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L’absurde c’est Dubillard…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des colonies de vacances et du surimi réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 20 décembre 2018, dernier jour de frimaire dédié à la Pelle. Ce qui réfute une fois pour toutes l’idée qui voudrait que ce soit le 18 juin qui mérite cette appellation. La pelle du dix huit Juin, c’est absurde…

A propos d’absurde, justement, évoquons un maître en la matière: Dubillard était un génie dans son genre, un de ces artistes qui manient la langue avec brio et confrontent le spectateur à l’absurde de sa propre vie. On sort de ses textes le sourire aux lèvres mais dubillard 2vaguement inquiet : et si Dubillard, mine de rien, avait tout compris de tout ? Voici comment le présentait Télérama : « Imaginez un homme au visage impassible avec des faux airs de Richard Burton jouant les clowns tristes, au phrasé lent et hésitant, presque timide, emportant son interlocuteur dans une spirale de mots où l’on peut se perdre puis, sans prévenir, avec un petit plissement des yeux, portant l’estocade en disant : « Mais je suis un auteur comique ». Alors, vous aurez une vague idée de ce Roland Dubillard, auteur parmi les auteurs mais se situant dans les hauteurs de cette confrérie pléthorique. »

 

Il était le maître d’un théâtre placé sous le signe du loufoque, drôle, léger en apparence. (Il faut l’avoir vu dans les films de Mocky…) Bien plus profond, voire effrayant pour peu qu’on se perde dans les méandres de son langage jouant de tous les dérèglements. Connu pour ses Diablogues, suite de saynètes incongrues dubillardreprises régulièrement, Roland Dubillard demeure l’auteur d’une œuvre traversée par le sentiment de la fuite des mots et de l’existence, de la solitude et de la mort. Une mort qui l’a emporté au mois de décembre en 2011, à l’âge de 88 ans. L’ »effaré prodigieux », comme l’appelait Poirot-Delpech, s’était tellement mis en marge du monde et des mots qu’il avait fini par l’être aussi de lui-même : en 1987, un accident vasculaire cérébral l’avait privé de l’usage de ses bras et de ses jambes.

Putain d’AVC, je m’en sors plutôt bien ! Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.