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Un pauv’ gars qui s’appelait Armand…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la lutte finale et du corned-beef réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 18 février 2019 qui est le trentième et dernier jour de pluviôse, dédié au traîneau. Chez nous aujourd’hui dans certains calendriers, on fête les Kireg qui oratoire-de-saint-guireclaissa son nom à la station de Perros-Guirec. Sur la côte de granit rose, à Ploumanac’h,( ce nom de commune vient du breton Poul-Manach, le marais du moine; peut-être un cénobite) on y trouve l’oratoire de Saint Kireg, ici en photo. La légende dit que si une jeune fille arrivait à planter une aiguille dans le nez du saint et que cette épingle restait fichée, elle serait mariée dans l’année, sinon elle devrait patienter. Mais un jour la paroisse remplaça la statue de bois par une statue de pierre… Il fut sans doute plus dur de trouver mari…

L’homme du jour c’est Emile Armand.

C‘était une pauv’gars qui s’appelait Armand, n’avait pas d’papa, n’avait pas d’maman… Vous connaissez la célèbre chanson, et bien, cela n’a rien à voir avec ce qui suit. En vérité, Emile Armand s’appelait, Ernest Juin et est mort en février 1962. Fils d’ancien communard, le petit Ernest Juin, dit Emile Armand, ne fréquente pas l’école et c’est dans la bibliothèque paternelle qu’il fait son instruction. Il pratiquEmile-A.e néanmoins de nombreuses langues. Suite à la lecture de l’Ancien testament, il est secoué vers l’âge de seize ans par une crise mystique qui le tourne vers la religion. Vers 1895-1896, Armand découvre l’anarchisme à travers la revue Les Temps nouveaux de Jean Grave. L’activité anarchiste, pacifiste et antimilitariste d’Armand lui vaut d’être condamné et emprisonné à de multiples reprises. Arrêté le 6 août 1907, il est condamné à cinq ans de prison pour complicité d’émission de fausse monnaie . Il en profite pour rédiger le livre « Qu’est-ce qu’un anarchiste » (1908) qui constitue sa première synthèse. Après la mort de Marie Kugel, son amie, Armand se marie avec une institutrice, Denise Rougeault, qui le soutient financièrement et lui permet de se consacrer entièrement à l’action anarchiste. Sa situation matérielle assurée, ayant trouvé en Denise Rougeault la stabilité et une collaboratrice, il peut mettre son érudition, sa puissance de raisonnement et sa connaissance d’une dizaine de langues au service de sa révolte.

Il fait paraître « l’En-Dehors » pendant 17 ans.( Aujourd’hui, l’en dehors est un site d’informations à glisser impérativement dans votre blog-liste.) Il publie plusieurs dizaines de brochures, organise causeries et cercles d’amis. A l’intérieur de son individualisme libertaire, il continue de progresser et en dehorsaboutit, entre autres, à la thèse de la « Camaraderie amoureuse ». Il collabore également à l’Encyclopédie Anarchiste de Sébastien Faure… Arrêté une troisième fois le 27 janvier 1940, il est condamné pour appel à l’insoumission le 16 avril suivant et est interné dans divers camps jusqu’en septembre 1941. L‘action militante d’Armand s’oriente également vers les «milieux libres» (les colonies anarchistes) où il prône l’amour libre, la camaraderie amoureuse, le naturisme et le refus généralisé des contraintes. Armand se définit par l’épitaphe qu’il se composa : « Il vécut, il se donna, il mourut inassouvi ».

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.