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Méfiez vous de celui qui veut mettre de l’ordre…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la bravitude et du chausson aux pommes réunis, bonjour ! Nous voici le Jeudi 31 janvier 2019, autant dire sans risque de se tromper, que la fin du mois est proche. Ce jour romanesco1correspond au 12 de pluviôse du calendrier républicain et est dédié au brocolis. Je ne sais pas pour vous mais, moi le Romanesco, je trouve cela magique…La disposition des bourgeons floraux en spirales régulières illustre les lois de laphyllotaxie. De plus, un examen attentif montre que le nombre de spirales orientées dans le sens des aiguilles d’une montre et le nombre de spirales orientées en sens inverse sont deux nombres de la suite de Fibonacci. Etonnant, non !

Je reprends le collier après une semaine consacrée à une remise en état de marche de ma vieille carcasse; et, allez savoir pourquoi j’ai choisi d’évoquer cet immense libre-penseur que fut Denis Diderot. Fils d’un riche artisan coutelier, il est élève chez les jésuites, destiné à la prêtrise et tonsuré à 13 ans. Au collège d’Harcourt à Paris, il devient maître ès arts 220px-Denis_Diderot_111à 19 ans. Il poursuit ensuite des études tout en menant une vie de bohème, et se libère progressivement de la pensée religieuse de son temps. En 1746, il écrit ses « Pensées philosophiques » suivie de « Pensées » 1747, violentes attaques contre le christianisme. En 1749, il affine sa pensée matérialiste, avec « Lettres sur les aveugles et à l’usage de ceux qui voient », mais cela entraîne son arrestation. Après trois mois de prison, il est libéré sur les instances de son éditeur, qui vient de lui confier avec d’Alembert, la direction de « l’Encyclopédie », travail gigantesque auquel il va consacrer plus de vingt ans de sa vie.

En 1751, le premier volume voit le jour. Huit ans plus tard, les sept premiers tomes sont condamnés par le pouvoir royal mais l’Encyclopédie se poursuivra jusqu’à son terme, dans une encyclo_diderot-180x300semi-clandestinité. Il trouve encore le temps d’écrire des essais sur le théâtre dont « Paradoxe du comédien » où encore des romans comme « La Religieuse » 1760, « Le Neveu de Rameau » 1761, « Jacques le Fataliste et son maître », etc. Il entretient également une importante correspondance littéraire, et se fait même critique d’art. Après une vie bien remplie, il meurt à Paris, mais malgré son radicalisme politique et son athéisme déclaré, il est enterré religieusement. « Méfiez-vous de celui qui veut mettre de l’ordre » tel est son avertissement dans « Supplément au Voyage de Bougainville » 1772. Comment ne pas être d’accord ?

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ah, les yeux noirs de Django…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du jazz manouche et du ragout de hérisson réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 23 janvier 2019, quatrième jour de pluviôse, dédié au Perce-neige, les puristes perce-neigede l’orthographe ne manqueront pas de relever qu’il faudrait dire à la perce-neige; et je ne vous parle même pas du pluriel, un truc à épater maître Capello lui même. Entre ceux qui en font un invariable et ceux qui mettent un S à neige… Personnellement je m’en soucie comme de ma première pipe en terre. Fêtons dignement les Laouenan: Laouenan vient de « Laouen » qui signifie gai, joyeux, rieur comme dans l’expression Nedeleg laouenn (joyeux Noël): c’est ainsi que l’on nomme le roitelet en Bretagne. Laouenan fut disciple de roiteletTugdual (Tudal) et de saint Pol au VIe siècle. Au XVIIIe siècle, l’épiscopat fit détruire son prétendu tombeau à Tréflaouénan car il était un lieu où survivaient des pratiques religieuses pré-chrétiennes. Il a laissé son nom à la commune de Tréflaouénan. Comment ! Vous ne connaissez pas Tréflaouénan ? (normalement on ne devrait pas mettre d’accent), cette commune du Nord-Finistère dans le Léon devait être un lieu de passage pour les migrants de l’époque. C’était bien avant le tunnel et surtout, dans l’autre sens…

C’est aussi le jour anniversaire de la naissance de Django. De son vrai nom Jean-Baptiste Reinhardt, il vit le jour un 23 janvier, en 1910, dans une roulotte en Belgique. Il appartient à une famille de Rroms (gadjkénés) qui voyage en Europe depuis des lustres. Autodidacte, ce banjoïste découvre la guitare après de graves brûlures à la main à la suite d’un incendie survenu dans sa caravane. Il va inventer ce que l’on appellera plus tard, le jazz manouche. Ses fils, Babik, et petit djangofils, David, perpétuent aujourd’hui encore la tradition. Il a beaucoup joué et enregistré avec Stéphane Grappelli avec qui il va créer le quintette du Hot Club de France, mais il a aussi fait une tournée au Etats-Unis dans le Big Band de Duke Ellington. Tournée dont il gardait d’ailleurs, un assez mauvais souvenir. Son extraordinaire dextérité, malgré ses blessures à la main gauche, lui a valu de rencontrer les plus grands. Il a très largement contribué à faire connaître le Be-Bop en France et reste à mes yeux plus qu’un guitariste tsigane mais un vrai et grand musicien de jazz. Il enregistre son dernier disque en 1953 avec un jeune pianiste devenu célèbre: Martial Solal. Il mourra un mois plus tard. J’adore cette caricature de lui.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être; je vais en effet m’absenter quelques jours pour pratiquer un échange standard entre bassin et fémur.

Pluviôse: le cénobite se r’pose…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du stoïcisme et de la médecine par les plantes réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi vingt-deux Janvier 2019 c’est à dire le 3è jour de Pluviôse cinquième moisFragon du calendrier républicain français. Pour les puristes, je précise que Le décret du 4 frimaire an II orthographiait le nom du mois « pluviose », sans accent circonflexe. Ce jour était dédié au fragon, bien connu dans nos campagnes sous le nom de Petit-houx. Certains l’appellent la fragonnette et on l’utilisait autrefois pour fabriquer des balais. Pluviôse évoque toujours pour moi ce proverbe qu’utilisait mon aïeule: Glav da Sul, glav da Lun, Ha glav e-pad ar sizhun ( Pluie le dimanche, pluie le lundi, et pluie toute la semaine.) Cela ne devait pas s’appliquer à la Bretagne…

Tiens, à propos de Bretagne; dans l’histoire, la date du 22 janvier 1871, nous renvoie à un épisode peu glorieux pour les bretons. C’est le jour d’un Trochu-200x300soulèvement populaire parisien ( prémisses de la Commune) pour empêcher le gouvernement de défense nationale de signer la capitulation devant les prussiens. une délégation des manifestants est reçue par Gustave Chaudey, adjoint du maire (Jules Ferry). Soudain, un coup de feu est tiré par un provocateur. Les Gardes mobiles bretons, commandés par le Bouëdec et dont fait partie le lieutenant James Marie Antoine Monjaret de Kerjégu,(du célèbre château de Trévarez) installés dans l’hôtel de ville tirent sur la foule qui s’éparpille tandis que des gardes nationaux ripostent. C’est ce jour où Louise Michel prendra pour la première fois les armes. Et c’est encore un 22 Janvier, en 1905, qu’eurent lieu enterrement de Louiseses funérailles (ici à gauche, une eau- forte de Albert Peters-Desteract) elle vient de découvrir que ces gens là ne se défendent pas contre les prussiens mais contre les travailleurs parisiens. Le pouvoir était alors entre les mains du trop célèbre général breton TROCHU.  Il fut vite remplacé par THIERS le massacreur des communards. Victor Hugo l’a marqué d’une définition cinglante : « Trochu, participe passé du verbe Trop Choir. » . Pour Trochu : « la fin, c’est l’ordre, l’ordre seul, qui se résume en trois mots: Famille, Propriété, Religion. Deux mois plus tard démarrait la Commune de Paris.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Destins croisés…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la chirurgie ambulatoire et du pouce-pied mayonnaise réunis, bonjour ! Ce Lundi 21 janvier 2019 correspond au 2è sant-erwann-680x680-300x300jour de pluviôse dans notre calendrier républicain. C’était le jour dédié à la mousse, ce qui, en temps ordinaire, m’aurait conduit à m’en faire couler une petite. Pourquoi pas une Sant Erwann tiens; c’est une bière de haute fermentation produite par la Brasserie de Bretagne. C’est une bière de caractère, assez alcoolisée, composée de sept céréales : orge, blé, avoine, blé noir, épeautre, millet et seigle (cela est souligné par le slogan sur l’étiquette : 7 siècles, 7 céréales, 7 degrés). Las, sur les conseils de l’académie, je suis contraint à l’abstinence durant ces quelques jours.

La vie s’emploie chaque jour à nous proposer des coïncidences parfois drôles, quelquefois dramatiques et toujours surprenantes. Tenez, à priori, quoi de commun entre ces deux hommes: Vladimir Ilitch Oulianov qui fut relégué par la policLenine-haranguant-189x300e du tsar en Sibérie, au bord de la Léna (d’où le surnom Lénine par lequel il se fera dès lors appeler). Et, Eric Arthur Blair qui se fera appeler George Orwell, né d’un père fonctionnaire en charge du commerce de l’opium aux Indes. Et bien, tous deux sont décédés un 21 Janvier et, plus le premier raffermissait le communisme à la mode soviétique, plus le second s’en éloignait. La « Révolution d’Octobre » débouche sur le pouvoir sans partage des bolcheviques (le nom venant de большинство, bolchinstvo, qui signifie « majorité », par opposition aux mencheviks du russe : меньшинство, menchinstvo, « minorité »). Le Bolchevisme deviendra le Communisme et celui-ci cédera la place au Stalinisme, vous connaissez la suite.

De son côté, le jeune Blair découvre très tôt la nécessité de s’engager. Après des études au collège d’Eton, où il découvre le militantisme, il s’engage comme sergent en Birmanie puis vit de petits boulots à Paris et Londres. Il va se battre en Espagne dès 1936 aux côtés des communistes dissidents du POUM, il prend conscience de la nature totalitaire du communisme à une époque où les intellectuels de son espèce CVT_Orwell-anarchiste-Tory_4612-187x300préféraient en chanter les louanges. À la veille de la seconde guerre mondiale, il est réformé suite à une blessure à la gorge et devient reporter. C’est ainsi qu’il publie en 1945 un petit roman parodique: la Ferme des Animaux. Il s’agit d’une allégorie satirique du communisme qui raconte la prise de pouvoir des animaux dans une ferme, à l’instigation des cochons, et la manière dont ces derniers s’arrogent un pouvoir dictatorial au nom des grands principes : « Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres…» En 1949, son dernier roman, 1984, décrit une société totalitaire sous le regard d’un chef omniprésent, « Big Brother » et chacun de reconnaître le petit père du peuple dans le grand frère du roman – Staline. L’autorité s’exerce par le contrôle de la langue officielle, la novlangue.

Etonnant, non ! Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être

Un pognon de dingues…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la procrastination et du chinchard fumé réunis, bonjour! Nous sommes le Samedi 19 janvier 2019, 30è et ancien-crible-a-cerealesdernier jour de nivôse dans le calendrier républicain, officiellement dédié au crible (en photo, un ancien crible à céréales). Par chez nous on fête les Brevalaer (origine celtique de: bran = corbeau et de: uualatr = prince ) qui a laissé son nom à la commune de Loc-Brévalaire non loin de mon ermitage. Demain débute pluviôse mais, sans attendre, il pleut sur Brest…

« Un pognon de dingue » : l’expression dans la bouche du Président avait fait florès et prend ici tout son sens. Les quarante plus grandes entreprises françaises cotées en Bourse, qui constituent le CAC 40, ont versé en 2018 à leurs actionnaires 57,4 milliards d’euros de dividendes, après avoir réalisé 92 milliards de bénéfices en 2017. C’est un record depuis dix ans : 12,8 % de plus qu’en 2017, et 62 % de plus qu’en 2009, en pleine crise. Et, comme les bénéfices ont euros-chocolats-billets-bonbons-enrobes-monnaie-banque-optimisation-fiscale-evasion-fraude-cupidite-goinfrerieprobablement augmenté en 2018, même si les bilans ne sont pas encore bouclés, certains prévoient que le record sera encore battu en 2019. Total a versé les dividendes les plus importants, 10,1 milliards, suivi de Sanofi (qui refuse d’indemniser les victimes de la la Depakine), BNP Paribas, Axa, LVMH, L’Oréal et Schneider. Et ces sept entreprises à elles seules versent 29 milliards, la moitié du total des dividendes. Sur les 57,4 milliards de dividendes, 10,9 milliards ont été consacrés à des rachats d’actions. Cette opération à la mode consiste pour une entreprise à racheter ses propres actions, de façon à ce que les actionnaires restants soient moins nombreux et qu’ils aient droit à une part plus importante des CAC40-qui-se-goinfredividendes. D’autres entreprises choisissent de verser une partie des dividendes sous forme de nouvelles actions offertes aux actionnaires. Des profits comme s’il en pleuvait. Ensemble, les quarante groupes ont engrangé, en un an, 93,4 milliards d’euros de bénéfice net. Bref, le chiffre des 100 milliards n’est plus très loin… Puisque on vous dit qu’il n’y a pas d’argent, qu’il faut résorber la dette, diminuer la dépenses publiques, sanctionner ceux qui profitent des allocations, retarder l’âge de départ à la retraite, augmenter le temps de cotisation… Et surtout, ne pas revenir sur la suppression de l’ISF sans oublier d’aller communier à la grand messe du grand débat national et se faire grandement empapaouter dans les grandes largeurs et les grandes largesses de nos bons maîtres.

Et voilà, ça me reprend, fallait pas me lancer là-dessus non plus. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La griffe du Diable…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la libre pensée et de la caille aux raisins réunies, bonjour! Nous sommes le Vendredi 18 janvier 2019, 29è jour de nivôse dédié au Mercure. Et les bas-bretons armoricains vont fêter les Gwendal.

Gwennhaël (puisque c’est là l’origine de ce prénom), né au commencement du VIème siècle, succéda en 532 à Gwennolé comme abbé de l’abbaye de Landévennec. En 539, il quitta son abbaye pour se rendre en Irlande où il séjourna trente quatre ans. Revenu en Armorique, il fonda sur les bords du gouache-anonyme-300x230Blavet un monastère où il mourut vers 585-590. Ce nom, dont la forme originelle Uuinhael revient à plusieurs reprises dans le cartulaire de Redon est composé en vieux breton des qualificatifs uuin, « sacré, béni » et hael « noble, généreux ». Par fausse régression, ce nom a évolué en vendal dans plusieurs lieux-dits : Kervendal, noté anciennement Kervennal, et dans Saint-Guendal, nom d’une chapelle en Douarnenez noté Saint Guenel en 1691 (ci-contre une gouache de belle facture dont l’auteur restera à jamais inconnu). Pour la trouver (la chapelle, pas la gouache), il faut aller en direction de Confort-Meilars par la D 785. Elle se niche sur la gauche à environ 1 km après la sortie de Pouldavid (29). Dans le placître de la chapelle du même nom, en bas tout près de la route.

C’est un grand monument qui possède un toit incliné et un petit bassin. On y jetait des pièces, vite récupérées par les garnements. Aussi les pèlerins les cachaient dans les interstices, entre les pierres de construction. Le tout était Douarn-st-Vendal-300x214dissimulé par des morceaux de faïence. Elle aurait le pouvoir de guérir de la goutte et des rhumatismes ( en breton gwendré) et, plus largement, tous les maux qui entravent la marche. Encore aujourd’hui, et particulièrement le jour du pardon, des personnes s’aspergent les membres en souffrance de l’eau de la fontaine. Pour ce qui me concerne, j’ai résolu de confier mon avenir au chirurgien du CHRU de Brest qui va prothèser ma hanche la semaine prochaine. Le  pardon de St Vendal était très prisé surtout des bigoudens qui venaient nombreux même si les conditions étaient difficiles : le pardon était appelé « pardon va e kostez » en raison de la configuration du terrain. Certains l’appelaient aussi « pardon an dud affliged ». Le pardon de Saint-Vendal est le tout dernier de l’année, il 8debbc607191a9cda3d05de32320653e-saint-tudgal-fera-le-pardon-de-saint-vendal_0marque traditionnellement la fin des travaux agricoles. « On l’appelait aussi le pardon des châtaignes », et en bande, on s’y rendait à vélo. Mais, attention, on dit que le diable n’est jamais loin; d’ailleurs, on y trouve cette étrange fleur (en vérité un champignon) que les autochtones nomment la griffe du diable et les scientifiques:  « Anthurus d’Archer ». De quoi créer une foule de légendes et de superstitions.Quant au prénom Gwendal, qui jouit d’une vogue certaine, il apparaît donc comme une forme évoluée et populaire de Gwenhael. L’acception « au front béni » est donc erronée.  Largement répandu de nos jours, le succès de ce prénom est sans doute à mettre au crédit du célèbre groupe musical du même nom.

Bon, ben, je crois que j’ai tout dit, allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Antoine au jardin des délices…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la gastronomie et de la brasse coulée réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 17 janvier 2019, 28è jour de nivôse dédié au Zinc (mais pas au bar). Aujourd’hui, nous célébrons (ou pas) Antoine. Attention, St Antoine le grand, pas celui de Padoue… C’est un peu le patron de tous les anachorètes et cénobites réunis. On sait tout de lui grâce à Athanase d’Alexandrie qui a bien voulu nous raconter sa vie. Il st Antoine Dvécut jusqu’à l’âge canonique de 105 ans et passa une grande partie de sa vie en Thébaïde sur le mont Qolzum. Il est resté célèbre pour avoir résister toute au long de sa vie aux tentations du Malin; les fameuses tentations de Saint Antoine. A l’inverse de votre serviteur qui a su résister à tout sauf aux tentations… La vie de saint Antoine et ses tentations ont inspiré de nombreux artistes, notamment Jérôme Bosch, Pieter Bruegel,  Max Ernst, Matthias Grünewald, Diego Vélasquez et Dali dont on voit un extrait ci-dessous: La toile fut réalisée en 1946 à New York. Dali s’était alors rapproché du cinéma et réalisa cette œuvre lors d’un concours organisé pour une adaptation cinématographique du roman de Guy de Maupassant, Bel-Ami. Le concours fut remporté par Max Ernst et la toile de Dali ne fut pas acceptée. Gustave Flaubert lui a DALIégalement consacré un récit (La Tentation de saint Antoine). Les artistes ont aussi souvent représenté sa rencontre avec Paul de Thèbes, peu de temps avant la mort des deux ermites (cathédrale de Chartres). De nombreuses représentations du saint nous le montrent accompagné d’un cochon portant une clochette. Selon Émile Mâle qui signale que cette tradition date de la fin du XIVe siècle, le cochon n’a rien à voir avec la vie du saint mais avec un ordre religieux fondé en Dauphiné en 1095 (les Antonins) : les porcs n’avaient pas le droit d’errer librement dans les rues, à l’exception de ceux des Antonins, reconnaissables à leur clochette. Etonnant, non !

Allez, encore merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les damnés de la terre…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la vérité historique et du vin de paille réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 16 janvier 2019, 27è jour de Nivôse, dédié au Plomb et vous me faites l’amitié de jetele cenobite face à son clavierr un œil sur le billet quotidien des « cénobites tranquilles ». C’est le 4311è de la série et, comme vous, 480 000 autres visiteurs ont bien voulu s’y attarder un moment. Je ne dirais jamais assez l’indicible bonheur que cela me procure fusse au péril de ma modestie légendaire. Infime goutte d’eau dans l’océan chimérique d’internet, minuscule bloguinet tentant d’apporter sa pierre à l’édification d’une conscience universelle qui donnerait aux peuples la force de se débarrasser de tous ces malfaisants qui se sont accaparé  notre droit imprescriptible à disposer de nous mêmes…

Combien de temps encore les damnés de la terre supporteront-ils ce système qui, non content d’engraisser quelques uns avec la sueur des autres, s’ingénie à détruire notre planète ? Ce sont les mêmes qui font monter la menace du terrorisme pour justifier la guerre. Ce sont les mêmes qui exagèrent les risques de pandémie pour vendre leurs vaccins. Ce sont les mêmes qui louent les mérites des OGM pour forcer le commerce de leurs semences. Ce sont les mêmes qui polluent, qui déforestent, qui délocalisent, qui font travailler jemmerde...-279x300les mômes en Inde et au Pakistan pour un salaire de misère. Ce sont les mêmes qui laissent crever les habitants de Gaza et qui s’apprêtent à foutre sur la gueule de l’Iran parce que là bas il y a du pétrole qu’on ne peut tout de même pas laisser entre les mains des mollahs. Ils tiennent popote à Bilderberg ou aux diners du Siècle, ils pantouflent dans les agences de notation, ils sinécurent dans les conseils d’administration, ils font du gras dans les salons dorés de l’Europe ou de la République, notre République. La leur, celle des copains et des coquins s’est couchée depuis longtemps, comme une vielle catin à la resquille devant sa majesté Le Marché. Marché de dupes bien entendu. Fort heureusement, le grand débat national va nous permettre d’exorciser tous ces vieux démons, enfin, peut-être car, comme disait Talleyrand « En politique, ce qui est cru est plus important que ce qui est vrai « .

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ca vient du blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la métaphore et de la crêpe Suzette réunies, bonjour ! Nous sommes donc le Mardi 15 janvier 2019, 26è jour de nivôse dédié à l’Etain. Si le prix du kilo de langoustines à provoqué chez vous un spleen insurmontable, je vous propose d’enfoncer le clou en écoutant un maître du blues : Junior Wells.

Amos Blackmore Wells – alias Junior Wells – est élevé à West-Memphis, Arkansas, où il apprend par lui-même l’harmonica. Il rencontre tout d’abord le maître de cet instrument, Sonny Boy Williamson puis, inspiré par les bluesmen locaux, Junior Wells se met à jouer dans les rues. Installé à Chicago en 1946,Junior-Wells devenu un Junior Wells virtuose et un très bon chanteur, il accompagne Tampa Red, Big Maceo et Little Johnny Jones. Il fonde ensuite les Little Chicago Devils, qui deviendront les Three Deuces puis les Aces, avec le guitariste Louis Myers, son frère David Myers à la basse et le batteur Fred Below. Aussi inventif que Little Walter, Junior Wells amplifie également son harmonica ce qui lui permet un jeu distordu et soutenu, en restant très respectueux des traditions du Blues. C’est ainsi que Muddy Waters fera appel à lui et que Memphis Slim en fera de même.

Mais le tournant de sa carrière a lieu en 1965, lorsqu’il s’associe au guitariste Buddy Guy dont je vous ai parlé ici (voir mon billet du 30 juillet 2010), pour donner naissance ensemble à une série de titres devenus aujourd’hui incontournables dans l’histoire du Chicago Blues. Ici à gauche Junior-Wells-et-Buddy-Guyavec Buddy Guy. A la fin des années 60, Buddy Guy et Junior Wells se partagent l’affiche à égalité et se produisent un peu partout dans le monde, faisant même la première partie d’un concert des Rolling Stones en 1970. Trop de titres pour tous les citer içi, tant l’empreinte de Junior Wells sur le Chicago Blues est immense. Un coup de coeur particulier pour ses enregistrements des années 50. Il est décédé le 15 janvier 1998 à Chicago.Sources:La grande encyclopédie du Blues. Petit rappel pour les puristes, l’harmoniciste est le joueur d’harmonica et non pas d’harmonium comme la fameuse Mlle Lelongbec de Fernand Raynaud qui en jouait à l’église Ste Marie des petits pieds de Jésus; dans ces cas là, on dit organiste, crois-je…

Pour sûr, un très grand à écouter en boucle ou en stéréo, c’est vous qui voyez. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Black velvet…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la prosopopée et du marron d’Inde réunis, bonjour Nous sommes le Lundi 14 janvier 2019 et malgré vos bonnes résolutions, vous êtes encore devant votre ordinateur… c’est le 25è jour de nivôse dédié au chat. Pour ma part je voulais le dédier à un pianiste de jazz que je considère comme l’un des meilleurs pour son swing renversant et qui nous a quitté un 13 janvier en 1963 à New York. Je veux parler de SONNY CLARK.

Il débute sa carrière professionnelle au début des années 1950 en Californie, collaborant avec de nombreux musiciens et sonny clarknotamment comme sideman du saxophoniste ténor Wardell Gray et du clarinettiste Buddy De Franco. Avec ce dernier il effectue une tournée européenne en 1954, enregistrant de nombreuses sessions, notamment à Paris avec Jimmy Raney en février. L’année 1957 représente un tournant dans sa carrière musicale; il s’installe à New York et sa renommée naissante l’amène à effectuer de nombreuses collaborations avec des musiciens confirmés (Charles Mingus, Sonny Rollins…).

Le 23 juin 1957 il rejoint le label Blue Note. A partir de ce moment, il ne quittera plus le prestigieux label d’Alfred Lion. Un mois plus tard, le 21 juillet 1957, il enregistre son premier album en tant que leader, Dial « S » For Sonny. Disciple de Bud Powell, Sonny Clark après sa mort prématurée ,à l’age de 31 ans, d’une crise cardiaque ( la rumeur veut que ce soit à la cool-struttinsuite d’une overdose d’héroïne) a été longuement et injustement oublié du public. Il faut attendre le milieu des années 1990 et les nombreuses rééditions de Blue Note pour redécouvrir ce talentueux pianiste, qui était respecté par ses contemporains (dont Bud Powell) et qui à directement influencé nombreux pianistes par la suite (en particulier Bill Evans). Son style vif et très technique a longtemps été très prisé des amateurs de jazz. Pianiste hard bop par excellence, Sonny Clark enregistre le 5 janvier 1958, en tant que leader, Cool Struttin’ qui obtiendra un grand succès commercial et qui restera jusqu’à aujourd’hui, l’une des références majeures du hard bop. L’extrait vidéo c’est Black Velvet, un vrai petit bijou (bravig en breton).

Allez, merci à vous d’être venu jusqu’ici. Portez vous bien et à bientôt peut-être.