Il pleut bergère…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des rubriques à brac et du poulet fermier réunis, bonjour! Nous sommes le Vendredi 05 avril 2019, seizième jour de germinal dédié à la laitue; rassurez vous, je ne vais pas en profiter pour vous raconter des salades, quoique….

En effet, les initiateurs du calendrier qui nous intéresse, le républicain, que l’on nomme encore: calendrier révolutionnaire français, en ont fait le jour de la laitue. Je me suis souvent demandé d’où venait cette imagination débordante. L’un des auteurs, si ce n’est le seul, s’Fabre-211x300appelait Fabre d’Eglantine, écrivain, poète, théâtreux et, moins révolutionnaire qu’opportuniste. Forcément, quand on s’appelle Eglantine, on ne va pas donner aux jours des noms d’oiseaux… Les noms des mois et des jours furent conçus en effet par ce doux rêveur avec l’aide d’André Thouin, jardinier du Jardin des plantes du Muséum national d’histoire naturelle. Il présenta ce calendrier à la Convention Nationale en octobre 1793… Il perdit la tête un an plus tard, au sens propre, en compagnie de Danton. C’est à lui que nous devons la célèbre ritournelle: « Il pleut, il pleut, bergère ». C’est sans doute ce côté poète qui le conduisit à doter les jours de noms champêtres et bucoliques aussi improbables que ceux la.

Voici ce qu’il disait dans la séance du 03 du second mois de la seconde année de la République Française, au nom de la Commission chargée de la confection du Calendrier: « Les prêtres avaient assigné à chaque jour de l’année, la commémoration d’un prétendu saint : ce catalogue ne présentait ni Germinal_commence_le_21_ou_22_mars-196x300utilité, ni méthode ; il était le répertoire du mensonge, de la duperie ou du charlatanisme. Nous avons pensé que la nation, après avoir chassé cette foule de canonisés de son calendrier, devait y retrouver en place tous les objets qui composent la véritable richesse nationale, les dignes objets, sinon de son culte, au moins de sa culture…» Ce jour du 05 Avril 1794 fut tout à fait funeste à celui la même qui nomma chaque jour du calendrier républicain, puisque, avec ses amis Danton et quelques autres, il y fut guillotiné. La légende veut qu’il ait pleuré sur la charrette le menant à l’échafaud, se lamentant de n’avoir pas pu terminer un poème. Danton, connu pour son esprit caustique, lui aurait alors déclaré : « Ne t’inquiète donc pas, dans une semaine, des vers, tu en auras fait des milliers… ». Une autre histoire veut que Fabre ait fredonné son Il pleut, il pleut, bergère, en montant à l’échafaud.

Allez, ce matin, comme dans la chanson, il pleut sur Brest (ce qui, avouez le est relativement rare…) mais j’ai de l’ouvrage au jardin. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

2 commentaires

  1. Mildred

    Il faut bien reconnaître qu’évoquer tous ces guillotinés célèbres de bon matin, ça vous met une pêche d’enfer !

    • Jazzman

      Alors que nous les pervers insomniaques, on encaisse sans broncher.

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