Vous lisez actuellement les articles publié en avril 2019

Page 1 de 3

le muddy blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de l’Amérique profonde et du Breizh Cola light réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi Docteur-Sax30 avril 2019, onzième jour de Floréal dédié à la rhubarbe. Autant dire que c’est la fin du mois. C’est donc en ce mercredi 11 Palotin – 146 – Explosion du Palotin qu’apparaît aux yeux du monde, béat d’admiration, cela va sans dire même si ça va mieux en l’écrivant, ce 4394è billet des « cénobites tranquilles » que l’univers blogosphérique dans son entier nous envie… Or, il y a un demi-siècle de cela, le 30 avril 1959, paraissait ce merveilleux livre de Jack Kerouac, Docteur sax. Et c’est bien parce que mon aïeule, dans sa stricte éducation, a su m’inculquer l’ immense modestie qui me caractérise, que je ne tracerai aucun parallèle entre ces deux chefs-d’œuvre; mais il me fallait trouver une intro.

Comme beaucoup de musiciens du Delta du Mississipi, Muddy Waters naquit dans une famille de métayer. Sa mère mourut lorsqu’il avait 3Muddy_Waters -D- ans et il fut élevé à la plantation Stovall près de Clarksdale. Vers 7 ou 8 ans il apprit à jouer de l’harmonica et attendit ses 17 ans pour commencer à jouer de la guitare. Il joua dans les parties et les picnics. A cet âge il était déjà impressionné par Son House. plus tard il emprunta des trucs à Robert Johnson. C’est surtout Son House qui influença son jeu, y mêlant accord ouvert de Sol et le bottleneck. Avant 1941 il était encore fermier, bien qu’il dirigeait un petit tripot lui rapportant quelques dollars issus des jeux et de la vente de whisky de contrebande. Tiens écoutez ça, ça gratte mais c’est du tout bon…

En 1941 il enregistra quelques morceaux pour Allan Lomax qui collectionnait des bandes pour la Library of Congress. Le succès tarde à venir et Muddy Waters décide de partir pour Chicago en 1943. Il commença à y enregistrer quelques morceaux et électrifia son style. En 1948 il enregistra I Can’t Be Satisfied et Feel Like Going Home pour le label Aristocrat des frères Chess. En moins d’un jour le stock de ce disque fut entièrement vendu. Muddy Waters connut donc un grand waters_muddysuccès et se produisit dans les clubs de Chicago, avec Jimmy Rogers derrière lui à la seconde guitare. Dans les années 1950 il enregistra ses meilleurs morceaux, Mannish Boy, Got My Mojo Working, et Hoochie Coochie Man écrite par Willie Dixon. En 1958 Muddy Waters part faire une tournée en Angleterre. L’accueil qu’il y reçu fut très enthousiaste de la part du public anglais. C’était le début du Blues Revival où tous les musiciens de rock se plongeaient dans les racines du blues. Se souvenant du soutien que lui avait procuré Big Bill Broonzy, il enregistra un album complet de reprises de son collègue. En 1977 il cessa sa longue collaboration avec Chess et signa chez CBS. Il fut produit par le guitariste Johnny Winter. C’est celui ci qui produisit ses deux derniers albums, Muddy « Mississippi » Waters Live et King Bee. Il finit sa vie en jouant dans de grands concerts avec des artistes célèbres lui rendant hommage. Il est mort le 30 Avril 1983 d’une attaque cardiaque pendant son sommeil.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

I feel so good…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la basse-Bretagne et de l’artichaut vinaigrette réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 29 Avril 2019 qui correspond au 10è jour de Besné-44-Chapelle-St-Second1floréal dans le calendrier républicain, jour dédié au râteau. Mon secrétariat me prie de vous rappeler que c’est la fête aux Sekondell, originaire de Nantes au 6e siècle, disciple de Friard, ermites tous deux près de Besné (44). Saviez vous que Besné vient du breton « bez-enez » (l’île du tombeau). Ici, la chapelle St-Sekondell à Besné. Loire-Atlantique en Bretagne comme dit l’autre…

J.B. Lenoir, né à Tilton (Mississippi) le 5 mars 1929 et mort à Champaign (Illinois) le 29 avril 1967, est un bluesman américain comme je les aime et comme j’aime à vous les faire découvrir, guitariste, chanteur et compositeur. Nommé J.B. par ses parents (ces initiales ne signifient rien en particulier. Pour les non-initiés encore moins, pour lesLenoir-droite autres elles ont une signification particulière et désignent les colonnes du temple mais je doute que ce soit cela qui ait guidé les parents). Lenoir commence à jouer très tôt. Il laboure dans la journée puis joue de la guitare le soir, en apprenant un peu de tout. Dans les années 1940, il travaille avec Sonny Boy Williamson et Elmore James à la Nouvelle Orléans. En 1949, il déménage à Chicago et commence à jouer dans des clubs avec Memphis Minnie, Big Maceo et Muddy Waters. Dans les années 1950, Lenoir enregistre plusieurs chansons sur différents labels. À cette époque, on le connaît surtout pour ses costumes rayés, sa voix féminisée et pour son jeu à la guitare électrique.

Lenoir avait la réputation d’être exceptionnellement amical et doux. Il se prit d’amitié et encouragea de nombreux jeunes artistes de blues, noirs Lenoir-gaucheet blancs. Certains disaient même qu’il ressemblait à Martin Luther King car ils avaient beaucoup de points communs, dont le fait d’être père et d’avoir eu une fin tragique. Il n’aura pas vécu assez longtemps pour nous dévoiler toute l’étendue de son talent. En effet, Lenoir, à 38 ans, s’éteint le 29 avril 1967 chez lui à Champaign, à la suite d’une hémorragie interne. Cette dernière fait suite à un accident de voiture dans lequel il était impliqué trois semaines plus tôt, l’hôpital n’ayant pas pris au sérieux ses blessures. On lui doit entre-autres: I feel so good que j’ai posté en vidéo, et qui fut repris par James Brown, Alabama.

Le documentaire The Soul of a Man (2003) de Wim Wenders, qui fait partie de la série The Blues, a Musical Journey de Martin Scorsese, est consacré en partie à ce bluesman. En fait, la chanson de John Mayall marqua tellement Wim Wenders, étudiant en cinéma à l’époque, qu’il se demanda qui était J.B. Lenoir. Puis Wim Wenders devient réalisateur et lenoir-rayérencontre plusieurs fans de Lenoir. Cependant, ils ne trouvent aucun document filmé sur lui. Mais un jour, on découvre des images inédites de Lenoir tournées au début des années 1960 par deux étudiants (allemand et suédois) en art à Chicago. En 2002, Wim Wenders rend visite à ces deux anciens étudiants, le couple Seaberg, désormais marié. Ces derniers croient rêver : leurs images étaient restées sur une étagère sans que personne ne les ait jamais vues pendant 35 ans. Ils avaient perdu espoir que le monde (et particulièrement la Suède où ils avaient proposé leur film) s’intéresse à leur musicien préféré, qui était aussi leur ami proche.

Allez, merci de votre passage, portez vous bien et à bientôt peut-être?

En Mai, fais ce qu’il te plait…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la libre pensée et du Fernet branca réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 27 avril 2019, huitième jour de Floréal dédié au champignon. C’est la Ste Zita pour les uns, Konwenn pour les autres.

Puisque nous approchons du 1er mai, rafraichissons un peu nos mémoires. Le 1er mai c’est, rappelons le, la fête des travailleurs et non pas, la fête du travail. Mais c’est aussi, ancrée dans la mémoire collective, la fête de la nature, du renouveau de la renaissance. Chez les Celtes, c’est Beltan. Or donc, ce 1er mai  les prolétaires du monde entier, répondant aux vœux du grand père Karl et du grand oncle les trois 8Vladimir, ignorant souvent les martyrs de Haymarket (Chicago, 1er Mai 1886, c’est de là qu’est partie la tradition du 1er Mai), s’unissent religieusement devant leurs petits écrans pour suivre les avatars d’un dirigeant de l’industrie automobile ou se pâmer devant vingt et deux bonhommes en short à moins qu’ils n’aient les yeux de Chimène pour la gagnante endimanchée d’un télé-crochet à deux balles… Alors que les anciens Celtes fêtaient Beltan (le feu de Bel), saluant la lumière et la connaissance, leurs descendants décérébrés du XXIè siècle se complaisent devant les atermoiement des millionnaires en culottes courtes du PSG ou l’insoutenable spectacle de la chute d’une flèche de cathédrale, quand ce n’est pas celui de ces étranges étrangers, migrants vers nos eldorados comme on s’embarque pour l’Olympe éthéré, là où festoient les saints, les anges et tous les élus. Alors que, pendant ce mois de mai, le peuple souverain va devoir choisir ses représentants au parlement européen; je continue à m’interroger sur ses capacités à exercer ce droit, alors que son niveau de réflexion est à peu près égal à celui d’un buffet de cuisine.

https://youtu.be/JfPC7m1vkH8

Dans les siècles passés, cette frénésie de la célébration de l’énergie vitale donnait lieu, parmi les jeunes gens, à des rites champêtres et à des jeux propres à leur âge… Sous prétexte de cueillir l’aubépine, on les envoyait dans les bois et les prés où ils passaient la nuit en jeux fete-arbre-liberte-300x236amoureux. On appelait ça « Faire le Mai », et comme le disait fort à propos mon aïeule: « y-a pas d’mal à faire le mai !» .  L’église chrétienne, surtout catholique, qui n’aime pas beaucoup que les garçons et les filles s’aperçoivent très tôt qu’ils sont faits les unes pour les autres, jugeant ces pratiques scandaleuses tenta de les éradiquer en faisant du mois de Mai le mois de Marie, obligeant ainsi à remplacer un hymne à la vie par une célébration de la virginité et de la chasteté…  C’est-y pas malheureux !  La République elle, en a fait l’arbre de la liberté dont il subsiste encore quelques restes ici ou là.

Ah, tradition, quand tu nous tiens ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

, ,

Amis du calembour et de l’œuf mimosa réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 26 Avril 2019, septième jour de Floréal dédié au muguet et l’on fête les Alida; prénom d’origine germanique. Alors que par chez nous on célèbre St Klet qui a laissé son nom à une charmante bourgade au bord du Trieux où je fis connaissance avec quelques Fario de belle taille, notamment sur le site du moulin de Quintin.

Le 26 Avril 1984 décédait à Hollywood,William James Basie à l’âge de 84 ans. Connu sous le nom de « Count Basie » il naît le 21 août 1904 à Red Bank, New Jersey. Enfant, il découvre le piano par sa mère qui lui  donne ses premières leçons. Il développe son sens de l’improvisation au Palace Théâtre ou il accompagne des films muets. En 1924, il déménage à Harlem et intègre l’un des premiers orchestres de Duke Ellington. Entre 1925 et 1927, il accompagne les chanteuses de blues Katie count-basie-D-Krippen et Gonzelle White avec le Théâtre Owners Booking Association. Il profite de cette expérience pour montrer ses talents de pianiste dans des villes comme La Nouvelle Orléans, Chicago et Saint Louis. En 1929, Basie est invité à rejoindre les Blue Devils fondé par Bennie Moten à Kansas City. Fâché avec ses comparses, Bennie Moten se voit contraint de quitter l’orchestre. Basie qui était pianiste et arrangeur le remplace en tant que chef d’orchestre. C’est à cette période qu’il prendra le surnom de « Count ». L’aventure ne dure pas très longtemps et Basie décide de rejoindre Bennie Moten avec qui il jouera jusqu’en 1935, date du décès de ce dernier. Basie rebondit en montant son propre groupe qu’il baptise Count Basie and his barons of rhythm. L’orchestre remporte un succès phénoménal. Il doit cette notoriété montante à la présence de grands talents comme Lester Young (saxophone), Harry Edison (trompette) ou Freddie Green (guitare).

L’ensemble ne cesse de prendre de l’ampleur et devient l’un des big band les plus reconnus dans le monde du jazz avec celui de Duke Ellington. Dans les années 50, le jazz a le vent en poupe en Europe. Count Basie et son groupe se produisent dans le monde entier. Ils 6003913_Count_Basie_-_watercolours_60x40_cm-300x200multiplient les collaborations avec de grands chanteurs comme Frank Sinatra, Ella Fitzgerald et Tony Bennett. Coiffé d’une casquette de la marine, Count Basie dirige son orchestre tel un capitaine de navire. Il attache une grande importante au swing en privilégiant des grandes sections de cuivre et en mettant l’accent sur des arrangements rythmiques riches. Avec de nombreux Grammy Awards en poche dans la catégorie « Meilleure performance jazz », Count Basie est reconnu comme étant l’un des meilleurs musiciens de jazz du début du 20ème siècle. Il meurt en 1984 des suites d’un cancer à Hollywood en Floride. (à gauche: dessin de Stéfano Davidson)

Bon, c’est pas tout, le Vendredi j’ai piscine; allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

l’ésotérisme de jardin…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

, ,

Amis de l’ésotérisme et de la lessive St Marc réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 25 avril 2019, sixième jour de Floréal dédié à l’ancolie dans le calendrier républicain. Or donc, c’est le jour de l’ancolie, Aquilegia pour les savants et qui provient du latin aquila qui signifie « aigle ». Les anciens botanistes appliquaient ce nom à ancolie des jardinsl’ancolie commune des jardins dont ils comparaient les éperons aux serres et au bec de ce rapace. Nos joviaux jardiniers la nomment aussi les gants de Notre-Dame c’est d’actualité, mais attention si vous comptez l’utiliser dans vos salades, elle contient de l’acide cyanhydrique. Néanmoins soyez indulgent envers ceux qui vous diront qu’en réalité nous sommes le vendredi 6 Palotin 146 – Ste Oneille, gourgandine; ce sont des pataphysiciens. Quand aux bretons bretonnants de Cornouaille et de Léon, ils sont persuadés qu’aujourd’hui marque la St Gourloez…

Mais, le calendrier du facteur lui, indique bien St Marc. Il faisait partie de la bande des quatre évangélistes et on le Arcane-Arcana-21-monde-world-192x300trouve représenté par le lion sur l’arcane 21 du tarot: Le Monde. En fait, on devrait dire la carte 22, considérant qu’il existe une carte non numérotée dans le jeu. Ce bestiaire ( l’ange pour Matthieu, l’aigle pour Jean, le taureau pour Luc et le lion pour Marc.) entoure aussi le fameux carré magique  dit du Notre Père : SATOR AREPO TENET OPERA ROTAS que ceux qui ont des yeux voient, que ceux qui ont des oreilles entendent… Que tous pensent, trouvent… mais se taisent ! Voila pourquoi votre fille est muette ! On suppute que Marc termina sa vie à Alexandrie, en Égypte. Il est en tout cas présenté comme le fondateur de l’église locale et c’est 220px-Grenoble_-_Sator_02dans cette ville que sera vénérée plus tard sa dépouille. Au IXe siècle, des marchands vénitiens volent ses reliques présumées et les transportent dans leur cité. C’est ainsi que l’évangéliste et le lion, son symbole, sont devenus les emblèmes de la Sérénissime République (d’où, la fameuse place St Marc et sa non moins fameuse basilique).

Tout cela est fort abscons pour un jeudi d’avril; je m’en vais donc reprendre une activité normale. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la tradition et du café-cognac sans café, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 24 avril 2019, c’est vous dire que les choses ne traînent pas et c’est le cinquième jour de Floréal dédié au rossignol. Ah, Luis Mariano ! Vous vous souvenez: il était une fois, une fille de roi, au cœur plein de tristesse…

Aujourd’hui, une pensée émue, et néanmoins cinéphile, pour Jean VIGO disparu trop jeune pour avoir pu donner toute la mesure de son talent.. Le 24 avril 1905, naissance de Jean VIGO à Paris. Cinéaste libertaire, (fils de 0 de conduitel’anarchiste Eugène VIGO dit Miguel ALMEREYDA). Son enfance, misérable, est durement marquée par les activités de son père et ses fréquents séjours en prison. A la mort « mystérieuse » de celui-ci dans sa cellule, en 1917, (et le scandale politique qui s’en suit), Jean n’a que 12 ans, et est déjà atteint de tuberculose. C’est grâce à sa rencontre avec Lydou, fille d’un industriel polonais, qu’il peut entamer sa courte vie de cinéaste engagé. En 1930 son premier film voit le jour : « A propos de Nice ». Il s’agit d’une virulente satyre sociale. En 1933, il tourne « Zéro de conduite ». Ce film est immédiatement interdit par la censure pour « Eloge de l’indiscipline et atteinte au prestige du corps enseignant ».

Un autre film « Evadé du bagne », censé retracé la vie d’Eugène Dieudonné, restera en projet, et ne pourra être tourné, et c’est « L’Atalante », tourné début 1934, qui voit le jour. Jean VIGO est déjà très malade. Mais, sous des prétextes commerciaux et par peur de la censure, le film ne sortira pas dans sa version intégrale. Ah, le géantisLatalantesime Michel SIMON ! La Gaumont ira même jusqu’à remplacer la musique du film que l’on devait à Maurice Jaubert par une chanson à succès de Lys Gauty « le chaland qui passe ». C’est Henri Langlois de la Cinémathèque Française qui, dans les années 50 tentera de restaurer ce qu’il restait du film. Jean VIGO est membre de l’association des écrivains et artistes révolutionnaires à partir de 1932, il continua à fréquenter les libertaires (et notamment Jeanne Humbert qui était sa « marraine laïque »). Sa carrière de cinéaste sera stoppée par la maladie, il meurt le 5 octobre 1934, âgé seulement de 29 ans; ma doue benniget !

Allez, merci pour la visite, repassez quand vous voulez, c’est ouvert tous les jours. En attendant, portez vous bien et à bientôt peut-être.

L’aubépine dorsale…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la phylogénétique et du rougail saucisses réunis, bonjour ! Vous voudrez bien noter, chers lecteurs, que nous sommes le Mardi 23 avril 2019, autrement dit le 4è jour de floréal dédié à l’aubépine; aubc3a9pine-de-bouquetot-carte-postale-ancienne-1907-300x192comme celle-ci à Bouquetot dans l’Eure, et que l’on dit la plus vieille de France, puisque plantée en 1355 au début du règne de Charles V pour célébrer le rattachement de la Normandie à la France…. Ah l’aubépine, celle la même qui vient souvent au secours des mauvaises contrepèterie; vous savez, cet art qui consiste à décaler les sons que débite notre bouche…

C‘est une fleur qui illumine nos talus de la plus belle façon. Que n’a t-on raconté sur cet arbuste si décoratif… Son bois était parait-il le mieux adapté pour fabriquer les pieux qui convenaient pour se débarrasser aubépinedes vampires. Sa facilité d’hybridation fait qu’on en recense plus de 1200 espèces. D’ailleurs, un jardinier espagnol, Miguel Sulcudor, de la ville de Vigo, s’était passionné pour les greffes sur les aubépines. il greffait de l’aubépine rose, du poirier, du néflier, en mélangeant sur un même arbre ces variétés. Il produisait ainsi des arbres qui donnaient des fruits d’un côté et des fleurs de l’autre. Il réalisait aussi des greffes en écusson sur un même tronc en panachant aubépine rose, poirier, néflier, ce qui donnait des arbres où chaque branche était différente. Il donna à ces créations le nom de Sulcudus et plusieurs dizaines de ce type d’arbres furent plantées dans les différents parcs et jardins de la ville. Faute d’entretien, beaucoup de ces arbres ont dégénéré et seul subsiste le greffon d’aubépine rose qui a supplanté le reste ; néanmoins, on peut encore admirer quelques magnifiques spécimens de Sulcudus dans le parc de Pontevedra où chaque année au mois de mai, ces arbres se couvrent de fleurs roses et blanches (aubépine et poirier) bonsaïet qui dès août produisent profusions de belles poires pour le bonheur des promeneurs. En France, des greffeurs amateurs se sont inspirés des créations de Miguel Sulcudor et l’on peut trouver, notamment en Bretagne, sous le nom de « Soulcoudus » des aubépines donnant plusieurs sortes de fleurs et de fruits sur un même arbre. Voilà pour la petite histoire de l’aubépine qui a séduit Marcel Proust lui même dans «  A la recherche du temps perdu »: « je revenais devant les aubépines comme devant ces chefs-d’oeuvre dont on croit qu’on saura mieux les voir quand on a cessé un moment de les regarder … ».

Et puis, si le cœur vous en dit, vous pouvez vous lancez dans la culture de l’aubépine bonsaï, c’est très zen ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Cassoulet blues…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

,

Amis du swing éternel et de la soupe à l’oseille réunis, bonjour ! En ce Samedi 20 Avril 2019,  premier jour de floréal, dédié à la rose, je ne peux faire autrement qu ‘évoquer ce musicien flamboyant au swing incomparable et qui a su donner au vibraphone ses lettres de noblesse. 

Lionel HAMPTON, surnommé  » Hamp « , joue un rôle éminent dans l’histoire du jazz. Il est né à Louisville, Kentucky, le 20 avril 1908. Lionel est entré dans la légende grâce à ses interprétations d’une virtuosité époustouflante. «  Mon oncle travaillait avec le célèbre gangster Al Capone, qui se montrait fort bon avec les Noirs, en particulier les Hampton Dmusiciens de jazz « . Avec de telles relations, il était normal que Lionel s’installe avec sa famille à Chicago pour tambouriner, non pas sur la tête d’Eliot Ness, mais sur la grosse caisse de l’orchestre d’enfants du Chicago Defender Newsboys Band qui l’accueille à partir de 1920. 1930 marque une étape importante puisqu’il rencontre Louis Armstrong avec lequel il enregistre le premier solo de vibraphone jamais effectué en jazz :  » Louis a été comme un esprit descendu du ciel ! Lorsque je me produisais avec lui, j’étais au paradis « . En 1936 il se fait engager dans le quartette du célèbre clarinettiste Benny Goodman, entouré des meilleurs jazzmen de l’époque tels Duke Ellington ou Count Basie. Cher lecteur, entends-tu les clochettes tintinabuler ? Cela s’appelle Flying Home et c’est daté de 1957.

Sa carrière explose en 1940 il fonde sa propre formation qui connaît un succès immédiat et devient un des plus célèbres big bands de l’époque, où se produisent des héros du jazz tels Quincy Jones, Art Farmer, Dexter Gordon et Charles Mingus. A partir de 1953, il part à la conquête de l’Europe et enregistre à Paris avec Mezz Mezzrow, Claude 33T HamptonBolling, Alix Combelle, Jean-Claude Pelletier et Guy Lafitte… En 1992, alors âgé de 83 ans, il donne un show à Bobino au cours duquel il est atteint d’une attaque cardiaque. Emmené sur une civière, il hurle à ses musiciens de continuer à jouer…  » Je ne peux pas décrocher…  » dit  » Hamp  » qui continue à swinguer à travers la planète jazz. Retour en France du jeune homme de 90 ans en avril 1999, avec une série de concerts à l’hôtel Méridien. Car  » Hamp  » aime profondément la France où il a d’ailleurs créé le Jazz Club Lionel Hampton à Paris.  » Dans votre pays, j’ai été intronisé par la Confrérie du cassoulet… Ca ne s’oublie pas « . D’ailleurs n’a-t-il pas composé un succulent  » Cassoulet Blues  » ? Car  » Hamp  » est aussi glouton de bonne chère que de rythmes endiablés…

Virtuose inégalable du swing à outrance qu’il manie avec des techniques insensées, il est aussi l’un des pionniers du rock and roll avec certains de ses tubes comme  » Hey-ba-be-re-bop « . Mais HAMPTON n’est pas seulement un jazzman génialement exubérant. C’est avant tout un artiste conscient de ses responsabilités, créateur d’une fondation destinée à la construction d’immeubles dans Harlem. C’est aussi le premier jazzman noir à avoir intégré le quartette non racial de Benny Goodman. Car  » Hamp  » s’est engagé courageusement contre la ségrégation et a défendu Nelson MANDELA et Malcolm X :  » J’ai toujours eu de l’amour pour ces hommes qui ont combattu pour la liberté. Nous nous devions de les soutenir « .

Allez, merci à vous pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un pognon de dingues…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités, HUMEUR

, ,

Amis de la rubrique à brac et du fourre-tout réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 19 avril 2019, trentième et dernier jour de Germinal dédié au greffoir. C’est sans vergogne que je pique à Gérard Alle le début de son récent billet: « Ne comptez pas sur moi pour joindre la moindre larmichette aux fleuves lacrymaux infestés de crocodiles qui déferlent depuis l’incendie. Décidément, je dois être un bien mauvais Français, tant je trouve obscène cette émotion qui a l’air de tout submerger, avec ses déballages de fric, sa curaille pleurnicharde et ses vibrants appels à la nation… » Vous pouvez (devez) lire la suite en suivant le lien.

Edouard Philippe, notre premier Ministre à nous qu’on a, veut une nouvelle flèche sur Notre-Dame, qui réponde aux enjeux de notre époque. Et là, je ne vous cache pas que je m’interroge un tantinet : quels peuvent bien être les enjeux de notre époque en matière de flèche de cathédrale ? Autant j’ai une petite idée de ce que pourraient être ces enjeux en matière de réchauffement climatique, de démocratie participative, de pouvoir d’achat, de justice fiscale, de répartition des richesses… Autant j’avoue que je reste coi face à l’immensité sidérale de la problématique concernant les enjeux de notre époque en matière de flèche de cathédrale…(photo de l’AFP) cathédrale en flamme

Ceci étant et, toute chose égale par ailleurs, pendant les travaux, la quête continue. Une souscription nationale, des cagnottes à la pelle, des dons de grosses fortunes et peut-être bientôt une conférence de donateurs. D’Apple à la Banque centrale européenne en passant par des milliers d’anonymes, les promesses de dons affluent pour rebâtir le monument, atteignant au moins 800 millions d’euros de promesses de dons. La barre du milliard devrait être facilement franchie. Plusieurs grandes fortunes françaises ont sorti leur carnet de chèques dans la nuit de lundi à mardi: la famille Pinault a promis 100 millions d’euros, suivie par le groupe LVMH et la famille Arnault, première fortune de France, qui a annoncé un don de 200 millions, puis la famille Bettencourt-Meyers et le groupe L’Oréal (200 millions). Parmi les donateurs, figurent de nombreuses associations, fondations et entreprises. Total a annoncé un « don spécial » de 100 millions d’euros, l’assureur Axa a promis 10 millions tout comme le groupe bancaire BPCE et la Société Générale. Le Crédit Agricole, via sa fondation, a annoncé un don de 5 millions d’euros.

Les mauvaises langues soulignent que cet élan de générosité intervient à un moment où les associations de lutte contre la pauvreté font face à une baisse des dons. Voici donc, par exemple, une opération très intéressante pour Total, note Libération. Avec son don de 100 millioob_4699ca_assiette-au-beurre-015ns d’euros, le groupe peut prétendre à une réduction d’impôts de 60 millions d’euros, alors qu’il n’a payé que 30 millions d’euros d’impôts sur les sociétés en 2016. La loi lui permet même de reporter l’excédent sur les 5 années suivantes. En clair, si le montant de son impôt sur les sociétés est toujours de 30 millions d’euros, Total pourrait ne payer aucun impôt sur les sociétés pendant deux ans. Oui madame Michu, Paris vaut bien une messe ! Et si la construction d’un consensus national passe par l’organisation d’un téléthon des milliardaires animé par les cosaques du don, Why not ?

Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Flagrants délices…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’humour noir et du boudin blanc réunis, bonjour! En ce Jeudi 18 avril 2019, 29è jour de Germinal dédié à la Myrtille, foin des anarchistes austères, des jardiniers joviaux, des notaires véreux, des universitaires distingués, des éminents docteurs, des émérites myrtilleschercheurs et place à l’intelligence, l’humour, la finesse d’esprit, l’aristocratie du calembour, l’élégance du verbe, l’ Annapurna de la déconnade… Bon, c’est le printemps, le soleil fait sa réapparition, je crois bien avoir aperçu une hirondelle, les urines sont claires et je voue une admiration sans borne pour le personnage dont il est question maintenant. Je mesure combien son humour nous manque en cette époque de triste austérité. Je veux parler de ce génial humoriste qui eut la très mauvaise idée de nous quitter un 18 avril. Tant pis pour lui, il se retrouve dans les colonnes des « cénobites tranquilles », le meilleur blog à l’Ouest du Couesnon et qui vient de fêter son 500 000è visiteur…

Quand on est né à Pantin, on a forcément un destin de clown… Pierre Desproges, issu d’une famille de commerçants de Châlus, était un mauvais élève à l’école. Il passe une partie de son enfance à Luang Prabang (Laos) où son père enseigne le français. En 1959, il part pour vingt-huit mois en Algérie où il doit accomplir un service militaire dont il garde un souvenir exécrable. Ne sachant trop que faire pour gagner sa vie, il entreprend des études de kinésithérapie qu’il abandonne assez vite, il écrit des photo-romans qu’il confectionne avec ses amis ( et qui paraissent ), il vend des assurances-vie (qu’il rebaptise assurances-mort). Il devient ensuite journaliste à L’Aurore où il entre grâce à sonDesproges amie d’enfance, la journaliste Annette Kahn. Son chef de service aux informations générales, Jacques Perrier, qui ne le supporte pas, le fait renvoyer. Il travaille alors dans le journal hippique du même groupe de presse Paris-Turf. Lorsque Perrier est à son tour licencié, Bernard Morrot qui est nommé pour le remplacer, le fait revenir et lui confie une rubrique de brèves insolites à l’humour acide que Pierre Desproges appelle la « rubrique des chats écrasés ». Jugé un peu trop caustique, il évite son licenciement grâce à Françoise Sagan qui écrit une lettre au journal en affirmant qu’elle n’achète l’Aurore que pour la rubrique de Desproges. Remarqué par ses confrères de la télévision, il devient chroniqueur dans l’émission télévisée le Petit Rapporteur. Sa prestation dans cette émission dominicale de Jacques Martin, au côté de son complice Daniel Prévost, demeure gravée dans l’esprit des amateurs d’humour noir et de cynisme. Il participe ensuite à plusieurs émissions de radio, notamment à France-Inter.

En 1978 et 1979, il anime en compagnie de Thierry Le Luron l’émission hebdomadaire les Parasites sur l’antenne. En 1980 et 1981, il participe à Charlie Hebdo avec une petite chronique intitulée Les étrangers sont nuls. Entre 1980 et 1983, il est le procureur du Tribunal des flagrants délires en compagnie de Claude Villers et de Luis Rego. Ses féroces réquisitoires commencent invariablement par son célèbre : « Françaises, Français, Belges, Belges, public chéri, mon amour… » pour se terminer par une sentence sans appel: « Donc, l’accusé est coupable, mais son desproges-Gavocat vous en convaincra mieux que moi. » Il anime en 1986 une chronique quotidienne intitulée Chronique de la haine ordinaire, où il s’en prend aux sujets le faisant bouillir, à travers des coups de gueule de deux ou trois minutes environ. Il assure également entre 1982 et 1984 (cent émissions), une chronique intitulée La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède qui, selon lui, divise la France en deux: « Les imbéciles qui aiment et les imbéciles qui n’aiment pas. » Sur les conseils de Guy Bedos, il est également monté sur scène en 1984 et 1986. Il est mort d’un cancer le 18 avril 1988 et est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris, juste en face de Michel Petrucciani et non loin de Frédéric Chopin. Contrairement à ce que prétend la légende, ce n’est pas lui qui a rédigé la dépêche annonçant sa mort: Pierre Desproges est mort d’un cancer. Étonnant, non ? en référence à la phrase de conclusion rituelle sur FR3 de La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède, mais Jean-Louis Fournier, réalisateur de la Minute nécessaire et proche de Desproges.

Voila pour jeudi, c’est bien vrai que l’on peut rire de tout, pas forcément avec n’importe qui mais bon… C’est pas n’importe qui qui visite ce blog n’est-ce pas ? Allez portez vous bien et à demain peut-être.