Vous lisez actuellement les articles publié le décembre 13th, 2018

Page 1 de 1

Et Jean-Marie chantait…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

,

Amis de la propédeutique et du lait d’ânesse réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 13 Décembre 2018, 23è jour de frimaire dédié au roseau. C’est la fête aux Lucie, sklerijenn en breton.

L’autre jour, un lecteur m’invitait à évoquer Jean-Marie Vivier. Kissa ? Tous ceux qui, comme moi, croyaient aux vertus de l’éducation populaire et fréquentaient les MJC dans famille bateau lavoirles années 60/70; ont forcément croisé un jour ou l’autre cet éternel troubadour digne héritier de Félix Leclerc qui d’ailleurs lui mit le pied à l’étrier. Il était de la veine des Kerval, Bertin, Magny, Tachan, Ferland, Budet et autres. Je l’ai rencontré la première fois à Nantes au bateau-lavoir, une guinguette nichée sur les bords de l’Erdre. Il ne donne plus que deux à trois concerts par an désormais. Bien loin de ses standards dans les années 1970, où il montait tous  le-bateau-lavoir-quitte-nantes-ce-matin-pour-nort-sur-erdre_4les jours d’été, sur la scène du Bateau-Lavoir « J’ai dû y faire quelques centaines de concerts, c’est ici que j’ai appris mon métier » explique t-il. Sur cette photo, on reconnait Gilles Servat, Tri Yann, Jacques Bertin, Patrick Couton, Georges Fisher, Patrick Ewen, Gerard Delahaye et Melaine Favennec, Yvon Menant, Michel Boutet, Bernard Meulien, Paul Meslet, Jean Vidaillac, Erwann Le Brenn qui s’étaient réunis à l’invitation de la « patronne » de ce haut lieu de la vie nantaise, Soisig Le Masson. Aujourd’hui, l’ancien cabaret ne sert plus que de maison d’habitation.

Or donc, Jean-Marie Vivier a d’abord été enseignant. A vingt ans, il est professeur et forme, avec des collègues, Les Troubadours. En 1966, il enregistre, à compte d’auteur, un super 45 tours tiré à… douze exemplaires ! Deux ans plus tard, à la suite d’un concours de la chanson à Évian, il enregistre son premier 45 tours « officiel » pour les disques D.M.F. (Disques Microsillons Français), petit label installé à Jean-Marie+VivierElbeuf. Jusqu’en 1971, date à laquelle il quitte l’Éducation nationale, Vivier concilie les deux activités : il enseigne la semaine et chante le week-end. Félix Leclerc, rencontré lors d’une tournée, l’encourage à se lancer dans la chanson. À 29 ans, Vivier démissionne de son poste d’enseignant et se consacre entièrement à la chanson. D’album en album, il prend plaisir à chanter les québécois : Gilles Vigneault (qu’il est le premier à interpréter en France), Claude Léveillée, Jean-Pierre Ferland, Félix Leclerc, Claude Gauthier…

À Caen, il fait la connaissance de Jehan Jonas, mort en 1980 dans l’indifférence générale  et dont je vous ai parlé ici même.  Pendant douze ans, il s’attachera à faire connaître ses chansons et va en enregistrer près d’une quarantaine (Flic de Paris, Une histoire d’amour, un piano mécanique, un fleuve…). Sur son premier 30 cm, enregistré en novembre 1969, Jean-vivier chante jonasMarie Vivier propose un florilège des auteurs qu’il aime : Ferré, Golmann, Jean Yanne, Pierre Selos, Mouloudji, Aragon, Seghers, le québécois Georges Dor et, déjà, cinq chansons de Jehan Jonas. En 1988 et 1989, après une traversée du désert, sans maison de disques, Vivier enregistre quatre cassettes — une réédition et trois enregistrements publics dans des cabarets de la Drôme — pour les Ateliers du Spectacle, à Valence. En 1990, Luc Vidal, qui dirige les éditions du Petit Véhicule à Nantes, publie deux compacts. Jean-Marie Vivier continue de chanter et « sort » un disque tous les deux-trois ans.

Et voilà, mission accomplie. Portez vous bien et à bientôt peut-être.