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A Montmartre le soir…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la peinture à l’eau et des sardines à l’huile réunies, bonjour! Nous sommes le Jeudi 28 février 2019, autant dire que c’est la fin du mois. Ce jour correspond au 10 de ventôse dédié à la Bêche, ce qui n’est pas une raison pour se prendre la tête (tête-bêche).

Tiens, petite pensée pour un des derniers grands chansonniers montmartrois, Paul Ambroise Paillette. Il nait à Paris le 16 pailletteavril 1844. Ouvrier ciseleur, il fréquente les réunions anarchistes dès 1887 et fait partie de divers groupes parisiens. En 1888, il prend part au mouvement entrepris contre les bureaux de placement et, selon la police, se déclare partisan d’actions violentes contre ces établissements. Paul Paillette devient par la suite chansonnier à Montmartre, auteur de poésies où il exprime ses idées libertaires, appelant de ses vœux une société plus juste comme dans Temps d’anarchie ou Heureux Temps, chanté sur l’air du Temps des cerises.

Il publie et vend lui-même ses vers sous forme de brochures qu’il réunira ensuite dans l’ouvrage Les Tablettes d’un lézard et anime par ses chansons révolutionnaires de nombreuses fêtes libertaires. Végétarien et partisan de l’amour libre, l’idée lui vient d’organiser en 1891 des déjeuners végétariens dans la salle d’un restaurant parisien qui devient alors un lieu de rencontres pour les amour-libristes, sous la devise : « Tout le almanachbonheur a son nid dans le bonheur commun. Femme libre, amour libre. » Il collabore durant la Première Guerre mondiale aux journaux d’ E. Armand, Pendant la mêlée puis Par-delà la mêlée (son poème Civilisation est censuré par les autorités). Sans ressources, vivant dans un foyer depuis 1910, plusieurs fêtes sont organisées à son profit, notamment le 9 novembre 1913 par l’Université populaire, ou encore en novembre 1916 avec le concours de Xavier Privas et la participation de Sébastien Faure. Il est alors considéré comme le doyen des chansonniers montmartrois. Sa mort est annoncée dans Le Libertaire du 29 février 1920. Paul Paillette fait partie de ces illustres inconnus qui ont contribué à semer la graine d’ananar chez de nombreux libres penseurs. On lui réserve une place dans notre galerie de portraits.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Ah, Fanny de recouvrance…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’analyse concrète et de la bisque de homard réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 27 février 2019 qui correspond au 9ème jour de ventôse et c’est le jour de Sophie, heu non, de Marsault (jeu de mot Capelo). Le saule marsault (Salix caprea) est une espèce de saule commune en Europe et saule-marsault-chatons-zoom-300x225en Afrique du Nord. Le nom scientifique Salix caprea (saule des chèvres) vient sans doute de la première illustration connue de l’espèce dans le livre de Hiéronymus Bock (bien connu dans son immeuble) où on voit la plante broutée par une chèvre. En effet l’espèce a été largement utilisée comme fourrage pour les chèvres. On dit aussi qu’elle est excellente pour le miel car elle fleurit très tôt. En vérité, c’est la Ste Honorine et, comme disait mon aïeule: «À la sainte Honorine, bourgeonne l’aubépine. »

Tiens, juste un mot à propos de ce grand bonhomme qu’était Pierre Mac-Orlan. De son vrai nom Pierre Dumarchey, il est né pierre-mac-orlanà Péronne dans la Somme un 26 février en 1882. Après une enfance assez délicate, il fait l’école normale d’instituteurs à Rouen puis il s’installe à Paris où il vit chichement au « bateau lavoir » haut lieu de résidence des artistes en tous genres. Il fréquentait assidument le cabaret « le lapin agile » dont il épousa la fille du patron.  Proche de Max Jacob, de Picasso et d’Apollinaire, il voit son roman « quai des brumes » adapté au cinéma par Marcel Carné qui le fait entrer dans la légende. Le fameux « Quai des brumes » doit d’ailleurs son nom à cet établissement qui était surnommé « le quai ».

Journaliste, poète, bourlingueur, il siégea vingt ans à l’académie Goncourt au coté de Dorgelès et Carco. De Montmartre aux ports du nord peuplés de filles à matelots, il était passé maitre dans l’art du roman d’aventures à l’image d’un Stevenson ou d’un Kipling. Mobilisé pendant la grande mac Orlan Dguerre, il est blessé en 1916 devant Péronne sa ville natale. On lui doit entre autres, l’ancre de miséricorde, les clients du bon chien jaune, la bandera…Et de nombreuses chansons dont ma préférée « Fanny de Laninon », souvenez vous: « Allons sur le quai Gueydon, devant l’pitit pont, chanter la chanson, le branle bas de la croisière et dans la blanche baleinière…« . Nombre d’entre elles furent interprétées par de grands noms comme Catherine Sauvage, Juliette Gréco, et plus récemment Renaud. Il est décédé à St Cyr sur morin en juin1970.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

ca vient du blues…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la ville rose et du cassoulet réunis, bonjour ! Pourquoi Toulouse, parce que nous sommes le Mardi 26 février 2019, autrement dit le 8è jour de ventôse dédié à la violette. Or Toulouse est la ville de la violette et de ses fameux bonbons. On dit que cette fleur symbolise la timidité, la modestie et la violettepudeur. Mais une autre interprétation veut que la Pensée, famille dont fait partie la violette, représente le souvenir. Dans la mythologie, la nymphe Io, fut aimée de Jupiter. Mais les amours de celui-ci furent une fois de plus contrariées par son épouse Junon, qui se vengea en changeant sa rivale en blanche génisse. Ainsi métamorphosée, Io errait tristement lorsqu’elle vit sortir de terre de petites fleurs qui tournèrent leurs corolles vers elle. Elle reconnut en elles les pensées de ses amis venus la consoler. C’est pas mignon ça, madame Michu ?

Parlons peu, parlons Blues.

Si vous aimez le Blues, vous aimez forcément BUKKA WHITE. C’est aujourd’hui le jour anniversaire de sa disparition le 26 février 1977 à Memphis, Tennessee. Il est métayer et musicien à ses heures. Son style de guitare est particulièrement bukkaoriginal, le situant entre Charlie Patton, la Country Music des années 1900-1920 et la façon hawaienne de jouer de la guitare, souvent à plat sur les genoux en faisant glisser un tube de métal sur les cordes en accord ouvert. Ses classiques se distinguent non seulement par sa voix puissante, son jeu de guitare si particulier, mais aussi par les paroles autobiographiques pleines d’un humour dévastateur ou de sensibilité contenue. La légende veut qu’il ait donné sa première guitare à son petit cousin B.B. King.

Alors qu’il est emprisonné à « Parchman’s Farm« , en 1939, Bukka White enregistre quelques morceaux pour Alan Lomax qui travaillait alors sur le recueil de la tradition orale pour laparchman-300x225 bibliothèque du Congrès. Après sa libération, en 1940, Bukka White se rend à Chicago et enregistre douze morceaux d’une grande violence expressive, sur les thèmes de la prison, de l’isolation et de la solitude. Installé à Memphis, c’est à cette époque qu’il jouera occasionnellement avec son jeune cousin, B.B. King. Le morceau qu’on entend (normalement) dans la vidéo s’intitule justement  « Parchman’s Farm Blues ».

Allez, bonne journée à tous, n’oubliez pas de fêter les « Koulfinid » (si, si, ça existe. Il fut le troisième évêque d’Aleth après Malo.) portez vous bien et à bientôt peut-être.

Jean-Bon mais pas de Bayonne…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du patrimoine national et du veau Marengo réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 25 février 2019. Ce 7è jouralaterne-300x200 de ventôse est celui de l’alaterne. Vous connaissez la chanson, les aristocrates à l’alaterne… Non, je plaisante, il s’agit d’une plante communément appelée le prunier noir qui produit des baies rouges puis noires et que l’on rencontre communément dans les garrigues. Autant vous dire qu’il n’y en a pas beaucoup par ici…

Le 10 décembre 1813 voit la disparition de Jean-bon Saint André révolutionnaire et marin émérite; il était né un 25 février 1749 à Montauban. Il participa notamment à cette jean-bonfameuse bataille au large d’Ouessant du 1er juin 1794 face aux anglais. C’était le 13 prairial de l’an II. Il est à bord du vaisseau La Montagne en compagnie de Villaret de Joyeuse. C’est cette bataille de Prairial qui donna naissance à la fameuse légende du Vengeur-du-Peuple, un magnifique 74 canons à double pont qui sombra corps et biens alors que six autres bâtiments étaient capturés. 5 000 morts et blessés côté Français ! Cuisante défaite mais, la propagande républicaine va chercher à la transformer en victoire morale.

C’est Barère (celui que l’on surnomma L’ Anacréon de la guillotine ), rapporteur du Comité de Salut Public, qui se chargera de présenter l’épisode à la tribune de la Convention. Il va prétendre que les marins du Vengeur ont refusé de se rendre à l’ennemi et sont morts en criant « Vive la République… » La vérité éclatera au retour des survivants de l’Angleterre. Entre temps, un mythe était né. Bonaparte le nomme commissaire général des trois départements de la rive gauche du Rhin, en décembre 1801, puis préfet du Jeanbon2-300x200département du Mont-Tonnerre à Mayence en septembre 1802, où il confirme sa réputation d’administrateur exceptionnel. En remerciement de ses services, Napoléon le fait chevalier de la Légion d’honneur en 1804, puis baron d’Empire, baron de Saint-André, en 1809. Le typhus l’emporte en 1813. Il est enterré au cimetière principal du Mayence (photo de droite). Franc-maçon actif, Jean-Bon de Saint André fut le premier Vénérable Maître de la Loge « Les Amis de l’Union » de Mayence, fondée en 1803, et qui existe toujours aujourd’hui dans cette ville sous l’appellation « Die Freunde zur Eintracht ».

Allez, voila pour aujourd’hui, en attendant une suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le délit d’opinion…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la butte Montmartre et de la grève générale, illimitée gargouille-150x150et insurrectionnelle réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 23 février 2019 correspondant au 5è jour de ventôse qui, dans le calendrier républicain, était généralement dédié au bouc, ce qui bien évidemment n’a rien à voir avec ce qui suit. En Celtie on fête les Finian, fondateur au 5-6e siècle du monastère irlandais de Clonard.

Dans la rubrique «faites vous de nouveaux amis», et puisque personne ne me demande mon avis, voici mon opinion sur le délit d’opinion. Les extrémistes et autres totalitaires en ont longtemps rêvé et bien la bande à Macron s’apprête à le faire: police-pensée-2-214x300En France en 2019 on va réhabiliter le délit d’opinion. La proposition de la majorité consiste à associer, pour ne pas dire confondre, antisémitisme et antisionisme. Doit-on emboiter le pas au Parlement européen qui a voté, à une très large majorité, une nouvelle résolution sur l’antisémitisme qui criminalise le délit d’opinion en reprenant la définition proposée par l’Alliance Internationale pour la mémoire de la Shoah ? C’est en tous cas ce qu’a déclaré notre Président lors du diner du CRIF ce 20 Février. « La France, qui l’a endossée en décembre avec ses partenaires européens, mettra en œuvre la définition de l’antisémitisme adoptée par l’Alliance internationale pour la mémoire de la Shoah » [qui intègre l’antisionisme], a dit le chef de l’État, en martelant que « l’antisionisme est une des formes modernes de l’antisémitisme ». Du coup  Benjamin Netanyahou se félicite et son cabinet communique: « Le président MacDélit d'opinionron a informé le Premier ministre qu’il allait adopter la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), qui a fixé que l’antisionisme est une forme d’antisémitisme », Celui-ci a exprimé son « estime » pour cette décision, selon le communiqué. Et voila, emballez, c’est pesé !

L‘antisionisme est le fait de critiquer la pensée de Theodor Herzl, le fondateur du mouvement sioniste, pour qui d’une part les juifs ne pouvaient pas s’assimiler, s’intégrer dans les sociétés dans lesquelles ils vivent et donc, secondement, il fallait un État pour que tous puissent s’y rassembler. De toute évidence, l’histoire a montré que ce n’était pas ainsi. Cette dérive sémantique est tout à fait symbolique de l’utilisation qui ob_443bb8_blog-non-au-delit-d-opinionest faite du sens des mots par ceux qui sont au pouvoir ici et ailleurs et qui tentent là de transformer systématiquement une opinion (critiquer la politique d’Israël) en un délit (l’antisémitisme). Ainsi, si l’on n’y prend garde, le « délit d’opinion », propre des régimes totalitaires, s’insinuera peu à peu dans les interstices de notre  République. Dans les années 1990 naît un concept inédit, celui d’un nouvel antisémitisme qui se serait développé aussi bien dans des partis de gauche que de droite, ainsi que dans l’islam radical. Pour les promoteurs de cette idée (B.H.L., Philippe Val,  Finkielkraut, Antoine Spire, Bernard lewis, Manuel Valls… ces « nouveaux antisémites » se cacheraient désormais derrière l’antisionisme. Ainsi donc, la messe est dite.

C’était ma modeste contribution au grand débat en sachant combien le sujet est chaud brûlant. Sans nouvelles de moi dans les prochains jours, c’est que le lobby dont il ne faut pas citer le nom aura fait son boulot. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Buddy Tate au saxo ténor…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la médecine par les plantes et du Viandox réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 22 Février 2019, qui correspond au quatrième jour de Ventôse du calendrier républicain, ordinairement dédié au troène, jolie plante qui égaye nos haies mais qui s’avère mortelle pour les chevaux, il n’y a, parait-il aucun antidote, même pas un remède de cheval.

Vous ai-je déjà parlé de Buddy TATE? peut-être que oui mais, abondance de biens ne nuit pas. Il est né George Holmes TATE un 22 février en 1913 à Shermann, Texas. Un saxophoniste bien sur. Il commence par jouer au saxophone alto mais passe rapidement au ténor, se faisant un nom dans des groupes comme celui de Andy Kirk. Il rejoint en 1939 l’orchestre de buddy-1Count Basie en raison du décès soudain de Herschel Evans et y reste jusqu’en 1948. Suite à sa collaboration avec Basie, il travaille alors avec d’autres big bands tels que Hot Lips Page ou Jimmy Rushing de 1950 à 1952, avant de jouer avec son propre orchestre à partir de 1953 à Harlem. Il va par la suite participer à plusieurs tournées en Europe avec son propre Big Band. Il aura enfin l’occasion de co-diriger un big band en 1975 avec le saxophoniste Paul Quinichette au West End Café à New York puis participe en sideman à l’orchestre de Benny Goodman à la fin des années 1970, et joue avec le pianiste Jay McShann et le saxophoniste Jim Galloway.

Ci dessus en vidéo, un grand classique, le fameux standard Mack the Knife, vous savez, Kurt Weill, Brecht. Il reviendra en Buddy-Tate-2Europe en 83 avec les membres de l’orchestre de Count Basie. Bien que les années 1990 soient pour lui moins actives, il enregistre notamment avec Lionel Hampton ou le groupe des vétérans du jazz, Statesmen of Jazz parmi d’autres. Ici à gauche en compagnie de Milt Bruckner. Il vivra à Massapequa dans l’état de New York jusqu’en 2001, puis s’installe à Phoenix en Arizona afin de rester près de sa fille. Il meurt peu après à 87 ans.

Allez, à vos cassettes, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Marx, Engels et les autres…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’épanaphore et du riz au lait réunis, bonjour! Nous sommes le Jeudi 21 février 2019, troisième jour de ventôse dédié au Violier que l’on nomme aussi la fausse giroflée. Le calendrier de la poste nous annonce qu’on doit fêter les Pierre-statue-de-st-gwennDamien mais les bretons savent bien (ou pas) qu’aujourd’hui, c’est la ste Gwenn. Sainte Gwenn est surnommée en breton Teir Bronn (aux trois seins) parce qu’elle a enfanté trois saints, les jumeaux Guethenoc et Jacut, puis saint Guénolé. Elle est l’épouse de saint Fragan, ils vivaient au Ve siècle. D’après la tradition, Fragan et son épouse Gwenn quittèrent vers 460 l’île de Bretagne et débarquèrent sur la côte nord de l’Armorique. Ils s’installèrent sur les rives du Gouët, à l’endroit appelé aujourd’hui Ploufragan (22). Bien évidemment vous pouvez croiser sa statue dans la très fameuse vallée des saints à Carnoët (œuvre du sculpteur santécois Patrice Leguen)

Tout à fait autre chose.

Savez vous que Le Manifeste du Parti communiste est un opuscule d’une cinquantaine de pages publié anonymement à Londres un 21 février, en 1848. Ses auteurs Karl Marx et Friedrich Engels n’en revendiqueront la paternité qu’en 1872. Curieusement, le texte débutait par: « Un spectre hante l’Europe: le spectre du communisme. Toutes les puissances de la vieille Europe se sont unies en une Sainte Alliance pour Marx-Engels-Lenin-2traquer ce spectre : le pape et le tsar, Metternich et Guizot, les radicaux de France et les policiers d’Allemagne ». Il s’achevait sur une phrase devenue culte : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ». Quelques semaines plus tôt, Tocqueville, un penseur conservateur, avait aussi mis en garde ses contemporains contre l’avènement d’un conflit de classes ! Le Manifeste, en dépit de sa minceur, va inspirer presque tous les mouvements révolutionnaires du XXe siècle. Un siècle et demi plus tard, les chinois se milliardairisent, les vénézuéliens sont à la rue, les coréens jouent au ping-pong avec Trump et l’anti sionisme est en passe de devenir un délit au pays des droits de l’homme. On marche sur la tête, madame Michu…

Allez, c’est gentil à vous de continuer à visiter ce petit blog sans importance. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Martine fait des couilles de suisse…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’érotisme biblique et des muffins aux bananes réunis, bonjour! Nous sommes le Mercredi 20 février 2019, deuxième jour de ventôse dédié au Cornouiller, jolie plante qui a laissé sa trace dans la culture Occitane. En effet, En Occitanie la cornouiller-male-cornus-mas-oiseaux-arbuste-floraison-jaune-fruits-rouges-soleil-vegetaux-haie-massif-300x300floraison et la fructification du Cornouiller Mâle (Cornu Mas) ont constitué une sorte de convention collective avant la lettre. La floraison indiquait la période à partir de laquelle les servantes des fermières n’étaient plus tenues de ravauder, filer ou tricoter après le repas du soir. Inversement la maturité des fruits imposait cette obligation. En langue occitane la prescription se formulait en ces termes: « comma roja, veilla hoja. Quand la comma a florit la veillada a falit ».  Par chez nous, on cite le cornouiller comme un bois pour tailler un biniou :

De ma bourse un peu pauvrette
Où l’ennui m’a fait fouiller
Je me suis permis l’emplette
D’un biniou de cornouiller

On dit même que le fameux Cheval de Troie fut réalisé en bois de cornouiller. Dans certaines régions, la plante est désignée par le joyeux vocable de: « couilles de Suisse » allez savoir pourquoi.  Il existe d’ailleurs, dans le Brabant Wallon une confrérie des compagnons de la Couille de Suisse qui ambitionne de « donner au passé les dimensions d’un présent qui aurait de l’avenir ». On dirait du Pierre DAC, amusant, non !

On trouve trace de la Couille-de-Suisse déjà en 1834,dans un dictionnaire de traduction du Rouchi (Parler du Nord de la France). Il s’agirait donc d’une traduction culinaire dont étaient friands les soldats d’infanterie suisse casernés à Bavay couille-de-suisse2-300x224(Hainaut français) pendant le Premier Empire. Colportée généralement pour expliquer l’origine de l’appellation, l’histoire se réfère au garde suisse qui officiait dans les églises au début du 20eme siècle. Il y faisait office de bedeau et son accoutrement n’évoquait que de façon lointaine le garde suisse pontifical. Un honnête travailleur, découvrant la recette improvisée par son épouse avec des restes de pâte à pain, fit référence aux attributs du personnage au pantalon bouffant pour qualifier le mets. Pour faire des couilles-de-suisses il vous faut:
1 kilo de farine – 4 oeufs frais – 100 grammes de beurre – 70 grammes de levure de boulanger – quelques grammes de sucre cassonade – du beurre mou.
martineBien travailler la levure dans un peu du lait et une pincée de sucre.
Mettre la farine dans un grand plat et faire une fontaine. Mettre une pincée de sel.
Faire fondre la matière grasse et mélanger toute la préparation de manière homogène.
Former des petites boules de pâte de 40 grammes environ et laisser reposer pendant une heure.
Cuire les boules de pâte dans de l’eau salée.
Arroser de beurre fondu et de cassonade avant de servir.

Bon, ça devient vraiment n’importe quoi ce blog. Allez, merci de lui rester fidèle, portez vous bien et à demain peut-être.

Le petit peuple…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, TRADITION

Amis de la phytothérapie et du haddock à la crème réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 19 Février 2019 et, si l’on en croit le calendrier républicain, nous sommes le 1er jour de ventôse dédié au tussilage. Cette plante qui fait penser un peu au pissenlit est une des plus ancienne utilisée dans la tussillagemédecine traditionnelle. Elle est particulièrement réputée pour ses propriétés antitussives d’où son nom, tussilage. Les chinois l’utilisaient déjà sous la dynastie des Han pour lutter contre l’asthme. On en parle dans un ouvrage qui s’intitule classique de la matière médicale du laboureur céleste et qui sert encore de référence aux médecins traditionnels asiatiques. Pline l’ancien lui même en recommandait l’usage sous forme d’inhalation pour chasser la toux. Et comment ne pas relever cette anecdote amusante qui fait koropokkuruirrésistiblement penser aux facéties de nos korriganed bretons: Les Koropokkuru (homme sous les pétasites en langue aïnoue – à gauche sur la photo) sont des « lutins » de la mythologie Aïnoue, population aborigène vivant au nord du Japon et à l’extrême est de la Russie. Ces êtres mythologiques habitent sous terre et dans les tiges des feuillages du tussilage et des pétasites. De la taille d’un pied d’enfant, ces « lutins » sont à proprement parler des kamuys (« esprits » en langue Aïnoue) végétaux. Établis dans les forêts, ils apparaissent au voyageur perdu pour le guider sur sa route.

On se croirait dans les monts d’Arrée (où ça ?) où se sont retiré nos korrigans à nous.(quand on vous dit que toutes les civilisations se valent). Petits, noirs et velus, coiffés de chapeaux plats avec des rubans de velours, les filles étant coiffées de bonnets violets. Pierre Dubois (grand elfologue devant l’éternel) les décrit comme des nains korrigancornus hauts d’une à deux coudées, aux pieds de boucs, aux sabots de fer et aux griffes de chat. Il est amusant de noter que Korrigan est le nom qui désigne le lutin breton (de korr, « nain » avec le diminutif ig « petit »). À l’origine, le mot « korrigan » est un féminin et désignait donc… des fées bien avant d’être récupéré pour désigner l’ensemble des lutins de Bretagne ! Mon aïeule m’a raconté qu’autrefois, lorsqu’on avait perdu quelque chose, il suffisait de se rendre à leur résidence au commencement de la nuit, et de dire: ” Poulpican, j’ai perdu tel ou tel objet.” Le lendemain on le retrouvait à sa porte. Aujourd’hui les humains ne savent plus où réside le petit peuple. Quoique…Si vous passez du côté de Plaudren (dans le Morbihan), auprès du petit bourg de Locqueltas, il est une lande appelée Motenn-Dervenn mais… Je ne peux en dire davantage.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un pauv’ gars qui s’appelait Armand…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la lutte finale et du corned-beef réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 18 février 2019 qui est le trentième et dernier jour de pluviôse, dédié au traîneau. Chez nous aujourd’hui dans certains calendriers, on fête les Kireg qui oratoire-de-saint-guireclaissa son nom à la station de Perros-Guirec. Sur la côte de granit rose, à Ploumanac’h,( ce nom de commune vient du breton Poul-Manach, le marais du moine; peut-être un cénobite) on y trouve l’oratoire de Saint Kireg, ici en photo. La légende dit que si une jeune fille arrivait à planter une aiguille dans le nez du saint et que cette épingle restait fichée, elle serait mariée dans l’année, sinon elle devrait patienter. Mais un jour la paroisse remplaça la statue de bois par une statue de pierre… Il fut sans doute plus dur de trouver mari…

L’homme du jour c’est Emile Armand.

C‘était une pauv’gars qui s’appelait Armand, n’avait pas d’papa, n’avait pas d’maman… Vous connaissez la célèbre chanson, et bien, cela n’a rien à voir avec ce qui suit. En vérité, Emile Armand s’appelait, Ernest Juin et est mort en février 1962. Fils d’ancien communard, le petit Ernest Juin, dit Emile Armand, ne fréquente pas l’école et c’est dans la bibliothèque paternelle qu’il fait son instruction. Il pratiquEmile-A.e néanmoins de nombreuses langues. Suite à la lecture de l’Ancien testament, il est secoué vers l’âge de seize ans par une crise mystique qui le tourne vers la religion. Vers 1895-1896, Armand découvre l’anarchisme à travers la revue Les Temps nouveaux de Jean Grave. L’activité anarchiste, pacifiste et antimilitariste d’Armand lui vaut d’être condamné et emprisonné à de multiples reprises. Arrêté le 6 août 1907, il est condamné à cinq ans de prison pour complicité d’émission de fausse monnaie . Il en profite pour rédiger le livre « Qu’est-ce qu’un anarchiste » (1908) qui constitue sa première synthèse. Après la mort de Marie Kugel, son amie, Armand se marie avec une institutrice, Denise Rougeault, qui le soutient financièrement et lui permet de se consacrer entièrement à l’action anarchiste. Sa situation matérielle assurée, ayant trouvé en Denise Rougeault la stabilité et une collaboratrice, il peut mettre son érudition, sa puissance de raisonnement et sa connaissance d’une dizaine de langues au service de sa révolte.

Il fait paraître « l’En-Dehors » pendant 17 ans.( Aujourd’hui, l’en dehors est un site d’informations à glisser impérativement dans votre blog-liste.) Il publie plusieurs dizaines de brochures, organise causeries et cercles d’amis. A l’intérieur de son individualisme libertaire, il continue de progresser et en dehorsaboutit, entre autres, à la thèse de la « Camaraderie amoureuse ». Il collabore également à l’Encyclopédie Anarchiste de Sébastien Faure… Arrêté une troisième fois le 27 janvier 1940, il est condamné pour appel à l’insoumission le 16 avril suivant et est interné dans divers camps jusqu’en septembre 1941. L‘action militante d’Armand s’oriente également vers les «milieux libres» (les colonies anarchistes) où il prône l’amour libre, la camaraderie amoureuse, le naturisme et le refus généralisé des contraintes. Armand se définit par l’épitaphe qu’il se composa : « Il vécut, il se donna, il mourut inassouvi ».

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.