nantes. Il avait fait alliance avec les Bretons, et à la tête de soldats rassemblés sur les frontières de l’Anjou, il s’était avancé sur la Vilaine, 800px-Battle_of_Ballonafin de réunir ses forces à celles de Nominoé. Ennemi juré de Renaud qui avait pris sa place comme chef du comté nantais, il se mit à sa poursuite, voulant satisfaire sa vengeance et réparer le désastre. Il surprit les Nantais désarmés, et en fit un grand carnage ; lui-même, de sa propre main tua le comte Renaud : c’était le 25 mai 843. Cette victoire bretonne, suivie d’autres, conduisit en 851, au Traité d’Angers, par lequel les pays Nantais et Rennais devenaient possession de la Bretagne. Deux ans plus tard ce sera  la victoire des troupes bretonnes de Nominoë sur celles (Franques) de Charles le chauve. Nous sommes un 22 novembre de l’an de grâce 845, dans la campagne de Ballon près de Redon. Celui que les historiens allaient nommer « Tad ar vro », le père de la patrie, venait de donner naissance à une Bretagne unifiée et indépendante et qui allait le rester cahin-caha jusqu’en 1532. (à droite, gravure de Jeanne Malivel)

Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Every days i have the blues…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’Hermétisme et du chocolat Poulain réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 24 mai 2019, cinquième jour de prairial dédié au canard. Dois-je vous rappeler que le 24 Mai 2019 est en réalité le Samedi 7 Merdre 146 Nativité de M. Plume, propriétaire selon le calendrier de pataphysique.

L’homme du jour s’appelle Elmore James, il est né à Richland, Mississippi, un 27 janvier en 1918 et a définitivement cessé de jouer de la guitare le 24 mai 1963 à Chicago. Né sur une petite plantation il  James-297x300-gauchepartage son temps entre le travail des champs et les juke-joints du Delta où il joue en compagnie de Robert Johnson et surtout Sonny Boy Williamson. Sa façon de jouer avec une espèce de rage et de chanter d’une voix presque éraillée, en fait une des sonorités les plus excitantes de l’histoire du blues. Il a gravé son premier disque, Dust my broom, sur le petit label Trumpet et rencontré un succès immédiat. A partir de ce moment il va enregistrer massivement, une œuvre un peu chaotique dont beaucoup de morceaux tournés vers le Rythm & Blues des années 50 avec cuivres et la présence de Ike Turner.

A partir de la fin des années cinquante sa popularité est en baissJAMES De et c’est le producteur Bobby Robinson qui va le remettre en selle. Il en restera une œuvre magnifique, moderne, sensuelle et agressive avec des compositions extraordinaires comme Shy is crying ou Every day i have the blues, (ici en vidéo) cette dernière prend place parmi les plus grands moments du blues d’après-guerre. Il est décédé d’une crise cardiaque alors qu’il préparait une tournée européenne. Je crois savoir que son fils, Elmore James Jr a repris le flambeau. Sources: la grande encyclopédie du blues de Gérard Herzaft chez Fayard.

Allez, c’est vraiment très sympa à vous de passer par ici de temps en temps. Portez vous bien et, à bientôt peut-être.

Artie Shaw fait son show…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la musicothérapie et du biniou bras réunis, bonjour ! C’est à n’y pas croire, nous sommes le Jeudi 23 mai 2019, quatrième jour de Angélique-2prairial dédié à l’angélique (pas la marquise, la fleur). On l’appelle aussi l’herbe aux anges car elle avait la réputation d’être efficace contre les maléfices et autres envoûtements. La légende voudrait en effet que l’ange Raphaël révéla les bienfaits de l’angélique à un moine français au 17ème siècle, anecdote correspondant à sa traduction du grec : « aggelikos » « ange ou messager ». Elle est encore cultivée dans certains endroits notamment du côté de Niort pour en faire des fruits confits, on en retrouve souvent dans les cakes. Attention de ne pas la confondre avec une proche parente, la cigüe…

Comment peut-on se nommer: ARTIE SHAW ?

Je me suis souvent posé cette question. Sauf à avoir des attaches à St-Pol-de-léon, avouez que c’est assez improbable. Sauf encore, à pratiquer l’humour juif de Brooklyn… Point commun avec Woody Allen, Artie_Shaw Gautre clarinettiste de talent. Né à New York, Arthur Arshawsky y apprend la clarinette et le saxophone et en 1926, il adopte le pseudonyme d’Artie Shaw. En 1929, on le retrouve à New York où il mène une intense activité de musicien de studio. On peut l’entendre un temps dans l’orchestre de Paul Whiteman. De 1934 à 1935, il délaisse la musique et se retire à la campagne pour se consacrer à la littérature (pas terrible d’après les experts). En 1938, il enregistre son premier hit: « Begin the beguine » de Cole Porter.

En 1938 il accompagne Billie Holiday , ce qui, à une époque où la tension générée par la ségrégation raciale devient inquiétante, ne va pas sans créer d’incidents. Sa popularité atteint alors son apogée et il  devient le principal rival du roi du swing: Benny Goodman. Pourtant artie-droite-300x212Artie Shaw, se retire du monde musical pour s’installer à Mexico. En 1940, année où il épouse l’actrice Lana Turner, il reconstitue un orchestre qui lui aussi enchaîne les succès. En 1942, il s’engage dans la Marine. Il dirige un orchestre destiné à entretenir le moral des troupes du Pacifique. De retour à la vie civile en 1944, il met sur pied un orchestre, pour une fois exclusivement de jazz. A la fin des années 60, il se retire à Lakeville (Connecticut). Il meurt le 30 décembre de la même année. Artie Shaw apparaissait aussi comme un homme de convictions qui a toujours milité contre la ségrégation raciale aux États-Unis. A écouter sans modération.

Allez, merci de votre fidélité, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Gérard de Nerval…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la poésie et du saint Emilion réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 22 mai 2019, troisième jour de Prairial dédié au trèfle.

Si j’évoque la poésie c’est parce que le 22 mai 1808 vit la naissance de Gérard Labrunie, plus connu sous son nom de poète, Gérard de Nerval,de-nerval-253x300 l’une des figures les plus émouvantes de la poésie française. Naviguant entre réalité et rêve, il a évoqué en des mots immortels les troubles de l’adolescence… et les charmes du Valois. Mais il souffrait de troubles mentaux et, à l’aube du 26 janvier 1855, on l’a retrouvé pendu dans la rue de la Vieille-Lanterne, dans le quartier du Châtelet, à Paris. Il avait 46 ans. La plus belle part du romantisme s’est éteinte avec lui. Il faut relire Sylvie, une nouvelle parue dans le recueil Les filles de feu et qui dépeint merveilleusement les affres d’un amour chimérique.

 https://youtu.be/lrRqpcvIw_0

Un jour, dans le jardin du Palais-Royal, on vit Gérard traînant un homard vivant 180px-Père-Lachaise_-_Division_49_-_Nerval_01-140x300au bout d’un ruban bleu. L’histoire circula dans Paris et comme ses amis s’étonnaient, il répondit : En quoi un homard est-il plus ridicule qu’un chien, qu’un chat, qu’une gazelle, qu’un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? J’ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n’aboient pas… Il y avait du surréalisme avant l’heure chez ce grand romantique. Il affirmait  avoir été initié aux mystères druzes lors de son passage en Syrie, où il aurait atteint le grade de « refit », l’un des plus élevés de cette confrérie. Toute son œuvre est fortement teintée d’ésotérisme et de symboles alchimiques. Alors qu’on l’accusait d’être impie, il s’exclama : « Moi, pas de religion ? J’en ai dix-sept… au moins. » Ici à gauche, sa tombe au cimetière du Père Lachaise.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Vive la Commune !

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la République et de la galette de Pleyben  réunies, bonjour ! Mon petit calendrier, justement républicain, m’indique que le 21 mai, deuxième jour de Prairial, est généralement dédié à l’Hémérocalle. 290px-Daylily_Hemerocallis_fulva_v2-150x150Avouez que c’est une chance, Fabre d’Églantine, l’un de ses inspirateurs, aurait pu choisir le pissenlit ou le coquelicot et bien non. Le choix s’est porté sur l’hémérocalle mais je serai bien ennuyé s’il fallait vous dire pourquoi. Bon, on ne va pas non plus en faire une salade… Quoique ! Outre le fait qu’il s’agisse d’une très jolie fleur, certains cuisiniers téméraires n’hésitent pas; elle peut être farcie avec de la crème fouettée et servie pour décorer un dessert par exemple.

Le 21 mai 1871 à Paris débute ce que l’histoire retiendra sous le nom de semaine sanglante. Les Versaillais, après s’être emparé des forts, vive la Communeentrent dans Paris par la porte de Saint-Cloud. Une répression terrible commence. Les massacres et exécutions sommaires feront entre 20 000 et 35 000 morts. Le 28 mai 1871, au terme d’une semaine sanglante, la Commune de Paris n’existe plus… Dix semaines plus tôt, le 18 mars, des Parisiens humiliés par la défaite de leur pays face aux Prussiens, s’en étaient pris aux troupes gouvernementales. Le chef du pouvoir exécutif, Adolphe Thiers, avait déserté sur le champ Paris pour Versailles. Un mouvement insurrectionnel improvisé avait alors assumé le pouvoir dans la capitale sous le nom de «Commune de Paris».

Mais dès la signature du traité de paix avec l’Allemagne, le 10 mai, Adolphe Thiers obtient de l’occupant prussien la libération anticipée de 60.000 soldats. Il lance aussitôt contre la capitale 130.000 hommes, dont les anciens prisonniers et beaucoup des campagnards recrutés et formés à la hâte. L’assaut commence le 21 mai, dans le quartier du felix-vallotton-le-mur-300x164Point du Jour, à Boulogne. Les Versaillais ont en face d’eux une dizaine de milliers de fédérés déterminés. Ils doivent conquérir les barricades l’une après l’autre.( à gauche émouvante gravure de Félix Valloton évoquant le mur des fédérés au père Lachaise) Les combats de rue feront au total 4.000 tués (877 du côté des troupes versaillaises). S’ajoutent à ce bilan les victimes de la répression car, à l’arrière, des liquidateurs tuent méthodiquement les suspects. Une vingtaine de «cours prévôtales» jugent hâtivement les hommes et les femmes pris les armes à la main et les font fusiller sur place. Les Communards ripostent en faisant fusiller environ 80 otages. Ils allument aussi des foyers d’incendie. Du fait de ceux-ci et des bombardements, plusieurs monuments illustres partent luce_commune-300x198en fumée. Parmi eux le palais des Tuileries, l’Hôtel de Ville hérité de la Renaissance, le Palais-Royal et le palais d’Orsay… Le bilan total de la Semaine sanglante est d’environ 20.000 victimes, sans compter 38.000 arrestations. C’est à peu près autant que la guillotine sous la Révolution. À cela s’ajoutent les sanctions judiciaires. Les tribunaux prononceront jusqu’en 1877 un total d’environ 50.000 jugements. Il y aura quelques condamnations à mort et près de 10.000 déportations (parmi les déportées qui rejoindront les bagnes de Nouvelle-Calédonie figure une célèbre institutrice révolutionnaire, Louise Michel). L’amnistie (pardon et oubli) ne viendra qu’en 1879 et 1880.

Allez, souviens toi, Nicolas, la Commune n’est pas morte. En attendant le temps de cerises, portez vous bien et à bientôt peut-être.