Libres enfants de Summerhill…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis du grand architecte et du p’tit cordonnier réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 03 décembre 2018, 13è jour de Frimaire dédié au Cèdre. En Bretagne on fête Envel qui a légué son nom à la magnifique petite commune de Loc-Envel en Côtes d’Armor. C’est la plus petite commune de ce loc-envel_0-300x188département et qui compte aujourd’hui 80 habitants après en avoir eu près de 400 à la fin du 19è siècle. Sans doute grâce aux mines de fer et de zinc qui existaient sur son territoire. C’est tout près de Belle-Isle-en-terre et du fameux château de Coat an noz dans la forêt du même nom. Envel lui, s’installa comme anachorète dans la forêt de Coat-an-noz (le bois de la nuit) et sa sœur Yuna en fit autant dans le bois de Coat-an-Hay (le bois du jour). La légende dit qu’ils ne se revirent jamais. Les deux forêts existent toujours et j’y ai fait de belles cueillettes de champignons.

Tout à fait autre chose.

Je me souviens très bien de cette année 1971(peut-être bien 1970), lorsque Maspéro fait paraître le livre « Libres enfants de Summerhill ». Étudiants à l’IUT carrières sociales de Rennes, nous nous passionnions pour les questions de l’éducation, et ce livre nous SUMMERHILLPOURCONTRE-180x300avait profondément marqué. Sutherland Alexander Neill fonde l’école Summerhill au mois de décembre en 1921 près de Dresden en Allemagne. C’était un adversaire farouche de Maria Montessori à qui il reprochait son moralisme. Suite à plusieurs contestations et difficultés politiques reliées aux principes sur lesquels était fondée l’école, Neill déménage celle-ci dans le comté de Suffolk en Angleterre en 1924, près de la ville de Leiston. Au travers d’une vingtaine d’ouvrages et d’innombrables articles, il en a conté la vie quotidienne, ne manquant jamais l’occasion de susciter la polémique, brossant sans cesse le tableau d’un lieu où l’adulte n’a pas à imposer sa loi.

Les journalistes baptisent Summerhill l’école « à-la-faites-ce-qu’il-vous-plaira ». Pourtant, l’école, avec ses bâtiments de bois, son grand parc et ses arbres, apparaît, surtout l’été,Summer hill AG comme un lieu des plus agréables, véritable école à la campagne comme Ferrière pouvait en rêver au début du vingtième siècle. Mais, dans cette école, les cours sont facultatifs, les enfants, s’ils le souhaitent, peuvent jouer toute la journée ou se livrer à des activités manuelles dans l’atelier. Les soirées sont réservées à la danse, au théâtre , aux fêtes. S’il ne craignait la fermeture de l’école par les autorités, Neill ne poserait aucun interdit pour la sexualité.

Le samedi soir est réservé à l’assemblée générale. Durant cette réunion présidée par un élève élu, les enfants exposent leurs problèmes, en débattent, élaborent leurs lois et, dans cette assemblée, la voix de Neill, ni celle des autres adultes  A.S. Neilln’a pas plus de poids que celle d’un enfant. Après 68, quelques enseignants, je pense particulièrement à Paul Le Bohec, ont tenté de perpétuer cette pédagogie. Ah, Utopia, que ferait-on sans toi ? Aujourd’hui, l’heure est à la régression, la mode est au pensionnat, le must c’est l’uniforme, le summum c’est le centre fermé… Vous verrez qu’une large majorité va se dégager en faveur de toutes ces mesures consistant à mettre au pas ces brebis égarées, surtout si elles sont un peu bronzées et pas très catholiques.

Allez, merci encore de vous arrêter ici de temps à autre; portez vous bien et à bientôt peut-être.

3 commentaires

  1. Mildred

    « Libres enfants de Summerhill », nous avions lu cela aussi, quand c’est sorti !
    Mais de là à imaginer mettre au pas ces brebis égarées un peu bronzées et pas très catholiques ?

  2. Sceptique

    La question que je me pose:que sont-ils devenus, que savaient-ils, ces libres enfants de summer hill?
    Autre question: où sont les devoirs des adultes envers les enfants, les leurs, ou ceux qui leur sont confiés?

    • erwandekeramoal

      Alexander Neill, freinet,Ferrer,Montessori, je crois que globalement les enfants qui ont vécu ces pédagogies s’en sont plutôt bien sorti…
      Quand aux parents !!!

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