Le petit peuple…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, TRADITION

Amis de la phytothérapie et du haddock à la crème réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 19 Février 2019 et, si l’on en croit le calendrier républicain, nous sommes le 1er jour de ventôse dédié au tussilage. Cette plante qui fait penser un peu au pissenlit est une des plus ancienne utilisée dans la tussillagemédecine traditionnelle. Elle est particulièrement réputée pour ses propriétés antitussives d’où son nom, tussilage. Les chinois l’utilisaient déjà sous la dynastie des Han pour lutter contre l’asthme. On en parle dans un ouvrage qui s’intitule classique de la matière médicale du laboureur céleste et qui sert encore de référence aux médecins traditionnels asiatiques. Pline l’ancien lui même en recommandait l’usage sous forme d’inhalation pour chasser la toux. Et comment ne pas relever cette anecdote amusante qui fait koropokkuruirrésistiblement penser aux facéties de nos korriganed bretons: Les Koropokkuru (homme sous les pétasites en langue aïnoue – à gauche sur la photo) sont des « lutins » de la mythologie Aïnoue, population aborigène vivant au nord du Japon et à l’extrême est de la Russie. Ces êtres mythologiques habitent sous terre et dans les tiges des feuillages du tussilage et des pétasites. De la taille d’un pied d’enfant, ces « lutins » sont à proprement parler des kamuys (« esprits » en langue Aïnoue) végétaux. Établis dans les forêts, ils apparaissent au voyageur perdu pour le guider sur sa route.

On se croirait dans les monts d’Arrée (où ça ?) où se sont retiré nos korrigans à nous.(quand on vous dit que toutes les civilisations se valent). Petits, noirs et velus, coiffés de chapeaux plats avec des rubans de velours, les filles étant coiffées de bonnets violets. Pierre Dubois (grand elfologue devant l’éternel) les décrit comme des nains korrigancornus hauts d’une à deux coudées, aux pieds de boucs, aux sabots de fer et aux griffes de chat. Il est amusant de noter que Korrigan est le nom qui désigne le lutin breton (de korr, « nain » avec le diminutif ig « petit »). À l’origine, le mot « korrigan » est un féminin et désignait donc… des fées bien avant d’être récupéré pour désigner l’ensemble des lutins de Bretagne ! Mon aïeule m’a raconté qu’autrefois, lorsqu’on avait perdu quelque chose, il suffisait de se rendre à leur résidence au commencement de la nuit, et de dire: ” Poulpican, j’ai perdu tel ou tel objet.” Le lendemain on le retrouvait à sa porte. Aujourd’hui les humains ne savent plus où réside le petit peuple. Quoique…Si vous passez du côté de Plaudren (dans le Morbihan), auprès du petit bourg de Locqueltas, il est une lande appelée Motenn-Dervenn mais… Je ne peux en dire davantage.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

2 commentaires

  1. gencyve

    Voilà qui est joliment conté, de quoi tenir de bonne humeur…toute la journée!
    Tantôt pas de facéties…travail pour « le petit peuple » à la M.H.T.
    Bonne journée au cénobite

  2. Anne-Marie

    Les nombreuses grottes de ma région ont donné leur lot de légendes.
    « «Au pays wallon, les individus de cette race sont connus sous les noms de Nutons, Lutons, Sottais.
    Les habitants des grottes : des gnomes pas méchants du tout, qui rendent de menus services à la population locale.
    «Les Nutons ou Sottais étoient de petits hommes de race étrangère, qui arrivèrent jadis dans le pays. Ils habitoient les grottes. Ils ne sortoient que la nuit. Ils étoient ouvriers fort habiles en toute espèce de métiers: forgerons, rémouleurs, fileurs, tisserands, cordonniers, etc. Ils travailloient pour les gens du canton. On alloit, le soir, déposer à l’entrée de la grotte l’objet à réparer ou la matière propre à confectionner quelque ouvrage; on alloit un autre soir le reprendre, en déposant au même lieu un pain, un pot de lait, du lard, quelque vêtement, toutes choses à l’usage de la vie.»
    Source : http://www.glons.be/images/livres/Bibliotheque_St_Victor_Diapo_Grottes-Carrieres_Web.pdf

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